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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Il n'y a pas d'yeux

Auteur Sujet: Il n'y a pas d'yeux  (Lu 9842 fois)

Hors ligne Aléa

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Il n'y a pas d'yeux
« le: 09 Janvier 2017 à 03:46:22 »

Pourquoi le refus de la prose diront certains ? J'ai essayé de le réecrire en prose mais le problème était là, réecrire. Je crois que la prose implique une toute autre logique rythmique qui prend en compte la ponctuation, et là, celui-ci n'a pas été pensé comme ça et j'aurais peut être perdu des choses, des cassures de vers qui me plaisent et sonnent mieux comme ça. Voilà.







I

Il n'y a pas d'yeux
Nulle part, ni yeux ni cœur
Ni vie ni corps qui nous regardent
Là-haut, dans la cavité astrale
Creuse
Pas d'écho dans l'orbite.
Non les étoiles ne sont pas
Ces humeurs humides, pleurant,
Coulant leur compassion sur nos os
Sans sensation.
Elles brillent, elles brillent au travers...
Mais si brillent leurs pupilles, où est l'iris ?
Non les étoiles ne sont pas
Ces regards attendus de compagnies d'ailleurs
Elles sont déjà mortes et nous aussi
Mais qui pour le voir ?
De la chair croit sur nos os décharnés.
Nos pupilles closes
Cousues de fils invisibles et pourtant colorés
Pourrissent lorsque sur des monts et des plages,
Incapables d'autrement, nous rêvons
De ces amis présents
Sur ces étoiles lointaines.

Car c'est l'infini
L'infini du possible
L'infini du fantasme
L'infini des reflux de vagues à l'âme
L'infini des mains vides tendues.

La mer dégueule un œil,
Une perle. Ils se pressent
– Toute l'humanité sur une plage –
Mais où est l'iris
Lit-on sur les lèvres
Où est l'iris, où est l'iris
Où est l'iris ?
Le précieux si précieux
Il n'en a pas.
Les badauds s'en vont
À tâtons – des mains sur des épaules
Des files aux mines basses et dépitées
Mais jamais vaincues car il faut vivre, vous savez.
Sans relâche d'autres fouillent
Ressassent, s'efforcent, torturent, cherchent
Dans la chair des petits coquillages
Le réconfort, l'amour
Qu'ils ne palpent pas sur leurs propres côtes
Ni celles de leurs voisins macchabés
Tenant en leurs mains ces coquilles meurtries :
Elles seules accouchent de cris sur les plages
Sur ces plages doublées d'espace
– La surface noire, marbre mouvant
Où les constellations se mirent
Égoïstes –
Des pleurs naissent chiés par des os :
Ils tituberont plus tard, assiégeront les villes
D'autres aveugles iront hanter les rues
Pour des nuits éternelles
Sans charité ni union
Sans autres pères ni mères
Que ces coquilles vidées de perles noircies,
Usés par les eaux et l'espace ;
Inconscients d'eux-mêmes.




II

L'amer amour, la mer des morts
Ma mère, ma mère.
« On avait tout pris, tout
La glacière
Le parasol
Le chapeau
Le chauffe-eau
La crème solaire
Tout. »
Lorsque les petits pieds,
Les petits petons
Les petits bouts de chair rosis de propre
Atteignirent le sol, le choc
Le sable.
Le tourbillon, le repli, la spirale
De l'Ailleurs à Ici
Le refus,
De l'autre à soi.
Les doigts se crispent
S'enroulent vers la plante tendre
Rentrent en eux-même et les ongles
Aimeraient rentrer aussi, retourner la chair, les jambes
S'agitent, refusent ce sable qui s'incruste
Ce sale intrus qui s'échappe et glisse impalpable
Mirage étranger
 Qui s'engouffre et remplit sans se laisser prendre
Ce sale trompeur qui paraît Un
Et qui est infini de rien.

Du sable dans les poches
Du sable sous les ongles
Du sable dans les pores
Trop larges d'une peau trop lâche
Qui laisse tout se faire.

Et les petits coquillages,
Et les monuments – mollusques –
Et le granit pérenne ?
Broyée, la vie
Du sable
Du sable s'égrène, tombe des paupières
Ça coince, toujours, ça bloque
Ça coule, toujours...
Ces empreintes un sillon après mes pas
Son nom la mort pauvre, le sommeil
– Si je les ferme je meurs –
Survie suivie de près par cette mèche
Allumée déjà – dès le sortir des coquilles – je marche
Sans savoir, sans voir où
Sans yeux
Que deux trous vides sur une face invisible.




III

Il n'y a pas d'yeux
Dans les pupilles des autres
Dans les écrans éteints
Dans les miroirs, pensées narcisses ;
Narquoises les vitrines illuminées.
Pas de regards.
Dans les vitres filantes des autos
Qui tracent des routes à l'aveugle
Dans ces glaces troubles
De toilettes impropres de bars miteux
Taudis croulant, poussière chutant, paupières tombantes
En ruine, au rythme du coup des ondes
Enfonçant nos omoplates instables
Vissées sur des chaises branlantes.
Ces verres vides renvoient des reflets flous :
Je n'y ai pas d'yeux non plus.
Que deux trous vides, béants aux orbites néant
Impossibles à remplir
Impossibles à combler ces fenêtres closes
Remplies d'images d'autres
Qui s'amassent et s'entassent, se pressent
Dans les métros d'un soir
Corps putrides debout par armatures métal
Concassés broyés, cocotte-minute froide :
De l'embrasure des portes automatiques
Coule le jus du besoin.

Il y a tout ce vide
Tout ce vide que nos yeux embrassent
Ce vide qui nous répond par mirages
Par l'hallucination transpirée dans nos lits,
Il y a tout ce vide aveugle
Qui ne peut donner la preuve
Que l'on attend, tremblant,
Personnes pour confirmer que j'existe.

