Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

16 juin 2019 à 22:41:06

Le Monde de L'Écriture » Autour de l'écriture » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » Guide de survie du petit écrivain

Auteur Sujet: Guide de survie du petit écrivain  (Lu 2095 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Guide de survie du petit écrivain
« le: 19 février 2016 à 22:20:41 »
Guide de survie du petit écrivain



Bonjour ! Toujours en vie ? Comme vous le savez, les temps sont troubles et les imprécisions peuvent être fatales à tout écrivain qui se respecte. On est loin de la belle époque où l'on écrivait ce qu'on voulait, et où les petites fées transformaient la domestique en princesse. On aimerait que la littérature soit une terre promise, baignée de petits oreillers douillets et de petits anges rigolos, mais malheureusement, c'est un petit peu plus vertigineux. Écrire ce qu'on a envie d'écrire, c'est très important, c'est ce qui fait la force d'une vie. Les dangers sont là, qu'on le veuille ou non, mais il existe des moyens de s'offrir une liberté d'écrire et de s'exprimer, des armes et des détours dont on peut se servir lorsqu'on redoute la censure ou les lynchages.

Je veux vous donner quelques outils pour continuer à écrire ce qui compte le plus à vos yeux, malgré les périls et les menaces.

Comme vous le savez également, certains lecteurs ou commentateurs n'ont pas de bonnes intentions ; il peut leur arriver d'être en colère contre vous pour quelque raison insoupçonnée, mais il peut aussi s'agir de gens dangereux dont l'unique ambition est de vous faire taire. Tous ceux qui me lisent savent les dangers qui composent le cheminement d'un écrivain ou d'un poète, et savent combien il est essentiel d'y remédier. Dans l'histoire de la littérature, la censure est un élément qui revient souvent, il faut savoir la contourner ou bien s'en affranchir. Ne pas prendre au sérieux ces risques, c'est subir les pires malheurs qui soient. Il est évident que vous serez peut-être confronté à des dangers moindres, mais je vais vous glisser quelques petites astuces judicieuses pour éviter les problèmes et pour pouvoir continuer à faire sereinement ce que vous aimez faire.

Identifier la cause du problème

Parfois, bon ! Quelqu'un ne vous aime pas... On admettra qu'à ce moment-là la cause du problème est vite identifiée. Ce doit être la situation la plus problématique : « Quelqu'un ne m'aime pas ! Comment éviter le désastre ? » Au cas où ce serait l'un de vos propos qui a déplu à un lecteur, et qui l'incite à mal réagir, prenez le temps de discuter avec la personne afin de bien comprendre ce qui la fâche. Parfois les lectures touchent à l'intimité, et dans de tels cas, il est possible qu'un lecteur se soit identifié à votre texte, et qu'il ait, à tort, le sentiment que votre texte le condamne. Vous pouvez peut-être réussir, dès cet instant, à vous réconcilier avec le lecteur, à chercher un terrain d'entente. Dans ces moments difficiles, discuter permet d'éclaircir la situation. Ensuite, ce peut être quelqu'un qui s'oppose radicalement à vos propos, quelqu'un qui est antireligieux, et qui aurait trouvé dans votre texte des propos croyants, par exemple. Si quelqu'un s'oppose fondamentalement à votre vision du monde, ça peut devenir un peu plus redoutable, il faut vite réagir ! Suite à sa lecture, il peut vous identifier comme ayant des convictions contraires aux siennes, et ça peut devenir très dangereux, n'hésitez pas à prendre des décisions difficiles.

L'Épée de toujours

Un commentateur qui veut vous empêcher d'écrire ce que vous avez voulu écrire cherchera toujours des moyens de justifier son geste. Certaines volontés de destruction sont insatiables, il faudra à ses yeux toujours plus que votre travail soit saccagé : il vous faut vous armer à l'avance. Malheureusement, les attaques totalement injustifiées sont monnaie courante dans le monde littéraire : on vous balance des arguments étranges et fourbes qu'il est nécessaire comprendre un à un, sans quoi c'est tout votre travail qui peut être entravé. Bien connaître ce qu'on a écrit, c'est la base ; du coup, ne prenez pas trop de risques dans vos élans d'inspiration, contentez-vous du raisonnable. Il faut savoir que les lecteurs sont très sensibles aux commentaires des autres, et qu'un mensonge devient vite pesant pour la lecture. Si un lecteur affirme que votre texte est mal écrit, d'autres le croiront sur parole (même sans aucune preuve). N'hésitez pas à vous munir de « références. » Vos connaissances en écriture vous serviront toujours, revendiquez-les. Peut-être pouvez-vous faire le pont entre un écrivain célèbre et votre travail, ou bien vous munir de la preuve que ce qui est dit est faux. Donnez de la profondeur à votre texte, n'hésitez pas à répéter ce que vous avez voulu dire et pourquoi, soyez méticuleux. N'hésitez pas à citer d'autres références de la littérature pour justifier les choix que vous avez pris à l'écrit, ça aide à revaloriser votre travail.

Isoler le point sensible

Imaginons que vous ayez écrit un texte sur l'amour qui dirait : « L'amour, ce n'est jamais une histoire d'égalité ; l'un est toujours gagnant, l'autre est toujours perdant. » Tout votre texte est écrit sur cette notion-là, or un commentateur s'introduit dans votre travail et déclare : « Moi, je pense que l'amour et l'égalité ne sont pas incompatibles. » Aïe, ça risque d'être très difficile de vous entendre, n'est-ce pas ? Vous êtes embêté, tout votre texte repose sur ce message, et en une phrase, un lecteur détricote tous vos efforts ! Chercher le point central de ce désaccord, c'est trouver des solutions. Ici, isoler le point sensible, c'est comprendre le terme « jamais » qui, retiré du texte, ne dérangerait pas ce lecteur imprévu. N'allez pas changer tout le texte, ce serait trop de travail ! Concentrez vos efforts sur le point sensible. Prenez le temps de réfléchir, dites à votre lecteur que vous allez réagir à son commentaire, méditer et apporter une réponse plus tard. La solution est d'aller chercher un élément en plus qui répond aux attentes du lecteur sans pour autant laisser tomber tout le texte (voire pour certains, le roman... Imaginez que votre roman tombe à l'eau sur quelque chose d'aussi imprévisible... L'horreur !) Voici des exemples qui permettent de trouver un équilibre :
  • L'ajout de votre subjectivité dans le texte : « Selon moi, l'amour n'est jamais une histoire d'égalité. » Au moins, on ne pourra pas dire que vous avez forcé les autres à penser comme vous ! Ainsi votre texte devient une base de réflexion qui dit au lecteur : « Moi, je pense ça... Et vous, qu'en pensez-vous ? »
  • L'ouverture du propos : « L'amour est rarement une histoire d'égalité. » Ça peut vous demander de revoir un minimum le texte, mais c'est un geste utile. Une bonne manière de donner une dimension plus mesurée au propos (tout en gardant la quasi-totalité du texte).
  • L'obstination : « Peu importe ce qu'on en dit, l'amour n'est jamais une histoire d'égalité. » Mon préféré ! Dur à tenir, plutôt dans un cas où vous avez la certitude que vous pourrez prouver que vous avez raison tel un avocat devant un juge. Mais là, c'est un peu plus risqué. Il ne faut pas aller dans l'exagération, rester mesuré dans la sincérité. Ça signifie que vous dites au lecteur : « Tes arguments ne me pas paraissent pas fondés, il te faudra beaucoup mieux pour me faire changer d'avis. »

