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24 août 2019 à 09:45:07

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Auteur Sujet: [T09] La femme qui lisait dans le temps  (Lu 1294 fois)

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[T09] La femme qui lisait dans le temps
« le: 07 mars 2017 à 16:29:55 »
La femme qui lisait dans le temps

  Au crépuscule des rires sonnait le glas du jeu et de la légèreté. Se déployait alors, dans le déclin des instruments délaissés, une scène figée dans un interstice de temps.
  La cartomancienne prostrée tenait son fils contre son cœur. La chair de sa chair vacillait en équilibre précaire entre deux mondes, la vie s'échappant à gros bouillons de son crâne béant. Une chouette impassible annonçait l'imminence du trépas.
  Par leur détresse mimétique et leur accoutrement en miroir, deux chiens l'accompagnaient sur le chemin de l'inéluctable. Derrière une volée de curieux tétanisés se découpait l'ombre du poteau d'équilibriste par lequel le drame était survenu.
  À contre-temps, la cartomancienne remarqua la présence du père impuissant à ses côtés, vêtu de son costume de scène et de son chapeau flamboyant. Le spectacle était terminé : elle serra plus étroitement encore l'enfant comme pour l'arrimer à la vie et ferma les yeux en signe de refus, sans parvenir à endiguer la douleur ni les larmes qui, s'échappant, diluèrent brutalement la vision.
  Ce n'est qu'en émergeant de ce songe que la cartomancienne en constata le caractère chimérique – mais les larmes, elles, étaient bien réelles. Elle s'était assoupie en pleine séance divinatoire, ainsi qu'en attestaient les cartes étalées en demi-cercle. L'as de pique trônait en évidence : sans doute avait-il inspiré ce rêve tragique.
  À ses côtés, son fils dormait pourtant paisiblement, recroquevillé sur sa paillasse. Elle éprouva l'envie soudaine de caresser sa chevelure hirsute pour se rassurer mais elle se ravisa, tant ces gestes de tendresse lui étaient peu naturels. Elle souffla la bougie presque entièrement consumée et se glissa auprès de son compagnon endormi, espérant trouver rapidement le sommeil. En effet, la troupe n'avait atteint que tardivement le village au sein duquel se déroulait une grande foire. Les saltimbanques n'y pouvaient rester que deux jours mais ils comptaient bien en tirer profit : en plus de démonstrations ponctuelles, deux représentations quotidiennes impliquant l'ensemble du groupe étaient prévues.
  Mais le sommeil se refusa à elle : la survenue d'un tel songe, aussi précis, aussi intense, la plongeait dans un trouble profond. Pouvait-il s'agir d'un avertissement prémonitoire ? Jusqu'alors, jamais l'avenir ne s'était révélé à elle par un autre biais que le tarot.
  À l'aube, tirée d'un mauvais sommeil par son compagnon, elle hésita à se confier : mais il paraissait déjà si concentré sur son personnage qu'elle renonça. D'ailleurs, songea-t-elle en opérant un brin de toilette au ruisseau, n'était-il pas mieux placé que quiconque pour connaître la part de folklore et de psychologie inhérente à son art ?
  Le village bruissait d'une excitation singulière à mesure que les marchands et les artistes s'établissaient. La cartomancienne baguenauda quelques instants dans les rues en éveil, tenant son fils par la main. Une estrade en bois et un poteau d'équilibre étaient érigés sur la place centrale, assurant aux saltimbanques une visibilité remarquable. Si la première représentation générale n'était programmée qu'après le dîner, certains membres de sa troupe sillonnaient déjà le village pour vanter le spectacle à la criée et susciter l'attente.
  Les saltimbanques s'étaient constitués en troupe soudée quelques années auparavant, sous l'impulsion de celui qu'ils nommaient respectueusement leur « meneur ». C'est également ce dernier qui avait décidé de structurer leurs numéros hétéroclites en de grandes représentations susceptibles de marquer les esprits et de décupler leurs recettes. Depuis, ils écumaient les foires, partageant les bénéfices et les déconvenues, constituant in fine une véritable communauté.
  Alors que certains de ses congénères s'égayaient dans la foire pour offrir quelques aperçus du spectacle de l'après-midi, la cartomancienne préféra s'isoler avec son fils afin de le préserver. Mais à l'heure du dîner, voyant le moment de la représentation approcher, sa conviction était faite : convaincue que le destin n'aurait pu lui infliger une telle vision sans raison, elle résolut d'éviter le drame, d'une manière ou d'une autre.
  Hélas, elle ne pouvait décider de la suppression de son numéro sans l'aval du meneur. Or, elle pouvait difficilement miser sur sa compréhension : cet homme taciturne était aussi exigeant avec les autres qu'il l'était avec lui-même, et c'est précisément cette intransigeance qui lui conférait une telle autorité sur ses comparses. Au moment de la collation méridienne, elle hésita plusieurs fois à l'interpeller. Mais, ne sachant comment justifier son appréhension sans trahir son caractère irrationnel, elle se ravisa.
  Au moment où la troupe convergeait vers la place centrale, elle attira son fils et prétendit que son numéro était supprimé au profit d'un nouveau tour de magie. En dépit du regard de profonde incompréhension que le garçon leva sur elle, elle lui ordonna de rester à l'écart.
« Ce n'est que temporaire, affirma-t-elle pour apaiser son chagrin. Va te reposer, tu retrouveras ta place dès ce soir ! »
  Le garçon, qui avait hérité du caractère taiseux de son père, s'exécuta sans manifester la moindre émotion. Puis la cartomancienne rattrapa ses comparses et les informa de la défection de son fils. « Pour cause d'indisposition », mentit-elle. L'ordre des numéros fut rapidement réagencé, et la représentation connut un franc succès.
  Mais les applaudissements ne s'étaient pas encore estompés que le meneur, visage grimé et costume scintillant, la prenait à partie.