Alors on écoute – l'écho de nos voix mutuelles –
On écoute aux heures de repos le bruit
Des artères des rues des villes
Toujours plus grandes pour les petits
Toujours trop incomplètes pour les Seuls
Hommes-cartons qui pleurent quand retentit
« Bonjour » enfin adressé à leur égard.
Tends l'oreille, solitaire :
Dans les chambres obscures
Des squats, des piaules, des caves, des bordels,
Dans nos chez nous
Aux draps couleur cendres froissés
Des loupiotes étoiles éclairent,
Étirent les ombres duales des corps vivant
La solitude à plusieurs.
Des oreilles aux serrures,
Des murs papiers soufflent sur la ville
Les expirations, les succions
Le bruit des salives de l'amour plastique
L'amour masque à gaz
Les râles saturés expient l'assouvi
L’insoumis se fouette : là-bas on crie
Ton nom, chéri, « Au suivant »
Enchaînées
Les machines vaginales, les bites buccales
Au suivant au suivant
On l'affiche, on le hurle
Sous les pluies acides, aux sommets des buildings
Grands caractères au cœur plasma
Un écran embrasse un écran,
Jouis.
Contentes d'être satisfaites
Les limaces aseptiques, infertiles
Œuvrent de concert
Pour le bien d'un avenir suicide.




IV

Il n'y a pas d'yeux
Vous savez
Personne ne vous regarde dans votre sommeil
Vous y êtes cadavre
Impossible à réveiller
En boule dans votre placenta chaud
Mort-né
Marchant sur un temps retroussé
Marchant dans le noir somnambule erratique
Percuté de visions
De salles sombres et froides
De couloirs où des portes claquent
– Sans courants d'air ; vicié –
Des verrous pacotilles rouillés
Des embrasures rouges du bois
Des encablures décrépies
De moquette terne, bouloches moutonnes
De pas
Sans choix, « je » fantôme avance
Sans voir, des mains déchirent l'espace
Confiantes :

C'est une pièce rouge sang
Murs globules pourpres, vivants
Respirent bougent oscillent
Soudain
Des centaines des milliers des myriades
– Qui compte ? Qui compte ? –
Là tous, là
Tous
Au plafond aux surfaces planes aux angles des murs
S'ouvrent s'éveillent
Des yeux, partout, des yeux
Partout
En rangs agglutinés, les uns après les autres
Rangées millimétrées
Roulis de droite à gauche
Au centre en haut en bas
Sur moi sur moi sur moi
Du bleu du vert du marron du jaune
Mélanges vifs d'une composition fortuite
Des couleurs parsèment le rose chair
Des paupières closes et puis grandes ouvertes
Des paupières clignent humidifiant le fond d’œil, blanc
Omniprésent où rougissent des veines qui éclatent
Des restes d'humeurs lacrymales jaunies
Des pupilles se dilatent
Des expressions qui ne s'expliquent
Pas d'alternative aux sens assiégés, inutiles
Le bruit assourdissant des battements de cils
Sous les pieds – mes pieds –
Des éclats d'yeux juteux
Des larmes involontaires
– Aucun ne pleure, aucun –
Du sang, un peu, coule, je ne vois plus que ça
En boule fœtus, en boule
Recroqueville-toi dans l'utérus roi
Tu les cherchais, les voulais, tu les as
Par nombre, ils ont toujours été là
– Mais qui les compte, qui ? –
Les yeux des autres posés sur toi.




???

Qui voit, qui
Voit qui ?
Il y a
La chair les cils le flash blanc les couleurs
Certes
Mais reste
Un noyau obscur, une perle
Dont la surface se trouble
De nuages, qui s'y profilent
En tâches qui s'y apposent :
Ce sont leurs reflets dans tes yeux.
Un ciel étoilé de regards
Miroirs
Où tu te mires, où tu te cherches
Où tu y existes en tant que particule
–   Où les heures sont pensives car
Il n'y a rien à faire d’autre car
La vie –
Un ciel étoilé de regards
Où la scrutation nous réplique à l’infini.

Le monde est un œil
Et c'est par lui que tu existes.
Image reflet spectre illusion
Corps incarné borgne croissant
Fragile périssable poussière solide
Visions
Le monde est un œil
Et tu existes à travers lui
Comme une poussière en son coin.
Nage, vogue au-dessus
D’océans lacrymaux, d’humeurs aux houles stables,
Amas d'eau : tu es cailloux
Par ton squelette en verre, cette fusion de bois et de
Chairs flammes ; atmosphère fugace,
Passager ondoyant, tu suffoques
Mais calme, calme...
Le temps entre chaque
Souffle sur les braises
Fumées éparses qui dévoilent
Des étendues vastes, noires ;
Lévite
Tends-les, tes mains
Vers ces mondes que tes paumes n’embrassent pas
Mais qui t'embrassent toi.

Ferme les yeux,
Ta place est là
– Sans toi le monde s'effondre
Tous architectes piliers des arcanes de l’univers –
Ta place est là
Partout où tu te trouves,
Étoile filante parmi les autres comètes
Dévalant l’infini
Et si un jour tu doutes de leurs lumières,
Sens le vent du battement des cils du monde
Respire,
Ferme les yeux,
Rends-compte sans faille
Du seul fait sûr de l'existence ;
Respire :
Tu es dans l'espace.


















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« Modifié: 26 Février 2018 à 16:51:55 par Ben.G »
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
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Hors ligne Luciole87

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #1 le: 10 Janvier 2017 à 17:36:14 »
Coucou Ben !!

Quelques corrections et remarques :

"Mais si brille leurs pupilles"
=> Si brillENT

"Ces humeurs humides, pleurant,
Coulant leur compassion sur nos os
Sans sensation."
=> Petite lapalissade : les os ne ressentent rien, en effet. ^^ A moins qu'il s'agisse des humeurs dépourvues de sensation (auquel cas, la logique ferait encore défaut) ?

"Nos pupilles closent"
=> Closes ?

"Du sable dans les poches
Du sable sous les ongles
Du sable dans les pores
Trop larges d'une peau trop lâche
Qui laisse tout se faire."
=> L'ensemble de la strophe est maladroit (le rythme, la chute).

"Les râles saturés expient l'assouvi"
=> Formulation un peu lourde, j'ai du mal à accéder à l'image.

"Des paupières clignent humidifiant le blanc
Omniprésent,"
=> Du mal à me représenter l'image, et le rejet de l'adjectif est bof!


