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26 avril 2019 à 04:26:57

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Auteur Sujet: [T06] Des voix impénétrables  (Lu 1293 fois)

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[T06] Des voix impénétrables
« le: 05 septembre 2016 à 10:35:31 »
Des voix impénétrables


   Lorsque les forces de l'ordre, engoncées dans leurs uniformes fraîchement tirés de bains de teinture aléatoires, se présentèrent au bureau de Tom, le jeune homme leur opposa un regard de profonde perplexité. Comment lui, citoyen consciencieux et homme de devoir, qui s'acquittait de ses fonctions au Ministère de la contre-contre-façon avec un zèle obsessionnel, pouvait-il s'être attiré les foudres du régime Singularis ?
   Docile, il ne s'en laissa pas moins entraîner jusqu'au poste de police. Reclus dans un local exigu, mal installé sur un tabouret à sept pieds et demi, il attendit avec anxiété que le lieutenant débute son interrogatoire.
   « Vous savez certainement pourquoi vous avez été conduit ici, énonça froidement l'officière, dont les globes oculaires arboraient un tatouage tribal.
   - Je l'ignore, avoua-t-il piteusement. Je m'efforce d'agir jour après jour dans l'intérêt de la communauté, et de remplir au mieux mes fonctions d'agent de mise en non-conformité au Ministère de...
   - C'est précisément le motif de votre inculpation : votre propension à vous acquitter de votre tâche sans la moindre originalité. Votre visage lui-même est d'une banalité affligeante : à nos yeux, vous n'êtes qu'un nom. »
   Tom baissa la tête, accablé de ne pas être à la hauteur. S'il avait rejoint tardivement le mouvement des sympathisants au régime Singularis, il n'en avait pas moins milité pour leur candidature, voté pour eux, puis applaudi leur élection à la majorité absolue. Une euphorie indescriptible avait alors envahi la contrée tout entière, tant leurs propositions tranchaient avec plusieurs décennies d'alternance politique morne et sclérosée.
   Ce mouvement, qui avait refusé d'être incarné par un candidat unique, avait promu l'affirmation individuelle comme valeur étalon de la démocratie et de la liberté. Promettant d'abattre le carcan sociétal et de permettre à chacun d'exprimer sa voix, Singularis avait mené une campagne révolutionnaire articulée autour du slogan « pour que la différence devienne la norme ».
   Dès le lendemain de l'élection, un conseil utopiste anticonformiste avait été formé afin de s'assurer que chaque citoyen puisse donner la pleine mesure de sa personnalité. Dès lors, les actes de plagiat, d'imitation voire, dans certains cas étroitement codifiés, d'inspiration, étaient devenus hors-la-loi et réprimés par un arsenal juridique créé ex-nihilo.
   Ainsi, l'innovation n'était plus seulement encouragée, mais vivement préconisée : plus question de se vêtir ou de se comporter comme son voisin ou son collègue sans s'exposer à de véhéments rappels à l'ordre. La commission des brevets, devenue obsolète faute d'imitateurs, avait été dissoute et remplacée par une agence spécialement chargée de veiller au respect des principes fondateurs.
   Les unes après les autres, les enseignes de prêt-à-porter s'étaient recyclées dans la vente de matériaux bruts et de tissus qu'il appartenait à chacun d'assembler à sa guise. Les vêtements déjà constitués étaient vendus avec un kit de couture afin d'être personnalisés. Quant aux anciens marchands de bibelot, leur reconversion dans le marché de la glaise était un franc succès.
   Frappés par une vive désaffection, les clubs de sport collectif avaient rivalisé d'imagination pour assouplir leur caractère extrêmement codifié et attirer de nouveaux clients. De nouvelles pratiques avaient émergé, tel le base-ball aquatique et le saut à la perche en apesanteur. Certains clubs avaient amendé leur règlement afin de permettre à chaque joueur de changer les règles à sa guise : étrangement, la plupart des matchs tournaient au pugilat déstructuré...
   Tandis que Tom ressassait les premiers mois de gouvernance de Singularis, le lieutenant remplissait placidement une série d'imprimés détaillant le motif de son inculpation. Lorsqu'elle eut terminé, elle darda sur le jeune homme un regard inquiétant.
   « C'est votre première infraction, mais la gravité des faits qui vous sont reprochés pourrait vous valoir une comparution devant la cour martiale.
   - Je ne suis qu'un humble bureaucrate ! gémit Tom.
   - Ici, vous ne pouvez vous contenter d'être seulement le rouage : il vous faut également être la dent... »
   Constatant que le jeune homme menaçait de tourner de l’œil, l'officière remisa temporairement l'imprimé et se rapprocha jusqu'à placer son visage à quelques centimètres du sien.
   « Mais peut-être pouvons-nous vous aider à trouver cet élément qui manque à votre vie, cet élément qui fera de vous un être signifiant, murmura-t-elle avec un sourire équivoque. »
   Cinquante minutes plus tard, Tom apposait sa signature en bas du contrat et quittait le poste en homme libre et incrédule. Il marcha d'un pas vif sans parvenir à dissiper son trouble. Le lieutenant avait évoqué une « ressource pour le bon fonctionnement du régime », un « besoin d'informations capital ». Lui, plein de bonne volonté, trop heureux de s'en tirer à si bon compte, avait acquiescé. Avant d'être rattrapé par ce doute diffus : que s'était-il engagé à faire, au juste ?
   Parvenu à son domicile, Tom voulut s'épancher auprès de sa femme, mais celle-ci semblait avoir quelque chose de plus urgent à lui communiquer.
   « La fidélité ? Trop commun, exposa-t-elle d'un ton péremptoire. J'entends bien coucher avec qui je veux, quand je veux. D'ailleurs, je vois quelqu'un en ce moment, et le plus simple pour tout le monde, c'est qu'il vienne habiter ici.
   - Je...
