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Auteur Sujet: Livres = Patates ??  (Lu 8870 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Livres = Patates ??
« le: 16 Janvier 2017 à 18:45:49 »
Bonjour tout le monde,

Celles & ceux qui me connaissent savent que j'attache beaucoup d'intérêt au monde du livre et à sa place au quotidien.

Précédentes discussions :

Quelque chose aujourd'hui m'inquiète. Voilà quelques années que je découvre le secteur de l'édition et ses particularités. J'ai effectivement la sensation qu'on fait de plus en plus du livre un bien de consommation matériel. C'est comme si vendre un livre et vendre des pommes de terre, c'était à peu près pareil. J'entends par là qu'on pourrait très bien remplacer un livre par un autre, que son contenu importe peu, si ce n'est selon les goûts. Autrement dit, l'utilité du livre est réduite à sa seule présence sur un stand en tant que papier imprimé, c'est pire encore que le pain, c'est quelque chose qu'on pourrait passer entre les mains de n'importe qui, son origine n'aurait plus d'importance.

Une métaphore qui pourrait faire l'affaire, c'est un stand de sucettes de toutes les couleurs : elles auront toutes le même goût, et sont faites de sucre ; mais la couleur change selon les colorants ; et vous êtes invités à faire votre choix...

Pensez-vous que je me trompe ? Suis-je dans l'illusion ?


Certains prétendent que n'importe quel livre peut se vendre, une promotion basique suffit à en faire un bien consommable. Autrement dit, on ne vendrait plus un livre selon la qualité des textes mais selon la qualité de la communication engagée dessus (et donc selon des sommes d'argent). Cela m'amène à poser des questions conséquentes : qu'est devenu l'auteur ? L'éditeur peut-il être banalement comparé à un grossiste ? Les lecteurs peuvent-ils réellement se satisfaire de n'importe quel bouquin ?

N'y a-t-il pas là l'insoutenable prétention qui viserait à faire de tout individu une référence naturelle en matière de lecture ?

Je suis très inquiet vis à vis de la considération que l'on a de nos lectures, n'a-t-on pas d'intérêt pour les œuvres originales ? Pouvons-nous considérer l'écriture comme une simple activité ludique ? Je vais même risquer le pire : le monde du livre n'est-il qu'une immense arnaque !? Où commence la destruction de tout un secteur ?

J'espère que vous pourrez me donner un avis sur ce sujet qui nous concerne pourtant toutes & tous.
« Modifié: 17 Janvier 2017 à 04:27:50 par Alan Tréard »

Hors ligne Aléa

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #1 le: 16 Janvier 2017 à 19:25:33 »
Ah mais mon petit Alan, nous sommes dans une société marchande et tu le sais bien. Oui on peut tout vendre, tu connais l'industrie du cinéma, celle du disque, oui elle est comparable au livre. Le sacro-saint marketing rule them all et ce n'est pas nouvea, c'est pas de plus en plus, c'est comme ça depuis un bon moment.
Là où ca devient intéressant c'est dans les nouvelles formes d'économies (la musique a beaucoup ouvert la voie dans ce domaine)

Par contre, et c'est là où le secteur du livre reste intéréssant, c'est que ce sont toujours les lecteurs qui décident de ce qui marche ou non (même si oui, les éditeurs orientent leur ligne, les livres qu'ils mettent en avant). Chaque année des livres avec des campagnes de pubs fortes se plantent, chaque années des livres se révèlent de bonnes surprises au niveaux vente alors que l'éditeur n'avait pas 'mit le paquet' dessus, bref ca ca reste beau dans l'édition (et les éditeurs 'classiques' s'arrachent les cheveux pour comprendre les tendances.)
(aussi, sans lien direct avec ce que j'écris au dessus, il y a une très forte proposition de livres auprès des éditeurs, et le secteur de l'édition est le seul secteur qui n'a pas connu de grosse chute comparé aux autres secteurs culturels, bref la demande des lecteurs est toujours aussi présente -offre/demande- bref les amoureux des livres existent encore et toujours, et il ne faut pas les oublier pour une partie de lecteurs qui lisent tout ce qui passe, même ce qui est mauvais)

Après si tu veux séparer le bon grain de l'ivraie, il faut fouiller, chiner, tester, en parler autour de soi, 'consommer local', regarder les petits éditeurs etc etc (je ne pense pas t'apprendre grand chose mais si ca peut te rassurer)
Des livres récents géniaux et inventifs, ca existe.