Je ne relève pas les passages qui me plaisent, et que j'ai trouvés justes - il y en a un certain nombre. Les répétitions obstinées qui tissent ce poème lui confèrent l'apparence d'une litanie, d'un chant de douleur persistant.

Il y a sûrement un petit travail de "polissage" à effectuer pour rendre quelques vers plus fluides, mais dans l'ensemble c'est fort (j'ai beaucoup aimé la chute!).

« Modifié: 10 Janvier 2017 à 17:37:55 par Luciole87 »

Hors ligne Aléa

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #2 le: 10 Janvier 2017 à 23:59:04 »
Ahh, merci beaucoup Luciole d'avoir lu, ca me fait plaisir !

Merci pour les fautes  :)


Citer
=> Petite lapalissade : les os ne ressentent rien, en effet. ^^ A moins qu'il s'agisse des humeurs dépourvues de sensation (auquel cas, la logique ferait encore défaut) ?
Et je l'ai voulu  :mrgreen: Surement redondant pour pas grand chose c'est vrai..

Citer
=> L'ensemble de la strophe est maladroit (le rythme, la chute).
J'avoue que j'ai du mal à voir ce qui va pas sur ce passage, la chute vient trop tôt ? Le rejet fonctionne pas ? Il faudrait introduire l'anaphore avant de la lancer ?

Citer
=> Du mal à me représenter l'image, et le rejet de l'adjectif est bof!
Le blanc des yeux du coup, dominant dans la pièce, mais en vrai t'as raison, je vais chercher autre chose


(je vais changer les passages que tu m'as dis, faut que je réflechisse avant ^^ )


Content que tu aimé en tout cas, enfin que ce que je voulais faire ai marché quoi (au moins sur une personne, ca me va haha). J'ai passé deux jours obnibulé comme jamais par ce truc à le lire et relire, et il fallait que j'ai un retour parce que j'étais dans l'incertitude totale.. Faut que je laisse couler un peu avant d'y revenir maintenant (tous les avis sont bons à prendre du coup)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
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Hors ligne Fried

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #3 le: 11 Janvier 2017 à 08:05:46 »
Il n'y a pas d'yeux Caïn n'a plus à s'en faire, il n'y a pas d'yeux mais cependant comme une litanie du mauvais oeil.
En Turquie on suspend des chapelets d'oeils talismans,  le mauvais oeil fait peur et le talisman pour s'en préserver est un oeil.
Cette prose semble dénoncer nos yeux qui ne savent plus voir avec le coeur.
Je comprends pas tout mais j'aime bien, ça interroge.

Hors ligne Luciole87

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Re : Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #4 le: 14 Janvier 2017 à 15:27:57 »
Citation de: Ben.G

Citer
=> L'ensemble de la strophe est maladroit (le rythme, la chute).
J'avoue que j'ai du mal à voir ce qui va pas sur ce passage, la chute vient trop tôt ? Le rejet fonctionne pas ? Il faudrait introduire l'anaphore avant de la lancer ?

C'est la dernière phrase qui reste un peu mystérieuse pour moi. Et j'avoue que la musicalité m'a manqué ici.

Pour les relectures : je te comprends. ^^

En tous cas, rassure-toi, ton texte communique des sentiments très forts.


Hors ligne Miromensil

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #5 le: 15 Janvier 2017 à 18:09:19 »
Citer
Oui, il faut lire en sachant que c'est long.
Ca, les enfants, c’est ce qui s’appelle une intro qui vend du rêve o/

Du coup je vais faire ma chiante pour commenter et je vais y revenir au fur et à mesure en éditant

I

Citer
Il n'y a pas d’yeux
juste… quand on le prononce à voix haute, d’yeux ça devient « dieu ». enfin disons qu’on pourrait mixer les 2 ^^ embêtant ?

Citer
Là-haut, dans la cavité profonde astrale
oui le ciel quoi :m: cavité profonde astrale je trouve ça un peu pompeux par rapport au reste qui est plus… proche des gens, je sais pas comment dire (après c’est toi le chef)

Citer
Creuse
alors : « creuse » tout seul ça fait un peu le verbe creuser à l’impératif 2e personne du singulier. ça se raccroche à la cavité profonde mais euh j’en étais déjà pas très fan, alors un 3e adjectif à la cavité ça me parle pas trop

Citer
Pas d'écho dans l’orbite.
je trouve ce vers drôle mais c’est peut-être juste moi… j’imagine un gars qui hurle dans les yeux d’un autre en disant éhoo.. enfin c’est peut-être ça les cavités vides ? à creuser en tout cas (et je sors).

Citer
Non les étoiles ne sont pas
Ces humeurs humides, pleurant,
Coulant leur compassion sur nos os
Sans sensation.
mettre un smiley coeur ici
ça sonne bien et tout !

Citer
Mais si brillent leurs pupilles, où est l'iris ?
là il me faudrait un cours d’anatomie parce que les pupilles je vois ce que c’est mais l’iris faudrait que je me remémore.. c’est la fente noir je crois. donc les pupilles des étoiles brillent, ça d’accord c’est joli, mais le fait que tu poses la question de savoir où est l’iris introduit une différenciation entre la pupille et l’iris, or anatomiquement parlant, pour moi les deux sont liés. enfin le sens est obscure..

Citer
Non les étoiles ne sont pas
Ces regards attendus de compagnies d'ailleurs
Elles sont déjà mortes et nous aussi
Mais qui pour le voir ?
smiley coeur ici
ça coule tout seul et les images les plus simples sont les meilleurs je pense, ici c’est le cas c’est parlant !