   - Il arrivera ce soir. Tu pourras préparer le lit de la chambre d'ami ? J'y ai déjà emmené tes affaires... »
   Tom soupira. Il avait toujours su qu'il aimait sa femme davantage qu'elle ne l'aimait. Mais depuis l'accession de Singularis au pouvoir, elle s'était désinhibée et ne se gênait plus pour lui dire à quel point elle le trouvait terne et sans intérêt. Quel argument pouvait-il lui opposer, en ces temps où les ménages à trois, quatre, sept ou vingt étaient encouragés ? Certains prétendaient même entretenir des relations passionnelles avec des chats ou des crocus.
   Le lendemain, il profita de ses fonctions au Ministère de la contre-contre-façon pour surveiller discrètement ses collègues, toujours indécis quant à ce qu'on attendait de lui. Sans doute était-il censé signaler les comportements déviants, mais comment pourrait-il arbitrer entre de légitimes distractions et des manœuvres frauduleuses ? Il entreprit de noter sur un calepin personnel tout ce qui lui paraissait contrevenir aux règles édictées par le régime, mais aucun de ces délits ne lui paraissait suffisamment significatif pour faire l'objet d'un rapport.
   Le lieutenant ne patienta que quatre jours avant de se rappeler à son bon souvenir d'un éloquent Nous attendons de vos nouvelles... Tom n'avait plus le choix s'il souhaitait respecter son engagement et s'épargner de nouveaux démêlés avec la justice : il lui fallait à tout prix livrer quelques noms.
   L'occasion se présenta au cours d'une pause-café-aromatisé lorsque monsieur Vandegans, plutôt que de s'astreindre à manipuler les boutons de la machine pour obtenir un dosage unique de caféine, houblon, coriandre et vanille, se contenta de répéter la commande édictée par Tom quelques secondes plus tôt. Tom avait fait sa connaissance dès sa prise de fonction au Ministère, puisque monsieur Vandegans s'était chargé de son intégration. Docile et serviable, le vieil homme dénotait parfois par sa lenteur d'esprit, mais ses qualités humaines étaient suffisamment prégnantes pour lui épargner les moqueries.
   D'une certaine manière, Tom se reconnaissait en lui. Il hésita à fermer les yeux sur cette légère entorse ; mais, convaincu qu'une faute aussi bénigne ne pouvait lui attirer aucun ennui sérieux, il consigna l'infraction sur le terminal spécialement dédié à cet effet – le régime n'était nullement hostile au progrès tant que les technologies n'induisaient pas une uniformisation des comportements, ce postulat prohibant de fait la plupart des procédés existant.
   Chaque semaine – généralement à la dernière heure du dernier jour travaillé – Tom s'astreignait à soumettre un nom. Il interprétait l'absence de réponse du lieutenant comme une incitation à persévérer, et s'attachait à varier les cibles. Les uns après les autres, la plupart de ses collègues furent l'objet d'un signalement mettant en cause un usage excessif de la photocopieuse, l'expression d'une opinion trop impersonnelle ou deux coupes de cheveux étrangement similaires. Monsieur Vandegans, dont la vigilance était régulièrement prise en défaut, écopa d'un nouveau rapport lorsque l'historique de son clavier révéla un Ctrl+C Ctrl+V honni.
   Lorsque l'infraction était suffisamment ambivalente pour lui provoquer un cas de conscience, Tom tentait de s'en ouvrir à sa femme et à son nouveau compagnon, mais ceux-ci restaient enfermés dans leur chambre pendant toute la durée des repas.
   La situation semblait parvenue à un point d'équilibre : le régime Singularis prospérait et Tom accomplissait sa tâche avec plus de spontanéité. Et si certains de ses collègues du Ministère s'offusquaient des amendes reçues, ils finissaient généralement par admettre leur faute. Du reste, ceux qui emboîtaient le pas des râleurs étaient dénoncés comme « contributeurs primitifs à la sinistrose ». Mais en dépit de son zèle, Tom fut de nouveau convoqué au poste trois mois après son arrestation.
   « Je croyais donner satisfaction, plaida-t-il, penaud.
   - Vous avez saisi l'esprit, il est désormais temps d'accélérer, asséna le lieutenant en dardant sur lui ses grands yeux tatoués. Sous peine de rendre notre accord caduc...
   - Je ferai des efforts, je vous le promets !
   - En guise d'encouragement, nous vous octroyons dès aujourd'hui le grade enviable de Lanceur d'alerte officiel. Naturellement, pour la bonne tenue de votre mission, cette promotion exceptionnelle doit être tenue secrète... »
   Remobilisé par cet extraordinaire témoignage de confiance, Tom redoubla d'ardeur dans les semaines qui suivirent. Il se sentait de plus en plus à l'aise dans ce rôle, l'expérience lui conférant une acuité supérieure pour discerner les facilités, les travers, les raccourcis et les compromissions de ses concitoyens. Il passa progressivement d'un unique signalement hebdomadaire à deux quotidiens, certains jours fastes lui permettant de culminer à sept rapports.
   Aussi, lorsque monsieur Vandegans commit une quatrième infraction, il le dénonça sans état d'âme. Ce n'est qu'en constatant sa disparition le lendemain, et sa non-réapparition les trois jours suivant, qu'un léger doute l'effleura. Tom tenta de se convaincre que son vénérable collègue avait poussé son désir de singularité jusqu'à se couper du monde – mais il n'en sollicita pas moins une rencontre avec le lieutenant.
   « Monsieur Vandegans ? Il a effectivement été pris en charge par nos services, confirma l'officier sur le ton de l'évidence. Pour les esprits plus faibles, un emprisonnement préventif peut être nécessaire pour se désintoxiquer de l'influence de la communauté – dans des geôles personnalisées, bien entendu. S'il se montre incapable de s'amender, il sera contraint à l'exil. Toute nouvelle récidive appellerait des sanctions plus sévères...
