Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

18 juin 2019 à 19:04:35

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Comment je suis devenu fou [défi de kokox] (multiples occurences de gros mots)

Auteur Sujet: Comment je suis devenu fou [défi de kokox] (multiples occurences de gros mots)  (Lu 2144 fois)

Hors ligne Aube

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Super, je suis content de vous avoir touché ! Vos avis positifs comptent beaucoup pour moi, je reprends l'écriture après une longue pause et c'est très encourageant de voir des réactions si émues ^^ A côté de ça, mine de rien, ça exorcise une partie de mon passé d'avoir transformé ces souvenirs en un texte si acclamé ^^

Hors ligne Navilys

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Bonsoir Aube,
J'ai lu ton texte et pour tout te dire, je suis soufflé, c'est criant de vérité, on s'y croirait!

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On savait pas dans quelle case me mettre. J’avais des rangers, donc j’étais un mec cool, mais je jouais aux jeux de rôles, donc j’étais un looser. J’avais les cheveux longs, donc j’étais du genre peace&love, mais je parlais à personne, donc j’étais emo. J’avais des bijoux, donc j’étais gothique, mais j’avais des chemises, donc j’étais intello.
J’étais rien.
C'est vraiment prenant et ces catégories qui fusent de partout, un peu arbitrairement, le sentiment d'être jugé sur tout, c'est vraiment le souvenir que j'en ai: bien vu, bien exprimé!
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Être fleur bleue, ça veut dire croire en l’Amour. Ça veut dire aussi avoir un petit carnet à la couverture couleur de ciel avec un pissenlit qui s’égrène dans le vent imprimé dessus. Ça veut dire être amoureux d’une fille qu’on ne connait pas juste parce qu’on a croisé son regard. Ça veut dire avoir une écharpe de poète autour du cou, s’asseoir sur un banc et regarder l’horizon d’un air rêveur.
:coeur:
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J’étais un pauvre être écartelé entre sa soif vitale de câlins et son envie de tuer tout ce qui parlait et bougeait.
:o Oh, à ce point?
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J’ai essayé de retarder l’impact hein. Je faisais de la double-pensée, du déni et même des jeux vidéo, mais le coup fatal me fut porté lors du carnaval.
Oulà, même des jeux vidéo... C'est osé ça :D
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Commença alors la longue descente dans la folie. Longue, mais très rapide. L’espoir et le réalisme se livrent une bataille sans merci. Ton cerveau se creuse de cratères. Le sang coule dans tes viscères. Tu dois trouver un coupable pour survivre à ça. Je te Haimes. A la folie. Sauve-moi. Un prénom. Agathe.
C'est bien joué ces phrases courtes, ça colle parfaitement avec la panique effervescente d'un ado: bravo!
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Marie était bien en première littéraire.
Marie était en outre homosexuelle jusqu’au bout de ses ongles vernis de noir.
Marie n’était pas gothique, mais adoptait la mode Visual Kei, associée à un style musical japonais qui revendiquait un esthétisme androgyne et extravagant tout en conservant une sobriété chromatique relative rappelant nos chers post-punks occidentaux.
Pour ma part ce furent surtout les items un et trois qui me troublèrent.
Là j'ai une question de sens: pourquoi la classe (premiere litteraire) de Marie le trouble-t-elle à ce moment là puisqu'il le savait déjà? (oui, je chipote...)
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J’ai essayé de pleurer mais j’étais toujours trop d4rk pour ça. J’ai essayé plus fort et Maxime est venu. Maxime c’est un de mes potes, mais il est pas con comme les autres. Il est juste silencieux et amorphe. Il fait la plupart des choses silencieusement. Il s’assoit à côté de moi dans tous les cours silencieusement. Il s’énerve silencieusement. Il ne fait pas ses devoirs silencieusement. Il me regarde couper méthodiquement chaque centimètre carré du dos de mes mains silencieusement. Mais comme je sais pourquoi, et que je le suis moi aussi, c’est pas grave. Avec Maxime je me suis calmé.
:coeur: Superbe, un vrai pote.
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J’avais choisi le lit. Parce que dedans on rêve, on baise et on crève. J’ai gagné du respect.
:mafio:
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Pendant une semaine, en mangeant à la table de mes affreux potes, je regardais dans sa direction. Je posais la lettre sur la table.
Je fermais les yeux.
Mon cœur pulsait à grand coups frénétiques au ralenti. Mes tempes et ma cervelle surchauffaient entre le sang qui hurlait et Corwin qui hurlait et moi qui hurlait dans ma tête. Ma carcasse de viande ajoutait-multipliait sa masse par deux à chaque seconde d’anticipation, jusqu’à ce que je me retrouve cloué sur ma chaise par une centaine de mains impérieuses qui pesaient sur mes épaules et mes bras.
Puis je finissais de manger et recommençais la semaine prochaine.
J'ai déjà vu ça quelque part... :\?
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Quand je suis sorti de la cafétéria, je me suis senti guerrier, libéré, invincible, quoique chancelant. J’aurais dû mourir à cet instant.
Tiens, tiens  :-¬?
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Heureusement, mes affreux potes m’aidaient beaucoup. Je leur parlais de mes problèmes à longueur de journée et ils n’ont jamais exprimé toute l’ampleur de leur exaspération. Respect.
C'est touchant, à la fois drôle et vrai!
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Je l’attendais. Je parlais d’elle tout le temps. Je l’attendais. Je disais son nom une centaine de fois par jour. Je l’attendais. Je pensais à elle en me réveillant et en m’endormant et en rêvant. Je l’attendais. Je me suis mis à vivre ma vie comme je voulais qu’elle la voie dans six mois. Je l’attendais. A chaque geste que je faisais, parole que je prononçais, j’imaginais ce qu’elle en penserait, ce qu’elle m’en dirait, une fois qu’elle serait là. Je l’attendais.
Cette rumination obsessive... Très bien écrit