« J'aurais apprécié d'être informé de ce changement de programme, lâcha-t-il froidement.
- Il s'est senti mal juste avant, bredouilla la cartomancienne.
- Il ne m'a pas paru malade, ce matin.
- Ce n'était sans doute rien. Ça devrait aller pour ce soir. »
  Hélas, si son stratagème lui avait accordé un répit, il n'avait nullement dissipé ses angoisses. Plus elle y songeait, plus la façon dont cette prémonition lui était apparue l'interrogeait. Car si le tarot nimbait l'avenir d'un faisceau d'indices, ce songe saisissant laissait peu de place à l'interprétation. C'était comme si le destin avait souhaité se venger de sa prétention à déceler ses lignes entremêlées, en la plaçant en face des responsabilités qu'elle s'était octroyées.
  Alors que le moment de la seconde représentation approchait, elle refusa de se soumettre. Elle confectionna discrètement une infusion dont sa mère lui avait transmis le secret, qui ajoutait aux herbes aromatisées quelques espèces réputées pour leur nocivité. Tout était affaire de dosage : satisfaite, elle fit ingérer le breuvage à son fils sous prétexte de le fortifier.
  Ne restait qu'à attendre. Mais à mesure que le temps s'égrenait, son anxiété augmentait : si son fils était de plus en plus pâle, il ne laissait rien paraître de son trouble. La cartomancienne fut saisie d'un doute terrible : en l'affaiblissant, ne venait-elle pas de créer les conditions de l'accident fatal ?
  Par bonheur, le garçon se mit à vomir juste avant de gravir l'estrade. Il fut prestement raccompagné à sa paillasse sous les regards compréhensifs des autres artistes. Mais lorsque la cartomancienne s'installa pour son numéro de divination, portant peut-être sur son visage un soulagement trop ostensible, elle croisa le regard soupçonneux du meneur.
  Cette seconde représentation fut un franc succès, et des curieux arrivés trop tard ou placés trop loin de l'estrade promirent de revenir le lendemain. La cartomancienne esquiva le traditionnel décompte de la recette et partit s'allonger aux côtés de son fils. Sans doute espérait-elle un nouveau songe, de nature à lui confirmer que le destin funeste avait été déjoué. En vain : si son sommeil fut agité, ce ne fut que par d'affreux échos de sa précédente vision.
  Si bien qu'au matin, son trouble était plus grand que jamais. Elle tenta de se plonger dans les tâches quotidiennes pour oublier ses tourments, mais sa distraction fut remarquée et tancée par leur meneur. Cette fois, plus question de recourir à des stratagèmes : elle prit son courage à deux mains et plaida pour dispenser l'enfant des deux représentations de l'après-midi – sans oser révéler la vision à l'origine de son trouble.
  Naturellement, l'homme lui opposa une fin de non-recevoir catégorique.
« Il doit se reposer ! Insista-t-elle. Le trajet l'a fatigué, je le sens... Ce n'est qu'un enfant...
- Tu sais aussi bien que moi que nous gagnons plus lorsqu'il participe, rétorqua-t-il avec brutalité. Nous ne faisons pas seulement commerce de nos compétences, nous vendons au public une histoire : et aucune n'est aussi touchante, aussi fructueuse que celle de l'enfant surdoué... Si tu l'empêches de participer, tu devras répondre devant la troupe entière du manque à gagner. »
  Abandonnée à sa frustration, la cartomancienne ne décolérait pas – avec d'autant plus d'amertume qu'elle avait largement cautionné, voire initié, la mise en avant de sa progéniture. La pratique était courante parmi les saltimbanques, tentés par la perspective de rentabiliser cette bouche supplémentaire à nourrir.
  D'autant que le spectacle s'épanouissait par nature sur la possibilité de l'échec – un tour raté, un lanceur de couteau maladroit, un montreur d'ours débordé... Leur meneur ne pouvait ignorer que le spectacle tirerait d'un drame un indéniable regain de notoriété – combien de spectateurs appâtés par l'odeur du sang ? Et s'ils vendaient effectivement une histoire, celle de l'enfant sacrifié l'emportait sur celle du rejeton surdoué. Les pièces sonnaient lorsque le drame se nouait.
  Mais la cartomancienne se savait injuste : l'intransigeance du meneur était le pendant de son immense droiture. Il ne ménageait pas sa peine pour faire vivoter la petite troupe. N'avait-il pas lui-même sacrifié son existence à son art ?
  Une nouvelle fois, la cartomancienne tenta de rationaliser ses angoisses, sans plus de succès. Sitôt la collation méridienne achevée, elle décida de s'adresser directement au père de l'enfant. Celui-ci, occupé à enfiler sa traditionnelle tenue orange, soupçonna aussitôt la nature de sa requête et lui jeta un regard méfiant.
  Abattant sa dernière carte, elle lui révéla la teneur du songe qui lui avait fait si forte impression – sans déclencher d'autre réaction qu'un haussement de sourcil dubitatif.
« Ce n'était qu'un rêve, rétorqua-t-il. Concentre-toi plutôt sur la représentation.
- J'ai peur, avoua-t-elle d'une voix tremblante. »
  Cet éternel pragmatique haussa les épaules et se détourna d'elle pour répéter une dernière fois ses accroches.
  Lorsque la représentation débuta, la place du village était noire de monde. Comme d'habitude, son compagnon fut le premier à entrer en scène, captivant le public par sa harangue enflammée. L'enfant n'intervenait qu'à mi-parcours, mais la cartomancienne se sentait sur le point de défaillir.
  Lorsque vint le tour du jeune artiste, lorsque les encouragements redoublèrent et que les regards se tournèrent vers le poteau d'équilibriste, elle paniqua et retint l'enfant qui s'apprêtait à s'élancer.
« Va te reposer, lui intima-t-elle d'une voix blanche. Immédiatement. »
  Stupéfaction dans les rangs des saltimbanques, perplexité de l'enfant - quant aux spectateurs chauffés à blanc, ils redoublaient de clameurs.
« Va te reposer, répéta-t-elle en détachant chaque mot. Quitte cette place, et ne reviens que lorsque je te le dirai. »