Contourner la censure

Parfois, vous vous retrouvez dans un monde opprimant dans lequel vous avez des choses à dire qui ne vont pas plaire... Eh ! Oui, il faut bien trouver un moyen de franchir les interdits, tout en ne finissant pas sa vie au fond d'un puits ! Dans un tel cas, ne méprisez aucun moyen, toute initiative est bonne pour vous offrir la liberté de dire ce qui vous obsède. Vous ne devez pas mettre votre travail en danger (la censure) or vous devez trouver un moyen de le faire fructifier. Il y a les métaphores, où vous parlez d'une chose « entre parenthèses » et que vous décrivez par images ; dans ce cas, seul un lecteur malin saura vous comprendre, et la censure sera difficile à justifier car vous lui échappez. Certains très beaux livres sont les métaphores de notre vie quotidienne, comme les contes féeriques de Perrault (Le Petit Chaperon rouge). Ou plus adroit encore, il y a aussi le « méchant » de l'histoire, auquel vous faites dire de fausses méchancetés. Vous vous projetez à travers sa bouche, mais si un lecteur vous demande, vous lui direz : « C'est parce qu'il est méchant ! » Ainsi, les paroles profanes qu'il tient sont « probablement condamnées » par vous (et vous continuez à parler de ce qui vous importe). Un bon moyen de dire ce qu'on ne peut dire normalement. Il y a également le jeu des échelles, vous savez, celui où on parle de quelque chose de tout petit dans lequel on glisse des vérités immenses. Le lecteur a tellement du mal à faire le rapprochement, qu'il se casse les dents sur sa propre faiblesse. Croyez-moi, c'est très efficace ! C'est le coup du « fait divers » que l'on retrouve dans les séries d'aujourd'hui. Le policier dit : « Il y a eu un meurtre, un homme a tué un curé, il semble qu'il soit allé le chercher directement dans une église » et le film se déroule sur un soi-disant « fait divers » qui permet en fait aux scénaristes du film de parler des crimes contre la religion en général. Tous les grands auteurs emploient des moyens comme cela pour parler de ce qui compte le plus à leurs yeux. Croyez-moi, vous avez des gens homophobes qui adorent un film qui parle de l'homosexualité parce qu'ils n'ont rien compris au propos véritable du film ; du coup pas de scandale, le film sort sans que les censeurs ne s'aperçoivent de rien, un exploit !

:D Voilà quelques outils pour préserver votre liberté d'expression en toute circonstance. Je vous souhaite une agréable survie. Il y aurait encore tout un tas de choses à en dire, mais je ne vais pas trop m'étaler sur la chose, il faut savoir garder en réserve quelques armes en plus, au cas où un lecteur mécontent sortirait de l'ombre !
« Modifié: 19 février 2016 à 22:26:25 par Alan Tréard »

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #1 le: 19 février 2016 à 23:15:11 »
Marrant.
Je demande surtout un guide de survie du petit lecteur constructif -au milieu des écrivain tout puissant-  ::)


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Vos connaissances en écriture vous serviront toujours, revendiquez-les. Peut-être pouvez-vous faire le pont entre un écrivain célèbre et votre travail, ou bien vous munir de la preuve que ce qui est dit est faux. Donnez de la profondeur à votre texte, n'hésitez pas à répéter ce que vous avez voulu dire et pourquoi, soyez méticuleux. N'hésitez pas à citer d'autres références de la littérature pour justifier les choix que vous avez pris à l'écrit, ça aide à revaloriser votre travail.
C'est vrai. Et en même temps j'aime pas trop la tournure de 'faire le pont', un peu comme si, prit de cours, l'écrivain n'avait plus aucun retranchement. Franchement. C'est de la poudre aux yeux on est d'accord? Balancer de la culture en trouvant des liens, pour faire écran, c'est jouer au petit savant qui en vérité n'est pas capable de faire comprendre à l'autre ce qu'il veut faire passer, un argument d'autorité quoi. Alors si la démarche de base est fortement basée sur des travaux existants, c'est clair que c'est important de le préciser, mais très honetement, si l'effet est réussi il n'y a normalement pas à se justifier (si l'autre n'est pas d'accord avec le fond soit, mais si c'est la forme... mal copier un style c'est pire que de ne pas en avoir du tout.).
Bref je ne suivrai pas ce conseil, c'est la mort du dialogue compréhensif que de se cacher derrière des références (bla bla, elles servent au propos, etayent des discussions, mais ne sont pas un argument, voilà ce que je veux dire  ;) )


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Un commentateur qui veut vous empêcher d'écrire ce que vous avez voulu écrire cherchera toujours des moyens de justifier son geste.
Dans tout ce que tu écris, je me ferai jamais à ce type de formulation absolu, opposant toujours par un facteur de destruction le rapport entre l'auteur et le lecteur, alors qu'il n'est qu'un problème de compréhension (je sais que tu luttes contre ca, t'en fais pas Alanounet), mais j'ai toujours cette impression qu'avec une telle formulation, même en étant d'accord sur ce qui y est dit, l'auteur est toujours placé comme supérieur et ca m'hérisse le poil. Comme l'auteur n'était qu'une petite chose précieuse qu'il ne faut pas bousculer.


Allez discutons de nos désaccord Alan, ca fait trop longtemps  :D
Être sur la route sans avoir quitté la maison,
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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #2 le: 20 février 2016 à 10:16:21 »
Aucune écriture n'est universelle, et il y aura probablement toujours un lecteur qui ne sera pas d'accord avec l'auteur. Mais un lecteur qui identifie le personnage à l'auteur est également dangereux : il ne comprend pas que le personnage "meurt" en refermant le livre, avant qu'il ne passe au suivant.

"Le rideau se lève. L'âme du livre va être jugée. Les yeux du lecteur sont deux petits génies qui cherchent les fleurs spirituelles pour les offrir à ses pensées. Tout livre est un jardin. Heureux celui qui sait le cultiver et bienheureux celui qui coupe ses roses pour en nourrir son âme!... Les lampes de l'imagination s'allument en recevant le baume parfumé de l'émotion.
 Le rideau se lève."
 F.G. Lorca
« Modifié: 20 février 2016 à 11:01:15 par Ned Leztneik »
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milena-owein

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #3 le: 20 février 2016 à 12:04:33 »
Salut :)
J'ai bien aimé la démarche du texte mais je ne suis pas d'accord sur certain point  :mrgreen: je pense que ton texte gagnerais à être retravaillé voir nuancé ^^.

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certains lecteurs ou commentateurs n'ont pas de bonnes intentions ; il peut leur arriver d'être en colère contre vous pour quelque raison insoupçonnée, mais il peut aussi s'agir de gens dangereux dont l'unique ambition est de vous faire taire.
Ici par exemple, je trouve qu'il ressort de ce passage une certaine paranoïa à la sauce théorie du complot qui me dérange un peu ><
Je suis d'accord sur le fond : écrire c'est prendre un risque, on met de sa personne, on s'expose. Ecrire c'est comme ce mettre debut sur la table lors d'un repas de famille pour crier qu'on est plus vierge :D
Il peut arriver qu'on tombe sur des gens mal intentionner et il veut mieux être armée (mentalement ><) pour s'en prémunir, savoir repérer ses personnes et aprendre à les gérer ou à ne pas réagir.
Mais ce sont des cas extrêmement rare malgrés tout et je suis contre l'idée de prêter une intention à ces personnes (cf. "il peut aussi s'agir de gens dangereux dont l'unique ambition est de vous faire taire")

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Ensuite, ce peut être quelqu'un qui s'oppose radicalement à vos propos, quelqu'un qui est antireligieux, et qui aurait trouvé dans votre texte des propos croyants, par exemple.
Met le "par exemple" au début ^^ (qu'on comprenne tout de suite qu'il s'agit d'un exemple et pas d'une généralité).

