La Marque de la Bête
La Marque de la Bête est un roman fantasy jeunesse, écrit en 2009 par Charlotte Bousquet.
Quatrième de couverture :Moyen Âge. La belle Bruna de Caracal pleure ses parents. Sa mère est morte en la mettant au monde, son père a sombré dans la folie. Un soir, le baron qui fut jadis un héros et terrassa le Moróch, tente d’abuser de sa propre fille. L’adolescente s’enfuit en portant la peau de la Bête, symbole d’une gloire passée, signe aujourd’hui de tristesse. Se sentant à la fois victime et coupable, Bruna s’enfonce dans la forêt, s’y perdant en tâchant de se retrouver. A la fois refuge et prison, la forêt confronte la Belle et la Bête. Attirée par la séduction du Moróch, Bruna renoncera-t-elle à son humanité ?
Un roman envoûtant pour lecteur averti.
Mon avis sur le livre :J’ai découvert ce livre au rayon fantasy jeunesse d’une librairie il y a plusieurs années et depuis il hante mes jours, mes nuits, mon imaginaire et mes écrits.
On suit donc les aventures de Bruna de Caracal qui sont loin d’être belles et romanesques. Le livre se découpe en trois parties (je vais essayer de ne pas spoiler plus que le résumé, mais rien n’est sûr, vous êtes prévenus) :
-une première qui relève de la présentation et de l’acceptation. On y découvre sa vie au château et en soi, cela n’a rien d’intéressant. Mais c’est toute la phase d’acceptation qui suit qui fait l’intérêt de cette partie, montrant une jeune fille perdue entre son devoir et les révélations de son quotidien. Finalement, certaines choses vont la pousser à agir et pas forcément comme elle le voudrait.
-une deuxième partie (ma préférée) qui pose les bases de ce qu’à voulu montrer l’auteur (à mon avis). En réalité, nous sommes très loin de la Belle et la Bête, décrits dans le résumé. J’aurais plutôt dit pour cette phrase : « A la fois refuge et prison, la forêt confronte la Bête en la Belle. », mais je ne vais pas critiquer leur résumé (enfin…). La réalité de cette partie, c’est que l’héroïne est confrontée au monstre qui sommeille en elle. Elle l’appelle le Moróch, et il est vrai qu’il y a une grande part de magie autour de lui, mais je me demande toujours s’il ne s’agit pas tout simplement de l’instinct de survie, mêlé à la culpabilité et à la peur des gènes.
Pendant cette partie, il y a beaucoup de lutte, qu’elle soit interne ou externe, exprimée ou gardée enfouie. Et il y a une relation qui s’installe entre la Belle et l’ombre de la Bête. Mais, elle ne se montre que bien plus loin (d’où mon idée que la phrase du résumé n’est pas tout à fait correcte) dans cette seconde partie. Elle est sous-jacente, presque en non-dits, mais dits quand même.
-et une dernière partie qui dévoile finalement qui sera le gagnant de la lutte. Qui vaincra entre la Belle et la Bête, qui vaincra entre l’humanité et la bestialité, et comment en ressortiront les deux protagonistes.
Franchement, j’aime ce livre pour sa descente, non pas aux Enfers, mais dans les tréfonds de l’âme humaine, perdue entre ce qu’elle est, ce qu’elle voudrait être et ce qu’elle devrait être. Pendant un long moment, on a toute une remise en question pour savoir si c’est bien ou mal de fuir face à l’autorité parentale (et je parle bien du fait qu’il voulait la violer) et franchement, pour moi, ça pose les bases. Jusqu’où peut-on accepter cette autorité que tous autour disent intouchable ? Dans le cas de Bruna, ça semble évident, mais tout au long de la lecture, on se rend compte que pas tant que ça aux yeux de beaucoup, à commencer par elle, à cause de tous les principes qu’on lui a inculqués.
Et puis, il y a cette relation qui se tisse entre Bruna et la peau de la Bête tout du long qui m’a énormément marquée, parce qu’elle se rapproche beaucoup de la relation que j’ai avec mon univers, celui qui me permet d’écrire et de créer des histoires comme des mondes. Ce n’est pas impossible qu’il soit l’un des piliers inconscients de tout ce qui fait que j’écris aujourd’hui. Il s’agit d’amour, de reconnaissance, mais pas vraiment non plus, c’est bien plus que tout ce que je pourrais dire. Si je devais donner les mots justes, ce seraient sûrement ceux-ci : « c’est une relation qui permet d’oublier sa condition et de ne pas se sentir perdu ou mal, c’est une relation qui ne juge ni ce que tu fais, ni qui tu es, qui t’accepte. ».
Mais, je m’égare. Ce livre sera génial pour ceux qui voudront s’y plonger et qui accepteront ce qu’il a à offrir.
Pour lecteur averti ? Je n'en suis pas certaine. Mais pour lecteur qui n'est pas sensible à la nature humaine décrite telle qu'elle est ou pourrait être, foncez.