Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 mai 2019 à 20:16:01

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateurs: Aube, Ben.G, Claudius) » avortons, orphelins, bossus, bribes, lambeaux, éclats d 'azur (fil collectif)

Auteur Sujet: avortons, orphelins, bossus, bribes, lambeaux, éclats d 'azur (fil collectif)  (Lu 12294 fois)

Hors ligne Dot Quote

  • Calame Supersonique
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  • Grabugeur limbique
    • Rémy Revel - Expérience Scriptive
Ablation des maxillaires.
Pourquoi a-t-il fallut que je te sois si austère ? Merde, pourquoi… Je te passerais volontiers ces vulgarités à éviter en territoires normalisés, alors je te les passe. En quoi, merde, en quoi il a fallu que j’ai aucune question à te poser ! Je veux dire, je suis confus. Tu es bleue, tu es… merde.
Tu me répondrais que je rêve, et effectivement, j’hallucine. Un délire et tu es absente, mais tellement partout, tellement là où je t’ai laissée, merde. Pourquoi, j’en sais rien, il fallait que je me débattes, que je plaque tout, et tu étais déjà par tout. Partout. Le temps presse, le ciel n’est pas ta couleur, je sais ce dont j’ai peur, on ne sait pas jusqu’où on se leurre, alors quand, quelle heure ?
Scriptive Experience

"L'histoire s'écrit... et c'est moi qu'a le stylo... j'les baise... c'est la rue... pas d'prof de philo" - LACRIM

Hors ligne Ecalysta

  • Tabellion
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  • éternelle insatisfaite
Ablation des maxillaires.
Pourquoi a-t-il fallut que je te sois si austère ? Merde, pourquoi… Je te passerais volontiers ces vulgarités à éviter en territoires normalisés, alors je te les passe. En quoi, merde, en quoi il a fallu que j’ai aucune question à te poser ! Je veux dire, je suis confus. Tu es bleue, tu es… merde.
Tu me répondrais que je rêve, et effectivement, j’hallucine. Un délire et tu es absente, mais tellement partout, tellement là où je t’ai laissée, merde. Pourquoi, j’en sais rien, il fallait que je me débattes, que je plaque tout, et tu étais déjà par tout. Partout. Le temps presse, le ciel n’est pas ta couleur, je sais ce dont j’ai peur, on ne sait pas jusqu’où on se leurre, alors quand, quelle heure ?

Ch'est beau.
/Ecalysta/

Hors ligne Alan Tréard

  • Comète Versifiante
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  • ─ Oh ! fumer l'opium dans un crâne d'enfant
    • Alan Tréard, c'est moi !
Les hallucinations ne font pas l'armature
D'un récit palpitant et ne font diversion
Que le temps de s'enfuir. Seul un esprit mature
Sait prendre son temps pour rejeter l'aversion.

Hors ligne Miromensil

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  • Comète Versifiante
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  • Mon nu mental
    • pouet
Je sacrifie les personnes que j’aime
Sur l’autel du silence
J’ai pour le vertige des ruines et leur visage laid
Un amour indéfectible
Et je contemple avec bon accueil
La mauvaise augure des paroles en partance
Un spectre me réveille toutes les nuits
Pour me tenir dans les bras d’autrefois

J’anesthésie avec patience
Les couleurs de l’aurore
Tous les matins, un démon blanc
Me promet mille mouvances
– Dans ses mains délicates
Fane une ville miniature
 
Je sculpte l’eau
Pour qu’elle ressemble au temps
À grandir loin de moi

Depuis que j’ai quinze ans
Je mime la gestuelle d’un paysage 
Pour le faire revivre où que j’aille

Hors ligne Angieblue

  • Calligraphe
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  • Je suis parolière de chansons à textes (poétiques)
    • Easyzic
Je sacrifie...
« Réponse #214 le: 07 mars 2019 à 14:02:51 »
Les deux premières strophes sont vraiment très bonnes avec un côté sombre à la Baudelaire et de belles sonorités internes (allitération en  "v" et assonance en "an").
Les deux suivantes pourraient être retravaillées au niveau du registre et des sonorités. De plus, la chute mériterait d'être plus percutante.
« Modifié: 07 mars 2019 à 14:06:14 par Angieblue »
Angie

Hors ligne Tigrani

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J'aime beaucoup.

Hors ligne Tigrani

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Nuit d'automne


On dit que s'allonge
La nuit avec l'automne ;
Mais on n'a rien fait
Qu'échanger des regards
Et c'est déjà l'aurore.