  Courbant l'échine, le garçon s'exécuta. Son justaucorps immaculé venait de disparaître dans la foule lorsque leur meneur surgit, hors de lui.
« Qu'est-ce qu'on m'apprend ? Rugit-il. Tu es complètement folle ! Tu veux notre ruine ?
- Il n'est pas en état de faire son numéro, énonça-t-elle d'une voix tremblante.
- Qu'on aille me chercher cet enfant sur-le-champ !
- Je te l'interdis. »
  Silence interloqué. Jamais encore elle n'avait osé s'opposer à lui aussi frontalement. Ils se défièrent du regard, mais la clameur du public faiblissait, découragée par l'attente.
« Je te laisse expliquer ça au public, asséna-t-il d'une voix cassante.
- Je ferai durer mon numéro deux fois plus longtemps. »
  Elle s'exécuta sans attendre mais la déception du public était palpable. Elle s'engagea en contrepartie à livrer une salve de prédictions exceptionnelles. Plusieurs spectateurs furent sollicités pour bénéficier d'un tirage personnalisé. Mais les mots de la cartomancienne sonnaient creux tant ses pensées dérivaient vers l'enfant en sursis. Sans doute ses hésitations furent-elles perceptibles, car elle quitta l'estrade sous quelques huées.
  Elle s'était préparée à essuyer un accès de colère phénoménal, mais la représentation s'acheva et le public s'éparpilla sans qu'il lui soit adressé la moindre remontrance. Elle en comprit la raison lorsque le meneur prit la parole à l'attention de toute la troupe.
« Ce soir, dernière représentation et dernière occasion de marquer les esprits, annonça-t-il gravement. Que la chose soit claire : je veux un spectacle parfait d'un bout à l'autre. Ceux qui le saboteront, par négligence ou par malveillance, en seront définitivement exclus. »
  Nul n'ignorait à qui s'adressait réellement la mise en garde. La cartomancienne en eut le souffle coupé : oserait-il réellement... Elle s'efforça de capter son regard, mais il l'ignora et s'isola dans l'attente de la représentation.
  Désœuvrée, elle ne trouva guère de réconfort qu'auprès de l'illusionniste, à qui elle réclama en vain un miracle.
« Tu sais comme moi que ce ne sont que des artifices, sourit-il tristement. On ne triche pas avec l'univers. »
  Acculée, la cartomancienne s'isola pour tirer une nouvelle fois les cartes, liant explicitement sa prédiction à la destinée de son fils.
  Contre toute attente, le résultat fut d'une absolue limpidité, placé sous le signe de la vie et du jeu.
  Stupéfaite, elle répéta le procédé – pour un résultat tout aussi lumineux.
  La cartomancienne rassérénée consentit à laisser son fils participer à la dernière représentation. Ils se préparèrent ensemble avant de cheminer vers la place centrale. Comme d'habitude, le meneur monta le premier sur l'estrade pour haranguer la foule et annoncer les numéros. Lui succédèrent un acrobate et un jongleur, avant l'entrée en piste du jeune équilibriste.
  Ce n'est qu'au moment où elle le vit se hisser sur le poteau sous les acclamations qu'elle comprit qu'elle n'aurait pas la force de regarder. Elle détourna les yeux et suivit le déroulé du numéro aux réactions de la foule. Les cris de triomphe, à chaque nouvelle figure ; la respiration en suspens, qui accompagnait les postures les plus périlleuses ; le soupir de soulagement, lorsque la réception était assurée.
  Puis cet instant précis où le village cessa brusquement de vibrer, comme si tous les poumons s'étaient figés simultanément. Les applaudissements avaient brusquement cessé, tels des battements de cœur en suspension. Un grand frisson, quelques cris horrifiés – elle comprit alors que la vision s'était réalisée.
  Comme une automate, elle fendit la foule jusqu'au poteau d'équilibre, au pied duquel gisait un corps inerte. Elle emporta son fils inconscient loin des regards malsains, scrutateurs, assassins. Lorsqu'elle se laissa finalement choir, le monde sembla disparaître : rien d'autre n'existait que cette ultime étincelle de chaleur contre son sein. Elle appliquait un tissu contre la plaie, envisageait des cataplasmes – mais au fond, elle savait que ses efforts seraient vains, et qu'elle ne pouvait faire mieux que rester à ses côtés jusqu'à la fin. Défier la mort ? Elle aurait tout donné pour endosser ce rôle de sorcière que tant lui prêtaient.
  La nuit tombait lorsqu'elle remarqua sa présence – assis à ses côtés, mutique et voûté, encore vêtu de son traditionnel costume orangé. Elle ne savait plus si elle avait affaire au leader ou à l'artiste, au géniteur ou au meurtrier, à l'amant ou au meneur, au clown joyeux ou au clown triste : ces différentes facettes de sa personnalité étaient confondues depuis si longtemps... C'est en rencontrant son regard qu'elle comprit : pour la première fois depuis longtemps – depuis toujours ? – l'artiste avait renoncé à son détachement, et le meneur à son intransigeance. L'homme, l'âme à nue, s'était dépouillé de son statut et de ses oripeaux d'autorité.
  Aussi devenait-elle mère, de la même façon qu'il devenait père, au moment précis où ce statut leur était ôté. Et s'ils se découvraient enfin un cœur, c'était moins par l'amour que par l'amertume et la culpabilité.
  En se laissant choir, elle avait laissé échapper son jeu de tarot : les cartes s'étaient éparpillées sur le sol dans une disposition singulière. D'un coup d'œil, elle constata qu'elles dressaient de nouveau un portrait de vie et d'insouciance.
  Elle comprit à cet instant que sa carrière de cartomancienne s'achevait avec la vie de son fils.
  Car les cartes ne lui révéleraient désormais plus rien de l'avenir : jusqu'à la fin de sa vie, elle n'était condamnée à lire que le passé.
« Modifié: 30 mars 2017 à 23:15:58 par Mout »
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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #1 le: 12 mars 2017 à 09:18:29 »
Salut Mout qui fait intervenir le facteur temps dans son histoire

