Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

16 juin 2019 à 15:15:23

Le Monde de L'Écriture » Sous le soleil des topics » Archives croulantes » Revue » Numéro 9 » [P11] Oxaïa

Auteur Sujet: [P11] Oxaïa  (Lu 1143 fois)

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[P11] Oxaïa
« le: 07 mars 2017 à 12:56:42 »
Oxaïa

Autour d’un grand brasier, ils s’étaient assemblés,
Et les flammes très haut, au ciel rempli d’étoiles
Semblaient vouloir chercher quelque chose à brûler
Autre que la douleur qui leur rongeait les moelles.

« Oxaïa ! Ce cri, sœurs, fils, filles et frères,
De nos aïeux défunts invoque la mémoire.
Crions, hurlons d’un seul gosier : Oxaïa !
Qu’ainsi soit planté dans les cieux ce cri, ce soir,
Comme on plante une dague au giron de la terre. »

Ainsi parlait Zoltan, le grand bonimenteur,
Dont la voix se faisait l’écho de la misère,
Et tous autour de lui réverbéraient en chœur
La rumeur de ses mots, au cœur de la clairière.

« Quand l’un d’entre nous meurt, il n’est pas de remède,
Pas de baume assez fort, de dictame assez doux,
Pour combler le départ de l’être qui décède ;
Rien, sinon un cantique, entonné entre nous,
Dont tous les mots n’en sont qu’un seul : Oxaïa ! »

Son visage et son corps tout entier brûlaient
Du feu qui devant lui comme au-dedans montait
Et montait jusqu’à luire au cœur de tous les autres,
Communiant, psalmodiant la même patenôtre.

Plus haut encor s’élevait la fumée, si bien
Qu’à la ville endormie, d’honnêtes citoyens
Se levaient de leurs lits pour observer entre eux
Le serpent fin et noir qui veinait la nuit bleue.

Un vieillard seul se souvenait, étant enfant,
Avoir épié de loin un semblable sabbat.
La flamme dans son œil brillait ainsi qu’antan :
Il aurait tout donné pour retourner là-bas.

« Hier et pour toujours, un de nous est parti.
Six fois sur lui l’automne aura fait choir les feuilles
Avant que du tréteau qui était sa patrie
Ce ne fût lui qui chût et nous laissât en deuil.

« Frères, sœurs, de la main qui sa branche scia
Vengeons-nous aujourd’hui ! Dieu ou Diable, qu’importe
Si l’un ou l’autre au sort des hommes se lia ;
Ce ne sont point ici méfaits que vent emporte :
Ils paieront même prix, au cri d’Oxaïa ! »

La caravane entière était réunie là :
Hogar, dit la Montagne, et son caniche roux ;
Intirâ la fakire et son tapis de clous ;
Aspic le magicien, les sœurs Rose et Épine ;
Pantalon, Arlequin, Cassandre et Colombine ;
Gerko, l’homme-lézard, les chiens équilibristes,
Les mimes musiciens, les moines trapézistes.

Silhouettes bigarrées, les enfants des chemins
Qui à la terre ni au ciel ne devaient rien,
Et dont le cri de guerre était Ni Dieu ni Diable,
Ressuscitaient ce soir le vieux rite perdu
Par lequel leurs aïeux, aux sombres arts rompus,
Se vengeaient quand l’un d’eux mourait en plein spectacle.

« À la force du ciel, nous présentons ces fruits ;
À la force d’enfer, cette enfant de la nuit.
Tendez la main pour les saisir, ô tout-puissants,
Humez, touchez, goûtez de loin à ces présents.
Sentez-vous leur chair ferme et leur saveur sucrée ?
Et toutes les délices à vous seuls consacrées ?
Pleurez, Oxaïa ! car les voilà perdus
À vos cœurs sans merci et pour toujours déchus ! »

Mais tandis qu’à la flamme se réchauffait la haine
Et que les dieux, peut-être, étaient du sacrifice,
Dans l’ombre recueillis, une cartomancienne
Et un cracheur de feu pleuraient leur dernier fils.
« Modifié: 03 avril 2017 à 23:23:21 par Mout »
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #1 le: 13 mars 2017 à 21:16:23 »
Salut Mout :)

Tu as utilisé les alexandrins, mais dans la première strophe le rythme me semble bancal. Dans la seconde c'est nickel par contre.

