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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°8 | T07] Le dernier des stoïques

Auteur Sujet: [AT n°8 | T07] Le dernier des stoïques  (Lu 3928 fois)

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[AT n°8 | T07] Le dernier des stoïques
« le: 05 Septembre 2016 à 10:34:32 »
Le dernier des stoïques


   Marc-Aurèle était resté là où ses geôliers l’avaient déposé. Allongé sur le sol froid et sale de sa cellule, il attendait patiemment dans le noir, économisant ses forces. Une nouvelle épreuve approchait, et ramper jusqu’à sa paillasse pour profiter du peu de confort qui lui était alloué ne l’aiderait pas plus. Ses muscles tout entiers demandaient grâce. Son corps était perclus d’hématomes, stigmatse de leurs coups. La douleur le rongeait peu à peu, elle faisait partie de sa vie désormais, rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
   Depuis quand était-il ici ? Un mois ? Deux ? Un an ? Dix ? Privé du soleil, il avait perdu jusqu’au décompte des jours, oubliant dans leur violence l’ennui de son être. Bientôt, ils reviendraient. La peur lui serrait les entrailles. D’un rictus, il tenta de réprimer cette sensation animale, mais son corps entier tressaillait à l’avance, sa peau était plus dure que le marbre, ses mains plus fébriles qu’un roseau sous le vent. Oh, ce n’était pas de la mort qu’il avait peur. Ce n’était qu’un état, qu’une transition nécessaire pour chaque humain. Non, c’était de survivre encore à leurs assauts, de subir toujours leurs regards apeurés propre à ceux qui cherchent dans les autres le soutien nécessaire à leur faiblesse. Le mépris qu’ils lui inspiraient l’envahit un bref instant. Canalisant cette force, il bouta l’effroi hors de son monde. Dans ce moment de lucidité, Marc-Aurèle eut conscience de son corps, faible reliquat de ce qu’il avait été avant, émacié, sans vigueur, creusé par les coups, buriné par la vermine, vaincu par leur folie. « Le corps n’est que chair, se rassura-t-il, l’intelligence demeure, l’intelligence libère l’esprit ! ».

   Soudain habités par la frénésie des déments, les yeux du captif balayèrent sa prison, traquant furieusement un quelconque défi à relever. Il avait déjà tout calculé, les dimensions de la pièce (quatre mètres vingt-sept sur trois mètres quarante), l’aléatoire des rainures de béton au sol (dû probablement à l’usage d’au moins cinq truelles pour lisser la dalle), le nombre de livre que cette pièce pourrait contenir (environ trente-cinq mille). Le désespoir l’assaillit alors sans pitié, aussi mordant que la mer sur la falaise. Marc-Aurèle avait dompté les mystères de son monde, il avait dominé sa geôle par l’esprit et d’autant plus grande serait la chute, lui qui n’avait plus rien à comprendre de ces lieux. En lui, l’esprit ruait, refusant de s’oblitérer. Un roulement infernal provint du fond de son crâne, trois lettres brûlantes et acides lui firent vomir son maigre repas journalier. « NON » hurlait l’animal, il ne devait pas mourir. « Non » pleurait l’humain, il ne pouvait pas céder.
   Cherchant vainement à se rassurer, Marc-Aurèle rassembla ses fétiches, puisant dans ses souvenirs la force de résister un jour de plus. Quelques mots lui revinrent en tête, ils se grimèrent poème, se firent vers. Digue éphémère mais salutaire face à la résignation qui le rongeait. Rassemblant son souffle, ravalant la bile que sa nausée continuait de lui déverser en bouche, le désespéré murmura ce qui avait inscrit Kipling dans la légende.

   « Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
   Et sans dire un mot te mettre à rebâtir… »

   Derrière la porte, il entendit le couloir s’animer. Les voilà qui revenaient. Son estomac tenta à nouveau de pleurer sa bile mais Marc-Aurèle l’ignora. Plongé dans sa litanie, prière païenne et stoïque, hymne à l’homme, il se rappela ce qui l’avait forgé.

   « Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
   Travesties par des gueux pour exciter des sots
   Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
   Sans mentir toi-même d’un mot… »

   La poste s’ouvrit, dégorgeant d’une lumière artificielle et agressive. La pénombre disparut, vaincue par la charge de ses bourreaux. C’était les sens de Marc-Aurèle qu’on assassinait, trop de sons, trop de couleurs trop de mouvements Il n’aurait pas su compter combien de ces tortionnaires étaient présents, incapable de seulement murmurer sa poésie.
   
   « Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
   Et recevoir ces deux menteurs d’un même front… »

   Des mains le saisirent, le soulevant sans aucune douceur pour le trainer dans le couloir, plus blanc que la mort, plus austère qu’un cœur aride, plus triste qu’un tyran. Marc-Aurèle ne se débattit pas, sa mémoire fouillant avec méticulosité ses souvenirs pour achever l’oraison. Il ne sentit même pas la matraque qui se fracassa contre se côtes. On l’assit sans plus de ménagement. Face à lui, un homme mince au nez proéminant et cassé attendait. Il brisa le silence qui s’installait avec la dextérité d’un bourreau, signant de sa voix élégante des mots qui lacéraient l’air.

   « Bonjour monsieur Randien, désirez-vous une tasse de thé ? »

   Marc-Aurèle le dévisagea sans haine, avec la curiosité de l’inconnu. Il secoua lentement la tête pour refuser, son visage s’illuminant alors que les derniers vers du poème lui revenait en mémoire. Pris d’une soudaine énergie, insoupçonnée et absurde, Marc-Aurèle acheva sa déclaration avec un sourire absolu.