Citer
  Au crépuscule des rires sonnait le glas du jeu et de la légèreté.
B. Mout 9e du nom, De l’art de poser une ambiance forte dès la première phrase, éd. Monde de l’Ecriture, mars 2017.
(le second paragraphe est tout à fait charmant)

Citer
prenant garde à ne pas le réveiller tant son temps de sommeil était compté
tan-tan ne sont pas des sonorités très heureuses mais c’est du chipotage

Citer
deux grandes représentations quotidiennes étaient prévues, impliquant l'ensemble du groupe pour s'octroyer les faveurs – financières – du public.
quelles autres faveurs ça pourrait être ? je veux dire : le fait de mettre le financières entre des tirets ça donne l’impression de préciser les faveurs, mais perso je crois que même sans on peut comprendre, ou alors il y a une nuance que je n’ai pas saisie. ceci dit c’est encore du chipotage, et tu fais bien comme tu préfères

Citer
Jusqu'alors, jamais l'avenir ne s'était révélé à elle par un autre biais que le tarot.
(le lecteur note la résurgence du facteur temps en cette phrase)

Citer
La cartomancienne baguenauda
le mot  :coeur:

Citer
Mais à l'heure du dîner, voyant le moment de la représentation approcher,
(...)
Mais elle ne pouvait se permettre de supprimer son numéro sans l'aval du meneur
Il y a 2 phrases assez proches l’une de l’autre qui commencent par « mais », c’est pas très grave mais ça se remarque
(j’ai vraiment l’impression de chercher la petite bête, en vrai je trouve que c’est écrit de façon impeccable)

Citer
Mais, ne sachant comment justifier son appréhension sans trahir son caractère irrationnel, elle se ravisa.
Et une 3e fois

Citer
elle attira son fils à l'écart (…) elle lui ordonna de rester à l’écart.
ça se répète ici aussi un peu. j’ai lu un sujet sur un forum de gens qui disaient qu’ils ne comprenaient pas en quoi faire des répétitions était grave. l’un répondait que ce n’était « grave » que quand ça se remarquait. ici ça se remarque, mais c’est vraiment pour chercher la petite bête encore une fois.

Citer
Mais les applaudissements ne s'étaient pas encore estompés que le meneur
mais mais mais

Sinon j’aime bien l’idée sous-jacente : est-ce que le fait de savoir le futur (ou d’accorder une importance au fait qu’elle croit savoir) peut suffire à l’éviter. Ca fait écho à pas mal de films, je me demande comment ça va se terminer ici

Citer
C'était comme si le destin avait souhaité se venger de sa prétention à déceler ses lignes entremêlées, en la plaçant en face des responsabilités qu'elle s'était elle-même octroyée.
subtil !
j’aurais peut-être plus mis « de responsabilités »

Citer
Tout était affaire de dosage et de doigté : satisfaite
(…)
 le temps s'égrenait, son anxiété augmentait : si son fils était
(…)
saisie d'un doute terrible : et si elle échouait
(…)
là aussi (dans ces 2 paragraphes) il y a un peu la même répétition de structure de phrase

De « Elle ne pouvait s'empêcher de se demander dans quelle mesure un drame de ce type pouvait être profitable à la troupe » à « Les pièces sonnaient lorsque le drame se nouait » : très chouette paragraphe