Citer
d’étoiles
Semblaient vouloir chercher quelque chose à brûler
Autre que la douleur qui leur rongeait les moelles.
pour moi, étoiles et moelles ça rime pas  :/
(mébon, j'ai pitêt un accent :D )

Citer
Plus haut encor s’élevait la fumée, si bien
pas fan de ce rythme-là

Citer
Avoir assisté en cachette à semblable sabbat.
là encore le rythme me perd un peu

Citer
Silhouettes bigarrées, les enfants des chemins
13, non ? c'est moins fluide en tout cas

Citer
Et dont la fière devise était Ni Dieu ni Diable,
j'enlèverais le "et" pour faire un beau 6 + 6

Citer
Mais tandis qu’à la flamme se réchauffait la haine
Et que les dieux, peut-être, étaient du sacrifice,
Dans l’ombre recueillis, une cartomancienne
Et un cracheur de feu pleuraient leur dernier fils.
l'une de mes strophes préférées

Je n'ai pas été super embarqué par ton poème, cher Mout. En dehors des petits problèmes de rythme (qui cassent un peu la lecture quand la plupart des vers sont des alexandrins), je trouve que ça manque un peu d'images. Après, c'est une question de goût, ton poème a des qualités indéniables et notamment ce balancement entre les citations de Zoltan et la narration.

Au plaisir et bonne chance pour la suite,

Rémi

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #2 le: 13 mars 2017 à 21:22:31 »
Je sais pas si "Oxaïa" a un sens mais ça me fait penser à Oxfam (association caritative britannique), à Ushuaïa et à Hosanna, du coup je sais pas, si c'est un mot inventé je trouve ses associations d'idées un peu maladroites (OK tu pouvais pas prévoir que ce serait lu par une pseudo-hyperactive en état permanent d'associations compulsives).

Citer
Ainsi parlait Zoltan, le grand bonimenteur,

Lui il me fait penser au dragon Zhaïtan de Guild Wars et au footballeur Zlatan, rholàlà je suis NULLE en associations mdr. (Mais je préfère te dire ce que ça m'évoque, à toutes fins utiles)

Citer
Un vieillard seul se souvenait, étant enfant,
Avoir assisté en cachette à semblable sabbat.
La flamme dans son œil brillait ainsi qu’antan :
Il aurait tout donné pour retourner là-bas.

Trop COOL ce personnage / ce quatrain

Citer
La caravane entière était réunie là :
Hogar, dit la Montagne, et son caniche roux ;
Intirâ la fakire et son tapis de clous ;
Aspic le magicien, les sœurs Rose et Épine ;
Pantalon, Arlequin, Cassandre et Colombine ;
Gerko, l’homme-lézard, les chiens équilibristes,
Les mimes musiciens, les moines trapézistes.

Je trouve vraiment super cet effort de contexte, cette invention de personnages nombreux, bigarrés, qui enrichissent énormément le thème. J'ai eu peur en lisant le début genre "rho encore un qui a lu funambule sur la page wikipédia du tableau et a pas cherché plus loin" mais c'est bon cette strophe te rachète entièrement à mes yeux de lectrice chieuse. : )

Citer
Dans l’ombre recueillis, une cartomancienne
Et un cracheur de feu pleuraient leur dernier fils.

 :coeur:


Tu gères la fougère au niveau du style, j'adore !

Je trouve le début bien moins puissant que la fin, je suis pas convaincue par le cri d'oxaïa (mais comme dit, s'il a une signification particulière, en gitan par exemple, je serais bien aise de la connaître). En fait pour moi, le texte allégé des deux premières strophes s'en trouverait encore plus puissant. Mais c'est que mon avis : )

Merci pour cette lecture !
Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #3 le: 16 mars 2017 à 23:45:14 »
Bonjour Rémi,

Tout d’abord, merci pour ta lecture et ton retour critique.