Un grand bravo à toi (même si j'arrive tard sur ton texte), c'est génial d'arriver à rendre aussi bien la lutte pour l'existence (si si) d'un ado! Le rythme de la narration est maintenu tout le long, et la fin est parfaite. Un très bon moment de lecture, merci beaucoup  :)
C'est parfois en faisant des étincelles que les problèmes s'éclairent.

Hors ligne kokox

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Obligé de ramasser à nouveau mon chapeau, puisque pour la seconde fois je l'ai mis à bas !  :) :) :)

Bien à toi !

Hors ligne Aube

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Salut Navilys, content que tu sois passé !

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    J’étais un pauvre être écartelé entre sa soif vitale de câlins et son envie de tuer tout ce qui parlait et bougeait.

:o Oh, à ce point?

Héhé. ^^
Oui.  8|
...

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Là j'ai une question de sens: pourquoi la classe (premiere litteraire) de Marie le trouble-t-elle à ce moment là puisqu'il le savait déjà? (oui, je chipote...)

Alors c'est qu'en fait j'ai compté les "items" à partir du prénom. Donc les items 1 et 3 sont son prénom et son orientation sexuelle. Sa filière et les questions de mode paraissent donc, sur le coup, secondaires.

Merci pour ton com' ! Je suis heureux d'avoir retranscrit un rendu "réaliste". Atteindre l'hypotypose est pour une sorte d'objectif régulier, mais c'est la première fois qu'on me fait ce compliment de façon si récurrente ! Merci beaucoup de ton passage,

Amitiés,

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Obligé de ramasser à nouveau mon chapeau, puisque pour la seconde fois je l'ai mis à bas !  :) :) :)

Bien à toi !

Haha merci kokox ^^ Ce texte n'aurait point vu le jour sans toi, il t'est à moitié dû !