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Isoler le point sensible
Pour moi dans cette partie tu oublie un point hyper important : la démarche artistique.
Parfois un oeuvre est d'une certaine façon parce que son auteur à voulu qu'elle soit exactement comme ça. Il avait trente six moyen de dire exactement la même chose, en variant le ton, mais il a choisi celle-ci.
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L'obstination : « Peu importe ce qu'on en dit, l'amour n'est jamais une histoire d'égalité. » Mon préféré ! Dur à tenir, plutôt dans un cas où vous avez la certitude que vous pourrez prouver que vous avez raison tel un avocat devant un juge. Mais là, c'est un peu plus risqué. Il ne faut pas aller dans l'exagération, rester mesuré dans la sincérité. Ça signifie que vous dites au lecteur : « Tes arguments ne me pas paraissent pas fondés, il te faudra beaucoup mieux pour me faire changer d'avis. »
Pour moi la démarche artitistique vient justement nuancé ce point : il ne s'agit pas toujours de s'obstiner, contre vent et marré, mais de simplement dire : "De toutes les alternatives que tu me propose aucune ne me permet de dire ce que je voulais dire".

Un exemple personnel qui je trouve l'illustre bien : j'avais écris il y a quelques année une nouvelle dont les premiers mots était "J'avais toujours eu une bonne vie". La plupart des commentaire que j'en avais eu me proposais de corriger cette première phrase en "j'avais toujours eu une belle vie", jugé plus esthétique. Or toute la suite de mon paragraphe developpais l'idée que mon personnage n'avait jamais manquer de rien matériellement et avait connu une grand sécurité de vie (manger à sa faim, étudier, ne pas avoir besoin de travailler, je précise qu'on parle d'une ado). Toute ma nouvelle s'appuyait donc sur l'idée que mon personnage n'avait jamais manque de rien... sauf de l'essentiel : elle avait une vie bonne, elle voulait une vie belle. Ici les commentaires prouvait seulement qu'il n'avait pas comprit le sens qu'il fallait accorder à cette introduction et que l'effet de malaise créer par "une bonne vie" était tout à fait volontaire.


En fait je pense que ton texte s'appliquerais beaucoup mieux aux auteurs voulant écrire des textes engagé, et donc soit le reprendre pour que cet adresse soit plus spécifique, soit le rendre plus général. Si la censure est un problème majeur pour un auteur engagé, la majorité des écrivains ne s'y trouvent confronté que de manière très anecdotique (mais je te concède qu'il y a sur ce point matière à débat ^^).

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #4 le: 20 février 2016 à 13:40:48 »
Mais l'auteur peut aussi se questionner :

- Quel horizon je vise, tant pour les lecteurs, que pour les idées développées dans mon livre ?
- S'agit-il de mettre en place de nouveaux repères ?
- Quelles sont les exigences que cela implique dans mon travail ?
- Quelles sont les conditions requises pour cela ?
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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #5 le: 20 février 2016 à 13:58:29 »
Bonjour, merci pour vos réponses. Je ne doute pas que mes conseils seront secrètement utiles à de nombreux auteurs, et je ne leur demande pas de se manifester : ils pourront bénéficier de ces outils en toute sécurité, sans avoir quoi que ce soit à légitimer. Il est normal qu'un auteur veuille se protéger, ce n'est pas paranoïaque.

Vous avez des droits, vous savez.

Ensuite j'aimerais revenir sur le commentaire de Ben.G, parce qu'il y a quelque chose de très, très important que je dois expliquer et éclairer. Ce n'est pas contre son opinion, mais il faut absolument que vous soyez mis en garde sur certains discours dangereux. Si je ne prends pas le temps d'expliquer les choses, certaines attitudes peuvent devenir dangereuses.

Bref je ne suivrai pas ce conseil, c'est la mort du dialogue compréhensif que de se cacher derrière des références (bla bla, elles servent au propos, etayent des discussions, mais ne sont pas un argument, voilà ce que je veux dire  ;) )
La mort du "dialogue compréhensif," tu m'accuses de quelque chose que j'assume, je ne changerai pas ma position. En revanche il est temps que je mette en valeur ce qu'il y a de dangereux derrière le terme "dialogue compréhensif." Or je vais aller plus loin, mon cher Ben.G, pour justifier ma volonté de rompre le "dialogue compréhensif."

Tout auteur est entièrement responsable de ses propos, tout propos qu'il tient et qu'il signe pourra être retenu contre lui, toute parole est considérée comme un engagement. Lorsque un agresseur s'en prend à une idéologie ou à une identité (par exemple un antisémite) il peut directement s'attaquer à un auteur ou à un livre, l'auteur est donc pris à parti. Un auteur qui dit se référer à un autre auteur en mentant devient responsable de son mensonge ; un auteur qui s'emploie à accuser quelqu'un est responsable de ses accusations ; un auteur qui prend position dans un débat est entièrement responsable de ses choix, et ne pourra s'en échapper en aucun cas. Ainsi, aucun auteur ne peut se retrancher derrière l'opinion d'un autre, prétextant alors qu'on l'aurait "forcé" à changer le contenu de son texte. Même lorsque une confrontation éclate, l'auteur qui change son propre texte pour l'accorder aux volontés de son détracteur se rend responsable des changements apportés à l'œuvre. Dans notre monde, les auteurs sont toujours considérés comme étant responsables et garants des propos d'un texte, et l'auteur doit accepter tous les propos qu'il signe en son nom et en son rang. Autrement dit, si vous acceptez n'importe quelle demande d'une "soi-disant autorité supérieure" c'est vous qui irez en prison, vous n'aurez pas d'excuses.

Vous devez le savoir, un auteur est toujours responsable de ses propos.

 :-X

C'est là où j'aimerais t'expliquer une chose, Ben.G. Pourquoi un auteur ne peut-il pas être dépossédé de son texte ? Pourquoi un auteur n'a pas à "comprendre" ses lecteurs ni à leur obéir ? Tu me dis que l'auteur serait supérieur au lecteur, et ça, en tant que responsable de ses propos, c'est vrai. Si un auteur signe un texte censuré, il a une responsabilité supérieure à celle du lecteur sur la nature de son geste. Ainsi, quoi qu'il arrive, l'auteur garde la main sur son texte, et risque la condamnation pour ses prises de positions quelles qu'elles soient. Si un auteur accepte de se mettre au niveau d'une "autorité supérieure" on dit que sa liberté d'expression est contrainte.  :neutre: Si l'auteur décide d'accepter cette oppression, il devient lui-même coupable d'une oppression envers les autres, disant alors : "Obéissez, il n'y a pas d'autre solution." Si l'auteur devient lui-même un oppresseur, l'un des membres du forum pourrait par exemple se mettre à écrire un texte expliquant aux femmes pourquoi elles n'ont rien à faire sur ce forum, ce même auteur se rendra responsable d'actes condamnables et graves. Ce que tu dis est très grave, même si j'admets que tu ne t'en rends pas du tout compte. Aucun auteur ne peut se déresponsabiliser sous le prétexte qu'il serait un auteur "compréhensif" et que les autres l'ont laissé publier son texte. Or là où s'impose une certaine conformité (l'uniformisation du monde littéraire par exemple) il faut résister. Tous les auteurs doivent combattre l'oppression, c'est leur rôle le plus intrinsèque, ils ont ce devoir avant toute chose. Si vous participez au crime, vous ferez partie des oppresseurs. Ainsi, lorsque "comprendre" revient à "obéir" (et je précise que dans ton cas, ce n'est pas du tout ce que tu entends, je l'ai bien compris, mais je t'explique en quoi cette logique est dangereuse, tout en précisant à nouveau que tu n'en avais pas forcément conscience avant), lorsque "comprendre" revient à "obéir," il faut se protéger, en tant qu'auteur, c'est fondamental. Céder à l'oppression, est-ce vraiment ce qu'on veut ?