Plusieurs de tes remarques concernent le rythme, ou plus exactement la métrique. Je constate que tu te réfères à une norme très classique, voire orthodoxe, comme on l’imaginerait au 17e siècle, où il était impensable d’avoir autre chose que des 6-6 avec césure à l’hémistiche, et toutes les autres petites règles qui s’ensuivent. Je conçois que cela soit satisfaisant à lire, parce que réglé comme du papier à musique, mais mon parti-pris stylistique était autre. Voulant m’approcher du style de l’époque de Gustave Doré, j’ai tenté d’adopter plutôt les rythmes du 19e siècle, alors que le romantisme était passé par là, et que les prémisses du symbolisme se faisaient sentir, deux courants qui ont apporté à la poésie des libertés de forme, notamment les rythmes ternaires et un usage plus souple des syllabes féminines. Ceci étant dit, certaines de tes observations sont tout à fait justes, pour autant du moins qu’on veuille se référer, comme tu le fais, à la norme stricte de l’alexandrin classique, ce que je n’ai jamais prétendu faire (je parlerais plus volontiers de dodécasyllabes). Je les reprends une par une :

Rythme de la première strophe : peut-être cela redressera-t-il le côté bancal à tes oreilles de savoir que j’imaginais « Oxaïa » en 4 syllabes… À part ça, les seuls écarts métriques sont un ternaire en vers 3 et un P6 en vers 4 (on en trouve partout à la fin du 19e).

« étoiles / moelles » : pour moi, les deux riment. Un moment, je me suis demandé si c’était mon accent belge, mais en allant sur forvo, j’ai entendu deux prononciations françaises qui vont dans le même sens que moi.

« Plus haut encor s’élevait la fumée, si bien » : j’aime bien pour ma part les enjambements syntaxiques d’un vers à l’autre, qui « cassent » le ronron de l’alexandrin et donnent de l’ampleur à la phrase.

« Avoir assisté en cachette à semblable sabbat » : tout à fait d’accord, je m’aperçois après coup qu’il y a étonnamment 14 syllabes à ce vers ! Mais je t’avoue que je ne compte pas tout le temps sur mes doigts, et ce vers m’a paru couler naturellement sur la langue, de sorte que j’ai dû le garder pour son euphonie plutôt que pour sa parfaite structure métrique.

« Silhouettes bigarrées, les enfants des chemins » : tu signales 13 pieds. Alors soit tu fais référence au F6 + consonne à l’hémistiche (« bigarrées, les »), qui n’est en effet pas racinien, mais qu’un Verlaine n’eût pas renié, toute modestie gardée bien sûr ; soit tu te réfères au mot « Silhouettes », auquel cas je te répondrais qu’il n’est pas rare que certains mots alternent, selon les cas, entre 2 et 3 syllabes, comme « désuet » ou « violon ». Encore une fois, je ne pense pas que l’histoire de la poésie me contredirait.

« Et dont la fière devise était Ni Dieu ni Diable » : enlever le « et » en ferait en effet un beau 6-6, mais quid de la syntaxe ? J’y réfléchis…

Merci pour le compliment sur la dernière strophe et sur le reste.

Et oui, peut-être que cela manque un peu d’images, mais j’ai fait le choix d’une poésie narrative, et la limite de mots m’empêchait de développer le côté évocateur autant que je l’aurais voulu sans que le récit n’en pâtisse (j’ai déjà dû réduire mon histoire par rapport à mon idée de départ).