Hors ligne Eveil

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Tout est mérité, on lit sans s'arrêter parce que c'est intelligent, simplement. On est pris dedans, c'est ça l'intelligence, peu importe ce qu'on raconte. Et il y a quelque chose d'autre, de l'ordre du caractère, des connexions, du rythme et de la fluidité, qui relève d'un peu plus que ça. Une pertinence dans le propos, du talent, somme toute. Je ne suis pas surpris, je te l'ai déjà dit, mais si ça pouvait te redonner confiance dans ta prose, je serais heureux de te l'affirmer sans le moindre doute à nouveau. Parce que finalement, tout ça, c'est un avant-goût, non ? Je me suis reconnu bien sûr parce que je crois que c'est le lot de beaucoup de hautes sensibilités, oh pas partout, non, mais suffisamment pour comprendre quelques détresses qui me sont familières. Je me suis reconnu un peu en toi, et j'espère que tu te reconnais parfois un peu en moi, et en fait j'aimerais que tu prennes de mon ambition. Enfin, la partie noble, s'il en existe une. Pas celle qui écrase et qui veut tuer, pas l'arrogance, mais celle qui te pousse à percevoir tes limites et leurs absurdités, parce que derrière ce qu'on n'a pas encore écrit je crois il y a certainement des choses terrifiantes qui nous dépassent, et peut-être même que l'inconnu te semblera familier. Ce paradoxe équivaut pour moi à la sensation de se souvenir de ce qui n'a pas eu lieu, ou qui n'aura pas lieu. C'est une des excentricités intimes que l'on croise quand on se creuse jusqu'au noir. Nul délire pourtant, nulle altération de la réalité, mais l'ajustement de ton coeur, de tes tripes, au Réel profond, à la lucidité (on dira folie pour se rassurer). Tu sais, la surface de l'océan et quand on coule rien que du noir, encore, encore, jusqu'à reconnaître des lumières inconnues qui semblent radier bien plus que le jour. Des monstres, mais des monstres brillants. Retrouver ses abysses, son inhumanité à force d'érosion de la chair. Tout ça pour dire que c'était important de te féliciter pour ce que tu as fait, c'était nécessaire, mais je trouve qu'on a trop insisté sur ce que tu as fait et pas assez sur ce que tu pouvais faire, et que tu feras, j'en suis convaincu ! C'est sans doute un chemin torturé - et je sais qu'il est temps de mettre un terme à la torture - mais il y a du minerais précieux au bout des excavations de ton être. Voilà, si ce n'était pas évident pour toi, ça l'est pour moi. Alors creuse, l'ami, continue, si tu veux bien.  ;)
"Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche"

Hors ligne Aube

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Merci. Je m'accrocherai, et je sais que t'es à côté. ;)

Hors ligne ernya

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Salut !

J'étais passée à côté de ce texte l'année dernière (la faute aux affreux cinquièmes, sûrement).
Je n'ai pas grand-chose à dire, j'ai trouvé ça bien écrit, triste (je n'arrive pas à sourire de ce qui est dit parce que j'y lis trop de vécu - peut-être à tort ?-  pour pouvoir en sourire).
J'ai juste un seul regret : la mise en page. Tu as parlé d'un côté asphyxiant de ton écriture et c'est effectivement ça. J'ai décroché à certains moments à cause de cette mise en page et j'en ressors un peu frustrée parce que j'aurais aimé tout comprendre en une seule fois, surtout pour ce genre de texte. Je trouve ça dommage. Ceci posé, je ne suis pas sûre que mettre des espaces blancs entre les paragraphes soient dans l'esprit du texte. Mais peut-être que changer de police et de taille peut l'être (j'sais pas, trouver un truc pour corwiner la mise en page).

Voilà.

Je t'embrasse au sens premier du terme (ça me semble plus pertinent que te dire merci pour ce texte).
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Jane Burland

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@ Ernya : Merci d’avoir fait remonter cet excellent texte d’une année ! je suis nouvelle et je ne l’aurais sans doute pas trouvé, ce qui aurait été dommage.

@Aube : Quelle maturité dans l’écriture pour un auteur si jeune ! Bravo !

Je suis d’accord que la présentation pourrait être allégée, quelques lignes sautées à certains endroits suffiraient amplement à mon avis.
Personnellement, je ne suis pas fan du *rire* : pourquoi cette explication bizarre ? On comprend bien l’ironie du choix de mots en poursuivant la lecture. Ni du coup de foudre en majuscule + lettres répétées.
Mais ces minuscules points sont exactement cela : minuscules.
Je trouve qu’il y a un excellent rythme qui porte bien le texte. Je souscris aux remarques précédentes sur la qualité du texte et de son impact. Le vocabulaire est très précis, intéressant sans être pompeux.
Jane Burland

J'écris.

Hors ligne Miansérine

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Un texte drôle, subtil, et mordant. Merci à toi.

Hors ligne Aube

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Oups :s J'avais pas vu vos commentaires (ou alors j'ai oublié de répondre, c'est possible aussi). ><


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Salut !