Concernant son texte, l'écrivain reste tout puissant que tu le veuilles ou non. Mais par ailleurs, tenu pour responsable de ses propos, il peut être la cible d'accusations plus ou moins fondées. Aucun écrivain ne doit être censuré pour des raisons d'oppression, nous devons préserver une certaine liberté d'écrire. Je comprends que mes propos puissent t'effrayer, Ben.G, mais il compte de pouvoir réagir à l'actualité, et à préparer les esprits au cas où un régime autoritaire chercherait à se mettre en place en France.
« Modifié: 21 février 2016 à 13:54:01 par Alan Tréard »

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #6 le: 20 février 2016 à 14:05:07 »
Alan, lorsque tu écris " Ainsi, lorsque "comprendre" revient à "obéir" ", je te réponds discipline LIBREment consentie... Sinon, ton raisonnement tient la route.
« Modifié: 20 février 2016 à 14:09:06 par Ned Leztneik »
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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #7 le: 20 février 2016 à 14:19:41 »
Aucun auteur n'obéit vraiment, il se rend responsable de sa "prétendue" obéissance. C'est ainsi que se construit la liberté d'expression. Comme moi, par exemple, quand je fais le choix "d'obéir" à la loi : c'est en accord avec mes valeurs, et je l'assume. En fait, en tant qu'auteur, je défends la loi mieux qu'un juge, et même parfois, ce sont mes textes qui serviront à mettre en place de nouvelles lois, tu comprends ? C'est pareille pour tout auteur responsable et honnête. Autrement dit, il n'y a pas une "autorité supérieure" à laquelle j'obéis, il y a plutôt une synchronisation avec les valeurs de la République, une participation au projet démocratique.

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #8 le: 20 février 2016 à 14:59:44 »
Selon une certaine réthorique, oui il tient la route.
Mais mon petit Alan, je crois que tu amalgame beaucoup trop de choses entre elles, qui pourraient à terme être dangereuses pour les relations entre lecteurs et auteurs du forum. Et ca tu ne t'en rends même pas compte.

Tu mets dans le même panier les lecteurs de livres, l'autorité supérieure potentiellement censeure, et les lecteurs du forum.
L'auteur du moindre de ses mots, c'est quelque chose que je sais, que j'ai admis au plus profond de moi, pas la peine d'y revenir.
Le refus d'être censuré idéologique dans mes propos par quelqu'un de supérieur, ca je le sais, je l'ai admis au plus profond de moi et jamais je ne le laisserai faire, pas la peine d'y revenir.

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Tu me dis que l'auteur serait supérieur au lecteur, et ça, en tant que responsable de ses propos, c'est vrai. Si un auteur signe un texte censuré, il a une responsabilité supérieure à celle du lecteur sur la nature de son geste
 Si un auteur accepte de se mettre au niveau d'une "autorité supérieure" on dit que sa liberté d'expression est contrainte.
Il faut savoir, l'auteur est supérieur ou inférieur à ses lecteurs? Il est supérieur jusqu'à ce qu'il admette que son lecteur aurait raison, et là il devient inférieur? Pourquoi tout ces ordres de grandeurs dans ton discours, où est l'égalité démocratique que tu prône d'habitude? L'auteur en est exempté?

C'est malheureux ce que tu dis. Les lecteurs ici, qu'elles que soient leurs critiques, ne sont là que pour faire avancer l'auteur, on n'est toujours que dans le domaine de la suggestion, tu semble le voir comme une agression. Dans ta bouche le dialogue revient à obeir, on ne peut donc pas parler, il ne faut que s'écouter parler.
Tu amalgame les lectures ici avec un Etat censeur, mais dans le cadre unique du forum ici, où est cette entité je te le demande? La modération ? Les lecteurs sont auteurs et les auteurs sont lecteurs. Et pourtant tu les appelles "détracteurs" quand ils proposent des modifications sur un texte !
Voilà pourquoi ton discours est dangereux pour ce lieu : il veut former des auteurs qui pensent sincèrement que leur texte est tout puissant, tu leurs donne des armes pour qu'il donnent l'air de comprendre ce qu'on leur dit, mais en fait d'esquiver le dialogue. C'est bien pour quelqu'un qui sait faire la part des choses et est ouvert de base au dialogue, mais pour quelqu'un  qui ne se remets pas en cause, celui-ci s'enfermera à jamais dans ses convictions et la qualité littéraire restera toujours médiocre. Le dialogue compréhensif c'est obeir ! Tu te rends compte qu'une telle phrase n'est pas loin d'un appel à la dictature ? "Ne parlez plus avec vos voisins, écoutez les, mais VOUS avez raison quoiqu'il arrive, ne l'oubliez pas : n'échangez plus !". Ton appel à la désobeissance est maladroit, j'espère que tu t'en rends compte maintenant, il faut désobeir quand la censure demandée est sur un fond idéologique en lui même (et ca tu l'as bien compris dans ton guide), mais il ne doit pas empecher le questionnement de soi. Changer des choses suite à un appel d'un "détracteur" comme tu oses appeler les lecteurs critiques (car tu sembles les amalgamer avec ceux plus extremes, rares ici), n'est pas forcément lui obéir, c'est se rendre compte que tu aurai pu t'exprimer de manière plus efficace.
Les commentaires les plus précieux sur ce site, sont ceux qui bousculent, "détruisent" les textes, font dans le fond des choses, posent des questions sur les structures grammaticales même, pas ceux qui confortent uniquement un auteur dans la toute puissance de sa création. Tu appelles ces gens à l'esprit critique des détracteurs, alors qu'ils sont des amis qui partagent leurs visions et leur esprit critique pour aider ! Ce qui me dérange, c'est  qu'il faudrait alors juste 'isoler' ces desaccords, alors que non, on ne cherche pas à être d'accord ou pas, simplement à s'améliorer, à parler aux gens, à partager un point de vue, à le comprendre, et à devenir meilleur. Tu parles d'une uniformisation... C'est peut être interessant. Y'a-t-il une uniformisation de style sur le forum selon toi?
Tu sais, avoir des commentaires durs, ca pousse tout autant à apprendre à désobeir, car ca apprend à faire la part des choses entre les avis de personnes extérieurs, ca apprend à confronter son soi aux autres, et à poser les question de : que garder, qui je suis? En bref ca apprend l'autodetermination qui et bien plus précieuse que de donner un guide uniforme qui dit de ne pas s'uniformiser. C'est bien une valeur républicaine inconstructive que de vouloir dicter une conduite qui dit de ne pas se laisser conduire. La mort de l'autodetermination.
Il y a beaucoup de hiérarchisation dans tes propos, n'accepte-tu pas le partage et l'échange à égalité, faut-il qu'il y ai toujours un auteur incompris et des lecteurs tyranniques? Tu dois prendre les lectures ici de façon beaucoup trop littérales, où alors je ne comprends pas le rapport que tu fais entre ce qui se passe ici, et la future censure culturelle d'un état. Et tes propos oscillent beaucoup trop entre les deux pour se fixer sur un propos clair, excuse moi alors si je me suis concentré sur une facette de tes propos, mais la censure si elle vient d'un organisme supérieur, doit être combattues c'est sûr, mais ici je n'en voit pas.

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Re : Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #9 le: 20 février 2016 à 17:14:26 »
Alors, déjà, soyons clairs, un auteur censuré, c'est un auteur qui n'a pas de lecteurs (ni des gentils ni des méchants) : zéro lecteur.

Voilà, on ne parle donc pas de la même chose.