   « Si tu peux conserver ton courage et ta tête
   Quand tous les autres les perdront
   Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
   Seront à tous jamais tes esclaves soumis
   Et, ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire
   Tu seras un homme, mon fils*. »

   Son interlocuteur le laissa dire, observant sans passion la subite virulence qui animait les traits du prisonnier. Marc-Aurèle sentit une force nouvelle couler en lui, celle de ses premiers amours de littérature, quand il avait épousé la foi stoïque, quand il avait vu dans l’avenir un défi de chaque instant. Probablement trahi par sa joie, Marc-Aurèle entendit son geôlier reprendre :

   « J’ai toujours été fasciné par l’espoir… chez les hommes comme vous, il se traduit par la… résistance, dit-il en appuyant ce mot avec dégoût. C’est une chose assez compréhensible. Le divertissement nous promet à chacun un temps de chevalerie, l’histoire nous l’apprend aussi, l’humain doit se battre, il doit s’imposer. Le monde prend sens dans la lutte. L’homme avant vous a tenté de me tuer. Il a sauté sur moi, sans doute en comprenant le rapport hiérarchique qui me mettait à la tête de ce pénitencier. Et j’insiste sur le mot hiérarchique, nul domination ici. Il est mort avant même de se lever. Aussi, si vous sentez un trou dans la chaise, j’ai peur que ce soit de ma faute. »

   Marc-Aurèle gardait sa bouche résolument close. Que les mots de son futur tortionnaire soient vrais ou simple manipulation, cela ne lui importait que peu. En fait, Marc-Aurèle, se concentrait sur son visage, cherchant à assimiler ce nouveau venu. Rien n’était comparable à cette tête. Oh bien sûr, le nez s’approchait de celui, si célèbre, de Cyrano. Les yeux, perçants et fouineurs, remplis d’une malice sournoise et abjecte, pouvaient faire penser à Malraux. Mais c’était le menton, plus osseux qu’un squelette, qui rendait ce corps plus absurde qu’un tableau de Munch. Et pendant que Marc-Aurèle continuait sa prospection teintée d’émerveillement, l’autre continuait.

   « Cependant, votre résistance est toute autre. Vous existez par l’esprit. Vous êtes persuadé qu’un seul mot, qu’un seul individu peut changer le monde. C’est à moi que revient la dure besogne de vous ramener sur terre. Comme le père Noël, l’humain bienveillant est un mensonge, seul il n’est capable que du pire. Racisme, sexisme, homophobie, spécisme, regardez ce que l’histoire a écrit. Nous sommes la pire horreur que nous ayons jamais bâtie. Il vous suffit de le dire.
   — De le dire, répéta Marc-Aurèle, interloqué ?
   — C’est évident, non ?
   — Oh… alors oui, je veux bien du thé aux fruits rouges s’il vous plait.
   Un muscle tressaillît sur la mâchoire de l’homme. Pendant un instant, Marc-Aurèle eut peur d’avoir déjà dépassé une limite. Et alors qu’il voyait le bras se lever, une certaine tristesse l’envahit. Ce n’était pas le coup qu’il craignait, mais de ne plus pouvoir jamais observer le visage qui lui faisait face. Le mystère du menton continuait de l’obnubiler, trop fin pour être associé à l'un de ces Tsars russes, pas assez dessiné pour s’assimiler aux peintres italiens. Heureusement, sa crainte fut vite balayée lorsqu’il comprit qu’on se contentait d’accéder à sa requête. On lui présenta rapidement un breuvage fumant qui répandait un arôme  doux et délicat, gorgé de saveur, situation grotesque face à la rigidité des militaires en armes dans la pièce. Burlesque encore renforcé par les chatons qui dansaient sur la tasse. C’est seulement à cet instant que son interlocuteur reprit.

   — Savez-vous pourquoi vous êtes ici monsieur Randien ?
   — Parce que je ne vénère que la raison, répondit l’intéressé.
   — Précisément, et en la matière, vous êtes… une anomalie non normative. Votre exubérance n’est pas socialement acceptable. Vous refusez d’être plaint, niez l’altruisme, objectez aux sentiments.
   — D’un autre côté, je vivais en dehors du monde avec mes livres avant que vous veniez vérifier si un chalet, même dans la neige, ça brulait bien, répliqua Marc-Aurèle avec une pointe d’ironie.

   Il se sentait revivre. Une joute verbale, une existence de l’esprit ! Et il était toujours plongé dans la contemplation de ce menton, persuadé désormais de l’avoir déjà vu un jour. Mais sa mémoire, affaiblie par le traitement qu’elle avait subi, ne parvenait pas à le resituer. L’officier continua.

   — C’est là tout ce qu’on vous reproche : votre égoïsme. Vous ne pensez qu’à vous, assis sur vos abjects privilèges, oubliant que vous êtes le produit de l’absurde arbitraire du destin. Vos parents se sont aimés, vous n’êtes pas mort en route, ni même né dans un de ces pays barbares où on tue des animaux pour se nourrir.
   — Et donc, j’aurais dû mener une guerre pour leur dire que le tofu c’est le meilleur des plats gastronomiques ? 
   — Vous auriez dû remercier l’espèce de votre existence ! Donner de votre temps pour les autres, soumettre votre intelligence au bien commun plutôt qu’à votre… caprice.
   — Pourquoi les autres avant moi ?
   — Parce qu’ils en avaient besoin ! Parce que vous êtes capable là où ils ne le sont pas. On appelle ça la justice.
   — Non, on appelle ça la pitié. La justice c’est une affaire d’humain à humain, elle ne traite pas des disparités de la nature.
   — Eh bien, ayez pitié ! Mais allez sauver les autres.
   — Ont-ils fait quoi que ce soit pour se sauver eux-mêmes ?

   A peine avait-il prononcé cette phrase qu’il la regretta aussitôt, non pas à cause de sa véracité, mais de la matraque qui s’appuya sur sa main. Le craquement fut sonore, résonnant encore longtemps après que le bruit aie disparu. Sidéré, Marc-Aurèle regarda ses doigts plus tordus que sa tignasse tendre vers le violet sans ressentir la douleur. « Le corps n’est que chair, l’esprit sauve l’humain » se remémora-t-il, trouvant dans ce fétiche un refuge.