J'étais passée à côté de ce texte l'année dernière (la faute aux affreux cinquièmes, sûrement).
Je n'ai pas grand-chose à dire, j'ai trouvé ça bien écrit, triste (je n'arrive pas à sourire de ce qui est dit parce que j'y lis trop de vécu - peut-être à tort ?-  pour pouvoir en sourire).
J'ai juste un seul regret : la mise en page. Tu as parlé d'un côté asphyxiant de ton écriture et c'est effectivement ça. J'ai décroché à certains moments à cause de cette mise en page et j'en ressors un peu frustrée parce que j'aurais aimé tout comprendre en une seule fois, surtout pour ce genre de texte. Je trouve ça dommage. Ceci posé, je ne suis pas sûre que mettre des espaces blancs entre les paragraphes soient dans l'esprit du texte. Mais peut-être que changer de police et de taille peut l'être (j'sais pas, trouver un truc pour corwiner la mise en page).

Voilà.

Je t'embrasse au sens premier du terme (ça me semble plus pertinent que te dire merci pour ce texte).

Hello toi ! Merci beaucoup pour ta critique, elle me fait vraiment plaisir. :) Je vais travailler la mise en page du texte, tu as raison. Le problème c'est que c'est pas exportable sur le forum et qu'il faut tout refaire avec des balises bbcode, mais je vais voir ce que je peux faire ^^

Trop de vécu pour en sourire ? En effet. Je sais qu'il est d'usage de laisser le flou à ce sujet mais au bout d'un moment faut bien répondre aux commentaires :)
Je comprends que ça puisse rendre triste, surtout pour ceux que je connais en vrai, il n'y pas la même distanciation que "n'importe qui" écrit "n'importe quel texte" sur Internet et je le lis. Mais je peux te dire que ce n'est pas la peine d'être triste, pour trois raisons. D'abord, ça date. Ensuite, je vais mieux en général. Enfin, avoir écrit ce texte, surtout en prenant le recul nécessaire pour jouer le jeu de l'auto-dérision, conformément aux consignes du défi de Kokox, m'a finalement permis de démystifier cette période de ma vie, et d'en faire quelque chose entre le souvenir de galère dont on rigole et un warning nécessaire à propos des limites que je pourrais atteindre si je ne veille pas à ma santé. Finalement, coucher tout ça sur papier, ça l'a apaisé bien plus rapidement et radicalement que n'importe quel anti-psychotique ou n'importe quelle thérapie.

Merci beaucoup de ton passage, à bientôt. :) :) :)

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Quelle maturité dans l’écriture pour un auteur si jeune ! Bravo !

Je suis d’accord que la présentation pourrait être allégée, quelques lignes sautées à certains endroits suffiraient amplement à mon avis.
Personnellement, je ne suis pas fan du *rire* : pourquoi cette explication bizarre ? On comprend bien l’ironie du choix de mots en poursuivant la lecture. Ni du coup de foudre en majuscule + lettres répétées.
Mais ces minuscules points sont exactement cela : minuscules.
Je trouve qu’il y a un excellent rythme qui porte bien le texte. Je souscris aux remarques précédentes sur la qualité du texte et de son impact. Le vocabulaire est très précis, intéressant sans être pompeux.

Bonjour Jane Burland ! Tout d'abord merci de tes compliments, j'espère que tu passes encore sur ce forum ou du moins que tu recevras une notification pour la réponse. Je prends note pour la mise en page, comme ernya me l'a fait remarqué.

Je comprends que les facilités de la fausse didascalie et de l'emploi des majuscules puissent rebuter. Elles ont néanmoins une place assez importante dans mon idée du texte. Pour le "*rires*" c'est la meilleure façon que j'ai trouvée pour théâtraliser ce thème qui, lors de l'écriture, demeurait pour moi un sujet sensible. Forcer l'ironie était important pour moi, car tout l'enjeu était de ne pas entrer dans le pathos. Pour les majuscules, il s'agit de la traduction littérale, maladroite, hyperbolique et immature, de l'événement tel que l'adolescent du texte le perçoit. Je ne trouve pas de moyens moins inélégant sans changer le ton de la phrase en quelque chose de dramatique ou de grave... mais si jamais je trouve une idée je changerai ce passage qu'on me signale pour la seconde fois !