Citer
Désoeuvrée, elle ne trouva guère de réconfort
(…)
  Acculée, la cartomancienne s’isola
(…)
  Rassérénée, la cartomancienne consentit
Ici aussi ça se répète aussi un peu (t.t)

Citer
Un grand frisson, quelques cris horrifiés – elle comprit alors que la vision s'était réalisée.
oh :(

Citer
pour la première fois depuis longtemps – depuis toujours ? -
2e tiret semi cadratin

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Et s'ils se découvraient enfin un cœur, c'était moins par l'amour que par l'amertume et la culpabilité.
:coeur:

Citer
  Car les cartes ne lui révéleraient désormais plus rien de l'avenir : jusqu'à la fin de sa vie, elle n'était condamnée à lire que le passé.
Jolie fin

J’ai du chipoter Mout ^^ J’ai bien aimé l’histoire. L’intrigue se déroule toute seule, j’ai été curieuse de savoir la fin, comment tu allais résoudre ce questionnements sous-jacent que j’ai cru deviner. Et finalement, il se conclut de la façon la plus naturelle qui soit. Donc je dirais que j’adhère pas mal au réalisme (si c’est le bon mot) de l’histoire, où se mêlent amour gloire et beauté amertume et culpabilité. Et puis ça colle vraiment au tableau, sauf que la mort du fils reste en suspend jusqu’au bout (c’est un peu le second thème sous-jacent à cette édition du mammouth j’ai l’impression).

Merci pour ce texte !
Sur la montagne patapouffe
Vivent des gens patapoufs
Qui, avec des cuillers patapouffes
Mangent des soupes patapouffes !

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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #2 le: 14 mars 2017 à 00:04:52 »
Salut Mout

Deux petits details relevé
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« Il doit se reposer ! Insista-t-elle. Le trajet l'a fatigué, je le sens... Ce n'est qu'un enfant...
Tu sais aussi bien que moi que nous gagnons plus lorsqu'il participe, rétorqua-t-il avec brutalité. Nous ne faisons pas seulement commerce de nos compétences artistiques, nous leur offrons une histoire : et aucune n'est aussi touchante, aussi fructueuse que celle de l'enfant surdoué...
Manque les tirets au debuts de chaque réplique
Citer
« Ce n'était qu'un rêve, rétorqua-t-il. Concentre-toi plutôt sur la représentation.
J'ai peur, avoua-t-elle d'une voix tremblante. »
La aussi


Alors, euuuuh pour ma part, je n'ai pas vraiment accroché. J'ai bien aimé la phrase final mais le réalisme total est pour moi un peu lourd dans la surabondance d'abjectif et d'adverbe. A titre personnel, je pense qu'épuré un peu ton style permettrait une plus grande force au texte.

Bon courage pour la suite en tout cas
Et merci pour ce texte

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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #3 le: 14 mars 2017 à 10:03:11 »
Bonjour Mout,

Citer
Se déployait alors, dans le déclin des instruments délaissés, une scène figée dans un interstice de temps.
Se déployer est contradictoire au déclin.

J’accrocherais cette phrase à la précédente par « et laissait place au déclin … »

Citer
À l'aube, tirée d'un mauvais sommeil par son compagnon, elle hésita à se confier : mais il était déjà si concentré sur les deux journées éreintantes qui s'annonçaient qu'elle renonça.
J’ai relu cette phrase plusieurs fois pour la comprendre.

Citer
Car les cartes ne lui révéleraient désormais plus rien de l'avenir : jusqu'à la fin de sa vie, elle n'était condamnée à lire que le passé.
Supprimer la négation. À partir de maintenant elle est condamnée à lire dans les cartes le passé.


Les tournures de phrases sont lourdes et j’ai eu difficile à lire le texte. J’ai d’ailleurs décroché quelques fois.

Je trouve qu’il y a trop de décalage dans la continuité du texte. La première phrase est la plus marquante.
« Au crépuscule des rires sonnait le glas du jeu et de la légèreté. Se déployait alors, dans le déclin des instruments délaissés, une scène figée dans un interstice de temps. »
Lors de la lecture, ici le spectacle est terminé et les gens rentrent chez eux, triste que ce moment de joie se termine.
Les phrases suivantes signalent la chute de l’enfant, où le spectacle aurait dû se terminé plus abruptement.
Le premier décrochage a été cause par un flashback non signalé. Du coup, il m’a fallu du temps pour réaliser que je n’étais plus dans la continuité du texte, mais revenu à des scènes qui précédaient ce que j’avais lu.

Le texte joue sur le rôle de la mère qui informé par la prédiction des cartes, se démène pour sauver son fils.
En général, Ce type de situation, l’intervenant parvient à changer les choses, ou sinon la mort prédite arrive d’une manière inattendue.
Ici, le texte joue sur le fait que la mère empêche la prestation de son fils et va jusqu’à l’empoisonné. Donc, d’une certainement manière la mère provoque la mort de son fils.
L’enfant peut donc être suffisamment par les actes de sa mère et donc rate sa dernière prestation.
D’où la mère est responsable de la mort de son fils. Je ne crois pas à cette stratégie (qui affaiblirait son enfant).