   - Je l'ai suffisamment côtoyé pour savoir que c'est un homme bon, plaida Tom maladroitement. Peut-être qu'en lui accordant une dernière chance...
   - Aucune compromission. Vous et moi, citoyens de devoir, le savons et montrons l'exemple. C'est à ce prix qu'on s'affranchit. »
   Tom, convaincu d’œuvrer pour le bien de la communauté, se jura dès lors de ne plus laisser ses sentiments personnels interférer. Jour après jour, ses signalements devenaient plus pointus, plus incisifs. Une démarche, un port de tête, une manière de penser pouvaient suffire à engendrer un rapport. Les amendes et les enfermements préventifs se multipliaient. Artisan de l'ombre, il n'en observait pas moins avec fierté son influence sur la société : sa dénonciation d'un bâtiment trop cubique avait fait jurisprudence et engendré un chamboulement du travail des architectes, contraints de se réinventer pour permettre de nouvelles lignes, de nouveaux angles. Il y eut bien quelques écroulements funestes et quelques bâtiments biscornus, mais le fait de renoncer à la sacro-sainte verticalité des murs remodela avantageusement le tissu urbain.
   Quant à l'émergence de nouveaux dialectes, elle recoupait trop parfaitement la pénalisation des tournures de phrase trop convenue pour n'y voir qu'une simple coïncidence – même si, il fallait bien l'admettre, la prolifération exponentielle des modes de langage ne favorisait pas toujours la compréhension mutuelle.
   Un matin, une famille échaudée quitta la contrée sans que les autorités trouvent à y redire. Le lendemain, trois tentèrent de l'imiter : dénoncés par Tom, elles furent emprisonnés sans autre forme de procès.
   Du reste, Tom ne se contentait pas de dénoncer les travers de ses contemporains : il s'appliquait à montrer l'exemple et poussa le zèle jusqu'à se dénoncer lui-même, un matin qu'il avait, par distraction, siffloté un air terriblement commun. Fa-Do Fa Sol La-Fa...
« Tu as vu toutes ces arrestations ? s'alarma finalement sa femme, qui pour l'occasion lui adressait la parole pour la première fois depuis plusieurs mois. Qu'est-ce qu'ils disent, au Ministère ? »
   Tom haussa les épaules, feignant l'ignorance. Comment aurait-elle pu se douter qu'en cent occasions déjà, il aurait pu la dénoncer ? Mais il l'aimait...
   Le lendemain, les autorités se présentèrent à leur domicile pour embarquer l'amant. Après tout, en convoitant la femme de Tom après ce dernier, il avait agi en vulgaire plagiaire. Mais Tom était convaincu d'agir avec l'objectivité qui s'imposait – d'autant qu'il s'était, l'un dans l'autre, accoutumé à sa présence.
   D'un autre côté, il n'avait lui-même jamais su qui l'avait dénoncé en premier lieu...
   A cette période, le premier grand mouvement contestataire prenait de l'ampleur et agrégeait les mécontentements. En tous points de la contrée, des individus se rassemblaient sous une même bannière et revendiquaient leur droit à ne pas devoir systématiquement innover, paradant sous le slogan Fatigués d'être différents.
« Deux jambes, deux bras, un cœur battant : ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare ! s'entendit rétorquer Tom lorsqu'il avança à leur rencontre pour les raisonner. »
   Pragmatique, prenant acte que la discussion était impossible, il recensa scrupuleusement l'identité de tous les manifestants et, après deux jours d'un labeur incessant, il fut en mesure de transmettre le rapport le plus volumineux de sa vie. Motif : identification à un même slogan. Tous les contestataires furent arrêtés.
   Pourtant, l'incident fit naître en Tom un certain nombre de questionnements. Considérant le régime Singularis lui-même d'un regard scrutateur, il ne put s'empêcher d'en être troublé.
   Soucieux d'agir avec impartialité et circonspection, il se rendit à la bibliothèque et emprunta de nombreux ouvrages historiques qu'il dévora nuit après nuit. Il constitua de la sorte un épais dossier dans lequel les références au passé étaient mises au regard d'extraits de la Constitution élaborée par le conseil utopiste anticonformiste.
   Deux semaines plus tard, il délivrait son chef d’œuvre, son ultime rapport, dont le volume et l'exhaustivité faisaient passer la dénonciation des contestataires pour un brouillon sommaire. Tom y épinglait avec une précision clinique les innombrables entorses du régime à ses propres principes, au premier rang desquelles une parenté malvenue avec les régimes totalitaires du XXème siècle. Police puissante, dogmatisme, culte d'un homme ou d'une idée... les similitudes, patiemment recensées et démontrées, s'accumulaient comme autant de pièces à conviction.
   Dans la nuit, le régime Singularis proclama son auto-dissolution au motif de sa « ressemblance anticonstitutionnelle avec une dictature ».
   Les jours suivant virent la prise de pouvoir du peuple et l'instauration d'un régime plus libre, moins contraignant. Mais la transition ne s'effectua pas sans encombre : certains sympathisants particulièrement acharnés de Singularis refusaient de capituler et renoncer à leur idéologie. Réfractaires et vindicatifs, ils menaçaient de saboter de l'intérieur l'édification laborieuse d'un nouvel ordre.
   Une purge fut entamée pour assécher cette résistance insidieuse : Tom se porta immédiatement au nombre des volontaires chargés d'identifier les rebelles. Il apporta rapidement la preuve de sa compétence et fut formellement engagé pour retrouver et signaler ceux qui avaient contribué à l'essor du régime Singularis.
   Car cette expérience l'avait enfin révélé à lui-même : il avait définitivement pris goût à la délation et s'y trouvait compétent et épanoui. Il avait enfin trouvé sa voie, et elle ne ressemblait à aucune autre.
« Modifié: 13 septembre 2016 à 17:42:57 par Mout »
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
Le mout est multiple, le mout est omniscient : le mout est tout.