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Un texte drôle, subtil, et mordant. Merci à toi.

Merci de ton passage Miansérine !



Bon à la base, j'étais repassé sur ce texte pour l'éditer après plusieurs relectures successives et quelques corrections (des temps un peu chelou parfois). Le voilà donc corrigé et ébarbé ! Je vais essayer de trouver des solutions de mises en pages et de présentation moins asphyxiantes.

« Modifié: 03 juin 2017 à 14:05:19 par Aube »

Hors ligne kokox

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Hallu Aube, :)

Devant ton silence rare comme d'la marde de pape, obligé de passer par icite.
Tatupareçu icite (oui, je teste mon français québécois) ma réponse à ton MP ? Ca tati fait l'effet d'une patate chaude dans la bouche ? Ca tati bouillonné dans l'fond d'la flûte ? Tétuloadé ? Tétu dans l'jus ? Ou bien est-ce que tu t'en câlisses comme de l'an 40 ? Si c'défi t'fait une crotte au coeur, va, j'en ai d'autres, des masses, un char, pis une barge.
Mais m'laisse point comme ça dans la congère, j'vais finir par avoir l'cul d'une poule, et pondre un oeuf dur en attendant la souffleuse.
« Modifié: 04 juin 2017 à 11:20:18 par kokox »

Hors ligne Ariane

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Salut Aube,

Au départ je voulais commenter autrement, mais finalement j'assume mon manque total d'esprit de synthèse et je t'envoie les détails au fur et à mesure... Et comme en plus mon cerveau est en grève ce soir - ou du moins pour le moment - tu as droit à la version smiley+ !

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Alors là, même les fleurs se font mâcher par le néant.
:coeur:

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On savait pas dans quelle case me mettre. J’avais des rangers, donc j’étais un mec cool, mais je jouais aux jeux de rôles, donc j’étais un looser. J’avais les cheveux longs, donc j’étais du genre peace&love, mais je parlais à personne, donc j’étais emo. J’avais des bijoux, donc j’étais gothique, mais j’avais des chemises, donc j’étais intello.
J'aime bien la description :)

Citer
la parade la plus efficace que j’ai jamais trouvée.
=> que j'aie
(il me semble)

Citer
Quand j’arrive au lycée, je sens que je ne crains plus grand-chose. L’animosité sourde qui empoissait la cour du collège n’est plus là, remplacée par un système social tacite bien plus abstrait et épineux. D’enfant d’argile sculpté par la violence, j’étais donc devenu cette chose transitoire et laide qu’on appelle adolescent. Regard noir et brûlant, visage tendu sur les os. Bouche close et pincée. Mâchoire serrée. Sécheresse squelettique. Brasier dans les tripes et dans les veines. C’est tout moi.
Je ne sais pas trop pourquoi ce paragraphe est au présent. Avec pourtant un plus que parfait.

Citer
D’enfant d’argile sculpté par la violence,
:coeur:

Citer
sa soif vitale de câlins
:)

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les germes d’une folie amoureuse sans précédent étaient en train de croître dans ma cervelle en sang, envahissaient mes neurones de racines intruses, de vrilles, de fantasmes, de rêves, d’espoir.
J'aime beaucoup.
D'une manière générale, j'aime bien la douleur qui monte et le portrait qui se hérisse depuis le début du discours. Très parlant.

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je sentais la nausée euphorique trop familière de ce poison aliénant que l’on nomme… je sais pas trop comment.
J'aime beaucoup aussi.

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Le cycle sans limite, toujours plus large, de l’espoir amoureux, et de l’horreur désespérée.
Ça me parle.

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Laissez-moi d’abord vous parlez de Marie deux.
=> vous parler

Je ne comprends pas toujours pourquoi tu reviens au présent... Ça me perturbe ces changements de temps non expliqués. C'est le seul truc dont je ne suis pas fan. Le reste me plait beaucoup.