D’un autre côté, la mère croit aux prédictions réalisées car ces dernières se réalisent.
Donc, la troupe aurait profité de ses divinations. La mère n’a alors qu’à prévenir le meneur pour sauver son fils, qui par la force des choses la croira sur parole.
Dans le cas, où la lecture des cartes c’est du pipeau pour gagner des sous. La mère ne croirait pas la révélation des cartes, car elle ne les tirerait pas du tout.

Désolé, ce texte ne m’a pas emballé. Une autre fois peut-être.





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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #4 le: 14 mars 2017 à 12:08:50 »
Bonjour,

Merci pour votre lecture et vos commentaires.

@Miromensil : ta lecture correspond tout à fait à ce que j'ai souhaité exprimer. Je vais résoudre ces problèmes de répétition au plus vite.

@Baptiste : effectivement j'ai fait le choix du réalisme, je regrette que le style ne t'ait pas convaincu.

@Kanimp
Citer
Se déployer est contradictoire au déclin.
La scène de désolation se déploie justement parce que les instruments, symboles de joie, ont décliné.

Citer
jusqu'à la fin de sa vie, elle n'était condamnée à lire que le passé.
Supprimer la négation.
Le "ne...que" est ici utilisé pour renforcer l'exclusion : seul le passé lui est désormais ouvert.

Citer
Le premier décrochage a été cause par un flashback non signalé. Du coup, il m’a fallu du temps pour réaliser que je n’étais plus dans la continuité du texte, mais revenu à des scènes qui précédaient ce que j’avais lu.
A quelle scène fais-tu référence ? Il n'y a pas véritablement de flash-back dans le texte. La seule entorse à la continuité temporelle, c'est la vision des premières lignes.

Citer
Le texte joue sur le rôle de la mère qui informé par la prédiction des cartes, se démène pour sauver son fils.
Tout à fait. Mais l'ambiguïté vient du fait qu'elle-même n'est pas certaine de la réalité de ses dons, d'autant moins que la vision ne lui est pas apparue par le biais de cartes. Toute la tension repose donc sur cette question : jusqu'à quel point peut-elle se permettre de fragiliser la troupe pour protéger son fils, sachant qu'elle n'a aucune assurance que sa vision initiale ne constituait pas un simple mauvais rêve.

Citer
D’un autre côté, la mère croit aux prédictions réalisées car ces dernières se réalisent.
Rien ne laisse penser dans ce texte que ses prédictions initiales étaient autre chose que des attrape-nigauds. D'où le dilemme.

Navré en tout cas que le texte t'ait laissé de marbre.
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
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Re : Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #5 le: 14 mars 2017 à 13:20:55 »
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Le premier décrochage a été cause par un flashback non signalé. Du coup, il m’a fallu du temps pour réaliser que je n’étais plus dans la continuité du texte, mais revenu à des scènes qui précédaient ce que j’avais lu.
A quelle scène fais-tu référence ? Il n'y a pas véritablement de flash-back dans le texte. La seule entorse à la continuité temporelle, c'est la vision des premières lignes.
C'est cela même. À la relecture on commence par le rêve.

et j'ai louppé le basculement et par conséquent le caractère onirique des premières lignes.
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Ce n'est qu'en émergeant de ce songe terrifiant que la cartomancienne en constata le caractère chimérique
Et pour le coup, chimère est un rêve irréalisable et ne colle par à la nature du songe.

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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #6 le: 17 mars 2017 à 22:25:44 »
Bonsoir Mout !

J'ai plutôt apprécié la lecture de ton texte, même si je lui ai trouvé quelques lourdeurs et un découpage un peu laborieux. Je pense que ton texte gagnerait à avoir une mise en page plus aérée ou des paragraphes plus marqués. Un point précis qui m'a complètement fait sortir du texte en revanche :

Comme une automate, elle fendit la foule jusqu'au poteau d'équilibre, au pied duquel gisait un corps inerte.

Automate me semble vraiment pas approprié pour le style du texte. Certes, tu ne donnes pas beaucoup d'éléments indiquant l'époque de l'action mais pour le coup, je l'ai vraiment perçu comme un anachronisme. Et de plus, je n'ai compris en quoi les automates fendent la foule. En y réfléchissant, je vois ce que tu as voulu dire, quelqu'un qui court en une direction bien précise sans prendre en compte les paramètres tout autour, mais ce n'est pas la première chose qui me vient en tête quand je lis automate.

Maintenant deuxième problème que je vois à ton texte, c'est la "révélation" à la fin du meneur - amant. Et là pour le coup, ça bloque. Il y a vraiment deux traitements distincts envers les deux personnages et le lien entre les deux me paraît vraiment trop étroit. Je l'ai plus ou moins senti venir mais du coup, je perçois la fin en demi-teinte, moins belle malgré la qualité de son écriture. Soit exploiter différemment les personnages, soit changer les personnages ... Par exemple, pour illustrer ce qui ne me va pas, à la veille de la dernière représentation, le meneur menace d'exclusion les saboteurs du prochain spectacle ... Et donc menace son épouse ? Du coup ... c'est assez particulier.

Bref, il y a encore un peu de travail Mout ! Mais je reviendrais lire  ;)

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Re : [T09] Le femme qui lisait dans le temps
« Réponse #7 le: 18 mars 2017 à 01:27:42 »
Merci pour ta lecture. Je prends bonne note des lourdeurs, peut être en partie dues  à la compression que j'ai imposé au texte pour rentrer dans les limites et qui m'ont poussé à vouloir trop en dire en un minimum de mots  - d'où surabondance d'adjectifs. Promis je vais essayer de venir alléger dès que possible.