   — La douleur récompense la stupidité, Monsieur Randien. Ecoutez-là, entendez donc votre sang battre à vos tempes, sentez votre cou se hérisser. Et comprenez. Ce sont les gens comme vous qui, hier, damnaient l’humain.
   — On le dira à Sénèque, murmura Marc-Aurèle.
   — Ce sont les gens comme vous qui hier mangeaient de la viande, qui exploitaient les autres humains, pour la simple et bonne raison que vous le pouviez ! Que vous jouissiez du confort de votre intelligence pour asservir l’autre.
   — Il me semble aujourd’hui que c’est vous qui nous voulez asservis.
   — Le bien commun le demande. Car vous le pouvez, et de toute manière, cela ne doit pas vous importer puisque vous refusez les sentiments. Vous abandonnez l’inique au fatalisme. Vous n'écoutez pas la douleur de l'autre et dans votre indifférence, vous en devenez responsable ! Vous leur devez une vie meilleure !
   — Du coup, si on me tue, on résoudra le problème de la faim dans le monde ? C’est pratique la religion du sentiment, me voilà l’antéchrist qui va simplement acheter les péchés des hommes.
   — Riez, avez-vous seulement déjà agi contre la faim dans le monde ?
   — Oui et on m’a jeté en taule un mois pour ça. Le soja est une plante qui détruit le sol, quant à manger de la viande, bien que ça résoudrait les carences de beaucoup, c’est impensable.
   — Vous semblez obnubilé par la nourriture. Sans seulement penser à la souffrance animale.
   _ C’est vrai que lorsqu’un loup bouffe un gosse, l'animal se demande si l'enfant pleure parce qu’il a mal ou si c’est de la joie de soulager la faim du loup.
   — Mais enfin, cessez ! Aucun esprit sain ne peut tolérer qu’on mange un cadavre ! De plus, ça rend malheureux.
   — D’ailleurs, Montaigne était connu pour être un sale con dépressif, rit à nouveau Marc-Aurèle.

   Marc-Aurèle laissa l’autre poursuivre sa logorrhée, il dirigeait à nouveau ses pensées sur le menton de son interlocuteur. Son regard remonta un peu et c’est en se focalisant sur l’un des replis que le prisonnier découvrit son secret. La maigreur quasi-famélique de son vis-à-vis empêchait un goitre de s’y développer. Cela donnait au bas de ce visage un aspect hors du temps, aussi aiguisé qu’une épée qui aurait dû s’émousser à la première joute. Marc-Aurèle s’émerveilla de sa découverte, trouvant immédiatement dans son esprit les visages de ceux qui, aidé par un grand embonpoint, pouvaient ressembler à l’officier.

   — Monsieur Randien, ne tournons pas plus autour du pot. Vous êtes une anomalie.
   — Rien de bien grave, notre monde les affectionne particulièrement. Ce sont des trésors à chérir, des êtres à aider, il faut se sacrifier pour pallier la nature. Problème résolu, vous me refilez une maison loin du monde, je sers de singe pour les imbéciles qui culpabilisent de ne pas être moins cons et basta.
   — Non, vous n’êtes pas normé… ni normable.
   — J’avais oublié que la pitié avait aussi ses critères. Être confronté à sa propre faiblesse enivre l’homme. Que sommes-nous fort de nous sacrifier au mieux de nos capacités. Mais être confronté à son absurdité, c’est l’insigne horreur pour vous. C’est réfléchir à votre condition. C'est vous rappeler que le langage n'a pas pour but de pleurer. Cela, le corps s'en charge. Non, Le langage amène à dépasser l'animal, à formuler ce qui fera demain.

   Son interlocuteur garda le silence longtemps, un voile de tristesse s’abaissant lentement sur son visage et Marc-Aurèle sut sa fin proche. Il comprit que la pitié qui lui était imposée était celle qu’on offrait aux morts en sursis. Il allait avoir droit à une dernière joute verbale, une dernière balade sous le soleil, peut-être un dernier poème.

   — Malgré tout notre amour, vous êtes l'échec de notre société. J'espère qu'un jour, nous sauront soigner l'égoïsme. Nous avons essayé de détruire votre esprit, mais votre résistance pendant ces dix-huit mois me confirme ce que nous avons tous toujours su. Vous êtes malade. Et c’est incurable. Car votre souffrance vous aveugle, agenouillée par le poids d’une intelligence qui n’aurait pas dû vous être échue, que vous avez volé au bien commun. La seule preuve d’amour que nous puissions vous offrir, c’est de vous tuer.
   — A long terme, pensez à long terme, murmura Marc-Aurèle, conscient de la vacuité de son conseil.
   — A long terme, nous sommes tous morts.
   — Vous exigez de l’homme qu’il s’excuse d’exister.
   — J’en ai assez d’entendre vos inepties !
   — Et moi les vôtres ! Mais moi, je vais mourir, alors obéissez à vos préceptes et laissez-moi partir l’esprit soulagé de sa tristesse ! Vous imposez une religion de sentiment où le péché est le pire des crimes et l’objection le blasphème le plus atroce ! Vous reléguez la raison à un rêve et voyez le talent comme un poids. Vous n’orientez pas les humains, ils s’éparpillent dans leur douleur, sans guide. Ils se définissent par leur souffrance qu’ils portent en tabard. Fier représentant du déclin de ceux qui, hier, voyageaient jusqu’aux étoiles ! Vous vouliez les libérer du joug de ceux qui étaient capables, vous pensiez que c’était à l’intelligence de se soumettre à la masse et vous les avez fait esclaves du cœur, les pires serfs qui soient : inféodés à des désirs insatiables, sans objectifs, sans labeur pour les forger. Il n’y a que le travail pour être heureux. Un jour, un des plus grands dirigeants que la terre ait connu, un empereur romain qui traversa les mémoires connu comme le dernier des stoïques, celui dont je porte le prénom, répondit à l’interrogation de ce siècle. Votre quête tétraplégique du bonheur qui s’exprime dans un altruisme vicié et imposé. Vous avez détruit ce sentiment ! En avez fait un objet de marchandise, pire, un dû ! Et pourtant, la réponse existe, ô combien plus simple.  Ce seront mes derniers mots, ceux d’un grand homme que j’ai toujours révéré. Sauvez ces mots, partagez-les et vous sauverez le monde : « Qui est en paix avec soi-même est en paix avec l’univers ».

