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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le chat et la souris

Auteur Sujet: Le chat et la souris  (Lu 1323 fois)

Hors ligne Elisedu18

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Le chat et la souris
« le: 27 Juin 2016 à 00:14:30 »


   Tapie sous le grand bureau, elle restait immobile, s’autorisant à peine à respirer. Il ne fallait pas qu’Il la trouve. Son cœur battait la chamade et sa tête alerte balayait tous les recoins de son champ de vision alors que ses petites oreilles écoutaient, attentives au moindre bruit leur parvenant. Fébrilement, elle cherchait dans les recoins de son cerveau comment elle avait pu se retrouver dans une situation pareille. Pourtant, la journée avait bien commencé. Elle s’était paisiblement éveillée un peu avant midi et avait traîné dans son lit un bon moment avant de se lever, puis elle avait tranquillement mangé, sans se presser, et elle avait bu doucement, prenant le temps qu’il lui fallait pour digérer. Elle était ensuite allée se promener dans les bois alentours, et dans le jardin. Mais en rentrant, Il était là. Au moment où Il l’avait vu rentrer, un sourire cruel avait déformé ses traits, et Il s’était approché d’elle, menaçant, effrayant. Alors elle s’était enfuie. Elle savait qu’il lui voulait du mal. Elle avait décidé de se cacher sous le bureau, espérant que son poursuivant abandonnerait sa traque s’Il ne la trouvait pas. Mais Il était obstiné comme le chat traquant une souris. Elle avait pourtant toujours eu l’impression qu’elle était le prédateur, et non la proie.

Un bruit attira son attention. Il était entré. Elle se recroquevilla davantage, souhaitant presque s’enfoncer sous terre, et sa respiration se bloqua, alors que tout son être se raidissait. Il s’arrêta devant le bureau. Pendant quelques instants oppressants, on n’entendit dans la pièce que la respiration empressé du chasseur et les pas furtifs de sa proie qui tentait en vain de se dissimuler davantage.
-   Où tu es ? cria-t-il soudain d’une voix résolue. Je vais te trouver !
Elle pria pour qu’Il se détourne et rebrousse chemin, mais, à son grand désarroi, son agresseur se pencha lentement. En la voyant, il sourit, malsain.  Avant qu’Il ne puisse l’atteindre, elle déroula son corps et bondit en avant, passant rapidement à côté de lui. Atteignant le lit, elle y monta avant de descendre pour s’élancer dans le salon, son assaillant sur les talons, le pas déterminé. Du regard elle chercha une cachette appropriée, difficilement accessible à son opposant. Elle n’en eut pas le temps. Il la saisit derrière la nuque, et elle gémit.
-   Je te tiens ! s’exclama-t-il alors, la voix empreinte d’une fierté malsaine.
Complètement affolée, elle se tortilla comme une anguille, et se retourna à moitié. Ses jambes percutèrent le parquet et la douleur se fit ressentir, mais elle l’ignora au mieux. La prisonnière réussit à griffer violemment le bras de son agresseur, qui la lâcha dans un hurlement plaintif. Sans attendre plus longtemps, elle prit la poudre d’escampette et courut jusqu’à la porte d’entrée. Malheureusement, celle-ci était fermée, impossible de sortir ! Il la pourchassait et ne paraissait pas le moins du monde découragé. Il était furieux !
-   Sale peste ! Tu vas le regretter !
En catastrophe, sa victime se faufila sous l’armoire, dont l’interstice se trouvait être juste assez grand pour la laisser passer. Elle recula jusqu’au mur, et l’ombre de son assaillant s’étendit bientôt sur le parquet. Il s’allongea à plat ventre et Il essaya de passer à sa suite, mais n’y parvint pas. Il était trop gros, alors qu’elle était petite et gracile. Son bras partit alors à l’excursion de sa cachette, serpentant telle une vipère, et Il réussit à la saisir par la taille ! Elle glapit mais ne put lui échapper. Il la tira à lui, la sortant et la collant contre lui pour qu’elle ne bouge pas. Sa captive le mordit dans le creux de l’épaule, mais cette fois-ci, son offenseur continua à la tenir et Il la porta même dans une autre pièce fermée, sans espoir de cachette ou de fuite. Il ferma la porte à clef, la retira et la rangea dans un tiroir de son bureau, puis Il la lâcha enfin. Sa détenue retomba violemment sur le sol. A moitié assommée, elle tenta de se relever, mais Il la bloqua fermement. Son traqueur resta alors immobile quelques secondes, savourant sa victoire, jouissant de sa toute puissance et de la faiblesse de son butin.  Alors, il bougea enfin. Il lui tira les oreilles et elle émit un gémissement plaintif. Il l’étrangla à moitié en voulant l’empêcher de se relever et son glapissement se retrouva bloqué. Il lui pinça la peau et elle grogna. Il la traitait comme une poupée, un jouet tout à lui. Il la frappa à la tête quand elle essaya de le griffer, ferma méchamment sa bouche lorsqu’elle tenta de mordre sa main, et ses dents se plantèrent douloureusement dans sa langue. Un goût de sang lui emplit la bouche. Sa prévenue pouvait à peine bouger, Il la tenait sous lui, l’écrasant de son poids. Quelques minutes plus tard, la bête cruelle et sans cœur se mit à la caresser sans douceur un peu partout, et elle cria pour lui échapper. Son adversaire lui hurla de se taire. Mais son contact la brûlait, elle souffrait, Il se montrait très brusque, et méchant !
Finalement lassé, le monstre se leva, la laissant affaiblie à terre. Il se mit en quête d’une manière différente de s’amuser avec elle en cherchant des objets qui pourraient faire l’affaire.