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #1 le: 05 septembre 2016 à 20:43:44 »
Salut Mout !

Au fil du texte :

Citer
Lorsque les forces de l'ordre, engoncés
engoncées

Citer
Lorsque la situation était suffisamment indécise[....]La situation semblait parvenue
Répétition évitable  :)

Citer
en dardant sur lui ses grands yeux tatoués.
Y en avait pas qu'un seul de tatoué, tout à l'heure ?

Citer
« Deux jambes, deux bras, un cœur battant : ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare ! S'entendit rétorquer Tom lorsqu'il avança à leur rencontre pour les raisonner. »
Je crois que tu fermes les guillemets un peu tard.



Et bien !
Que voilà un texte original. J'ai du mal à savoir quoi en penser. Rien à redire en terme de style, ça se lit très bien et ça coule tout seul. C'est simplement les questions que ça soulèvent qui me laissent sans voix.
Mais pas sans clavier  :D Bravo pour la justesse du raisonnement et sa mise en application de bout en bout. C'est une belle participation qui rend justice au thème, vraiment.

Merci pour cette lecture, au plaisir.

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #2 le: 06 septembre 2016 à 19:54:38 »
Salut Mout' !

Citer
Lorsque les forces de l'ordre, engoncés dans des uniformes fraîchement tirés de bains de teinture aléatoires
Hm, pas fan :/ Je trouve que ça se veut trop travaillé, et qu'au final on perd en qualité stylistique.

Citer
Comment lui, citoyen consciencieux et homme de devoir, qui s'acquittait de ses fonctions au Ministère de la contre-contre-façon avec un zèle obsessionnel, pouvait-il s'être attiré les foudres du régime Singularis ?
D'une part, la phrase est longue, mais elle contient également trop d'informations à la fois pour pleinement les enregistrer. On se pose presque trois questions en une phrase, c'est beaucoup (et de vastes questions).

Citer
Il fut conduit jusqu'à un local nu et installé sur un tabouret de sept pieds et demi
Les deux mots se gênent un peu l'un l'autre, on croit d'abord qu'installé caractérise le local, on est du coup un peu dérouté.

Citer
Il fut conduit jusqu'à un local nu et installé sur un tabouret de sept pieds et demi, sur lequel il attendit avec anxiété que son interlocuteur, une grande femme dont le globe oculaire arborait un tatouage tribal, débute l'interrogatoire.
La phrase est très longue, on va de digressions en digressions, et on s'y perd un peu. Elle gagnerait à être soit rendue plus efficace, soit scindée.

Citer
Vous savez certainement ce qui vous amène
Hm, pas sûr que ce soit très correct dans ce contexte (non, parce que ce qui l'amène, bin c'est les forces de l'ordre quoi :huhu:). Pourquoi pas : Vous savez certainement pourquoi vous avez été amené ici ?

Citer
C'est précisément le motif de votre inculpation : votre propension à vous acquitter de votre tâche sans la moindre originalité. Votre visage lui-même est d'une banalité affligeante : à nos yeux, vous n'êtes qu'un nom.
La fin de la phrase pourrait être plus accablante encore, parce que déjà, un nom, c'est une identité propre et donc une différenciation (à mon sens).

Citer
   Tom baissa la tête, accablé de ne pas être à la hauteur. S'il avait rejoint tardivement le mouvement des sympathisants au régime Singularis, il n'en avait pas moins milité pour leur candidature, voté pour eux, puis applaudi leur élection à la majorité absolue. Une euphorie indescriptible avait alors envahi la contrée tout entière, tant leurs propositions tranchaient avec plusieurs décennies d'alternance politique morne et sclérosée.
On passe trop vite du cas particulier de Tom à une généralisation de l'évènement élection à tout le pays.

Citer
« pour que la différence devienne la norme »
C'te slogan à la 1984  :mrgreen:

Citer
Tandis que Tom ressassait les premiers mois de gouvernance de Singularis, le lieutenant remplissait placidement une série d'imprimés détaillant le motif de son inculpation.
Je serais sur un tabouret dans un endroit inconnu et visiblement au cours d'un interrogatoire, je suis pas sûr que je me remémorerai ça  :huhu:

Citer
   - Je ne suis qu'un humble bureaucrate ! Gémit Tom.
Pas de majuscule à gémit

Citer
   - Ici, vous ne pouvez vous contenter d'être seulement le rouage : il vous faut également être la dent... »
C'est peut-être moi qui comprends pas, mais être un rouage est quand même un peu plus original et singulier qu'être une dent (je veux dire, une dent y en a tellement plus que des rouages !)

Citer
Il avait toujours su qu'il aimait sa femme davantage qu'elle ne l'aimait.
Tu peux alléger tout ça je pense.

Citer
Il entreprit de noter sur un calepin personnel tout ce qui ne lui paraissait pas contrevenir aux règles édictées par le régime
Je crois qu'il manquait des mots :P

Je suis un peu mitigé pour ce texte. Il souffre typiquement de la limite des 3000 mots, et est du coup, beaucoup trop rapide sur pas mal de points et d'évènements. Concernant l'idée en elle-même, je ne peux m'empêcher de l'aimer, j'adore les univers dystopiques et je dois bien avouer que celui-ci ouvre beaucoup de choses. Mais en même temps, la fin, même si elle est assez maligne et marrante, est forcément un peu attendue. Je veux dire, c'est impossible qu'un tel système tienne (déjà de base, ils croient tous en la même idéologie et au même slogan), et je me suis dit sans-cesse pendant le texte "attends, mais ça comment ça marcherait, et ça, et ça..." bon c'est chouette à imaginer, mais ça peut pas fonctionner à long terme quoi ^^

Merci pour la lecture en tout cas !

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #3 le: 07 septembre 2016 à 00:26:49 »
Je vais rejoindre Zag sur le côté "résumé" de la dernière partie, ça commence plutôt bien, avec même un petit air de Brazil (le film) parfois, mais je n'aime pas trop comment ça se développe. Je trouve que tu n'exploite pas le concept à son plein potentiel, il y a beaucoup de questions intéressantes qu'une telle société pourrait soulever, l'individualisation, la liberté d'expression, le conformisme, et là je ne vois vraiment pas grand chose, au final ça reste centré sur Tom, et je trouve ça dommage.
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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #4 le: 07 septembre 2016 à 11:18:00 »
Citer
entretenir des relations passionnelles avec des chats ou des crocus.

 :mrgreen:

Citer
L'occasion se présenta lors d'une pause café aromatisé lorsque monsieur Vandegans, plutôt que de s'astreindre à manipuler les boutons de la machine pour obtenir un dosage unique de caféine, houblon, coriandre et vanille, se contenta de répéter la commande édictée par Tom quelques secondes plus tôt. Tom avait fait sa connaissance dès sa prise de fonction au Ministère, puisque monsieur Vandegans s'était chargé de son intégration. Docile et serviable, le vieil homme dénotait parfois par sa lenteur d'esprit, mais ses qualités humaines étaient suffisamment prégnantes pour lui épargner les moqueries.

je ne comprends pas bien en quoi le comportement de ce monsieur est contraire à la règle ?  :\?