Ensuite tous les auteurs de ce forum ont des lecteurs étant donné que la modération mène une politique de préservation des libertés et de l'échange ; sinon, crois-tu que nous serions en train de discuter calmement, toi et moi ? Malgré la demande de beaucoup de monde, les modérateurs ont décidé de ne pas classer les textes en fonction de leur "genre," dans l'idée de ne pas discriminer certains textes, et je n'ai jamais vu aucun modérateur lancer un avertissement parce qu'un poème aurait été posté dans la section "textes courts," à quoi j'ajouterai qu'il laissent des "textes longs" dans la section "textes courts" par respect pour la décision de l'auteur. Si tu n'appelles pas ça une ouverture à la diversité, il faut que tu m'expliques ce qu'est la diversité. On peut quand même leur dire un grand merci !  :bisou:

Ensuite tu me parles des lecteurs bienveillants quand, moi, je te parle des lecteurs malveillants. Si un auteur s'attaque à ses lecteurs bienveillants, il risque d'en perdre un certain nombre... Bien sûr, si tous les lecteurs et commentateurs étaient comme toi, je n'aurais pas besoin de donner des conseils pour se protéger. Mes conseils ne visent pas à "discriminer" les lecteurs en fonction de leur façon de s'exprimer, ils visent au contraire à préserver cette diversité des lecteurs en n'uniformisant pas l'ensemble des œuvres. Ensuite, je sais qu'on est dans un monde qui change, les opinions se radicalisent, la violence s'intensifie ; et ça n'exclut pas la littérature. Certains auteurs sont particulièrement impactés par ce conditionnement des œuvres (notamment les auteurs qui ont une âme de philosophe, comme Ned par exemple) et c'est ce qui me pousse à réagir, et à chercher des solutions. Comme nous sommes sur un forum sur lequel nous parlons des textes et nous les retravaillons, je préviens à l'avance l'éventuelle arrivée d'un commentateur malintentionné, sans paranoïa, juste par sécurité. Les modérateurs auraient bien du mal à empêcher quelqu'un de malintentionné de venir s'inscrire sur le forum pour s'attaquer aux membres et à leur travail (comme un troll en fait). Il en est de même si des membres du forum veulent publier à l'extérieur du forum (ce dont on ne va pas leur interdire).

J'ajoute à nouveau que je ne lance pas une "politique d'exclusion des lecteurs," ce qui serait un comble pour l'auteur que je suis, mais au contraire des bons moyens de protéger ses écrits, et au-delà de ça, de protéger ses lecteurs.

Enfin tu as un parcours différent du mien, c'est normal que tu aies un "regard d'éditeur" qui te donne une idée différente de l'écriture. Un éditeur qui fait "une critique dure" peut très bien avoir de bonnes intentions (=publier le livre), donc libre à l'auteur de négocier avec l'éditeur ce qu'il veut bien laisser ou enlever dans le livre. Et si un éditeur demande quelque chose d'inacceptable aux yeux de l'auteur, il faut savoir résister ; mais savoir résister seulement dans le cas où la demande de l'éditeur serait contraire à la volonté de l'auteur. Il ne s'agit pas d'empêcher les éditeurs de faire leur travail, mais de permettre aux auteurs les plus impactés de faire le leur. Attends ! Si on apprend aux auteurs à tout accepter, ils vont nous faire des bouquins qui appellent à la haine comme si c'était le meilleur moyen de se faire publier ! Eh ! Faut pas non plus laisser tout dire, hein !

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #10 le: 20 février 2016 à 17:43:11 »
"Le bien, pour un livre, c'est d'être lu. Un livre est fait de signes qui parlent d'autres signes, lesquels à leur tour parlent des choses. Sans un œil qui le lit, un livre est porteur de signes qui ne produisent pas de concepts, et donc il est muet."
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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #11 le: 20 février 2016 à 17:45:25 »
Le point « Contourner la censure » est mal engagé, car un c’est un faux débat et prête à confusion ce que Ben.G a corrigé.

Si la censure est un faux débat, c’est que notre monde moderne a perdu ses repères.
Beaucoup crient à la censure, pour des sujets qui manque d’étique et le font après la diffusion du propos tenu et par conséquent non-censuré.

L’éthique consiste à s’interdire de tenir certains propose. Car ces derniers peuvent déranger offensé et que l’on n’est pas ou que l’on ne se sent pas capable de les aborder sans froisser.
L’éthique de ce point de vue est une forme d’autocensure, mais qui repose sur le refus d’aborder un sujet et non sur une interdiction de le traiter.
Dans la pratique, l’éthique à comme forme de ne pas écrire la moindre ligne sur le sujet.

La censure, est simple à définir.  Elle consiste à interdire la diffusion d’un sujet écrit avant que ce dernier ne soit connu du public (visé). Elle est principalement utilisée par les états totalitaires. De mon point de vue, ca pratique ne peut en aucun cas être utilisée dans une démocratie. Car elle condamne l’auteur avant qui ne tiennent des propos. La condamnation à priori n’a rien de démocratique.

La désapprobation, cela consiste à s’oppose à un propos après sa diffusion car il est illégal, pour faire simple, il enfreint la loi. Dans notre monde moderne, il y a effectivement des groupes de pouvoir ou autres qui poursuivent des propos tenus car ils les dérangent et ceci malgré qu’ils soient licites.
Dans ce cas-ci je parlerais de répression qui a pour objectif de systématiser les poursuites à l’encontre de tout auteur, afin de créé une nouvelle éthique où les auteurs vont automatiquement s’autocensure et éviter le sujet.

Le point que tu évoques « Contourner la censure » repose sur cette dernière approche. Elle est très loin d’un auteur qui poste son texte pour obtenir des commentaires.

Sauf peut-être une catégorie d’écrivain.
Dans ma conception des choses, l’art doit choquer et provoquer. Ceci afin de marquer les esprits, faire réfléchir et surtout rester dans les mémoires. Cette conception des choses n’est pas partagée par d’autres membres du forum. Peu-importe car chacun pratique son art comme il l’entend.

Utiliser cette stratégie peut amener à tenir des propos déplacés. Car dans la plupart des cas ceux qui la pratiquent se mettent eux-mêmes dans un cercle vicieux de surenchères constantes.  Elle va les conduire tôt ou tard, à tenir des propos où ils seront explicitement désapprouvés.

Les auteurs qui désirent utiliser cette approche, dans le seul but d’épater la galerie, pour faire parler d’eux, sans tenter de faire passer un message doivent s’identifier et respecter l’étique seule garant de leur longévité. Car il s’avère que les propos les plus buzzométrique sont les illégaux.

En ce qui me concerne, dans la plupart de mes écrits je « Contourne la censure » immédiatement. La raison ne repose pas sur la modération du MDE. Mais bien sur la nature engagée de mes textes qui par conséquent sont des attaques directes à l’encore d’entités physiques ou morales.
     
L’erreur que tu commets en soulevant ce point c’est de le rendre générique,  Car s’il est important pour toi, c’est que tes écrits l’exigent.

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #12 le: 20 février 2016 à 18:33:28 »
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Alors, déjà, soyons clairs, un auteur censuré, c'est un auteur qui n'a pas de lecteurs (ni des gentils ni des méchants) : zéro lecteur.

Censuré totalement certes, mais partiellement non. Regardes dans le cinéma, nombre de réalisateurs sont censurés dans leurs intentions, pour faire plus d'argent, et font grace à cette censure plus de vues que s'ils n'avaient pas respecté les normes de leurs diffuseurs. Mais bon ce sont d'autres rouages et c'est simplement pour contredire ce que tu dis, pour la forme haha  :P



Donc on est d'accord Alan sur la modération. Donc je ne comprends pas bien pourquoi dans ta réponse de tout à l'heure, censure supérieur et lecteurs du forum se mélangeaient.
Le problème avec les jugements de valeur, c'est que bienveillant pour moi peut être malveillant pour toi, et peut être encore totalement différent pour quelqu'un d'autre. Il n'y a pas de réponse absolu à ça, sauf quand on dépasse l'atteinte à l'autre. Et désolé je vais reprendre cette facheuse histoire du commentaire de barnacle, mais ca prouve que manifestement on ne juge pas de la même façon une lecture plus critique. (c'est juste un exemple, je ne veux pas remettre ça sur la tapis, désolé..)
Citer
Comme nous sommes sur un forum sur lequel nous parlons des textes et nous les retravaillons, je préviens à l'avance l'éventuelle arrivée d'un commentateur malintentionné, sans paranoïa, juste par sécurité.
Donc prévenir ça, pourrait également prévenir pour l'auteur de commentaire que lui jugerait malveillant, alors qu'il ne ferait que mal les comprendre, et en bref on ne ferait que propager les discussion partant sur des quiproquos. Des commentateurs réellement malveillant ici, je le repète, c'est extrèmement rare, qui manque de tact peut être, mais malveillant ça non. Donc prévenir largement sur un jugement de valeur à cause d'une minorité, ca me parait très dangereux, pour la liberté de l'échange (et ca rappelle d'autres débats actuels.). Et la communauté, en lien avec les modérateurs sont assez alerte pour prévenir de l'arrivée d'un troll malententionné, mais bref  ^^
Et c'est une vraie question que je te pose, à partir de quel point le lecteur est-il malintentionné dans ses remarques?