Citer
De la chair croit sur nos os décharnés
Nos pupilles closes
Cousues de fils invisiblement colorés
Pourrissent lorsque sur des monts et des plages
Incapables d'autrement nous rêvons
très visuel j’aime bien ! j’ai imaginé la chair qui croit sur les os et tout
invisiblement par contre je trouve ça lourd
« fils invisibles colorés » ? (mais s’ils sont invisibles ils ne sont pas colorés, ou alors ça se voit pas…)

Citer
De ces amis présents
De ces étoiles lointaines.
là ça m’ennuie que les amis sont présents : de ce que je comprends jusque maintenant je pensais que ça parlait d’absence, avec le « il n’y a pas d’yeux » -> il n’y a personne. or là tu dis que les amis sont présents mais je pense que ce serait mieux s’ils étaient absents pour la cohérence du truc (c’est une suggestion)

Citer
Car c'est l'infini
L'infini du possible
L'infini du fantasme
L'infini des reflux de vagues à l'âme
L'infini des mains vides tendues
koeur koeur
fantasme - âme ça le fait pour les sonorités

Citer
Où est l'iris, où est l'iris
Où est l'iris ?
bon d’accord, c’est un enjeu important du truc mais je comprends pas trop… et à l'oral ça fait plein de isss isss isss, je sais pas si c'est heureux

Citer
Le précieux si précieux
Bilbo le Hobbit ? u.u

Citer
A tâtons – des mains sur des épaules
Des files aux mines basses et dépitées
Mais jamais vaincues – il faut vivre, vous savez.
koeur koeur

Citer
Sans relâche ils fouillent
Ressassent, s'efforcent, torturent, cherchent
Dans la chair des petits coquillages
Le réconfort, l'amour
Qu'ils ne palpent pas sur leurs propres côtes
Ni sur celles de leurs voisins maccabés
Tenant en leurs mains ces coquilles meurtries :
Elles seules accouchent de cris sur les plages
Sur ces plages doublées d'espace
- La surface noire, marbre mouvant
Où les constellations se mirent
égoïstes -
CA SE LIT TROP BIEN et j’ai lu tout d’un coup, vraiment rien à dire (t'étais inspiré là)

Citer
Des pleurs naissent chiés par des os :
chiés est trop fort je pense et fait un peu tache

Citer
Ils tituberont plus tard, assiégeront les villes
D'autres aveugles iront hanter les rues
Pour des nuits éternelles
Sans charité ni union
Sans autres pères ni mères
Que ces coquilles vides de perles noircies
Usés par les eaux et l'espace,
Inconscients d'eux mêmes.
Rien à redire ici non plus c’est vraiment très très cool
eux mêmes avec un tiret pour la forme

Je reviendrai lire la suite (faut dire que c’est long aussi :m:), j’espère que je suis pas trop dure u.u Je peux déjà te dire que j’adore le III et que j’aurai pas grand chose à redire dessus

II

Citer
L'amer amour, la mer des morts
l’amer à boire  :glou:

De « L'amer amour, la mer des morts » jusque « Et qui est infini de rien » c’est très chouette

Citer
Trop larges d'une peau trop lâche
Qui laisse tout se faire.
:coeur:

Citer
Sans savoir, sans voir où
Sans yeux
Que deux trous vides sur une face invisible.
waoooooo
(ça clamé ça va vraiment bien donner, tout comme le reste mais ça vraiment)

III
Bon le III j'ai pas grand chose à dire il se lit d'un coup et est très vivant, vraiment coup de coeur (le métro doit y être un peu pour quelque chose). Pour pinailler :

Citer
Ces verres vides rendent des reflets flous :
je trouve le "rendent" plus faible que le reste, et je vois pas trop ce que tu veux dire par là

Citer
Que deux trous vides, Béants aux orbites sombres
pourquoi la majuscule ?

(et ça me fait vraiment penser à Allan Ginsberg là, avec d'autres mots et tout)

IV
Citer
De couloirs où des portes claquent
le où me dérange un chouia, ça fait bizarre je trouve un peu. « des couloirs aux portes qui claquent » ?

Citer
- sans courait d'air, vicié -
courants d’air, viciés (je pense)

Citer
C'est une pièce rouge, sang
sans virgule ? en lisant à voix haute j'ai envie de dire "pièce rouge sang" d'un coup
idem pour le vers suivant

Citer
Au plafond aux surfaces planes aux angles des murs
S'ouvrent s'éveillent
Des yeux, partout, des yeux
Partout
visuellement c’est vraiment vraiment top

Citer
Mélanges vifs d'une composition fortuite
le fortuite donne vraiment bien là

Citer
- Mais qui les compte, qui ? -
Les yeux des autres posés sur toi.
ça aussi ça claque carrément u.u

bon j’ai de moins en moins de trucs à redire x) *s'en va, inutile*

??? (<- thème de l'infini, on sait plus à quel nombre on est)
Citer
Qui voit, qui
Voit qui ?
Une particule inamovible
Pilier arcane du tout
De rien si elle n'était pas à sa place,
Victime de son voyage constant
De ses pensées d’ailleurs
hum c’est plus métaphysique et moins visuel, du coup ça tranche avec le reste trouve-je
mais en fait j’aime pas mal le « de ses pensées d’ailleurs » donc je pense pas qu’il faille tout changer…
je dirais que c’est le « particule inamovible » qui est un peu en-dessous : inamovible = qui ne bouge pas, or tu dis après "victime de son voyage" -> du coup elle est amovible non ?
et le sens est vraiment flou : une particule arcane du tout qui n’est pas à sa place ? après, les deux derniers que je cite sont balèzes mais les 5 premiers me laissent dubitatives

Citer
Souviens-toi que tu vois
Parmi les étoiles, vogue, entre les comètes.
Respire
Et ferme les yeux,
Tu es dans l’espace.
Il y a un souci en lisant parce que j’ai envie d’enchainer le « souviens-toi que tu vois parmi les étoiles vogue entre les comètes » mais niveau construction ça va pas. Faudrait pas un point après « tu vois » pour marquer qu’il y a un silence entre ce vers là et le suivant ?
et : « Parmi les étoiles, vogue, entre les comètes » je trouve que ce serait plus fluide sans les virgules mais je pense que tu as voulu la fin lente, d’où les virgules.
En fait j’imagine bien lire ça d’un ton plus lent.
Sinon, concernant la fin globalement : elle est beaucoup plus tranquille et sereine que tout le reste, ça tranche et l’effet est vraiment super. Au début j’étais pas convaincue par le « tu es dans l’espace » parce que j’imaginais l’espace au sens de galaxie, planète et tout ça. Mais en fait.. l’espace c’est aussi tout celui que tu racontes dans les I II III IV. *relis* ok, tu parles de comètes un peu avant. Bon je suis personnellement pas convaincue par les images de la fin.. c’est une bonne idée de revenir sur le thème des étoiles mais vu le reste je suis sure qu’il y a mieux  :-[ Je t'avoue qu'il y a des parties que j'ai tellement aimé que j'aurais bien voulu avoir des frissons à la fin et c'est moyennement le cas (mais je suis exigente aussi). Après ce n’est que mon avis