Cordialement
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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #4 le: 16 mars 2017 à 23:46:57 »
Bonjour Verasoie, et merci pour ta lecture tout en ressenti ;)

À propos du mot « Oxaïa », il était censé évoquer dans mon esprit la langue des gitans (comme tu le relèves avec justesse), mais aussi une formule d’incantation ésotérique et quelque chose d’un sabir d’initié à consonance levantine (il se trouve d’ailleurs que c’est le nom d’une île au large d’Istanbul) ; enfin, la forme du mot se rapproche, comme par déformation, de l’espagnol « Ojala » (parfois écrit « Oxala » dans de vieilles graphies), qui signifie « Plût à Dieu ». Mais ce n’est après tout que ce que j’ai voulu y mettre, et je suis content de voir que le mot possède une force évocatrice certaine, s’il éveille en toi des associations autres, au demeurant très drôles ! :) Notamment le passage sur Zhaïtan et Zlatan, qui m’a fait sourire… À ceci près que Zoltan est un prénom qui existe (d’origine hongroise, je pense). Tout ça crée, je le concède, un flou géographique (on navigue entre la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie et la Turquie), mais il est plus ou moins voulu !

Je ne vois pas très bien ce qui t’a fait penser que j’aurais lu « funambule » sur la page Wikipédia du tableau et brodé sur ce thème, car rien dans mon texte ne fait référence au funambulisme, si ce n’est le verbe « choir » et l’expression « qui sa branche scia », qui ne sont quand même pas des allusions trop évidentes, je crois.

Je veux bien réfléchir à donner plus de puissance à mon début, mais je peux difficilement sabrer purement et simplement les deux premières strophes, au risque de faire boiter ma narration et de perdre en ambiance.

En tout cas, un grand merci pour ce retour et pour les beaux compliments que tu me fais !
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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #5 le: 17 mars 2017 à 16:46:06 »
Bonjour Mout !

Ce numéro je prends des risques et je me lance dans la lecture et le commentaire des poèmes.
N'étant pas férue de poésie, je vais laisser la forme de côté pour ne me concentrer que sur le fond.

Eh bien, je dois dire que j'ai beaucoup aimé. À la lecture, le poème a un certain rythme qui reste tout du long, les vers sont faciles à lire et on entre rapidement dans l'histoire.
Je me vois tout à fait lire ou clamer ce texte au coin du feu, justement ^^

J'aime énormément la mise en scène et le contexte qui tombe à la fin, le point de vue interne de la troupe et externe (émerveillé/inquiet) des habitants des alentours.

Au final, je sors de ma lecture avec des couleurs chaudes plein la tête (le rouge du feu, la lumière qui se reflète sur la troupe) et le cris d'Oxaïa plein les oreilles (cri qui fait un peu penser soit à une lamentation à un dieu pour l'âme du mort, soit à un cri de vengeance).

Merci pour ce texte !
Je crois qu’il y a dans le cœur des hommes une place créée pour l’émerveillement, une place endormie qui attend de s’épanouir. ~ Ambre, Les aventuriers de la mer, R. Hobb

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #6 le: 20 mars 2017 à 12:59:21 »
Salut Mout :)

Ce sont les quelques alexandrins parfaits qui m'ont fourvoyés.
J'ai cherché un ronron inutile...

Après relecture libérée, j'ai mieux apprécié le rythme.

Bref, je voulais passer dire que ce poème est bien chouette ;)

Rémi


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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #7 le: 20 mars 2017 à 17:51:57 »
Salut !

Je ne vais pas me lancer dans un commentaire très précis parce que rien n'a heurté ma lecture. Certaines rimes m'ont semblé bien trouvées. Le récit est plutôt fluide mais le charme de l'incantation n'a pas opéré sur moi. Je ne saurais vraiment t'expliquer pourquoi. Peut-être que je n'ai pas ressenti assez d'émotion ou été assez étonnée par des images surprenantes.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #8 le: 21 mars 2017 à 00:46:56 »
Bonjour Kerena,