Pour le fait que le meneur et le père soient une seule et même personne, c'est un truc que j'ai souhaité assez discret, au sens où je ne fais rien pour le cacher (le père est étrangement évacué d'une grande partie du récit)... Mais sans l'expliciter avant la fin. Donc ça ne me paraît pas gênant que tu l'aies deviné et je ne pensais pas que ça puisse gâcher la fin, dont ce n'es qu'un ressort secondaire. Ça renforce rétroactivement la pression subie par la cartomancienne. Car pour ce qui est de la menace d'exclusion, c'est tout à fait volontaire de suggérer que le père, dont l'intransigeance est établie, est prêt à recourir à cette extrémité pour rétablir son autorité et préserver le spectacle. Mais ça reste de l'ordre de la menace, il n'imagine sans doute pas qu'elle puisse s'obstiner à le défier. Le rapport de force se joue à la fois sur un plan professionnel et intime, mais on peut imaginer que le patriarcat laisse en réalité peu de marge à la cartomancienne.

Quant à l'expression "comme un automate", je l'entendais au sens de "mécaniquement", dans un état de bouleversement qui réduit ses gestes à de purs réflexes. Mais c'est un excellent point soulevé : est ce un anachronisme ? De quand datent les automates ? Je reste volontairement flou sur la temporalité mais il est clair que le texte fait référence à un passé relativement lointain.
« Modifié: 18 mars 2017 à 08:50:43 par Mout »
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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #8 le: 19 mars 2017 à 21:04:24 »
Salut Mout :)

Le détail :

Citer
Au crépuscule des rires sonnait le glas du jeu et de la légèreté. Se déployait alors, dans le déclin des instruments délaissés, une scène figée dans un interstice de temps.
Pourquoi de l'imparfait ici pour démarrer ? On a l'impression que la scène que tu vas raconter se répète (surtout avec le "alors")

Citer
Mais en dépit de l'imminence de l'aube, le sommeil se refusa à elle :
la logique du "en dépit" m'échappe (juste avant l'aube, ça semble logique de ne pas s'endormir)

Citer
À l'aube, tirée d'un mauvais sommeil
tu as "aube" et "sommeil" trois phrases avant

Citer
en la plaçant en face des responsabilités qu'elle s'était elle-même octroyée.
octroyées (je pense)

Citer
Son justaucorps immaculé venait d'être dilué par la foule
pas extra, ce "dilué", je trouve

Citer
Qu'est-ce qu'on m'apprend ? Rugit-il. Tu es complètement folle ! Tu veux notre ruine ?
Il n'est pas en état de faire son numéro, énonça-t-elle d'une voix tremblante.
Qu'on aille me chercher cet enfant sur le champ !
Je te l'interdis. »
je pense qu'il faudrait mettre des tirets (plus haut déjà)

Citer
Elle s'efforça de capter son regard, mais il l'ignora superbement et s'isola dans l'attente de la représentation.
pas top le "superbement" dans ce contexte (mais ce n'est que mon avis)

Dans l'ensemble, j'ai trouvé le texte un peu trop proche du tableau de Doré - mais c'était pas facile d'être original en restant cohérent avec l'AT - et le style un peu trop riche à mon goût. C'est carrément subjectif parce que c'est bien écrit, y a pas de problème. La tension monte quand-même pas mal jusqu'à la fin, ça fait son effet.
Concernant le père-meneur, je pense que donner l'info plus tôt donnerait plus d'impact.

Bonne continuation,
Rémi

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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #9 le: 20 mars 2017 à 12:59:34 »
  Bonjour,

  Voici une seconde version. Le style provoque des réactions contrastées, je l'ai un peu allégé sans le dénaturer. Je n'ai rien changé à la structure de l'histoire mais j'ai élagué ici et là pour la resserrer légèrement.

  @RémiDeLille : Merci pour tes remarques. Je m'attendais à la remarque sur la proximité avec le tableau depuis que j'ai découvert certains autres textes. J'avais vraiment peur d'être hors-sujet, d'où ce choix, mais j'ai constaté qu'en fait j'aurais pu partir assez loin... Cela dit, une fois ce parti-pris de la proximité accepté, j'ai décidé d'évacuer le tableau dès les premières lignes pour préserver l'incertitude de l'intrigue. Le choix du réalisme s'opère lui-même en tension, puisque tout l'enjeu pour la mère est de comprendre la portée de sa vision.

Citer
Pourquoi de l'imparfait ici pour démarrer ? On a l'impression que la scène que tu vas raconter se répète (surtout avec le "alors")
Justement, à mes yeux on est sur quelque chose de l'ordre de la vérité générale. Et que ça amorce une attente de répétition me semble intéressant, au vu de l'intrigue développée.
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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #10 le: 28 mars 2017 à 17:50:37 »
Salut !

Citer
  La cartomancienne prostrée tenait son fils contre son cœur. La chair de sa chair vacillait en équilibre précaire entre deux mondes, la vie s'échappant à gros bouillons de son crâne béant. Une chouette impassible annonçait l'imminence du trépas.

Autant j'aime plutôt la façon d'écrire dans ce début, autant je trouve que c'est bien trop une description simple du tableau. Dommage.