La chance finit par lui sourire. Un coup de vent plus fort que les autres s’abattit sur la fenêtre, qui, mal fermée, s’ouvrit de moitié. Elle ne laissa pas filer cette occasion. Ignorant la douleur de son corps engourdi, elle se redressa alors que son geôlier se retournait de son côté, une paire de ciseaux en main. La pauvre prisonnière réussit à s’extirper par la fenêtre, et retomba à plat ventre sur la terrasse en carrelage froid. Aussitôt, elle reprit sa fuite, courant à travers le grand jardin, suivie de peu par son agresseur, lui aussi passé par la même sortie qu’elle.
Elle crut qu’elle allait réussir à le distancer quand elle se trouva à l’orée de la forêt, mais un obstacle supplémentaire vint se mettre sur sa route. L’énorme danois des voisins, un chien immense qui la détestait, au diable si elle savait pourquoi. A chaque fois qu’elle allait rendre visite aux deux vieux qui habitaient à côté, il l’empêchait de passer, allant jusqu’à la mordre et la repousser avec violence. Cette fois-ci ne fit pas exception à ses habitudes. Il se jeta sur elle, l’envoyant rouler sur le gravier qui bordait les bois. La bête l’aurait probablement à moitié dévoré si son précédent poursuivant ne l’avait pas écarté d’elle. Elle ne savait pas réellement si elle préférait rester avec le chien ou être reprise par le garçon. Un mal pour un autre mal. Mais elle n’avait de toute façon pas le choix. Son bourreau la reprit par les hanches, la bloquant à nouveau. Trop faible pour  continuer à se battre, sa prise finit par se résigner et ferma à moitié les yeux.

Mais, soudainement, elle apparut. Sa Sauveuse ! Elle saisit à son tour son ennemi entre ses bras et l’écarta d’elle.
-   Laisse Chipie tranquille, Alex ! Cette chatte n’est pas un jouet ! Viens plutôt m’aider à mettre la table avant le retour de maman !
« Modifié: 01 Juillet 2016 à 20:09:58 par Elisedu18 »
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
"Parfois, on demande à notre corps de parler à notre place de nos douleurs, des histoires qu'on cache en soi."
Ava Dellaira, Love letters to the Dead

Hors ligne barnacle

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Re : Le chat et la souris
« Réponse #1 le: 01 Juillet 2016 à 10:50:57 »
Salut ^^
C'est pas mal. J'ai venu venir la chute de très loin
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
et du coup, ça a coloré ma lecture tout du long. D'abord sur le sentiment que c'était un peu trop long par rapport au sujet, comme s'il y avait une étape de trop - je me dis qu'il faudrait qu'il l'attrape un peu plus tôt, peut-être.
Le style des phrases  - beaucoup de successions de verbes au passé simple - contribue aussi un petit peu à mon impression de monotonie et de longueur (parce que ça n'est pas si long). Il faudrait peut-être diversifier la base (Il fit ça, elle fit ça), jouer sur la longueur des phrases, avoir d'autres sujets pour les verbes qu'Il et elle ("Sa respiration", "Son pas", par exemple), s'arrêter sur autre chose que des actions (les sentiments de l'une, l'attitude de l'autre - ses expressions, etc).
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Bref, c'est plaisant mais il y a matière à améliorer, à intensifier. La description des actions, mouvements, etc, est précise, mais le rythme et la structure des phrases sont un poil trop constants. Essaye de jouer sur des pauses/accélérations, par exemple.