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En effet, ses mots d’amitié ont su recoudre les plaies de mon cœur juste assez tôt pour qu’il n’éclate pas.
:)

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J’avais une amie qui disait qu’elle me trouvait gentil via Internet.
:relou:

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Quels fantasmes étranges m’ont habité à cette époque ! Je l’imaginais me surprendre en train de peindre les murs de peinture rouge sang, de la souffrance qu’elle m’infligeait, les yeux révulsés. Je m’imaginais attaché à un générateur électrique par des aiguilles d’aciers enfoncées dans mes veines et convertir devant elle ma souffrance psychique en torture physique. Newtonienne. En rêve, je me projetais avec précision dans le scénario sensitif de l’amputation méthodique de tous mes membres pour lui expliquer à quel point je l’aimais.
:o  :o  :o !
Bon, au passage, c'est bête, mais j'adore la phrase qui ajoute simplement : "Newtonienne."  :coeur:

Tout le passage (jusque-là en tout cas) avec Corwin me plait beaucoup, c'est marrant, je n'ai aucune phrase particulière à citer mais je trouve que l'ensemble retranscrit très très bien l'idée, la passion, la "présence".
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Mais ma souffrance et ma confiance en moi additionnées étaient immense+1.
Je suis pas fan du "immense+1", au singulier. Quelque chose me gêne.

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Corwin avait avoué mes sentiments sur un ton détaché et amusé, mais elle avait refusé de venir lui parler, à moi. C’était suffisant pour que j’y aille.
Là ce n'est pas clair pour moi...

Citer
Je posais la lettre sur la table.
Je fermais les yeux.
J'ai un doute, je ne sais pas si tu t'es trompé avec du passé simple. Du coup je ne sais pas si c'est une action répétée, tous les jours de la semaine, ou si ça y est, on s'est arrêtés sur un moment précis.

Citer
Puis je finissais de manger et recommençais la semaine prochaine.
ok c'est bon :) par contre dans un texte au passé, on dirait plutôt la semaine suivante.

Citer
« c’est pour toi ». Elle a dit «C’est quoi ? »
Je mettrais des majuscules - et deux points avant les guillemet - et un espace avant C'est

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« le poème parle de poissons morts »
Je mettrais une majuscule à "Le" et un point après la fermeture des guillemets.

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Pendant un an j’avais imaginé cet instant. J’allais pouvoir soulager mon cœur à bout de force de la douleur vive et solitaire d’un amour imaginaire. J’allais pouvoir lui expliquer, lui en donner un peu et en être libérée.
Mais alors on n'aura pas le détail de la lettre ? C'est quoi les poissons morts ?? Je veux savoir !

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Là où j’aurais voulu pleurer enfin pour ce que son fantôme m’avait fait subir, je ne l’ai même pas regardé dans les yeux.
regardée ?

Citer
Elle acquiesça de nouveau, on se quitta poliment
Et c'est tout ? la conversation s'arrête sans conclusion ?

Citer
Corwin commença à me raconter comme toute l’Histoire de l’humanité, toute la causalité chaotique des événements, était en fait dédiée à provoquer ma destinée. Destinée dans laquelle je me transcenderai pour devenir omnipotent.
Ah oui quand même ^^

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et la boucle infernale reprend avec un moteur tout neuf.
C'est parlant aussi.

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Je l’attendais. Je parlais d’elle tout le temps. Je l’attendais. Je disais son nom une centaine de fois par jour. Je l’attendais. Je pensais à elle en me réveillant et en m’endormant et en rêvant. Je l’attendais. Je me suis mis à vivre ma vie comme je voulais qu’elle la voie dans six mois. Je l’attendais. A chaque geste que je faisais, parole que je prononçais, j’imaginais ce qu’elle en penserait, ce qu’elle m’en dirait, une fois qu’elle serait là. Je l’attendais. Parfois, mes fantasmes revenaient vers Marie un, mais celle-ci était une cartouche grillée, Corwin l’avait compris. Obsession obsession obsession. Compulsion compulsion compulsion. C’est ça la folie mec. Personne ne l’a vu, même pas moi. Je pensais bien que j’avais un problème, mais je pensais que je m’inventais que j’avais un problème pour supporter mes vrais problèmes. Putain.
Les répétitions fonctionnent super bien pour moi.

Citer
On devait se voir dans deux semaines
Dans un texte au passé on dirait "deux semaines après".

Citer
C’est là que ma vie a commencé à être vraiment difficile.
J'aime bien cette fin...