Conclusion
Poème à scander/clamer/pleurer/soupirer/etc. Il y a des passages très forts et denses qui m'ont vachement plu. Il y a juste le début et la fin que je trouve un peu en-dessous, mais c'est à voir avec ce que d'autres pensent peut-être.
Merci pour la lecture, en fait ça a été plus vite que ce que je pensais parce que c'est fluide et ça se lit tout seul ^^
« Modifié: 15 Janvier 2017 à 20:09:57 par Miromensil »

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #6 le: 15 Janvier 2017 à 23:40:56 »
Merci pour ta lecture Fried, content que ca t'ai fait questionner :)


@Luciole
Citer
C'est la dernière phrase qui reste un peu mystérieuse pour moi. Et j'avoue que la musicalité m'a manqué ici.
L'idée c'est des grains de sables qui rentrent dans la peau, la peau de quelqu'un qui se sent lâche puisqu'au final il n'a même pas la force d'empecher les choses extérieur qui le touche en mal
Merci de me rassurer alors, si le poème touche son but alors je peux considérer qu'il est réussi (mais perfectionnable -je suis toujours en conversation avec moi-même quand à l'améliorer u_u -)


@Miro
Et bien quel message  :mrgreen: C'est marrant tes réactions au fil de la lecture haha

Citer
Ca, les enfants, c’est ce qui s’appelle une intro qui vend du rêve o/
#dealeurderêve
(j'ai enlevé du coup, c'est vrai que c'est pas engageant)


Citer
juste… quand on le prononce à voix haute, d’yeux ça devient « dieu ». enfin disons qu’on pourrait mixer les 2 ^^ embêtant ?
Surtout pas ! Voulu !


Citer
oui le ciel quoi :m: cavité profonde astrale je trouve ça un peu pompeux par rapport au reste qui est plus… proche des gens, je sais pas comment dire (après c’est toi le chef)
Pas faux... Comme le disait Luciole, je vais retravailler ce morceau


Citer
là il me faudrait un cours d’anatomie parce que les pupilles je vois ce que c’est mais l’iris faudrait que je me remémore.. c’est la fente noir je crois. donc les pupilles des étoiles brillent, ça d’accord c’est joli, mais le fait que tu poses la question de savoir où est l’iris introduit une différenciation entre la pupille et l’iris, or anatomiquement parlant, pour moi les deux sont liés. enfin le sens est obscure..
:D
Merde  :mrgreen:
Effectivement, merci pour le cours d'anatomie, ca veut rien dire (mais ca sonne bien hein ?)
Je veux dire que le blanc des yeux des étoiles brillent, quoi
Après ça change rien à l'obsession de chercher l'iris

Citer
invisiblement par contre je trouve ça lourd
« fils invisibles colorés » ? (mais s’ils sont invisibles ils ne sont pas colorés, ou alors ça se voit pas…)
Bah ouaip c'est ça le problème. L'idée c'est qu'ils sont colorés mais que personne ne peut le voir, du coup invisiblement est e seul truc qui colle

Citer
là ça m’ennuie que les amis sont présents : de ce que je comprends jusque maintenant je pensais que ça parlait d’absence, avec le « il n’y a pas d’yeux » -> il n’y a personne. or là tu dis que les amis sont présents mais je pense que ce serait mieux s’ils étaient absents pour la cohérence du truc (c’est une suggestion)

Les amis sont présents mais loin, très loin, les étoiles (vais réfléchir)


Citer
Bilbo le Hobbit ? u.u
Oui  :D L'association d'idée sombre fonctionne  :mrgreen: (bon faut pas que ca fasse top sortir du texte non plus)


Citer
(et ça me fait vraiment penser à Allan Ginsberg là, avec d'autres mots et tout)
You got it (Howl m'a marqué faut dire)

Citer
courants d’air, viciés (je pense)
Quand c'est pas précisé, tu peux mettre du pluriel ou du singulier, ca se vaut (je vais surement rester au singuler ici)

Citer
??? (<- thème de l'infini, on sait plus à quel nombre on est)
Tes commentaires me font marrer, j'aime bien haha


Citer
je dirais que c’est le « particule inamovible » qui est un peu en-dessous : inamovible = qui ne bouge pas, or tu dis après "victime de son voyage" -> du coup elle est amovible non ?
et le sens est vraiment flou : une particule arcane du tout qui n’est pas à sa place ? après, les deux derniers que je cite sont balèzes mais les 5 premiers me laissent dubitatives
Oui mais non. Toi t'es inamovible, si tu meurs il reste de la matière etc, "rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme", bref tu peux être en mouvement et être importante dans la structure de l'univers parce que tu y as une place indiscutable (puisque t'es là)


Pour la fin je partage un peu ton avis. Oui je veux une fin qui prenne un peu de recul, revenir aux premières considérations du début, stoper "l'action", mais je suis pas totalement satisfait non plus, j'ai un truc en tête mais il est pas encore assez developpé. Ca sera peut être juste un paragraphe avant celui-ci, enfin je sais pas, je réfléchis encore, je l'ai pas pour l'instant


En tout cas merci pour ta lecture attentive (t'as absolument pas été dure je trouve  :mrgreen: y'avait plein de compliment et tout :p ) et content que ca t'ai laissé quelque chose !

++++++++

Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #7 le: 16 Janvier 2017 à 21:03:19 »
Yo !