Hors ligne Elisedu18

  • Troubadour
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  • Psycho-tarée de la plume
Re : Le chat et la souris
« Réponse #2 le: 01 Juillet 2016 à 11:36:13 »
Salut, barnacle et merci pour ta lecture
Je vais essayer de retravailler ce texte et quand ce sera fait, je le reposterai ici ;)
Après, je n'ai pas d'âge précis pour le gamin, à vrai dire je n'ai fais que retranscrire des actions que mon frère avait déjà faites avec nos chats: il les chasse et est vraiment très cruel, quand il les attrape il les tire violemment par la patte ou la queue, et il a 14 ans. :aah:
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Hors ligne ZagZag

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Re : Le chat et la souris
« Réponse #3 le: 01 Juillet 2016 à 12:39:56 »
Salut !

Citer
Puis elle avait tranquillement mangé, sans se presser, et elle avait bu.
Je suis pas fan du "puis" en début de phrase et je vois pas vraiment pourquoi tu nous met la précision qu'elle boit.

Citer
Alors elle s’était enfuie, pour lui échapper
Ce n'est pas nécessaire.

Citer
Il lui voulait du mal, elle le savait.
Mouais dis comme ça, ça marche pas vraiment.

Citer
Mais Il était obstiné comme le chat quand il chasse une souris.
J'aurais dit comme le chat chassant la souris mais on a un double [ʃ] qui gêne. comme le chat traquant la souris du coup ?

Citer
Avant qu’Il ne puisse l’atteindre, elle déroula son corps et bondit en avant, passant rapidement à côté de lui, et atteignant le lit, elle y monta avant de descendre pour s’élancer dans le salon, son poursuivant sur les talons.
Pour une phrase aussi longue, soit tu la coupe, soit lu travaille un pour la rendre un peu plus facilement lisible.

Citer
Du regard elle chercha une cachette appropriée, c’est-à-dire difficilement accessible à son opposant.
Ça brise un peu le rythme.

Citer
Mais elle n’en eut pas le temps
Ici, je pense que sans le "mais", ça aurait plus d'impact.

Citer
Il la pourchassait toujours, pas du tout découragé, et furieux !
Un peu maladroit.

Citer
Elle recula jusqu’au mur, et Il étendit bientôt son ombre sur le parquet
J'aurais pris l'ombre comme sujet de la proposition, perso. Mais l'omniprésence du "Il" est un choix comme un autre.

Citer
mais Il était un peu trop grand et gros.
Tout est un peu maladroit.

Citer
Elle glapit mais ne pus lui échapper.
put


Bon, alors je dois avouer qu'on voit arriver la chute grosse comme un mammouth dans un couloir. Du coup, ça n'a pas vraiment d'impact, ce qui pourrait être vraiment effrayant perd au final de son intérêt, et on ne ressent pas vraiment une grande tension tout au long du texte. Ensuite, il y a l'omniprésence du IL. Je comprend que tu veuille en faire un effet oppressant, mais ça ne marche pas vraiment. Il y a pas mal d'endroit (surtout en fin de texte) ou, au lieu d'être oppressant par sa présence systématique, il ne fait que gêner à la lecture. On butte dessus, mais pas dans le bon sens.
Au final, c'est un peu raté, ça mériterait vraiment d'être retravaillé pour donner un rendu qui marche vraiment bien.

À bientôt autre part, peut-être !


aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Elisedu18

  • Troubadour
  • Messages: 369
  • Psycho-tarée de la plume
Re : Le chat et la souris
« Réponse #4 le: 01 Juillet 2016 à 20:01:47 »
Salut Zagreos, et merci d'avoir et lu et commenté :D

J'ai pris en compte tes remarques et j'ai modifié en conséquence mon texte, que je vais sûrement reposter, si j'ai pas trop la flemme ;)
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
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