Citer
J'ajoute à nouveau que je ne lance pas une "politique d'exclusion des lecteurs," ce qui serait un comble pour l'auteur que je suis, mais au contraire des bons moyens de protéger ses écrits, et au-delà de ça, de protéger ses lecteurs.
Bien sûr. Mais il ne faut pas non plus considérer tous les auteurs comme naifs et au contraire les pousser à réfléchir par eux même plutôt que de leur donner du préfabriqué.

Citer
Enfin tu as un parcours différent du mien, c'est normal que tu aies un "regard d'éditeur" qui te donne une idée différente de l'écriture.
Ce que tu dis après est juste. Jusqu'au point où tu parles de tout accepter. Qui a apprit ici qu'il fallait accepter toutes les remarques? Personne ! On n'apprend pas ça ici.
Ensuite oui l'édition a besoin d'éditeurs. Je ne suis pas contre l'autoédition, mais elle me pose de sérieuses question au niveau de la qualité des textes, car elle ne bénéficie pas de relecture. L'éditeur est très compétente sur pleine de domaines et avant tout humain (si censure, se barrer evidemment), le problème est que beaucoup d'auteurs imbue de leur personne refusent qu'on touche à la moindre virgule de leur texte ! L'auteur n'est en effet plus assez valorisé de nos jours, et il faut remédier à ca, mais certainement pas en voyant de la censure à tout coins de rue, la liberté d'expression est omniprésente en édition et il ne faut pas douter que l'auteur a besoin de l'éditeur. Les sites qui offrent de la visibilité pour de l'autoédition, font le travail de diffusion de l'éditeur, mais sans ce qui fait l'importance du métier, l'oeil sur le texte, et tout les grands auteurs ont eu des éditeurs qui les ont aidés, et on serait surpris de voir le nombre de fois où le nom de l'éditeur se retrouve dans les remerciements de l'auteur, ce n'est pas anodin  ;)
Bref tu as raison de rappeler qu'il ne faut pas se laisser dicter ce que l'on veut dire, mais j'ai peur que cela tende trop vers une mort du dialogue, et une toute puissance de l'auteur qui ne me semble pas juste. Notre désaccord, comme toujours, tiens à une nuance très proche, mais une nuance importante.
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Si on apprend aux auteurs à tout accepter, ils vont nous faire des bouquins qui appellent à la haine comme si c'était le meilleur moyen de se faire publier !
Bref ça, je ne comprends pas. La censure est là pour faire du politiquement correct, en bref respecter scrupuleusement la bienséance et ne rien apporter de nouveau. Tu veux dire que la conformité appelle à la haine en fait? Mais eux, ne veulent pas appeler à la haine, au contraire, leur conformité veulent appeler vers une limitation du derapage qui lui inciterai directement à la haine! Compliqué n'est-ce pas?


Et je plussoie Kanimp. Même avec de bonnes intentions, on peut dire l'inverse de ce que l'on veut faire passer par maladresse !

J'ai juste une remarque, un exemple sur ce point :

Citer
La censure, est simple à définir.  Elle consiste à interdire la diffusion d’un sujet écrit avant que ce dernier ne soit connu du public (visé). Elle est principalement utilisée par les états totalitaires. De mon point de vue, ca pratique ne peut en aucun cas être utilisée dans une démocratie. Car elle condamne l’auteur avant qui ne tiennent des propos. La condamnation à priori n’a rien de démocratique.

Il y a quelques années, un livre est sorti, écrit par Eric Nolleau et Alain Soral. Oui oui, ces deux auteurs aux pensées totalement opposées ont écrit un livre ensemble et publiés ensemble, le sujet du livre est justement leur désaccord et repose donc sur tout un échange, parfois vif mais toujours cordial, un dialogue sur leurs oppositions. Nous n'avons étrangement que peu entendu parler de ce livre, et nous n'en entendrons plus jamais parler maintenant.
Une personne a porté plainte contre ce livre sur des propos de Soral qu'il jugait Homophobes (ils l'étaient), et le livre a été condamné récemment à supprimer ces passages. Le problème ces passages, bien qu'ignobles, censurent l'intégralité du livre : tout les libraires qui en possèdent encore devront les renvoyer, si l'éditeur veut faire paraitre le livre, il devra supprimer ces passages, malheureusement, ca coûte cher, et à moins d'une soudaine grande demande du public, ce livre ne sera surement plus jamais imprimé. Par la justice, et une pourtant réelle légitimité, ce livre se retrouve censuré dans toute sa démarche.
Que faut-il penser de ce récent exemple ?





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Re : Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #13 le: 20 février 2016 à 19:36:35 »
J'ai juste une remarque, un exemple sur ce point :

Citer
La censure, est simple à définir.  Elle consiste à interdire la diffusion d’un sujet écrit avant que ce dernier ne soit connu du public (visé). Elle est principalement utilisée par les états totalitaires. De mon point de vue, ca pratique ne peut en aucun cas être utilisée dans une démocratie. Car elle condamne l’auteur avant qui ne tiennent des propos. La condamnation à priori n’a rien de démocratique.

Il y a quelques années, un livre est sorti, écrit par Eric Nolleau et Alain Soral. Oui oui, ces deux auteurs aux pensées totalement opposées ont écrit un livre ensemble et publiés ensemble, le sujet du livre est justement leur désaccord et repose donc sur tout un échange, parfois vif mais toujours cordial, un dialogue sur leurs oppositions. Nous n'avons étrangement que peu entendu parler de ce livre, et nous n'en entendrons plus jamais parler maintenant.
Une personne a porté plainte contre ce livre sur des propos de Soral qu'il jugait Homophobes (ils l'étaient), et le livre a été condamné récemment à supprimer ces passages. Le problème ces passages, bien qu'ignobles, censurent l'intégralité du livre : tout les libraires qui en possèdent encore devront les renvoyer, si l'éditeur veut faire paraitre le livre, il devra supprimer ces passages, malheureusement, ca coûte cher, et à moins d'une soudaine grande demande du public, ce livre ne sera surement plus jamais imprimé. Par la justice, et une pourtant réelle légitimité, ce livre se retrouve censuré dans toute sa démarche.
Que faut-il penser de ce récent exemple ?

En premier, respecter l'éthique. Tenir des propos homophobes est illégal car discriminatoire. C'est propos n'avait pas à être tenu à la base.

En deuxième, d'un point de vue théorique dans le cadre de cette discussion. il n'y a aucune incitation de ma part à tenir de tel propos.
Contextualiser les propos de manière à ce qu'ils respectent l'éthique.

On ne peut pas tenir des propos qui incitent à la haine des homosexuels.
Mais rien n'empêche de dire que l'homophobie existent et d'en donner les cause supposées.

Le message de haine est identique. Ce n'est que la formulation  qui fait que le message est licite, ou non.