   Marc-Aurèle se leva. Son esprit était plus clair que jamais, plus lucide aussi. Il lui semblait être à nouveau nourrisson, conscient de ce monde comme s’il le redécouvrait. Il marcha en comptant les pas, en suivant chaque écho, en traquant chaque fissure. L’univers entier devenait données sous son crâne. Il compta sept cent cinquante-deux pas jusqu’à la porte. Les gardes l’ouvrirent avec précaution, conscient, au fond de leur indigence intellectuelle, que l’homme quittait pour la dernière fois l’humanité. Le seuil d’acier luisant de rouille n’opposa aucune résistance. Le condamné eut un temps d’arrêt. Sa gorge recracha la fragrance du thé, ses yeux profitèrent de l’herbe qui poussait devant lui… Alors, un sourire gravé sur son visage, apaisé d’enfin retrouver la nature, Marc-Aurèle foula la terre. Et lui qui toute sa vie avait était lucide de son monde, lui qui avait calculé les schémas de déplacement des foules, il n’entendit pas le fusil qui s’armait, pas plus qu’il ne sentit la douleur lorsque une balle lui perfora le cœur.




* Tu seras un homme mon fils. (If, selon le titre original) poème du prix Nobel britannique Rudyard Kipling, traduit en Français par Paul Ricoeur.

« Modifié: 18 Janvier 2017 à 07:19:14 par Zacharielle »
Niou

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #1 le: 05 Septembre 2016 à 21:43:32 »
Salut Mout !

Le détail :

Citer
Ses muscles tous entiers demandaient grâce. Son corps était perclus d’hématomes, stigmate de leurs coups. La douleur le rongeait peu à peu, elle faisait partis de sa vie désormais, rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
tout entiers (tout adverbe)
stigmates
partie

Citer
D’un rictus, il tenta de réprimer
un rictus peut-il réprimer une sensation ?

Citer
ils se grimèrent poème, se firent vert.
vers, j'imagine

Citer
Kipling
Marc Aurèle cite Kipling ? diable je pensais qu'on était en pleine antiquité

Citer
Il brisa le silence qui s’installait avec la dextérité d’un bourreau,
j'ai du mal à comprendre "briser le silence avec la dextérité d'un bourreau"

Citer
cela ne lui l’importait que peu.
petit bug ici, et je trouve ça un peu lourd

Citer
Les yeux, perçants et fouineurs, remplit d’une malice
remplis

Citer
un tableau de Munch. Et pendant que Marc-Aurèle continuait sa prospection teintée d’émerveillement, l’autre continuait.
ok, on n'est pas dans l'antiquité :)

Citer
l’humain bienveillant est un mensonge, seul n’est capable que de pire.
je ne comprends pas

Citer
— Oh… alors oui, je veux bien du thé aux fruits rouges s’il vous plait. [           

[  se promène ici

Citer
être associé à un de ces Tsars russes,
"à l'un" me semblerait plus joli

Citer
Précisément, et en la matière, vous êtes… une anomalie non normative.
je pense que le "non normative" n'est pas nécessaire (ça fait forcé par rapport à l'AT)

Citer
   — D’un autre côté, je vivais en dehors du monde avec mes livres avant que vous veniez vérifier si un chalet, même dans la neige, ça brulait bien, répliqua Marc-Aurèle avec une pointe d’ironie.
:D

Citer
que vous êtes produit de l’absurde arbitraire du destin.
un produit ou le produit (par d'article ici ?)

Citer
un de ces pays barbares où on tue des animaux pour se nourrir.
où l'on, me semblerait plus joli

Citer
Vous auriez due remercier l’espèce


Citer
Marc-Aurèle regarda ses doigts plus tordus que sa tignasse, tendre vers le violet
pas fan de la virgule entre le sujet et le verbe

Citer
avez-vous seulement déjà agis
agi

Citer
on m’a jeté en tôle
je pense que c'est "taule"

Citer
Mais enfin,c essez
pb d'espace

Citer
je sers de singe pour les imbéciles qui culpabilisent de ne pas être moins con
cons

Citer
que vous avez volez au bien commun.
volé

Citer
A long terme, nous sommes tous mort.
morts

Citer
Vous vouliez les libérez
libérer

Citer
un des plus grand dirigeant
grands dirigeants

Citer
un empereur romain qui traversa les siècles connu comme le dernier des stoïques, celui dont je porte le prénom, répondit à l’interrogation de ce siècle.
double "siècle"

Citer
Sa gorge  recracha
double espace ici

Globalement :
C'est très riche, y a de chouettes idées et de beaux passages, mais je pense qu'il y a un peu de peaufinage à faire. Le changement de style de la fin par exemple est un peu brutal et certaines formulations m'ont semblé un peu forcées. Mais encore une fois, l'univers que tu proposes avec retournement de certaines valeurs est fort intéressant. Je viendrai le relire dans tous les cas, après correction.

Merci pour la lecture,
Rémi
« Modifié: 05 Septembre 2016 à 22:10:49 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Chouc

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  • Chourlotte Brontë
Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #2 le: 05 Septembre 2016 à 22:47:17 »
Bonsoir Mout !