Citer
sa dénonciation d'un bâtiment trop cubique avait fait jurisprudence et engendré un chamboulement du travail des architectes, contraints de se réinventer pour permettre de nouvelles lignes, de nouveaux angles. Il y eut bien quelques écroulements funestes et quelques bâtiments biscornus

Numérobis ! Quel plaisir de vous voir ! ( :mrgreen:)



Quel texte plaisant ! J'aime beaucoup les dystopsies, mais la tienne est particulièrement réussie. J'aime beaucoup les traits d'humour sous couvert d'un fond indéniablement 1984ien. C'est très bien écrit, ça se dévore, et l'idée de fond est simple mais géniale.
Dommage qu'on sente la fin moins étoffée et finie presque "à-la-va-vite" : ton texte méritait une fin peut-être un peu plus étoffée, quitte à le rallonger un chouilla.

Juste une chose : Tom, c'est pas un peu courant, comme prénom ?  :\?
Je crois qu’il y a dans le cœur des hommes une place créée pour l’émerveillement, une place endormie qui attend de s’épanouir. ~ Ambre, Les aventuriers de la mer, R. Hobb

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #5 le: 07 septembre 2016 à 13:30:17 »
Yop,

Alors je rejoins mes camarades, j'aime vachement bien l'idée. Le thème des anormalies est exploitée de manière quasi brute, je trouve cette initiative chouette, fallait oser quand même :D
Je reste peut-être sur une impression d'aléatoire, que les éléments amenés ne sont pas forcément tous les plus pertinents, un peu comme ce que dit weg, que ça aurait pu être autrement, ou qu'autre chose aurait pu être dite ; bref, que ce n'est peut-être pas optimal. Mais ce n'est pas grave, j'ai vachement bien aimé ton texte, et surtout le fait que tu fasses intervenir un personnage et que tu le fasses évoluer au fil du récit. J'aime bien son côté un peu perdu du départ puis son changement. Ça a l'air bête de le dire, mais je trouve que vivre le truc avec le perso ça ajoute un joli plus qu'on retrouve pas dans tous les textes. En gros oui, j'adhère ^^

« Modifié: 07 septembre 2016 à 13:32:53 par extasy »
^^

Hors ligne Kanimp

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #6 le: 07 septembre 2016 à 13:42:24 »
Bonjour Mout,

Citer
- C'est précisément le motif de votre inculpation : votre propension à vous acquitter de votre tâche sans la moindre originalité. Votre visage lui-même est d'une banalité affligeante : à nos yeux, vous n'êtes qu'un nom.
:viviane:

Citer
Promettant d'abattre le carcan sociétal et de permettre à chacun d'exprimer sa voix, Singularis avait mené une campagne révolutionnaire articulée autour du slogan « pour que la différence devienne la norme
Je comprends mieux l’origine des policiers aux uniformes arc-en-ciel.



Citer
   Dès le lendemain de l'élection, un conseil utopiste anticonformiste avait été formé afin de s'assurer que chaque citoyen puisse donner la pleine mesure de sa personnalité. Dès lors, les actes de plagiat, d'imitation et, dans certains cas étroitement codifiés, d'inspiration, étaient devenus hors-la-loi et réprimés par un arsenal juridique créé ex-nihilo.
J’ai un stress avec l’inspiration. Elle apparait dans cette phrase de manière volontaire ?
Parce que la non-conformité demande, l’individualisme demande justement cette inspiration.
Donc j’ai pris que ce mot est là, car il se devait de l’être.
Spoiler
[close]
Mais j’ai un doute, car le refus de l’inspiration entre en conflit direct avec la phrase suivante :
Citer
Ainsi, l'innovation n'était plus seulement encouragée, mais vivement préconisée : plus question de se vêtir ou de se comporter comme son voisin ou son collègue sans s'exposer à de véhéments rappels à l'ordre.
L’innovation est une forme d’inspiration appliquée.

Citer
tel le base-ball aquatique et le saut à la perche en apesanteur.
:viviane:


Citer
   - En guise d'encouragement, nous vous octroyons dès aujourd'hui le grade enviable de Lanceur d'alerte officiel. Naturellement, pour la bonne tenue de votre mission, cette promotion exceptionnelle doit être tenue secrète... »
Bien trouvé la récupération à d’autres fins des lanceurs d’alerte.

Citer
Tom, convaincu d’œuvrer pour le bien de la communauté, se jura dès lors de ne plus laisser ses sentiments personnels interférer.
Je crains de lire le message que tu désires faire passer d’une manière trop directe, le « convaincu «  est de trop.
« Afin d’œuvrer pour le bien de la communauté, Tom se jura dès lors de ne plus laisser ses sentiments personnels interférer.

Alors là, j’ai accroché au texte, du début à la fin.
Merci pour ce texte.

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Hors ligne Mout

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #7 le: 07 septembre 2016 à 18:09:33 »
  Bonjour, je vous ne saurais trop vous remercier pour le temps que vous avez consacré à la lecture de ce texte. Vos commentaires, positifs et négatifs, me permettent d'améliorer le texte ou de réaffirmer certains parti-pris.

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Comment lui, citoyen consciencieux et homme de devoir, qui s'acquittait de ses fonctions au Ministère de la contre-contre-façon avec un zèle obsessionnel, pouvait-il s'être attiré les foudres du régime Singularis ?
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D'une part, la phrase est longue, mais elle contient également trop d'informations à la fois pour pleinement les enregistrer. On se pose presque trois questions en une phrase, c'est beaucoup (et de vastes questions).
  Effectivement, c'est assez dense : je souhaitais débuter tambour battant et introduire un maximum d'éléments en un minimum de mots (son caractère, sa fonction, et une première allusion intrigante au régime Singularis).

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Il fut conduit jusqu'à un local nu et installé sur un tabouret de sept pieds et demi, sur lequel il attendit avec anxiété que son interlocuteur, une grande femme dont le globe oculaire arborait un tatouage tribal, débute l'interrogatoire.
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La phrase est très longue, on va de digressions en digressions, et on s'y perd un peu.
C'est le cas : "nu" s'applique au local.