La seule chose qui va changer en fonction de l'écrivain, c'est que celui qui ne veut pas tenir des propos homophobes respectera l'éthique.
L'écrivain  qui lui voudrait tenir de tel propos, lui dira qu'il contourne la censure.

C'est aussi une des raison pour laquelle je ne suis pas très chaud, à voir des "contourner la censure" de cette manière.
Car dans le cas cité ci-dessus. C'est très clairement une méthode pour tenir des propos illégaux.

Alors qu'habituellement "contourner la censure" consiste à ce qu'un auteur fasse passer un message en sauvant sa peau.
La censure était en général le fait de gouvernements totalitaires qui en général censure dans le but de rester sur le trône.
 

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Re : Guide de survie du petit écrivain
« Réponse #14 le: 20 février 2016 à 20:00:09 »
Bon, ben ! J'en ai, du boulot ! :D Je vais vous répondre le plus sérieusement possible, point par point.

Le point « Contourner la censure » est mal engagé, car un c’est un faux débat et prête à confusion ce que Ben.G a corrigé.
Déjà merci d'avoir remarqué que les différents points étaient distincts les uns des autres, en fonction des différents obstacles, et qu'on ne pouvait pas tout traiter sur le même point. Ensuite je tiens à préciser que je tiens une lourde partie de mes propos sur mon expérience d'écrivain que je n'ai pas honte de revendiquer.

Si la censure est un faux débat, c’est que notre monde moderne a perdu ses repères.
Beaucoup crient à la censure, pour des sujets qui manque d’étique et le font après la diffusion du propos tenu et par conséquent non-censuré.
Ok, tu commets une erreur. Le gouvernement te dit qu'il te protège et que les lois qu'il fait te protège, ok, c'est vrai, mais ça pourrait très bien être faux. Si un livre disant qu'il faut tuer tous les musulmans venait à sortir, il serait censuré par la loi. C'est donc un débat que l'on ne peut pas éviter d'un coup, comme tu le fais.

L’éthique consiste à s’interdire de tenir certains propose. Car ces derniers peuvent déranger offensé et que l’on n’est pas ou que l’on ne se sent pas capable de les aborder sans froisser.
L’éthique de ce point de vue est une forme d’autocensure, mais qui repose sur le refus d’aborder un sujet et non sur une interdiction de le traiter.
Dans la pratique, l’éthique à comme forme de ne pas écrire la moindre ligne sur le sujet.

La censure, est simple à définir.  Elle consiste à interdire la diffusion d’un sujet écrit avant que ce dernier ne soit connu du public (visé). Elle est principalement utilisée par les états totalitaires. De mon point de vue, ca pratique ne peut en aucun cas être utilisée dans une démocratie. Car elle condamne l’auteur avant qui ne tiennent des propos. La condamnation à priori n’a rien de démocratique.
Alors, la condamnation est démocratique dans son sens "jugement," ce qui signifie qu'elle reste quelque chose que les juges revendiquent. Même les auteurs condamnent, moi, il m'arrive souvent de condamner quelque chose qui me paraît anti-démocratique.

Dès qu'on parle d'une publication, la question de la censure se pose, qu'on le veuille ou non.

La désapprobation, cela consiste à s’oppose à un propos après sa diffusion car il est illégal, pour faire simple, il enfreint la loi. Dans notre monde moderne, il y a effectivement des groupes de pouvoir ou autres qui poursuivent des propos tenus car ils les dérangent et ceci malgré qu’ils soient licites.
Dans ce cas-ci je parlerais de répression qui a pour objectif de systématiser les poursuites à l’encontre de tout auteur, afin de créé une nouvelle éthique où les auteurs vont automatiquement s’autocensure et éviter le sujet.
La répression se justifie sur les mêmes critères que la censure, elle vient appuyer les lois de la République (mais aussi d'un gouvernement autoritaire, évidemment). Faire une distinction entre les deux, c'est compter les billes dans un bocal à poissons.

Le point que tu évoques « Contourner la censure » repose sur cette dernière approche. Elle est très loin d’un auteur qui poste son texte pour obtenir des commentaires.
Bien sûr, je n'ai pas dit que j'écrivais pour le forum. En revanche, je te ferais remarquer que si un gouvernement autoritaire se met en place en France (on n'y est pas, on va tout faire pour ne pas y arriver !), tu verras le forum fermé, mon cher Kanimp. Ou alors la modération du forum t'expliquera gentiment pourquoi tu dois mettre un terme à ton Empire Gart, et écrire quelque chose d'un peu moins politique...

Sauf peut-être une catégorie d’écrivain.
Dans ma conception des choses, l’art doit choquer et provoquer. Ceci afin de marquer les esprits, faire réfléchir et surtout rester dans les mémoires. Cette conception des choses n’est pas partagée par d’autres membres du forum. Peu-importe car chacun pratique son art comme il l’entend.
Non mais ! C'est comme ça que tu vois les choses !?

Utiliser cette stratégie peut amener à tenir des propos déplacés. Car dans la plupart des cas ceux qui la pratiquent se mettent eux-mêmes dans un cercle vicieux de surenchères constantes.  Elle va les conduire tôt ou tard, à tenir des propos où ils seront explicitement désapprouvés.
C'est de moi que tu parles ? Eh ! Bien merci...

Les auteurs qui désirent utiliser cette approche, dans le seul but d’épater la galerie, pour faire parler d’eux, sans tenter de faire passer un message doivent s’identifier et respecter l’étique seule garant de leur longévité. Car il s’avère que les propos les plus buzzométrique sont les illégaux.
Ah ! Ben là, c'est du beau... J'ai de la chance, moi... Merci !!

En ce qui me concerne, dans la plupart de mes écrits je « Contourne la censure » immédiatement. La raison ne repose pas sur la modération du MDE. Mais bien sur la nature engagée de mes textes qui par conséquent sont des attaques directes à l’encore d’entités physiques ou morales.
Je connais ton roman, moi, et je sais de quoi tu parles. Effectivement, les outils que je propose, tu les connaissais déjà plus ou moins ; il ne s'agit pas de transformer le forum, il s'agit de parler du travail d'auteur. Ça compte énormément que tu puisses continuer à écrire, c'est ma vision des choses.
     
L’erreur que tu commets en soulevant ce point c’est de le rendre générique,  Car s’il est important pour toi, c’est que tes écrits l’exigent.
Bien sûr, tout ça pour ça ! Alors là, je m'auto-cite :
Parfois, vous vous retrouvez dans un monde opprimant dans lequel vous avez des choses à dire qui ne vont pas plaire... Eh ! Oui, il faut bien trouver un moyen de franchir les interdits, tout en ne finissant pas sa vie au fond d'un puits ! Dans un tel cas, ne méprisez aucun moyen, toute initiative est bonne pour vous offrir la liberté de dire ce qui vous obsède.
Tu exagères, quand même ! C'est exactement ce que je disais... C'est bien connu : pour mettre en place une dictature, attaquez-vous à une minorité ; tous les autres se rattacheront au pouvoir, tandis que la minorité sera persécutée. Disons que la partie "contourner la censure" s'adresse à l'éventuel membre d'une certaine minorité. Ou alors peut-être que tu validais mes propos ? Bon, peu importe, tu as compris que je donnais des outils du quotidien, mais aussi des outils pour les situations extrêmes, parce que certains membres du forum ont des propos engagés. C'est important que chacun puisse bénéficier d'outils pour continuer à parler.



@Ben.G
Alors ! Bien sûr, je suis content de pouvoir discuter avec toi sur certains points, et à au moins pouvoir te rassurer : Je n'ai pas changé d'avis, la diversité des opinions et des participations, c'est essentiel.


Censuré totalement certes, mais partiellement non. Regardes dans le cinéma, nombre de réalisateurs sont censurés dans leurs intentions, pour faire plus d'argent, et font grace à cette censure plus de vues que s'ils n'avaient pas respecté les normes de leurs diffuseurs. Mais bon ce sont d'autres rouages et c'est simplement pour contredire ce que tu dis, pour la forme haha  :P
Ah ! Eux, ils ont bien de la chance, ne les plaignons pas...