Merci pour cette lecture Aube  :coeur:
J'ai beaucoup aimé, des émotions à vif, dans tous les sens, des douleurs hérissées mais un esprit aiguisé, de l'humour incisif, une tendresse énorme malgré tout - parfois seulement entre les lignes. Tu sais être fin et extrême tout à la fois. Et ça, ça me plait énormément. Je remarque que je n'ai pas tellement précisé si je parlais de la forme ou du fond ; mais en fait, les deux vivent ensemble. C'est ça qui me plait.

Citation de: Eveil
Tout est mérité, on lit sans s'arrêter parce que c'est intelligent, simplement. On est pris dedans, c'est ça l'intelligence, peu importe ce qu'on raconte. Et il y a quelque chose d'autre, de l'ordre du caractère, des connexions, du rythme et de la fluidité, qui relève d'un peu plus que ça.
Je suis d'accord au-delà de ce que je peux dire.



 :calin:

Hors ligne Verasoie

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Euh wow cette intro en italique, les souvenirs dans les dents bam

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Elle était là, sur les escaliers, avec d’autres filles qui s’étaient déguisées comme des écolières japonaises. Elles ont dansé sur une musique frénétique et piaillante qui avait « caramel » dans le titre.

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Malheureusement pour moi, ce fut le début d’une quête effrénée pour approcher cette personne.

"cette personne" c'est plutôt pas beau

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Marie n’était pas gothique, mais adoptait la mode Visual Kei, associée à un style musical japonais qui revendiquait un esthétisme androgyne et extravagant tout en conservant une sobriété chromatique relative rappelant nos chers post-punks occidentaux.

Ptdr j'ai l'impression que ça se passe dans mon lycée

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Quand mon professeur de français a demandé d’écrire un poème « à la Ponge » sur un objet du quotidien, j’ai lu le mien en classe.

Tous les profs de français ever

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J’avais choisi le lit. Parce que dedans on rêve, on baise et on crève. J’ai gagné du respect.

Tain j'avoue
(-> lecture d'un texte immersif sur le lycée -> régression sémantique à quand j'avais 16 ans)

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Mais je savais qu’elle savait ce qui allait se passer. Alors je lui ai donné la lettre. Elle a souri, attendrie je crois. Elle voyait bien que j’allais vomir dans trois secondes. J’ai dit « c’est pour toi ». Elle a dit «C’est quoi ? ». J’ai dit d’une voix qui n’était pas la mienne, faible, tremblante, alors qu’un démon aux ailes de corbeaux dansait sur l’horizon invisible. « Une déclaration d’amour ». « C'est gentil » elle a dit.
Le poème parlait de poissons morts.

Spoiler
[close]

Je laisse tomber l'objectivité et d'ailleurs ça va être très égocentré comme réaction : ce texte m'a troué le cul et j'ai jamais lu un truc qui décrivait mon adolescence comme ça.
Pendant des années la vie ne vous lâche rien que des mesquineries minables, et encore faut-il les lui arracher, sans compter la bonne humeur qu'on dépense à rester joyeux pour lui plaire, et tout à coup, sans raison, allez savoir pourquoi, elle vous balance sans prévenir des trésors dans les pattes.

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pas lu, juste survolé le début
qui m'a paru pas assez fou que l'entendait le titre
est-ce la narration qui d'accointance commence en normalionceau ?
est-ce afin de traduire la folie en normalion ?
est-ce quelque chose dont la lecture attentive me traumatiserait moins qu'autre chose ?
bref, j'ai aimé le titre, assez pour cliquer et commencer à me complaire dans ma fuite du réel
y'a de la vie
Scriptive Experience

"L'histoire s'écrit... et c'est moi qu'a le stylo... j'les baise... c'est la rue... pas d'prof de philo" - LACRIM

Hors ligne Aube

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  • Craie-Pulsive
Merci pour vos commentaires !
C'est super ouf de voir que ce texte est encore lu.

@Dot
ça parle plus d'adolescences et de séquelles que de folie au sens large du terme, même si la suite de l'histoire (que j'écrirai bientôt) se passe bel et bien en service psychiatrique. En effet, la prise de recul fait partie du texte, donc pas de folie de l'intérieur. Je pense pas qu'il y ait un réel potentiel traumatisant. à ce stade, j'en suis aussi spectateur que mes lecteurs, de ce qu'il s'est passé à cette époque. Merci pour ton bref passage !

 


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