Je n'ai pas fait de relevé, Rémi s'en est chargé avec brio  ;)

Concernant l'usage du prénom Marc-Aurèle, qui a dû être bien peu donné depuis l'Antiquité, j'avoue que son usage m'a également troublé en tout premier lieu. Néanmoins, une fois cette légère confusion dissipée, tu proposes un univers d'une densité rare où le retournement des valeurs, comme le dit si justement Rémi, est exploité avec une grande ingéniosité. On navigue en pleine philosophie, c'est une approche à la fois originale et osée  :)

Merci pour cette lecture, au plaisir  ;)
Tel esprit qui croyait se pendre.

Nocte

  • Invité
Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #3 le: 07 Septembre 2016 à 00:58:20 »
C'est plutôt cool comme texte, un peu trop cérébral pour le plaisir de l'être par moment, avec certains pics moralistes/prétentieux, mais je l'ai néanmoins trouvé chouette. Ce n'est pas toujours facile de bâtir un récit autour d'un long dialogue, je salue la performance.

Hors ligne Erwan

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #4 le: 07 Septembre 2016 à 13:18:26 »
Bonjour,

J'ai beaucoup apprécié ce texte, malgré quelques rares maladresses par ci par là. Je trouve que l'ensemble est prenant, bien écrit et qu'il y a une cohérence du propos. Bref, cela me semble très bon. Je note d'abord des passages que j'ai beaucoup aimé (à titre d'exemple mais non exhaustif !) :

Citer
Non, c’était de survivre encore à leurs assauts, de subir toujours leurs regards apeurés propre à ceux qui cherchent dans les autres le soutien nécessaire à leur faiblesse.
-> pour la force du propos.

Citer
faible reliquat de ce qu’il avait été avant, émacié, sans vigueur, creusé par les coups, buriné par la vermine, vaincu par leur folie.
-> élégant

Citer
Le désespoir l’assaillit alors sans pitié, aussi mordant que la mer sur la falaise. Marc-Aurèle avait dompté les mystères de son monde, il avait dominé sa geôle par l’esprit et d’autant plus grande serait la chute, lui qui n’avait plus rien à comprendre de ces lieux.
->  :coeur:

Citer
Vous imposez une religion de sentiment où le péché est le pire des crimes et l’objection le blasphème le plus atroce !



Maintenant ce qui m'a posé problème :

Citer
rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
-> j'ai du mal à associer le mot "rituel" à la douleur...

Citer
l’ennui de son être.
-> Mmmm... Bof.

Citer
plus fébriles qu’un roseau sous le vent.
-> Métaphore qui ne me plaît guère.

Citer
pour le trainer dans le couloir, plus blanc que la mort, plus austère qu’un cœur aride, plus triste qu’un tyran.
-> idem.

Citer
avec la dextérité d’un bourreau, signant de sa voix élégante des mots qui lacéraient l’air.
-> bof, je ne sais pas, je dirais un peu lourd.

Citer
— Et donc, j’aurais dû mener une guerre pour leur dire que le tofu c’est le meilleur des plats gastronomiques ?
-> je ne sais pas si c'est volontaire, mais la phrase jure à mes yeux par son côté superficiel, mais c'est souvent dur de dire pourquoi on n'aime pas...



Des Anormalies que j'ai relevées :

Citer
se firent vert.
-> je ne comprends pas...

Citer
l’humain bienveillant est un mensonge, seul n’est capable que de pire.
-> Idem (?)

Citer
C’est vrai que lorsqu’un loup bouffe un gosse, il se demande s’il pleure parce qu’il a mal ou si c’est de la joie de soulager la faim du loup.
-> ? "il" c'est l'enfant, ou le loup, ou ?

Citer
Que sommes-nous fort de nous sacrifier au mieux de nos capacités.
-> Bon, je ne sais pas, j'ai eu du mal à comprendre, la tournure me semble complexe sans raison.

Citer
En avait fait un objet de marchandise, pire, un dû !
-> avez ?


Voilà, bonne continuation  ;)

Hors ligne Kanimp

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #5 le: 07 Septembre 2016 à 15:03:38 »
Bonjour Mout,

Citer
La douleur le rongeait peu à peu, elle faisait partis de sa vie désormais, rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
J’ai accroché, rituel inconstant porte sur douleur, alors qu’il devrait porter sur la raison de la douleur les coups reçus qui peuvent être ritualisés.


Citer
La poste s’ouvrit, dégorgeant d’une lumière artificielle et agressive.
La porte ?


Citer
Il brisa le silence qui s’installait avec la dextérité d’un bourreau, signant de sa voix élégante des mots qui lacéraient l’air.
Drôle de métaphore.

Pour l’avis sur le texte, on ne peut pas plaire à tout le monde et je n’ai absolument pas accroché au texte.
J’ai besoin qu’un texte court me prenne dès les trois premières lignes.
L’élément accrocheur «Que fait Marc-Aurèle là», je l’ai trouvé bien plus loin dans le texte.
Noyé parmi tant et tant d’éléments qui en son absence sont devenu une simple suite de descriptions de scènes de tortures gratuites et une surenchère de sentiments d’oppressions.
De fait, j’ai survolé le texte du début à la fin.

Une autre fois peut-être.

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Hors ligne Kerena

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #6 le: 08 Septembre 2016 à 10:17:47 »
Hello Mout !

Me voilà bien embêtée. Parce que ton texte a demandé du travail, ça se voit, ça se sent à la lecture. L'univers est riche et le fond est profond.
Mais voilà. Il est peut-être trop profond pour moi. Je n'ai jamais pu m'empêcher de bailler en cours de philo ; en plus la narration de ton texte et les tournures de phrases l'ont rendu assez opaque pour moi.

Du coup j'ai passé ma lecture a essayer de m'accrocher au sens, ce qui fait que je n'ai pas "profité".