Donc on est d'accord Alan sur la modération. Donc je ne comprends pas bien pourquoi dans ta réponse de tout à l'heure, censure supérieur et lecteurs du forum se mélangeaient.
En fait la "censure supérieure" ce serait par exemple une étique religieuse qui contraint à la censure. Mon message est universel car je ne peux pas prévoir à l'avance quel sera le discours d'un oppresseur.

Le problème avec les jugements de valeur, c'est que bienveillant pour moi peut être malveillant pour toi, et peut être encore totalement différent pour quelqu'un d'autre. Il n'y a pas de réponse absolu à ça, sauf quand on dépasse l'atteinte à l'autre. Et désolé je vais reprendre cette facheuse histoire du commentaire de barnacle, mais ca prouve que manifestement on ne juge pas de la même façon une lecture plus critique. (c'est juste un exemple, je ne veux pas remettre ça sur la tapis, désolé..)
Ça, c'est une remarque essentiel : le débat. Nous avons besoin d'en parler. Qui a fait quoi ? Doit-on considérer ça avec force ou non ? Ça fait partie du débat, et c'est ce sur quoi doit reposer le débat. Tout autre tentative pour éviter les conflits est défaillante, les contraditeurs ont de multiples moyens de détourner les propos d'untel ou untel (comme les trolls). On ne pourra pas éviter le débat, et dire à chaque fois :
"Toi, tu dis ça,
Et moi, je dis ça.
Nos opinions sont fondéess sur ça ou ça.
En quoi est-ce que je considère que tel commentaire est destructeur,
Est-ce que c'est une erreur d'interprétation ?
Ou y a-t-il réellement une intention de s'attaquer au travail de l'auteur ?
Et l'auteur refuse de changer son texte, devons-nous le sanctionner ?"

Donc prévenir ça, pourrait également prévenir pour l'auteur de commentaire que lui jugerait malveillant, alors qu'il ne ferait que mal les comprendre, et en bref on ne ferait que propager les discussion partant sur des quiproquos. Des commentateurs réellement malveillant ici, je le repète, c'est extrèmement rare, qui manque de tact peut être, mais malveillant ça non. Donc prévenir largement sur un jugement de valeur à cause d'une minorité, ca me parait très dangereux, pour la liberté de l'échange (et ca rappelle d'autres débats actuels.). Et la communauté, en lien avec les modérateurs sont assez alerte pour prévenir de l'arrivée d'un troll malententionné, mais bref  ^^
Et c'est une vraie question que je te pose, à partir de quel point le lecteur est-il malintentionné dans ses remarques?
Justement, j'ai écrit un poème pour donner ma vision des choses, sans pour autant désigner Barnacle ou qui que ce soit d'autre. Tu ne peux pas effacer mon propos sous le prétexte que j'avais "de toute façon tort." J'ai besoin d'en parler, j'ai eu besoin d'en parler, j'aurai peut-être encore besoin d'en parler par la suite. Ça m'a permis de mettre en mots mes doutes, de questionner ma vision des choses, et de chercher à voir s'il y avait une quelconque issue à cette histoire. Ça nous a permis aussi de nous réconcilier.

Bien sûr. Mais il ne faut pas non plus considérer tous les auteurs comme naifs et au contraire les pousser à réfléchir par eux même plutôt que de leur donner du préfabriqué.
Bon, bon... Certains auteurs sont vraiment très peu armés face à l'horreur, ou sont vraiment complètement exclus. De tels auteurs, crois-moi, ça existe. C'est à ces auteurs-là que mes outils serviront.

Ce que tu dis après est juste. Jusqu'au point où tu parles de tout accepter. Qui a apprit ici qu'il fallait accepter toutes les remarques? Personne ! On n'apprend pas ça ici.
Pfiou ! Heureusement... Sinon, on s’ennuierait !

Ensuite oui l'édition a besoin d'éditeurs. Je ne suis pas contre l'autoédition, mais elle me pose de sérieuses question au niveau de la qualité des textes, car elle ne bénéficie pas de relecture. L'éditeur est très compétente sur pleine de domaines et avant tout humain (si censure, se barrer evidemment), le problème est que beaucoup d'auteurs imbue de leur personne refusent qu'on touche à la moindre virgule de leur texte !
Oui, les éditeurs sont très importants. Nous devons lutter contre la mort des maisons d'édition indépendantes, sinon c'est toute une diversité qui se perd.

L'auteur n'est en effet plus assez valorisé de nos jours, et il faut remédier à ca, mais certainement pas en voyant de la censure à tout coins de rue, la liberté d'expression est omniprésente en édition et il ne faut pas douter que l'auteur a besoin de l'éditeur. Les sites qui offrent de la visibilité pour de l'autoédition, font le travail de diffusion de l'éditeur, mais sans ce qui fait l'importance du métier, l'oeil sur le texte, et tout les grands auteurs ont eu des éditeurs qui les ont aidés, et on serait surpris de voir le nombre de fois où le nom de l'éditeur se retrouve dans les remerciements de l'auteur, ce n'est pas anodin  ;)
Eh ! Que ferions-nous sans eux ?

Bref tu as raison de rappeler qu'il ne faut pas se laisser dicter ce que l'on veut dire, mais j'ai peur que cela tende trop vers une mort du dialogue, et une toute puissance de l'auteur qui ne me semble pas juste. Notre désaccord, comme toujours, tiens à une nuance très proche, mais une nuance importante.
Oui, mais nous, au moins, on arrive à garder le dialogue, à chercher à nous comprendre l'un et l'autre. Y en a qui se seraient entretués pour moins que ça !

Bref ça, je ne comprends pas. La censure est là pour faire du politiquement correct, en bref respecter scrupuleusement la bienséance et ne rien apporter de nouveau. Tu veux dire que la conformité appelle à la haine en fait?
Je crains la conformité comme la peste. Elle nous condamne tous.

Mais eux, ne veulent pas appeler à la haine, au contraire, leur conformité veulent appeler vers une limitation du derapage qui lui inciterai directement à la haine! Compliqué n'est-ce pas?
Je connais ce phénomène, on appelle cela être peureux. Ils ont peur d'Amazon, ça les paralyse. Nous devons rétablir la confiance. Quand la confiance sera rétablie, il n'auront plus peur de publier des œuvres libres et engagées.

Il y a quelques années, un livre est sorti, écrit par Eric Nolleau et Alain Soral. Oui oui, ces deux auteurs aux pensées totalement opposées ont écrit un livre ensemble et publiés ensemble, le sujet du livre est justement leur désaccord et repose donc sur tout un échange, parfois vif mais toujours cordial, un dialogue sur leurs oppositions. Nous n'avons étrangement que peu entendu parler de ce livre, et nous n'en entendrons plus jamais parler maintenant.
Une personne a porté plainte contre ce livre sur des propos de Soral qu'il jugait Homophobes (ils l'étaient), et le livre a été condamné récemment à supprimer ces passages. Le problème ces passages, bien qu'ignobles, censurent l'intégralité du livre : tout les libraires qui en possèdent encore devront les renvoyer, si l'éditeur veut faire paraitre le livre, il devra supprimer ces passages, malheureusement, ca coûte cher, et à moins d'une soudaine grande demande du public, ce livre ne sera surement plus jamais imprimé. Par la justice, et une pourtant réelle légitimité, ce livre se retrouve censuré dans toute sa démarche.
Que faut-il penser de ce récent exemple ?
Laissons la justice faire son travail, et acceptons les décisions judiciaires,
C'est ça,
La démocratie.
« Modifié: 20 février 2016 à 21:30:40 par Alan Tréard »

 


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