Citer
Il n'y a pas d'yeux
Nulle part, ni yeux ni cœur
Ni vie ni corps qui nous regardent
Là-haut, dans la cavité profonde astrale
Creuse
Pas d'écho dans l'orbite.
j'aime bien le double sens d'yeux / Dieu et le double sens d'orbite et le double sens de "creuse", à la fois cavité creuse et impératif
(le "ni yeux" est un peu dur à dire je trouve)

Bref, on démarre avec Ni Dieu Ni Maître ! mais en plus joli et subtile, j'aime bien

Citer
Non les étoiles ne sont pas
Ces humeurs humides, pleurant,
Coulant leur compassion sur nos os
Sans sensation.
belles sonorités, j'aime bien l'idée, les résonnances, le "humeurs" passe tout juste : il fait bien sens même s'il est un peu tiré par les cheveux (je trouve, mébon, c'est de la poésie hein)

Citer
Mais si brillent leurs pupilles, où est l'iris ?
j'aime bien l'inversion

Citer
Mais qui pour le voir ?
ça j'aime moins
un peu trop sec, un peu forcé

Citer
De la chair croit sur nos os décharnés
Nos pupilles closes
Cousues de fils invisiblement colorés
Pourrissent lorsque sur des monts et des plages
Incapables d'autrement nous rêvons
De ces amis présents
De ces étoiles lointaines.
Un point après "décharnés" ?
invisiblement colorés => me parle pas
Après "invisiblement colorés", toute la fin est super chouette

Citer
Car c'est l'infini
L'infini du possible
L'infini du fantasme
L'infini des reflux de vagues à l'âme
L'infini des mains vides tendues
c'est joli mais pitêt un peu trop vague. Le "car" annonce un sens, et on a une phrase non verbale  :/
(je comprends que les étoiles et le temps qui nous séparent, c'est l'infini etc. ; mais bon, demande pitêt trop de réflexion en première lecture, je sais pas)

Citer
Le mer dégueule un œil,
Une perle. Ils se pressent
- Toute l'humanité sur une plage -
Mais où est l'iris
Lit-on sur les lèvres
Où est l'iris, où est l'iris
Où est l'iris ?
Le précieux si précieux
Il n'en a pas.
je kiffe
(presque dommage que je pense à Golum et son précieux...)

Citer
Les badauds s'en vont
A tâtons – des mains sur des épaules
Des files aux mines basses et dépitées
Mais jamais vaincues – il faut vivre, vous savez.
Sans relâche ils fouillent
ils s'en vont ou il fouillent ?

Sinon, j'aime bien toute cette fin de première partie, cette recherche de la perle/oeil (et dieu donc), recherche inconsciente.

II :

Citer
« On avait tout prit, tout
coquille (sans perle dedans) : pris

Citer
Lorsque les petits pieds,
Les petits petons
Les petits bouts de chair rosis de propre
Atteignirent le sol, le choc
Le sable.
un peu raide, le "lorsque" sans verbe d'action avant "le choc, le sable", mais bon c'est mimi et le contraste entre les deux premiers vers et ce qui suit après "le sable" est chouette

Citer
Ce sale trompeur qui paraît Un
Et qui est infini de rien.
joli aussi ça

Sur la fin du deux, apparaît un "je". Je trouve que c'est bien, ça nous sort de l'abstraction (et la liste des trucs pour la plage), ça crée une dynamique intéressante.

Citer
Survie suivie de près par cette mèche
Allumée déjà – dès le sortir des coquilles – je marche
j'aime beaucoup cette façon de poser la question existentielle, la fuite en avant.
J'aime moins le "invisible" qui clôt le chapitre, je comprends pas son sens. Lui est perdu, mais est-il perçu ?

III

Citer
Il n'y a pas d'yeux
Dans les pupilles des autres
Dans les écrans éteints
Dans les miroirs, pensées narcisses
Narquoises les vitrines illuminées
Pas de regards
ça répond à ma question ! Ok, perdu et invisible alors, ou ignoré

Citer
Que deux trous vides, Béants aux orbites sombres
pq une maj ?

Citer
Aux orbites néant d'espace
mouais, un peu too much je trouve, et cet effet est déjà présent au début du I

Citer
Impossibles à combler les fenêtres closes
Remplies d'images d'autres
Qui s'amassent et s'entassent, se pressent
Dans les métros d'un soir
Corps putrides debouts par armatures de métal
Concassée broyée, cocotte minute froide :
Concassée broyée : adjectifs de quel féminin singulier ?
Ah oui, cocotte minute ! chuis bête ! mais je capte pas, la cocotte minute, c'est le métro ? si oui, faudrait mettre au pluriel pour être raccord avec les métros avant, nan ?

Citer
De l'embrasure des portes automatiques
Coule le jus du besoin.
paradoxe de la volonté de voir/être vu ?

Citer
Ce vide qui nous répond en mirages
Par l'hallucination transpirée dans nos lits,
chouette encore ça

Citer
Personnes pour confirmer qu'on existe.
pq au pluriel ?

Citer
Hommes-cartons qui pleurent quand retenti
retentit ?

Citer
Que des loupiotes étoiles faibles éclairent,
je trouve le "faibles" en trop

Très trash ce III, relief différent de la réflexion plus abstraite qui démarre en I
Les trois premières parties sont différentes mais cohérentes, depuis l'analytique du I, le métaphorique du II et le concret de la ville (notre société en souffrance) du III.

IV :
Citer
Il n'y a pas d'yeux
Vous savez
nouveau registre, le poème nous cause

Citer
Vous y êtes cadavres
Impossibles à réveiller
En boule dans votre placenta chaud
Mort né
je mettrais pas de pluriel à cadavres et impossibles (plus impactant et plus cohérent avec le singulier de mort né)
Un tiret ? mort-né ?

Citer
- sans courait d'air, vicié -
couran (courait ???)

Tout le début du IV est sans ponctuation, s'adressant à nous : bel effet d'oppression

Le retour du "moi" manque d'une transition je trouve. Paske tu y viens après un " : " qui vient du "vous" (c'est clair ?), j'explique :
Citer
Sans voir, ses mains déchirent l'espace
Confiant :
(faudrait pas "vos mains" ?)
puis arrive le "Au centre en haut en bas
Sur moi sur moi sur moi"

Bref...