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Il fut conduit jusqu'à un local nu et installé sur un tabouret de sept pieds et demi, sur lequel il attendit avec anxiété que son interlocuteur, une grande femme dont le globe oculaire arborait un tatouage tribal, débute l'interrogatoire.
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La phrase est très longue, on va de digressions en digressions, et on s'y perd un peu. Elle gagnerait à être soit rendue plus efficace, soit scindée.
  Je peux réfléchir à la scinder si elle vous paraît trop longue. Mais il me semble que le seul élément qui soit réellement digressif concerne l'identité de l'interlocuteur, et que le reste de la phrase suit une trame logique (arrivée – installation – attente).

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C'est précisément le motif de votre inculpation : votre propension à vous acquitter de votre tâche sans la moindre originalité. Votre visage lui-même est d'une banalité affligeante : à nos yeux, vous n'êtes qu'un nom.
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La fin de la phrase pourrait être plus accablante encore, parce que déjà, un nom, c'est une identité propre et donc une différenciation (à mon sens).
  Effectivement, je n'y avais pas pensé en ces termes. Mais quoi de plus impersonnel, quoi de moins mémorable qu'un nom sur un registre ou dans une base de donnée, fondu dans la masse de ses milliers de semblable, lorsqu'aucun fait marquant, aucune histoire singulière ne s'y attache ?

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   Tom baissa la tête, accablé de ne pas être à la hauteur. S'il avait rejoint tardivement le mouvement des sympathisants au régime Singularis, il n'en avait pas moins milité pour leur candidature, voté pour eux, puis applaudi leur élection à la majorité absolue. Une euphorie indescriptible avait alors envahi la contrée tout entière, tant leurs propositions tranchaient avec plusieurs décennies d'alternance politique morne et sclérosée.
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On passe trop vite du cas particulier de Tom à une généralisation de l'évènement élection à tout le pays.
Tandis que Tom ressassait les premiers mois de gouvernance de Singularis, le lieutenant remplissait placidement une série d'imprimés détaillant le motif de son inculpation.
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Je serais sur un tabouret dans un endroit inconnu et visiblement au cours d'un interrogatoire, je suis pas sûr que je me remémorerai ça

  Transition un peu artificielle, je te l'accorde. Très "fonctionnelle".

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   - Ici, vous ne pouvez vous contenter d'être seulement le rouage : il vous faut également être la dent... »
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C'est peut-être moi qui comprends pas, mais être un rouage est quand même un peu plus original et singulier qu'être une dent (je veux dire, une dent y en a tellement plus que des rouages !)
  C'est un axiome absurde – le "mordant" de la dent, mais avec l'ambiguité que tu relèves – qui préfigure déjà les innombrables contradictions du régime.

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Il entreprit de noter sur un calepin personnel tout ce qui ne lui paraissait pas contrevenir aux règles édictées par le régime
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Je crois qu'il manquait des mots
  Je ne suis pas sûr d'avoir compris cette remarque.

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Juste une chose : Tom, c'est pas un peu courant, comme prénom ?
  Si, mais ça colle au côté monsieur tout le monde hyper neutre. Et ça ne fait que 3 caractères...

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Parce que la non-conformité demande, l’individualisme demande justement cette inspiration.
  Effectivement je n'y avais pas réfléchi en ces termes. J'entendais l'inspiration comme une forme de copie (éternel débat entre inspiration et plagiat...)

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Mais en même temps, la fin, même si elle est assez maligne et marrante, est forcément un peu attendue. Je veux dire, c'est impossible qu'un tel système tienne (déjà de base, ils croient tous en la même idéologie et au même slogan), et je me suis dit sans-cesse pendant le texte "attends, mais ça comment ça marcherait, et ça, et ça..." bon c'est chouette à imaginer, mais ça peut pas fonctionner à long terme quoi
  Bien entendu. Tout le texte démontre l'absurdité de cette proposition – "imposer" la différence. Les infractions relevées sont d'ailleurs de plus en plus idiotes. La fin du texte ne repose donc pas tant sur la fin du régime, courrue d'avance, mais sur ses modalités – cette auto-dissolution qui traduit, à défaut d'une cohérence, une démarche sincère de la part des initiateurs du régime.

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  Je n'aime pas trop comment ça se développe. Je trouve que tu n'exploite pas le concept à son plein potentiel, il y a beaucoup de questions intéressantes qu'une telle société pourrait soulever, l'individualisation, la liberté d'expression, le conformisme, et là je ne vois vraiment pas grand chose, au final ça reste centré sur Tom, et je trouve ça dommage.
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ça aurait pu être autrement, ou qu'autre chose aurait pu être dite
  Tout à fait. C'est l'axe autour duquel j'ai choisi de construire la nouvelle : l'individualisation (atypique) d'un individu avec, en caisse de résonnance, une proposition politique singulière. Tom est le sujet de la nouvelle, c'est sur lui que le récit s'ouvre et se ferme, et la plupart des détails donnés sur le régime le sont par le truchement de sa propre expérience. Ce choix, certes restricitf, est avant tout dicté par le format de la nouvelle : impossible de se lancer dans une chronique détaillée des tenants et aboutissants du régime en si peu de mots. Mais si le texte a pu proposer un background suffisamment intéressant pour t'inspirer cette frustration, je considère avoir rempli un de mes objectifs. Et bien d'autres histoires restent sans doute à raconter sur cette "expérience".

Citer
Dommage qu'on sente la fin moins étoffée et finie presque "à-la-va-vite" : ton texte méritait une fin peut-être un peu plus étoffée, quitte à le rallonger un chouilla.
Ma foi je vais y réfléchir. A la base, le côté très abrupt est plutôt un choix que la conséquence d'un manque de temps, et épouse la chute soudaine du régime, mais si vous le trouvez trop expéditif je peux réfléchir à l'amender.
« Modifié: 10 septembre 2016 à 08:08:42 par Mout »
Je suis le mout, tu es le mout, il est le mout, elle est le mout, nous sommes le mout, vous êtes le mout, ils sont le mout.
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Hors ligne gage

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #8 le: 12 septembre 2016 à 14:37:44 »
D'abord, chipotage, cher Mout !