En fait j'ai l'impression que ta question, plus que tout ce à quoi j'ai répondu, c'est plus Le livre a-t-il encore un statut sacré ? Faut-il rendre sacré les auteurs ? (du coup, c'est vraiment la question que moi je te pose)
(as-tu déjà arraché une page d'un livre ? #question curieuse)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Loïc

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #2 le: 16 Janvier 2017 à 19:35:02 »
Citer
Quelque chose aujourd'hui m'inquiète. Voilà quelques années que je découvre le secteur de l'édition et ses particularités. J'ai effectivement la sensation qu'on fait de plus en plus du livre un bien de consommation matériel. C'est comme si vendre un livre et vendre des pommes de terres, c'était à peu près pareil. J'entends par là qu'on pourrait très bien remplacer un livre par un autre, que son contenu importe peu, si ce n'est selon les goûts. Autrement dit, l'utilité du livre est réduite à sa seule présence sur un stand en tant que papier imprimé, c'est pire encore que le pain, c'est quelque chose qu'on pourrait passer entre les mains de n'importe qui, son origine n'aurait plus d'importance.

Je comprends pas trop l'opposition que tu fais. Perso, je défends l'inutilité du livre. Et que oui, le contenu importe peu. La question de l'utilité, c'est la question marchande et capitaliste. L'art s'en fout d'être utile.
(Et j'aimerais qu'on arrête de dénigrer la bouffe dont l'importance vitale, économique, politique et culturelle est au moins égale à celle de l'art. D'ailleurs c'est un peu un art aussi, la bouffe).

Citer
Les lecteurs peuvent-ils réellement se satisfaire de n'importe quel bouquin ?

Non, mais tout bouquin satisfera un lecteur ou une lectrice. Et ça n'est pas un problème.

Citer
N'y a-t-il pas là l'insoutenable prétention qui viserait à faire de tout individu une référence naturelle en matière de lecture ?

Je le prétends.

Citer
Ah mais mon petit Alan, nous sommes dans une société marchande et tu le sais bien. Oui on peut tout vendre, tu connais l'industrie du cinéma, celle du disque, oui elle est comparable au livre. Le sacro-saint marketing rule them all et ce n'est pas nouvea, c'est pas de plus en plus, c'est comme ça depuis un bon moment.
Là où ca devient intéressant c'est dans les nouvelles formes d'économies (la musique a beaucoup ouvert la voie dans ce domaine)

Je suis pas très convaincu du poids du marketing dans le livre, perso.
Tu le dis un peu après mais du coup je comprends pas ce paragraphe :mrgreen:

"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #3 le: 16 Janvier 2017 à 20:43:24 »
Bonjour Messieurs,

Il est important que le débat reste respectueux des sensibilités de chacune & chacun.

Le livre a-t-il un statut sacré ? ou n'est-il qu'une simple pomme de terre ?

Toute la question est là !!

 :\?

Ensuite, si l'on prétend qu'un contenu importe peu, à quoi bon venir réécrire ses textes sur un forum d'écriture ? C'est absurde !

Non, certains livres ont marqué l'histoire par le propos qu'ils ont tenu, faut-il mettre ce détail de côté ?

Nous travaillons nos textes parce que nous pensons que cela en vaut la peine.

Oh la la...