J'espère sincèrement que les autres lecteurs arriveront à mieux rentrer dans ton texte, le comprendre et l'apprécier ; car comme je l'ai dit, on sent qu'il y a du travail et je me sens un peu bête de ne pas tout avoir compris  :-[

Au plaisir ! :mafio:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Ragne

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #7 le: 08 Septembre 2016 à 11:51:30 »
Bonjour :)
J'ai plein de lecture en retard. Et comme on dit pour perpétrer l'espoir par delà les étoiles et les siècles: Allons-y Allonso!
Merci à tous pour vos lecture et vos commentaires :)

Merci beaucoup Rémi de ta lecture et de ta correction, je modifie immédiatement toutes mes odieuses fautes.
Pour le prénom, j'admet n'avoir tout simplement penser que ça pouvais altérer l'expérience de lecture. C'est un prénom qu'on croise encore non?J'aimais bien l'idée de reprendre le patronyme de Marc Aurèle, mais si ça dérange, je change pour un autre.
Citer
j'ai du mal à comprendre "briser le silence avec la dextérité d'un bourreau"
L'idée était la suivante: Pour briser des os, y'as pas mieux qu'un bourreau, on l'assimilait même à un médecin avant parce que c'était le seul qui pouvait étudier les corps. (interdiction de l'église, toussa) (je renvoie ici au livre "le métier de Bourreau" de Delarue qui te fera une petite histoire de ce monde à travers les dynasties des maudits). Et donc je me suis dit que la métaphore serait assez amusant d'imgainer un bourreau qui brise le silence dans une prison remplit de bourreau. Comme tu n'es pas le seul à l'avoir relever, je vais voir pour rendre ça plus clair.

Citer
Globalement :
C'est très riche, y a de chouettes idées et de beaux passages, mais je pense qu'il y a un peu de peaufinage à faire. Le changement de style de la fin par exemple est un peu brutal et certaines formulations m'ont semblé un peu forcées. Mais encore une fois, l'univers que tu proposes avec retournement de certaines valeurs est fort intéressant. Je viendrai le relire dans tous les cas, après correction.

Merci pour la lecture,
Rémi
Pour la fin, tu entends par là le dernier paragraphe? Je voulais en faire une sorte de moment d'hyper lucidité où le pauvre gars reprenait conscience de l'existence du monde juste avant de décéder. Probablement mal écrit. Je modifierais.
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire approfondi. Je modifie de suite les coquilles et m'attaque assez rapidement à une v2 plus accessible. :)

Chantilly et fraise des bois!

Bonsoir Mout !

Je n'ai pas fait de relevé, Rémi s'en est chargé avec brio  ;)

Concernant l'usage du prénom Marc-Aurèle, qui a dû être bien peu donné depuis l'Antiquité, j'avoue que son usage m'a également troublé en tout premier lieu. Néanmoins, une fois cette légère confusion dissipée, tu proposes un univers d'une densité rare où le retournement des valeurs, comme le dit si justement Rémi, est exploité avec une grande ingéniosité. On navigue en pleine philosophie, c'est une approche à la fois originale et osée  :)

Merci pour cette lecture, au plaisir  ;)
Chouuuuuuuuuuuuuuc
Je vais devoir changer de prénom alors, mais moi je l'aime bien  :'(
Merci beaucoup.
Quand à l'originalité, le mérite ne me revient pas, la nouvelle est fortement inspiré du "zéro et l'infini" de Koestler qui se fait le récit des terribles procès de Moscou en adoptant le point de vue d'un ancien ponte communiste qui vit ces derniers jours en prison en subissant des pressions pour abjurer ce qu'il est.
L'aspect philosophie n'est lui que le rappel de la pensée stoique et celle de Ayn Rand (qui offre à mon protagoniste un nom de famille, pratique). J'ai un amour assez fou pour les oeuvres philosophique, Camus, Koestler, Rand, Kundera... du coup, je fais comme eux.

Merci pour le commentaire, la lecture et la gentillesse.
Tu gagnes un ronronnement de mammouth.

C'est plutôt cool comme texte, un peu trop cérébral pour le plaisir de l'être par moment, avec certains pics moralistes/prétentieux, mais je l'ai néanmoins trouvé chouette. Ce n'est pas toujours facile de bâtir un récit autour d'un long dialogue, je salue la performance.
Bonjour Weg :)
Merci de la lecture et du commentaire.
Enfin, rien n'est jamais trop cérébral, sauf une tumeur.
Blague à part. Comme dit, j'ai tenter de confronté deux philosophie, celle de la bien pensance face à celle de la secte stoïque (soupoudré de rationnalime Randien). Et la difficulté était d'arriver à "concrétiser" les deux pensées sans trop les caricaturer (même si j'ai eu la main lourde sur les bien pensants) ni les rentre trop moraliste. Est-ce que tu peux me dire quelle endroit tu as trouver moraliste et prétentieux?
Merci beaucoup de ta lecture et de ce commentaire :)


Bonjour Erwan :)

Merci pour le relevé des coups de coeurs, elles font également parti de mes phrases préférées.

Citer
-> j'ai du mal à associer le mot "rituel" à la douleur...
C'est vrai que c'est pas le plus logique.
Je vais voir pour modifier.

Citer
Métaphore qui ne me plaît guère.
Elle est assez facile. Je vais voir pour changer.

Citer
bof, je ne sais pas, je dirais un peu lourd.
Probablement trop ampoulé oui.

Citer
je ne sais pas si c'est volontaire, mais la phrase jure à mes yeux par son côté superficiel, mais c'est souvent dur de dire pourquoi on n'aime pas...
L'idée à ce moment était de répliquer par un sarcasme, je fait voir pour en trouver un plus "punchy"

Pour les anomalies. C'est "vers" et non "vert" (*meurs de honte*), et il manque un "il" dans l'autre phrase. Je modifie :). Pour la métaphore du loup, je me suis emmêlé les pinceaux au milieux. Je vais modifier ça.