Citer
Tu les cherchais, les voulais, tu les as
Par nombre, ils ont toujours été là
- Mais qui les compte, qui ? -
Les yeux des autres posés sur toi.
fin du IV avec un retour vers l'autre (avec ce "tu")

Je capte pas bien... vous => je => tu
Sûrement voulu pour une omniscience plus importante et une perte de repère entre l'oeil rgardant et l'oeil vu, mébon, un peu bordélique pitêt du coup. Je sais pas trop  :-[

Dernier chapitre.

??

Citer
Qui voit, qui
Voit qui ?
encore la réponse à ma question !
(trop fort, décidément)
Et j'aime bien l'écho de ces deux premiers vers, spirale

Citer
Respire
Et ferme les yeux,
Tu es dans l'espace.
dommage ce petit verbe être sur le dernier vers  :/
Sinon, pour le sens, ça boucle de façon cohérente, et j'aime bien le changement de rythme et la brièveté de cette conclusion.

Sur l'ensemble, un gros taf et un résultat vraiment chouette. Ça demande un peu de boulot à la lecture, pas le genre de texte qu'on peut lire d'une traite, sans réfléchir. Ou alors si, mais dans ce cas une bonne partie de l'affaire sera moins appréciée/intégrée consciemment.

La construction des différentes parties donne une variation sur le thème de l'être au monde, du regard des autres et regard sur le monde. Je parlais plus haut de l'enchaînement des trois premières parties, la quatrième prend à partie le lecteur et la cinquième conclut et fait la synthèse. Pitêt que les impératifs seraient à nuancer dans les derniers vers, c'est presque dommage de finir de façon moralisatrice.

Voilà ce que je pouvais en dire, je suis pas forcément très doué pour le commentaire de ce type d'écriture, j'y touche pas trop, notamment lorsqu'il s'agit de déstructurer la langue.

Merci pour la lecture et au plaisir,

++
Rémi

Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Louisiane D

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #8 le: 16 Janvier 2017 à 21:14:21 »
C'est très très beau.

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #9 le: 20 Janvier 2017 à 20:16:29 »
Lu que le I, je reviendrai.
(une coquille à la fin: "
Le mer dégueule un œil," juste au début du passage qui m'a le moins plu -et de loin!)

Donc, oui, j'ai bien aimé ce I, ses répétitions, ses images, ses idées, cette toile tissée.
Bien sûr,je grogne quand même pour qques formulations moins réussies, plus apprêtées peut-être ?, moins rythmées aussi. Enfin, ces remarques-là, tu te doutais bien que.
Voilà.

En ligne Rémi

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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #10 le: 06 Mars 2018 à 21:55:05 »
Salut,
Nouveau commentaire et je ne relis pas le premier que j'avais fait. On verra si je vois les mêmes choses sur ce que tu n'as pas changé ^^

Citer
Nulle part, ni yeux ni cœur
nilleux... mouaibof la sonorité

Citer
Pas d'écho dans l'orbite.
là, la sonorité est top !

Citer
De la chair croit sur nos os décharnés.
croît ? (c'est croître, pas croire)

Citer
Le précieux si précieux
Il n'en a pas.
golum... je crois l'avoir déjà dit la première fois ^^

Citer
Sans charité ni union
pas fan de ce ni union
(c'est pas que je fasse la chasse aux hiatus, mais ça sonne pas top quand même)

Partie I : cosmos, yeux, perle, plage et des ténèbres
Vachement sombre, questionnement qui se voile derrière des affirmations. Humaniste cette première partie, et Dieu est mort, bien sûr.

Partie II :
Le choc du concret, de la vie réelle qui surgit. Au début.
Changement de rythme également, ça galope, ça accélère.

Citer
De l'Ailleurs à Ici
De l'Ailleurs à l'Ici (?)

Citer
Et le granit pérenne ?
granite, non ?

J'aime bien ton travail sur les sonorités et cette petite enfance qui répond à la question métaphysique du I
Et bien sûr, le parallèle de la plage cosmique, onirique avec celle des châteaux de sable (mais qui bascule sur la fin du II)

Le III :

Citer
béants aux orbites
difficile à prononcer joliment ça

Citer
Corps putrides debout par armatures métal
son rugueux comme le sens

Citer
De l'embrasure des portes automatiques
Coule le jus du besoin.
clairement magnifique, ça
(y a plein de trucs très chouettes que je n'ai pas relevés)

Citer
Personnes pour confirmer que j'existe.
pourquoi ce "s" à personnes ?

Très urbain, social ce III. La matière y est très présente aussi ainsi que les sons et les images, les écrans. Encore un contraste avec les deux premiers I et II mais un contraste en cohérence (I/ l'univers ; II/ le moi, l'enfant, le III/ la société)
Et "les yeux" en filigrane...

IV
Après le "on" du III, voici le "vous"

Citer
– Sans courants d'air ; vicié –
je pense que tu peux trouver mieux que "courants d'air"

Citer
Au plafond aux surfaces planes aux angles des murs
"aux surfaces planes" me semble de trop

Ce IV est l'avènement du rêve, folie colorée de crise existentielle et de paranoïa.

???

Citer
Où tu y existes en tant que particule
"y" en trop, à mon avis
(sur le fond et pour la sonorité)

Citer
Le monde est un œil
Et tu existes à travers lui
synthèse du texte habilement cachée avant les dernières lignes, j'aime beaucoup la forme et le placement

J'adore la fin qui éclaire le reste du texte. D'une manière générale, le texte s'éclaircit en avançant. Je veux dire que le sens se fait de plus en plus présent sans que l'on perde la musicalité ou la poésie.
(relue l'ancienne fin, bien moins bonne selon moi).

Gros boulot sur ce poème, à tous les niveaux : construction des différentes parties, jeux de miroirs entre ces parties, miroirs des mots-clés mais aussi et surtout des significations et questionnements. Différents angles de vue, un même questionnement et la légèreté de cette fin, comme une soupape que l'on ouvre.
Très beaux changements de rythmes aussi, de belles trouvailles en terme de sonorité et d'images.

Bref, une réussite. Pas facile d'accès, surtout au début, et on peut te reprocher des "facilités à tordre la langue pour y faire des alitérations ou pour associer des mots quitte à se faire plaisir en jouant avec les syntagmes..." mais on s'en fout un peu, puisque ça marche ^^

Me donne envie d'en faire une lecture.