Hors ligne Milora

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #4 le: 16 Janvier 2017 à 20:48:33 »
Le livre peut tout à fait être une pomme de terre sans que ça enlève rien à sa qualité de livre !

C'est juste que Dan Brown frit accompagnera un kebab, et Alain Damasio à la vapeur avec des fines herbes, une souris d'agneau braisée.




Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.



Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Miromensil

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #5 le: 16 Janvier 2017 à 21:01:42 »
J'aime bien les patates donc ça me dérange pas de considérer les livres comme tels, c'est pas péjoratif
De toutes façons les deux se dévorent uhuhu
(Mon cerveau est dans même état que celui de Mil)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #6 le: 16 Janvier 2017 à 21:10:03 »
Oui, eh ! bien, les frites, ça suffit.

On ne va pas se laisser imposer un régime de disette par quelques businessmen, non mais ho !

Hors ligne Rémi

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #7 le: 16 Janvier 2017 à 21:28:38 »
Certains auteurs écriront parfois pour donner du plaisir, certains lecteurs liront parfois pour se faire plaisir. Si l'écriture et la lecture ont pour base le plaisir, alors oui livre = bonne bouffe :)  :bonpublic: Et j'en suis !

Si l'auteur a l'envie de faire passer un message (philosophique, politique...) alors il ne voudra pas que l'on consomme son bouquin comme une patate - son bouquin n'est pas fait pour donner du plaisir, ou pas le même plaisir -  ; et le lecteur n'aura pas cette même attitude face au livre (qui mangerait L'être et le néant ?)

Si l'auteur souhaite laisser une trace dans le monde grâce à ses oeuvres, si la vanité de l'artiste le fait rêver d'immortalité, alors, là non plus il ne voudra pas être une patate. Voir "L'immortalité", de Kundera (hein, quoi, je parle que de Kundera ? même pas vrai oh hé !). Mais ça, c'est pas une question nouvelle liée à la société actuelle.

Si l'auteur...

La grande chance qu'on a, en tant que lecteur ou auteur, c'est qu'on peut trouver ou écrire ce que l'on kiffe, parce que le coût de production, de promotion et de distribution des livres est bien moins élevé que celui des films (et dans une moindre mesure, de la musique). Bref, on peut être confiants, on pourra toujours lire de chouettes bouquins :)
Autre avantage par rapport au ciné : un film reste quelques semaines dans les salles (on peut regarder à la maison, d'accord), alors que le bouquin sera le même 50 ans après son édition et vieillira pas pareil qu'un film, mais ça, c'est un autre débat.

Bises Alan ! Et vivent les frites du Nord et de la Belgique  :bonpublic: :glou:
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #8 le: 16 Janvier 2017 à 21:51:25 »
Le risque, c'est que l'auteur soit dépossédé de sa liberté de préférer tel ou tel contenu ; idem pour l'éditeur qui se voit asservi à un modèle qui rangera tous les livres sous la même identité.

En ce qui concerne les patates, c'est une très mauvaise métaphore, j'aurais dû me méfier à l'avance...

PS: Bises, Rémi !
« Modifié: 16 Janvier 2017 à 21:53:16 par Alan Tréard »

Hors ligne Rémi

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Re : Re : Livres = Patates ??
« Réponse #9 le: 16 Janvier 2017 à 22:52:12 »
Le risque, c'est que l'auteur soit dépossédé de sa liberté de préférer tel ou tel contenu ; idem pour l'éditeur qui se voit asservi à un modèle qui rangera tous les livres sous la même identité.
l'auteur fait ce qu'il veut, non ?
Après, si tu penses que le problème est chez les éditeurs, qui voudraient ranger leurs livres "sous la même identité", je ne pense pas que cela soit le cas. Les grands éditeurs, comme les petits ont des lignes édito et plublient ce qui leur correspond et ce qui trouvera un public. Pour ce qui est du roman, par exemple, je pense que d'excellents romans sont publiés dans tous les genres et je pense qu'inversement un excellent roman ne laissera pas indifférent une maison d'édition s'il correspond à sa ligne édito.