Citer
sept pieds et demi
un peu haut pour un tabouret : plus de deux mètres... pas facile de grimper... lol
Citer
les enseignes de prêt à porter
prêt-à-porter
Citer
la gravité des faits qui vous sont reprochés pourraient
pourrait
Citer
comme autant de pièces à conviction
il manque le point final

J'ai beaucoup aimé ton texte. Autant pour sa langue irréprochable, que pour l'ironie sous-jacente qui point à chaque détour de phrase.

Merci pour cette fable moqueuse cher Mout !
« Modifié: 12 septembre 2016 à 14:40:19 par gage »
- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #9 le: 12 septembre 2016 à 19:02:17 »
Salut :)

au fil du texte...
Citer
   Lorsque les forces de l'ordre, engoncées dans des uniformes fraîchement tirés de bains de teinture aléatoires, se présentèrent au bureau de Tom, le jeune homme leur opposa un regard de profonde perplexité.
hmmmm ta première phrase m'embête. déjà comme phrase d'accroche, ça accroche pas bcp, c'est trop long et emmêlé. Ensuite sur la sonorité y a trop de "de des de de de". Et enfin, engoncé collerait pour les agents, mais pour les forces de l'ordre en général, l'image buggue dans ma cervelle de moineau  >< (même si ça représente la somme des agents, ça me parait pas naturel)

Citer
Ministère de la contre-contre-façon
cool, j'aime bien ce genre de trip  :D

Citer
Docile, il ne s'en laissa pas moins entraîner jusqu'au poste de police.
techniquement, "pas moins" renvoie à "docile" me semble (et non à la phrase précédente), du coup l'opposition ne fonctionne pas

Citer
l fut conduit jusqu'à un local nu et installé sur un tabouret de sept pieds et demi, sur lequel il attendit avec anxiété que son interlocuteur, une grande femme dont les globes oculaires arboraient un tatouage tribal, débute l'interrogatoire.
qui est nu ? le local ou Tom ? :\?
et la phrase est longue et emmêlée, c'est pas très fluide...

Citer
   - Je ne suis qu'un humble bureaucrate ! Gémit Tom.
pas de majuscule à "gémit"

Citer
Certains prétendaient même entretenir des relations passionnelles avec des chats ou des crocus.
:o laisse donc les chats tranquilles, et les crocus euuuuh je vois mais alors pas du touuuuut

Citer
   L'occasion se présenta lors d'une pause café aromatisé lorsque monsieur Vandegans,
ça fait répétition c'est pas jouli

Citer
   La situation semblait parvenue à un point d'équilibre : le régime Singularis prospérait et Tom accomplissait sa tâche avec plus de spontanéité.
c'est bizarre là on dirait que tu dis que le régime prospère grâce à ce que fais Tom mais il peut pas avoir un tel impact sur le pays entier si ?  :o

Citer
« Tu as vu toutes ces arrestations ? S'alarma finalement sa femme,
s'alarma sans majuscule

Citer
« Deux jambes, deux bras, un cœur battant : ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare !
sympa ça  ^^

hop là, tout lu !
bon bon bon... déjà la chute a un peu sauvée ma lecture, l'arroseur arrosé, le truc poussé à son paroxysme c'est cool :)
mais je suis pas trop convaincue par le truc général... en fait ce qui m'embête c'est que si tu voulais jouer sur l'absurde, ça a trop l'air de se vouloir critique d'anticipation, et si tu voulais faire plutôt de l'anticipation c'est trop bancal. Et donc, pourquoi je trouve ça bancal ? en gros tu pars d'un rejet de la pression de la norme pour une acceptation des différences de chacun. y a sûrement moyen de montrer les dérives que ça pourrait avoir sur la répression, comme dans tout régime j'imagine, mais là tu dérives le système sur un truc qui n'a plus rien à voir (l'obligation de jamais être deux à faire pareil sur tout et n'importe quoi) et qui perd toute portée de réflexion politique et sort du truc possible au point de plus vraiment avoir de sens je trouve (d'où le fait que ça tombe dans l'absurde). Parce que du coup ça ne critique pas un travers qui pose vraiment problème ou un jusqu'au boutisme d'un travers qui pourrait empirer. Bref, j'ai pas trouvé de sens au fond du truc. 9a ne fait pas écho à une anticipation de qqch de possible pour moi et du coup ça ne fonctionne pas.
La question de la délation est intéressante, mais un peu noyée. On grince effectivement sur ton perso mais ça ne prend pas vraiment de portée, c'est plus une caractéristique de sa personnalité qu'on intègre.

Voili voilou !

Milla

Hors ligne Mout

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #10 le: 12 septembre 2016 à 19:30:11 »
Bonjour, merci de vos commentaires. Les opinions restent assez tranchées dans un sens ou dans l'autre. Tant mieux, ça fait du débat !

Citer
 
Citer
sept pieds et demi
un peu haut pour un tabouret : plus de deux mètres... pas facile de grimper... lol
Ca ne fait pas référence à la hauteur mais bien au nombre de pieds qui supportent le siège ;-)

Citer
la phrase est longue et emmêlée, c'est pas très fluide...
J'entends ce genre de critique, je vais voir ce que je peux faire.

Citer
si tu voulais jouer sur l'absurde, ça a trop l'air de se vouloir critique d'anticipation
Faut-il vraiment choisir ?

Citer
je suis pas trop convaincue par le truc général... en fait ce qui m'embête c'est que si tu voulais jouer sur l'absurde, ça a trop l'air de se vouloir critique d'anticipation, et si tu voulais faire plutôt de l'anticipation c'est trop bancal. Et donc, pourquoi je trouve ça bancal ? en gros tu pars d'un rejet de la pression de la norme pour une acceptation des différences de chacun. y a sûrement moyen de montrer les dérives que ça pourrait avoir sur la répression, comme dans tout régime j'imagine, mais là tu dérives le système sur un truc qui n'a plus rien à voir (l'obligation de jamais être deux à faire pareil sur tout et n'importe quoi) et qui perd toute portée de réflexion politique et sort du truc possible au point de plus vraiment avoir de sens je trouve (d'où le fait que ça tombe dans l'absurde). Parce que du coup ça ne critique pas un travers qui pose vraiment problème ou un jusqu'au boutisme d'un travers qui pourrait empirer. Bref, j'ai pas trouvé de sens au fond du truc. 9a ne fait pas écho à une anticipation de qqch de possible pour moi et du coup ça ne fonctionne pas.