Tes remarques me font bien plaisir, et je t’en remercie. Tu as vu clair dans mes intentions :
  • C’est en effet un texte écrit pour être déclamé : j’ai voulu rendre par le rythme, par le côté invocatoire et par l’alternance discours direct/indirect, quelque chose du rituel qui se tient là ;
  • La mise en scène en points de vue multiples m’importait beaucoup, au point que, n’était la limite de mots, j’aurais développé davantage cet aspect ;
  • Enfin, le double sens de l’invocation aux dieux était précisément ce que je cherchais à rendre ; or, ayant dû me restreindre en longueur, je craignais que ce ne fût pas assez clair : l’incantation aux dieux devient progressivement une provocation à leur endroit, et le rituel au départ propitiatoire se révèle en vérité un camouflet à la face de la providence.
Merci d’avoir cherché le sens profond de mon texte !
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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #9 le: 21 mars 2017 à 00:48:24 »
Bonjour Ernya,

Peut-être l’ambiance de ta lecture n’était-elle pas assez propice ;)

Toujours est-il qu’il est ardu, en 500 mots, de développer à la fois le côté narratif, comme j’ai voulu le faire, et le côté évocateur des images, que je ne pense pas avoir tout à fait négligé non plus. Mais je veux bien intégrer cette remarque dans ma réflexion de réécriture.

Pour ce qui est de l’émotion, je voulais la concentrer dans la strophe finale.

Merci en tout cas pour ce retour !
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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #10 le: 21 mars 2017 à 09:01:37 »
Hello Mout !

Moi non plus je ne ferai pas de commentaire détaillé - par manque de temps car il faudrait que je pinaille, n'ayant rien à redire en général.
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a effectivement fait penser à des poèmes (et poètes) du 19e siècle. Je suis particulièrement fan du choix de mots un peu désuets mais qui ajoutent tout son charme au poème. Et je n'ai donc eu aucun souci à me laisser emporter par l'oraison, par l'ambiance, les images, les émotions. La dernière strophe m'a vraiment touchée.

Par contre, il me semble qu'on dit "patenôtre" et non "paternôtre".

Merci pour ce texte !
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Mout

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #11 le: 27 mars 2017 à 23:47:21 »
Bonsoir Marygold,
Que dire sinon merci ! Tu as raison sur "patenôtre", mais il y a plus que j'ignorais : c'est du féminin ! Comme quoi, l'intuition linguistique n'est pas toujours bonne à suivre (j'imagine que j'ai été fourvoyé par "un Pater Noster").
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Hors ligne Valooshka

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #12 le: 28 mars 2017 à 00:11:52 »
Je dis : bravo !
Je ne suis pas qualifiée pour détailler ce texte et émettre une critique pertinente, aussi me suis-je laissée emporter par le style.
Vraiment, pour moi qui suis fan de tragédie, c'est un vrai bonheur que cette lecture…
Et si plusieurs strophes m'ont beaucoup émue, la dernière est un petit bijou !
Quel talent !  ::)



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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #13 le: 31 mars 2017 à 22:29:34 »
Un détail, rien de plus (mais qui se répète:)
Le bruit de ses paroles,7   au cœur de la clairière.6= 13
le bruit de sa parole 6  au cœur de la clairière.6= 12
« Modifié: 04 avril 2017 à 14:26:06 par pehache »

Hors ligne Mout

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Re : [P11] Oxaïa
« Réponse #14 le: 03 avril 2017 à 23:40:24 »
Merci Valooshka !
pehache : je ne comprends pas ta proposition, "le bruit se parole" ? Ceci dit, j'ai modifié (cf. ci-dessous).

Modifications apportées :
J'ai remonté une strophe au début pour améliorer l'équilibre de l'ensemble, suite au commentaire de Verasoie.
Des quelques problèmes de métrique soulevés par certains, j'ai corrigé ceux sur lesquels j'étais d'accord :
- "Le bruit de ses paroles" >> "La rumeur de ses mots" ;
- "Avoir assisté en cachette à semblable sabbat" >> "Avoir épié de loin un semblable sabbat" ;
- "Et dont la fière devise était Ni Dieu ni Diable" >> "Et dont le cri de guerre était Ni Dieu ni Diable"
Enfin,  j'ai corrigé "paternôtre" en "patenôtre", comme le relevait à juste titre Marygold.

Merci à tous pour vos commentaires souvent avisés.
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