Il est vrai que certains romans à succès ne sont pas ma tasse de thé (Musso, Lévy...) mais ce qui est vrai aujourd'hui l'était déjà hier avc les romans de gare (collection Arlequin...) qui existent depuis fort longtemps.

Bref, je n'ai pas l'impression que le roman souffre particulièrement d'un appauvrissement.
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

anlor

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #10 le: 16 Janvier 2017 à 22:59:06 »
Lisez Schiffrin  :huhu:

Non, sans rire, "L'édition sans éditeur", ça parle exactement de ce thème-là, et je pense que ça pourrait être intéressant histoire d'agré/argu-menter le débat.

(j'ai pas vraiment lu toutes les réponses, alors je vais laisser ce post comme ça et m'éloigner doucement)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #11 le: 16 Janvier 2017 à 23:07:49 »
La question que je souhaitais poser était justement la suivante : a-t-on le droit de considérer la qualité d'un contenu ? ou faut-il voir tous les livres comme étant un peu tous les mêmes, comme les patates ?

Après, on préfère certaines variétés de patates aux autres, c'est clair ! Et puis ça dépend aussi du plat, ou de comment on veut les cuire, etc.

Mais le travail d'édition et le travail de l'auteur qui ont été réalisés en amont, la réflexion autour de l’œuvre, l'amélioration de l’œuvre par une réécriture (comme on s'évertue à le faire sur le Monde de l'Ecriture) ; bref, tout cela a-t-il vraiment une valeur ou n'est-ce qu'une illusion ? Pourrait-on tout autant ne rien faire ? car on n'améliore jamais réellement le livre ?

Peut-on remplacer un livre par un autre comme on fait avec les patates ?

Et hop ! Corneille aux oubliettes, on le remplace facilement par n'importe quel livre écrit par n'importe qui sans même aucun travail de réécriture.

Après tout, on le consomme une fois et puis c'est fini ! On aura à nouveau faim demain...

C'est comme s'il suffisait de poser des mots les uns à côté des autres, le sens importe peu...

Non, arrêtons de nous faire croire que nous nous améliorons, tout le monde au même niveau, et le reste vite oublié.

Alors, les livres, c'est comme les patates ?

Edit : merci pour la lecture, anlor.
« Modifié: 17 Janvier 2017 à 00:40:40 par Alan Tréard »

Hors ligne Rémi

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #12 le: 16 Janvier 2017 à 23:19:57 »
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La question que je souhaitais poser était justement la suivante : a-t-on le droit de considérer la qualité d'un contenu ? ou faut-il voir tous les livres comme étant un peu tous les mêmes, comme les patates ?
ben oui ! Pourquoi on n'aurait pas d'avis ? Je donne mon avis sur Musso ou Lévy, j'évite le jugement de valeur (quand je suis calme), je suis pas JP Coffe  :D

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Et hop ! Corneille aux oubliettes, on le remplace facilement par n'importe quel livre écrit par n'importe qui sans même aucun travail de réécriture.
on en revient à l'immortalité, la vanité avec tes oubliettes ;)
Et si quelqu'un fait aussi bien que Corneille sans travail, tant mieux pour lui...

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Non, arrêtons de nous faire croire que nous nous améliorons, tout le monde au même niveau, et le reste vite oublié.
je comprends pas ce que tu veux dire  :/
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Hors ligne Kanimp

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #13 le: 16 Janvier 2017 à 23:27:05 »
De mon point de vue Alan tu commences à percevoir par le livre un profond changement du mode de fonctionnement de nos sociétés.
Parce que nous avons quitté l’ère société de consommation et nous sommes entrés dans l’ère de la société mercantile.