Merci pour la lecture, j'espère que tu vas poursuivre tes expérimentations, ça le fait plutôt bien.

Bises,

Rémi
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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #11 le: 07 Mars 2018 à 00:01:25 »
Yosh ! :)


Citer
nilleux... mouaibof la sonorité
Tu avais déjà fait cette remarque  :D

Citer
golum... je crois l'avoir déjà dit la première fois ^^
Aussi oui ^^ Mais y'a des choses que j'ai préféré laisser

Citer
granite, non ?
Ah oui en effet !

Citer
Citer
béants aux orbites néants
difficile à prononcer joliment ça
Ouaip mais vois comme ta bouche s'ouvre en le prononçant (en laissant trainer un peu plus les voyelles, coupées par les consonnes)

Citer
pourquoi ce "s" à personnes ?
Je crois que Miro l'avait déjà relevé, en fait en mettant au singulier, ca me donnait trop l'impression de dire qu'on n'attendait personne, hors c'est l'inverse, on attend que des gens puissent dire quelque chose, du coup j'aimais bien que ce s vienne perturber le sens et interpelle

Citer
"aux surfaces planes" me semble de trop
Un peu long j'avoue, mais ca nique le ternaire sinon.. Vais reflechir


Citer
"y" en trop, à mon avis
(sur le fond et pour la sonorité)
Pas faux


Citer
Pas facile d'accès, surtout au début, et on peut te reprocher des "facilités à tordre la langue pour y faire des alitérations ou pour associer des mots quitte à se faire plaisir en jouant avec les syntagmes..."
J'en ai un peu conscience..


Je ne relève que cette phrase mais merci infiniment pour ta relecture (et les compliments, damn). Si ca marche, c'est le principal.

Et je suis surtout très content que la nouvelle fin soit efficace et clot comme il se doit ce poème, OUF, t'imagines pas le soulagement (même si, je dois l'avouer, je ne sais pas si j'en suis encore tout à faire satisfait, mais au moins, j'en suis très proche)



Bref, merci encore rémi pour ta précieuse lecture (et si tu veux en faire une lecture, n'hésites pas, je serai curieux parce que l'exercice doit valoir le détour)
 :mafio: :calin:



EDIT : et e n'avais pas répondu à ton dernier message, et pourtant il m'a été extrêmement utile, j'en ai fait bon usage (et ca semble se sentir à ta lecture haha)
« Modifié: 07 Mars 2018 à 00:13:35 par Ben.G »
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #12 le: 11 Mars 2018 à 15:05:14 »
Salut mon poto,

Voici la lecture ;)


Tu me diras ce que tu en penses, n'hésite pas à commenter la lecture, si je peux progresser là-dessus, ce serait cool.

Bises
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Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #13 le: 11 Mars 2018 à 15:37:03 »
Va falloir que je le relise, vraiment.

Ouah c'est mastoc — le III, bordel la ville, bordel, c'est juste, ça rappelle un peu le début de "Howl".

Et frénétique aussi, avec un rythme pas toujours évident, mais des images qui percutent la rétine justement, qui viennent s'y incruster, phosphènes.

Et dense aussi — et là, on aime ou on aime, ça relève du ressenti pur ; personnellement, n'ai jamais pu encadré "Les Contemplations", mais ai vraiment accroché à ton poème.

Merci en tout cas pour cette pièce.

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Re : Re : Il n'y a pas d'yeux
« Réponse #14 le: 03 Avril 2018 à 13:35:27 »
Salut mon poto,

Voici la lecture ;)


Tu me diras ce que tu en penses, n'hésite pas à commenter la lecture, si je peux progresser là-dessus, ce serait cool.

Bises


J'ai enfin pu écouter (et plutôt deux fois qu'une)
Et
Waouh.

Déjà je me suis dit chapeau rien que pour t'être lancé, mais à l'entendre, c'est plus un chapeau que je tire c'est... bon je sais pas ce que c'est mais voilà  :mrgreen:


En fait dès le début j'ai souri, parce que tout le I et le II, c'est l'exact intonation sur laquelle je l'ai écris, franchement je suis bluffé (même les légères accélérations du texte y sont passées), et du coup je suis d'autant plus content que le rythme que j'ai posé dans le texte, au niveau scandé, se transmette aussi bien!


Enfin c'est vraiment vraiment archi intéressant d'entendre ce monstre à l'oral, ce qui fonctionne saute aux oreilles, et j'ai aussi repéré deux trois couacs que je modifierai certainement, je vais réecouter tout ça encore quelques fois je pense ^^ (je me dis aussi, que le début de la dernière partie manque encore d'un petit quelque chose ; en même temps dur de reprendre ce qui venait avant pour amener à cette conclusion là, enfin je me rends mieux compte maintenant d'à quel point c'est un défi en soi)


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Au final, y'a juste le III et le IV où perso j'accelererai vraiment pour faire un rythme lacinant/martelant, mais franchement après c'est que des façon de le lire et en rien sur le rythme en lui même que tu as parfaitement retranscris dans tes pauses et respirations, et une lecture aussi régulière sur un poème de 15minutes, c'est super balaise


Donc voilà, je remonte pour la bonne cause (même si du coup il faut te demander pour l'avoir la version, vu que le lien de telechargement est plus valide, mais ca vaut vraiment le coup de l'entendre, cette lecture), parce que c'est une superbe lecture, bravo  :mafio:
(version validée hahaha)

Et merci beaucoup d'avoir pris ce temps, ca m'a touché de l'entendre, très fort  :coeur:






@Alfred

Citer
Ouah c'est mastoc — le III, bordel la ville, bordel, c'est juste, ça rappelle un peu le début de "Howl".
Il a du m'influencer un peu


Citer
Merci en tout cas pour cette pièce.
Merci à toi de m'avoir lu, cette pièce comme tu dis, je crois discerner dans les mots de ta réponse que ca t'as traversé, merci  :mafio:
« Modifié: 03 Avril 2018 à 14:50:36 par Ben.G »
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

 


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