Citer
l'ironie sous-jacente qui point à chaque détour de phrase.
Merci pour cette fable moqueuse cher Mout !

Au final je trouve que ces deux commentaires se répondent. Je vais évidemment favoriser la deuxième lecture puisqu'elle m'est plus favorable ;-) mais aussi parce que c'est je ne pensais pas qu'il y aurait débat sur le fait que j'avais choisi la voie de l'absurde et de l'ironie.  La manière dont le régime prospère, dérive et sombre n'a rien de réaliste. Mais en déduire que "ça ne fait pas écho à une anticipation de qqch de possible", que ça "perd toute portée de réflexion politique"  ou que ça n'illustre pas "un jusqu'au boutisme d'un travers" semble indiquer que j'ai manqué mon but. A mes yeux, le traitement absurde n'a pas vocation à neutraliser la portée critique et politique.
« Modifié: 12 septembre 2016 à 19:32:29 par Mout »
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Hors ligne Manu

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #11 le: 12 septembre 2016 à 19:32:17 »
Bonjour Mout,

Oui, il y a un peu de 'Brazil' dans ton texte. Et puis, suite à ton éclairage, je comprends mieux le procès de Kafka maintenant.

J'ai beaucoup aimé le texte. Dans ce monde bizarre, l'enchaînement des situations est froidement logique. Cela me plaît.

La fin ? Oui, bon peut-être... mais non ! Elle n' éclipse rien. Bravo.




Hors ligne Rémi

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #12 le: 13 septembre 2016 à 13:24:06 »
Salut Mout !

Citer
dans des uniformes fraîchement tirés de bains de teinture aléatoires
pourquoi un indéfini et pas "dans leurs uniformes" ?

Citer
Docile, il ne s'en laissa pas moins entraîner
pas logique, "il ne s'en laissa pas moins" soulève un paradoxe qui n'existe pas ici

Citer
- Je l'ignore,
cadratins ?

Citer
S'il avait rejoint tardivement le mouvement des sympathisants au régime Singularis, il n'en avait pas moins milité pour leur candidature,
même remarque sur le "il n'en avait pas moins" (et en plus répétition du coup)

Citer
les enseignes de prêt à porter
tirets ?

Citer
Certains clubs avaient amendé leur règlement afin de permettre à chaque joueur de changer les règles à sa guise
pourquoi "certains" ?

Citer
   - Je ne suis qu'un humble bureaucrate ! Gémit Tom.
pas de majuscule à "Gémit" (tu as d'autres cas en dessous), c'est une règle qui aide à repérer les incises expliquant qui dit quoi

Citer
en homme libre et incrédule.
il doute, je ne suis pas sûr qu'il soit "incrédule"

Citer
L'occasion se présenta lors d'une pause café aromatisé lorsque monsieur Vandegans, plutôt que de
j'aurais mis une virgule avant "lorsque"

Citer
Vous et moi, hommes de devoir,
bizarre qu'une femme dise "homme de devoir" en parlant d'elle-même

Citer
Un matin, une famille échaudée quitta la contrée sans que les autorités trouvent à y redire. Le lendemain, trois tentèrent de l'imiter : dénoncés par Tom, ils furent emprisonnés sans autre forme de procès.
le "ils" renvoie à famille et devrait donc être un "elles", mais bon, ça passe

Citer
Tu as vu toutes ces arrestations ? S'alarma finalement sa femme,
maj en trop à S'alarma

Citer
ce qui nous sépare ! S'entendit
idem

XXème siècle

Citer
s'accumulaient comme autant de pièces à conviction
manque le point

Citer
Il avait enfin trouvé sa voie, et elle ne ressemblait à aucune autre.
mouais, pas sûr qu'il soir le seul dans ce cas... mais l'idée est chouette qu'il reste singulier :)

Bon, c'est un chouette texte, pas de doute. Je pense que je l'aurais encore plus aimé si le côté absurde avait été plus poussé. Parce que dans l'absolu, être singulier en tout (apparence, langage, boisson et nourriture...) est complètement impossible et le texte ne franchit pas clairement la ligne de l'absurde. On a envie de relever des incohérences, des "ça se peut pas", et pas suffisamment de jouer avec toi dans ton délire.
Une grande force du texte, c'est bien sûr sa portée politique, et ça j'ai bien kiffé. Sur la forme, ça se lit super bien, tant niveau style que structure.

En lisant les posts précédents :
Citer
A mes yeux, le traitement absurde n'a pas vocation à neutraliser la portée critique et politique.
carrément d'accord, mais je réitère, j'aurais aimé un absurde plus poussé encore.

Au plaisir,
Rémi

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Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #13 le: 13 septembre 2016 à 14:22:53 »
Gage, MillaNox, RémideLille et les autres : merci pour votre lecture pointilleuse, j'ai corrigé la plupart des fautes que vous avez relevées. Sans retoucher le fond du texte toutefois : vos retours, tous très intéressants, m'apparaissent suffisamment contrastés pour me donner envie de laisser vivre le texte tel quel pour le moment. En l'absence d'unanimité, je crains trop de dénaturer de ce qui a pu plaire à certains en tentant de satisfaire tout le monde.
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Re : Re : [T06] Des voix impénétrables
« Réponse #14 le: 13 septembre 2016 à 16:21:01 »
Citer
 
Citer
sept pieds et demi
un peu haut pour un tabouret : plus de deux mètres... pas facile de grimper... lol
Ca ne fait pas référence à la hauteur mais bien au nombre de pieds qui supportent le siège ;-)

Alors permets-moi de redoubler en pointilleuserie, il faudrait dire : "un tabouret à sept pieds et demie" comme on dit un tabouret à trois pieds.
- Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

 


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