.
« Modifié: 22 mars 2019 à 23:28:08 par Tigrani »

Hors ligne Léilwën

  • Grand Encrier Cosmique
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  • L'elfe au lapin roux
Mais on n'a rien fait
Qu'échanger des regards
Et c'est déjà l'aurore.


.

 :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur: :coeur:
Grammar nazi en désintoxication intensive

Tu débarques et tu es un peu perdu ? Je peux peut-être t'aider par ici

Hors ligne Tigrani

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Merci  Léilwën pour ton retour. :)

Hors ligne Loup-Taciturne

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  • serviteur de Saturne
Belle musique, belle respiration dans le sens et le rythme
Mystère, le mot est trop fort, mais il y a de ça dans la liberté d'interprétation offerte par l'image
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne Tigrani

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Merci Loup !  :)

Hors ligne Loup-Taciturne

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  • serviteur de Saturne
Avec plaisir : )

---------

Les enfants s’accommodent de l'absence de tuteur. Comme toute jeune pousse, rampante, ils se lient, au sein de leur écosystème, aux arbres qui les entourent, qui les protègent et qui les supportent. Chêne, pin, palétuvier baobab ou saule pleureur... C'est le lieu qui fait l'arbre, c'est l'arbre qui fait le lieu, l'ombre et la lumière sur la terre, ses fruits, ses enfants. La présence fait l'essence du bois. Ma mère est un arbre modeste à l'essence infiniment majestueuse. Sa cime épanouie tutoie les contreforts de bonté des monts les plus sages et inaccessibles.
« Modifié: 03 avril 2019 à 21:09:28 par Loup-Taciturne »
« Suis-je moi ?
Suis-je là-bas, suis-je là ?
Dans tout "toi", il y a moi
Je suis toi. Point d'exil
Si je suis toi. Point d'exil
Si tu es mon moi. Et point
Si la mer et le désert sont
La chanson du voyageur au voyageur
Je ne reviendrai pas comme je suis parti
Ne reviendrai pas, même furtivement »

Hors ligne ludwich

  • Plumelette
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Des phrases pas finies, des phrases infinies
Elle ne sut se borner, elle ne sut jamais le dire...

Hors ligne Ariane

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Les enfants s’accommodent de l'absence de tuteur. Comme toute jeune pousse, rampante, ils se lient, au sein de leur écosystème, aux arbres qui les entourent, qui les protègent et qui les supportent. Chêne, pin, palétuvier baobab ou saule pleureur... C'est le lieu qui fait l'arbre, c'est l'arbre qui fait le lieu, l'ombre et la lumière sur la terre, ses fruits, ses enfants. La présence fait l'essence du bois. Ma mère est un arbre modeste à l'essence infiniment majestueuse. Sa cime épanouie tutoie les contreforts de bonté des monts les plus sages et inaccessibles.
Coucou,

J'avais déjà lu cet extrait et puis j'ai oublié de commenter, mais il m'avait bien plu, c'est pourquoi me voici :) .

J'aime beaucoup la métaphore filée des arbres. Je crois que mes phrases préférées sont la deuxième et la troisième. J'ai toutefois dû m'arrêter sur la deuxième, car pour moi un tuteur, pouvait être un arbre, du coup j'avais l'impression que ta deuxième phrase contredisait la première. Mais peut-être que dans la première tu ne ranges que les tuteurs artificiels ? (un bâton ou autre) (de mon point de vue de personne qui n'y connaît rien). Pour rendre les choses encore plus limpides j'aurais mis "l'absence de tuteur officiel". J'aime beaucoup ensuite la liste d'arbres, c'est tout bête mais visuellement ça me plaît, toutes ces formes, et sur le fond, d'imaginer toutes ces personnalités. Ensuite, j'ai un peu de mal avec "qui fait le lieu, l'ombre et la lumière sur la terre, ses fruits, ses enfants" => le champ lexical me rappelle trop la religion (lumière sur terre, fruits, enfants). La fin me plaît, toutefois dans la métaphore, je visualise mal ce qu'est l'essence du bois. J'ai trouvé en tout cas que c'était une très jolie introduction (tout le début) à l'éloge de la mère du narrateur.

Hors ligne Tigrani

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Ta voix est un bruissement d'oiseau perdu dans une immense volière.
« Modifié: 02 mai 2019 à 16:10:10 par Tigrani »

 


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