Citer
  Mais le sommeil se refusa à elle : la survenue d'un tel songe, aussi précis, aussi intense, la plongeait dans un trouble profond.

Phrase maladroite, je trouve. SUrtout en commençant par mais.

Citer
elle hésita à se confier : mais il paraissait déjà si

Pourquoi les deux points ?

Citer
sa conviction était faite : convaincue

conviction/convaincue

Citer
la respiration en suspens, qui accompagnait les postures les plus périlleuses ; le soupir de soulagement, lorsque la réception était assurée ;.

bug typo à la fin

Bon je suis assez mitigé.
C'est-à-dire qu'il y a pas mal de bonnes choses, que si l'histoire au final est assez commune dans ce qu'on a pu lire dans cet AT jusque là, le traitement est assez intéressant, surtout la fin avec cet histoire autour du père du gamin.
Mon conseil serait du coup d'approfondir ça, qu'il y ai plus cette question et ce malaise.

Plus simple à dire qu'à faire, j'entends bien.

Quelques maladresses de formulation aussi.
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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #11 le: 02 avril 2017 à 12:37:25 »
Merci pour tes remarques formelles.

Citer
Autant j'aime plutôt la façon d'écrire dans ce début, autant je trouve que c'est bien trop une description simple du tableau

Tout à fait, mais je m'attache à l'évacuer en deux lignes au tout début du texte - parce que c'est quand même le sujet et que je dois quand même écrire pour des lecteurs qui pourraient ne pas l'avoir en tête - avant de présenter les enjeux du texte.

Citer
C'est-à-dire qu'il y a pas mal de bonnes choses, que si l'histoire au final est assez commune dans ce qu'on a pu lire dans cet AT jusque là, le traitement est assez intéressant, surtout la fin avec cet histoire autour du père du gamin.

C'est vrai que, comme je le disais, je n'ai vraiment pas cherché à m'éloigner du tableau - plutôt d'aller en son coeur, de trouver quels enjeux il pouvait receler : faire d'un point d'arrivée théorique le point de départ (la mort de l'enfant), creuser le paradoxe d'une cartomancienne qui se laisse surprendre par le drame, s'interroger sur la figure de l'homme et sur leurs interactions, tout en restant attaché à un certain réalisme social. De fait, je comprends tout à fait l'impression de redondance avec d'autres textes, c'est pour ça que j'aime moins lorsqu'une image constitue le point de départ d'un appel à textes : le dosage entre la fidélité peu originale et le hors-sujet total me semble plus difficile à trouver.

Merci pour ta lecture en tout cas.
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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #12 le: 03 avril 2017 à 12:34:58 »
Bonjour,

Citer
la vie s'échappant à gros bouillons de son crâne béant.
je trouve que "gros bouillons" n'est pas trop dans le ton du texte
 
Citer
- J'ai peur, avoua-t-elle d'une voix tremblante. »
on met plutôt les guillemets avant l'incise

Citer
« Qu'est-ce qu'on m'apprend ? Rugit-il. Tu es complètement folle ! Tu veux notre ruine ?
j'ai dû en laisser passer plusieurs mais il n'y pas besoin de mettre des majuscules aux verbes de parole

 
J'ai trouvé la lecture sympathique. A mes yeux, tu as plutôt bien géré cette histoire de rêve prémonitoire et les doutes de la mère. J'ai beaucoup apprécié le fait que le père et le meneur soit une même personne.
Le seul bémol, à mon sens, concerne le style du texte que je trouve parfois trop lourd (notamment au début du texte) mais j'aime bien l'ensemble.
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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #13 le: 06 avril 2017 à 07:47:47 »
Salut !

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découpait l'ombre du poteau d'équilibriste
Durant ma lecture, j'ai retiré d'équilibriste. Peut-être l'ai-je trop lu, peut-être juste poteau suffit, comme si on parlait d'un couperet et qu'il semble inutile de préciser à quoi il sert.

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Pouvait-il s'agir d'un avertissement prémonitoire ?
Pareil : j'ai retiré prémonitoire. Certaines choses n'ont pas besoin d'être dites pour être comprises, et sitôt qu'on les énonce, on alourdit la chose.

Il y a sûrement d'autres petites choses, mais ces deux exemples montrent bien mon impression au début.

Autrement, ce fut sympathique. J'ai bien aimé l'idée, le déroulé. Ma lecture a été très lente, du fait d'un je-ne-sais-quoi, ce qui m'énerve un peu, mais sinon, la fin se fait attendre et ça c'est cool ! vraiment cool !


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Re : [T09] La femme qui lisait dans le temps
« Réponse #14 le: 10 avril 2017 à 19:59:17 »
@Luna Psylle : tes exemples sont tout à fait pertinents. D'ailleurs, ceci dit sans acrimonie aucune, je regrette de n'avoir pu en prendre connaissance avant l'interdiction des modifications.

Encore que, pour le poteau d'équilibriste, c'est le seul terme qui permet de réellement contextualiser sa mort au début du texte. Bien sûr, dans le cadre de l'appel à textes, la connaissance du tableau et la multiplicité de textes au thème semblable rend la précision superflue ; mais pour un lecteur non immergé comme nous le sommes en ce moment dans le tableau de Doré, je ne suis pas certain que la seule mention d'un poteau soit suffisamment explicite.

Merci pour ta lecture.
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