Merci beaucoup de ton commentaire détaillé qui va me permettre de polir ce texte :)

Bonjour Kanimp :)

Je n'ai pas introduis la porte... je vais essayer de modifier ça.

Citer
Pour l’avis sur le texte, on ne peut pas plaire à tout le monde et je n’ai absolument pas accroché au texte.
J’ai besoin qu’un texte court me prenne dès les trois premières lignes.
L’élément accrocheur «Que fait Marc-Aurèle là», je l’ai trouvé bien plus loin dans le texte.
Noyé parmi tant et tant d’éléments qui en son absence sont devenu une simple suite de descriptions de scènes de tortures gratuites et une surenchère de sentiments d’oppressions.
De fait, j’ai survolé le texte du début à la fin.

Une autre fois peut-être.
J'ai peur que tu n'ai pas apprécié ce que j'ai volontairement voulu mettre dans le texte. Une mort lente avec l'esprit qui se débat pour ne pas se noyer. De faite, l'aspect assez lent est volontaire. Je suis navré que ça ne t'ai pas happé pour autant.
Merci de ta lecture et de ton commentaire. Je vais quand même voir si je peux rendre le texte plus "sexy" d'emblée.
Au plaisir de te recroiser :)

Hello Mout !

Me voilà bien embêtée. Parce que ton texte a demandé du travail, ça se voit, ça se sent à la lecture. L'univers est riche et le fond est profond.
Mais voilà. Il est peut-être trop profond pour moi. Je n'ai jamais pu m'empêcher de bailler en cours de philo ; en plus la narration de ton texte et les tournures de phrases l'ont rendu assez opaque pour moi.

Du coup j'ai passé ma lecture a essayer de m'accrocher au sens, ce qui fait que je n'ai pas "profité".

J'espère sincèrement que les autres lecteurs arriveront à mieux rentrer dans ton texte, le comprendre et l'apprécier ; car comme je l'ai dit, on sent qu'il y a du travail et je me sens un peu bête de ne pas tout avoir compris  :-[

Au plaisir ! :mafio:

Bonjour Kerena
Si tu baillais en cours de philo, il y a des chances pour que mes textes ne t'intéressent pas, j'en ai peur. J'en suis désolé. Quant au style, je l'aime épique et touffu, ça créé parfois des phrases un peu monstrueuse qui effraient et détruisent le sens.

Ca me désole que tu te sente bête alors que c'est moi qui ai mal fait mon travail.
L'idée était la suivante en fait, je suis parti d'un monde où la bien pensance avait gagné. Ou la valeur d'un individu n'était plus basé sur son travail. (le bon vieux mythe de la méritocratie) mais sur ces souffrances. Autrement dit, je me suis attaché à appliqué ce que certains militants m'avaient tancé. Il ne faut pas réfléchir par la raison, mais par le sentiment, lutter pour éradiquer la souffrance sans réfléchir profondément à la cause de la souffrance. En gros traiter les symptomes, mais pas la maladie. Et à cette idée, j'ai opposé un dinosaure, adepte de la pensée stoïque qui dit en gros que pour être heureux il faut s'accepter soi même, accepter l'échec et l'impuissance.
On peut la résumer par cette phrase de Marc Aurèle, le papa de commode. (celui qui meurt dans le film gladiator)
Citer
Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre
Il est aussi adepte de la pensée de Ayn Rand (qu'elle a développé dans les livres "la source vive" et "la grève") qui définit comme seul vérité la raison et rejette le sentiment comme logique.
Du coup, je confronte ces deux pensées et je veux amener le lecteur à cette conclusion, qu'on devrait pouvoir les concilier ces deux pensées, mais que même si moi-même, je répond plus de Marc Aurèle que de son antagonisme, il faut apprendre à limiter notre fanatisme dans une pensée.
Aussi, si à la fin, Marc-Aurèle meurt, c'est tant par facilité scénaristique que pour exposer une dernier idée militante. "si tu n'es pas avec nous, tu es contre nous".
C'est plus une fable qu'un pamphlet, c'est l'opposition de la raison au coeur. Et la victoire du coeur sonne comme une redite de l'histoire. Les Stoiques ayant disparu parce que le christianisme offrait un mythe auquel croire là ou les stoiques n'offraient qu'un travail sur soi.
J'espère que c'est un peu pus clair comme ça

Merci encore une fois à vous tous pour vos messages, je vais essayer de faire une v2 assez rapidement qui améliorera le texte.
 :coeur:
Niou

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #8 le: 08 Septembre 2016 à 16:09:44 »
Merci pour ton retour Mout !

Je repasserai quand même pour voir la V2. Quand tu l'auras écrite, n'hésite pas à changer le titre de ton sujet en ajoutant "V2" au bout.
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #9 le: 11 Septembre 2016 à 14:18:40 »
Juste, en repassant, je vois :

Citer
stigmatse de leurs coups.
stigmates

En attendant la V2 :)
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #10 le: 12 Septembre 2016 à 15:14:17 »
salut cher Mout !

si tu le permets, et si elle est sur le métier, je viendrai commenter la V2.
En attendant je voulais te féliciter pour ton audace et déplorer à l'avance de n'être sans doute pas à la hauteur de la cérébralité de ton texte.

à bientôt !
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Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #11 le: 22 Septembre 2016 à 21:59:49 »
Citer
Il avait déjà tout calculé, les dimensions de la pièce (quatre mètres vingt-sept sur trois mètres quarante), l’aléatoire des rainures de béton au sol
comment il calcule l'aléatoire ?
Citer
   — De le dire, répéta Marc-Aurèle, interloqué ?
    — De le dire ? répéta Marc-Aurèle, interloqué.