Je m’explique, lorsque j’étais aux études en informatique industrielle, on nous expliquait qu’une société reposait sur son corps business.
Toute défaillance de l’infrastructure informatique pouvait mener à la faillite.
Pour faire comprendre l’importance du corps business, mon prof de l’époque avait posé une question en deux temps.
Ila a montré une allumette sortie de sa boîte et posait la question.
— Est-ce que cette allumette est importante ?.
Tout le monde a répondu « non, c’est qu’une allumette ». Le prof a continué sa question.
— Chez un fabriquant d’allumettes ?

Dès lors, tous nous comprenions l’importance du corps business d’une société, indépendamment de ce qu’elle concevait.

Aujourd’hui le corps business d’une société c’est le service de facturation, indépendamment de ce qu’elle crée ou distribue. Un livre étant vendu par une société d’édition ne déroge pas à cette règle « vendre, quoi OSEF. ». Parque ce qui est vendu ne sert qu’à justifier la facture.

Aujourd’hui on applique aux livres, les mêmes règles marketing utilisées pour des boîtes de poudre à lessiver. On parle de retour sur investissement, de part de marcher, etc.
Mais ce beau monde oublie qu’un livre c’est avant tout de l’art.
L’art n’est pas régi par des règles promotionnelles. C’est le public qui gère l’art, car il l’apprécie.

De fait tout livre rentable doit être édité. Parce que le petit canard boiteux supprimé du catalogue parce qu’il ne génère pas suffisamment de profit direct.
Ce petit canard boiteux serait peut-être devenu un cygne best-seller après des années d’édition bénéficiaire, même dérisoire comparée à d’autres. Mais suffisante pour qu’il trouve son public et son envol.

Les gros éditeurs se sont lancés dans une course infernale qui les tuera tous.
Où les livres qu’ils vendent doivent correspondre aux règles poudre à lessiver.
Aseptiser les œuvres pour atteindre un public de plus en plus large.
Pour au final mécontenteront tout le monde.

C’est pour moi la raison principale à la situation actuelle. Mais pas forcément la seule.

Dernièrement, j’en ai entendu un autre son de cloche et je l’analyse pertinente.
Aujourd’hui, il y a une crise de confiance envers les mass-médias, les politiciens, les programmes scolaires, etc…
Dans cette optique, le livre n’est pas qu’une œuvre littéraire, une relation entre son auteur et ses lecteurs.
Le livre est magnifié à sa plus importante dimension, il devient un moyen de communication populaire.

Peu importe ce qui arrivera aux éditeurs, le livre ne disparaitra jamais.

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Livres = Patates ??
« Réponse #14 le: 16 Janvier 2017 à 23:52:52 »
Rémi, je vais essayer de m'expliquer.

Kanimp, je trouve ton analyse très poussée et enrichissante.

En ce qui concerne les éditeurs aujourd'hui, comme le démontre très bien Ben.G :
(les éditeurs 'classiques' s'arrachent les cheveux pour comprendre les tendances.)
Or on sait très bien qu'à travers l'histoire, un bon éditeur n'est pas celui qui court après la mode, mais celui qui la lance.

Être un bon éditeur, ce n'est pas donné à tout le monde !

Les initiatives sont coupées de partout, c'est destructeur.

Je pense qu'il ne faudrait plus considérer le livre comme un objet dérisoire, mais comme un élément important du quotidien. Je crois que ce que nous écrivons est porteur de sens. C'est la thèse que je défends.

Je pense que nous avons raison de travailler les lettres, de les transformer. Nous pouvons encore espérer que le monde se réveille, et fasse la distinction entre un livre travaillé et un livre bâclé.

Par respect pour nos lecteurs, nous devons leur offrir une lecture de qualité, cela n'en sera que plus plaisant. Oublions les patates, concentrons-nous sur la grande cuisine !!

Un bon auteur, on lui fait confiance ; un bon éditeur, on lui fait confiance ; il en est de même d'un bon journal, selon moi.
« Modifié: 16 Janvier 2017 à 23:56:42 par Alan Tréard »

 


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