Dans mon cas, je n'ai pas accroché au texte. J'ai eu du mal avec la manière dont il est raconté, je crois ; c'est vraiment pas mon truc.
J'ai trouvé le tout début intéressant, puis (quand il est encore dans la salle emprisonné tout seul) j'ai commencé à décrocher car je trouvais qu'il n'y avait rien de  nouveau et tu n'as pas réussi à m'intéresser.
Le début de scène avec l'interlocuteur m'a intéressée, je me demandais où tu voulais en venir, et le fait de déclamer des vers m'interpelait donc ça me rendait curieuse. Puis tu m'as perdue en route : je n'ai pas réussi à suivre le dialogue, à comprendre où tu voulais en venir. Par-ci par-là j'ai eu l'impression de capter quelques trucs, des pensées, le soucis c'est que je trouvais pas plus intéressantes que ça les quelques phrases que je captais  (mais je ne suis aps sûre d'avoir réellement cerné ce que tu voulais dire) et que je n'ai eu aucun liant. Et comme tout le texte est ce discours, sans lui, il n'y a rien pour accrocher le lecteur.

Perso j'aurais bien aimé mieux voir où tu voulais en venir et des personnages/des scènes plus accrocheurs/marquants, mais je crois aussi que c'est juste pas mon type de texte  :-[
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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #12 le: 24 Septembre 2016 à 19:25:42 »
Hello Mout !

Citer
le nombre de livre que

livres

Citer
les derniers vers du poème lui revenait en mémoire.

revenaient

Sans accrocher au propos, j'ai bien aimé ce texte. Il y a peut-être un peu trop de dialogues à mon goût, mais sinon c'est bien efficace comme il faut et c'était une lecture agréable. Au plaisir !
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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #13 le: 25 Septembre 2016 à 15:34:16 »
Citer
Le dernier des stoïques


   Marc-Aurèle blablabla

Okay alors tu n’es pas sans savoir qu’il y a une différence entre stoïque et stoïcien ? :)

Citer
La douleur le rongeait peu à peu, elle faisait partie de sa vie désormais, rituel inconstant, mais jamais trop lointain.
stoïcisme bonjour

Citer
qu’un roseau sous le vent.
Pascal bonjour

Citer
C’était les sens de Marc-Aurèle qu’on assassinait, trop de sons, trop de couleurs trop de mouvements Il n’aurait pas su compter combien
manque une virgule et un point il me semble

Je suis pas très convaincue et je n'ai pas été très emportée, maintenant je vais essayer de dire pourquoi ^^ Je crois que j'ai trop perçu le texte comme une application stricte de notions philosophiques que tu as étudiées/lues. Marc-Aurèle est comme un pantin qui dit ce que tu veux qu'il dise, qu'il fasse deviner tes intentions conceptuelles. Il n'y a pas beaucoup de ressenti derrière, c'est très descriptif, et du coup je suis restée complètement extérieure. En aval tu as surement très réfléchis ce que tu voulais transmettre, mais en amont elles sont simplement "dites" et pas ressenties. J'espère que je me fais comprendre  :-[ Par rapport à la forme, je suis pas très conquise par le style d'écriture qui comprend pas mal de participes présents.

Une autre fois surement petit Mout !

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Re : [T07] Le dernier des stoïques
« Réponse #14 le: 25 Septembre 2016 à 19:39:38 »
Salut Mout

Bon je t'avoue que je suis très très emmerdé. Commençons par la fin, j'ai aimé le texte. Je l'ai trouvé intéressant, il m'a donné à sourire et à réfléchir et ça c'est cool.

Mais bon je suis emmerdé pour deux choses. D'abord parce que j'ai sans doute pas la culture philosophique nécessaire pour tout tout apprécier. Ou tout comprendre disons. Mais pour le peu que j'en sais, je vois pas tellement l’œuvre de Kipling comme celui d'un stoïque .cela dit c'est sans doute le cas). Et surtout j'ai bien lu tes réponses, mais je comprends pas tellement tellement le pourquoi de la torture et de la dichotomie entre les cultures. Au début, j'imaginais une espèce de monde stalinien avec comme argument phare "le bien commun" et de l'autre une espèce solitaire/libertaire et gouverné par la raison (qui dirais à la fin quelque chose du genre "la raison du plus fort n'est pas forcement la meilleur). Et je me retrouve à la fin, avec un bourreau un peu chelou qui parle de sentiment pour le bien commun et donc que le pessimiste est à tuer (donc une espèce finalement de nihiliste, enfin je comprends pas bien) et le marc Aurele qui dit que finalement L'humain étant humain il doit juste travailler sur lui même et s'ériger à coté des autres sans jamais ne proférer un jugement sous pretexte que l'autre ne s'émancipe pas de lui même?
Bien que toute ses questions m'ont déjà traversé l'esprit, j'y retrouve un espèce de gloubi-boulga sur une question genre "qu'est ce qu'un société" ?

Et du coup je suis emmerdé, parce que (au delà du fait que je ne suis pas d'accord avec  le Marc-Aurèle, ce qui me regarde (mais bon, comme c'est le héros forcement, je signale ^^) finalement, je suis pas bien sûr de ce que ton texte tiens à démontrer.  Si c'est comme dit dans les commentaires, l'idée de concilier raison et sentiments (comme le disais déjà Jane austen ^^) ben je suis bien d'accord avec toi. Mais c'est pas vraiment ça que j'ai lu. Du coup ben je suis emmerdé.

au delà de ça, le texte m'a fait sourire à plein de moment (oui sourire, je te jure) parce que bien pensé amené,  j'ai trouvé rigolo c'est histoire de munch et de menton enfin bref. Le style est plaisant, les dialogues marche bien, donc bon.

Je sais pas si ce commentaire te sera d'une quelconques utilité, mais il a été ecrit dans un bus presque bondé par un mec qui vient de lire trois bouquin défendant l'humain et l'anarcho-syndicalisme, c'est dire la fatigue au niveau des idées.
(Ce mec en question, à chaque fois qu'il prends ce genre de bus "macron" il devient social traitre donc schyzo ^^)

Si changement il y a je reviendrais lire avec plaisir
Au plaisir de lire la v2

 


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