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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un triptyque du haras - Partie I - Lui

Auteur Sujet: Un triptyque du haras - Partie I - Lui  (Lu 1794 fois)

Hors ligne Olaf

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Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« le: 11 Août 2015 à 02:41:08 »
Bonsoir,

Je souhaiterais vous présenter une série de trois textes (de taille assez moyenne, moins de 5000 mots pour les deux premiers et moins de 4000 pour le troisième) qui je l'espère vous divertiront au moins un tout petit peu.
Ce n'est ni mon style, ni mon genre de récit habituel (enfin là vous n'avez pas d'élément de comparaison, croyez-moi sur parole à la fin !), mais n'ayez nulle indulgence. Sauf peut être pour le titre tout pourri, là, je vous donne volontiers les œufs pourris et la fiente de mouette pour tirer dessus.

Ah, il y a trois notes de bas de page, parce qu'au départ je n'avais pas pensé qu'en BB code ce serait compliqué à mettre en forme, rassurez-vous ce sera le seul texte où ce périlleux exercice sera fait.

Bonne lecture.

Un triptyque du haras - Partie I - Lui

Notes de bas haut de page :
1. Au Moyen Âge, l’impetus servait à expliquer le fait que les objets entrant en contact se communiquent mutuellement la quantité de mouvement qui les animait. Dans ce récit, il s’agit de l’expression de la poussée ressentie par Horace Sengalo au départ de la course de chevaux.
2. Cette forme féminine semble être à présent tolérée dans une bonne partie de la francophonie.
3. Ma fille, NDLA
[/justify]



La première version n'a pas pu rester, même en spoiler, pour cause de nombre de caractères.

La version republiée, suite aux remarques de Loïc, Rémi et Ambriel :
Galop d’essai

Parmi les animaux qui ont partagé l’Histoire des Hommes, les chevaux ont une place que n’occupe pas le reste du règne animal. D’une race à l’autre, d’un spécimen à l’autre, un amateur vous dira qu’ils ont tous quelque chose d’unique, mais on remarquera surtout des différences simples : morphologie générale, musculature, taille, robe et poids.
Pas de museau enfoncé ou de mâchoire caractéristique, pas de débauche pileuse, ou de caractère hypoallergénique, les chevaux sauvages et domestiques, si l’on excepte certains extrêmes – comme le percheron ou le bachkir – sont restés très proches les uns des autres.
Pour un phobique des hippodromes, d’ailleurs, relâchez n’importe quel équidé pourvu de quatre sabots pleins, d’une crinière un tant soit peu remarquable et doté d’un minimum de caractère, et l’animal passera sans problème pour un cheval sauvage.

Pourtant on aurait pu penser qu’à côtoyer ainsi l’espèce humaine de longue date, ces bourrins auraient pu prendre de l’Humanité ce qu’elle a de pire ou de meilleur, comme le sens de l’altruisme ou du mensonge. On pourrait objecter que ces bêtes sont capricieuses et entêtées, mais il semblerait que ce soit déjà le cas dans la Nature. Cela doit être la raison pour laquelle les princesses s’entendent si bien avec les canassons, ces derniers savent reconnaître ceux qui sont des leurs.

Ils ont été nos compagnons de longue date, depuis le 4e ou 5e millénaire avant notre ère, accompagnant les premiers pas des Hommes dans l’agriculture, et bien sûr la guerre. On n’en tirait pas des litres de lait, pas d’œufs, on ne les tondait en général pas pour leur laine, et bien qu’ils fussent passés par les tanneries et les mégisseries, ils ne furent pas considérés comme le reste de l’entourage animal de nos ancêtres. Champs de bataille, chasses, voyages, labours, moulins, mines… les descendants de Bucéphale étaient nos complices dans toutes ces industries, et aujourd’hui pour certaines personnes, les voir sur des étals de boucherie s’apparente presque à du cannibalisme.

Aujourd’hui encore, alors qu’on se fait à présent la guerre à coup de chars et de drones, que des tracteurs équipés de GPS sillonnent les champs, que la chasse à courre n’a plus vraiment cours, les chevaux continuent de vivre au voisinage des Hommes, dans des haras, dans des champs de course, dans certaines fermes à côté des machines agricoles, et il y a des personnes qui continuent à les monter comme on le faisait autrefois.

C’est comme cela, d’ailleurs, que je me suis retrouvé embringué dans cette histoire par Tatiana, une amie de très longue date, amie qui a choisi Sirocco, la jument dont je suis en train de curer les sabots.


Flatter la pouliche

   Les gestes du pansage sont simples, et me reviennent comme si je n’avais jamais arrêté de monter :
Brosser la robe avec une étrille et un bouchon, ne pas faire de fioritures, il s’agit plus d’un geste médical que d’esthétique à proprement parler. Quand vous passez derrière, bien garder la main sur la croupe pour éviter un coup de sabot intempestif, ou si, comme moi, vous avez peur, faire un large écart.

Examiner les éventuelles anomalies, les renflements, les croûtes, tout ce qui peut suggérer que le cheval n’est pas en état d’être monté, rappeler à l’animal que l’on est soucieux de son bien-être et créer un lien quand on va le monter pour la première fois.
Puis nettoyer les sabots avec un cure-pied… oui le cheval a un bras, une jambe, un genou, sans doute lui avons-nous prêté un pied parfois. Saleté d’humanité hippophile, puisqu’il paraît que l’on peut utiliser ce terme, cesse donc de te voir dans tout ce qui t’entoure et de croire que pouvoir nommer les choses te donne un quelconque pouvoir sur eux ! Laisse donc un homme être un homme et un cheval être un cheval. Est-ce que l’on doit panser un être humain tous les jours ? Mmm… ceux qui travaillent dans le milieu de la gériatrie auraient sans doute une curieuse réponse à apporter à cette question, mais passons…

Le box n’est pas bien large mais j’ai pu mener ces opérations sans trop de difficulté. Un des jeunes lad du père de Tatiana m’a proposé de l’aide, j’ai décliné poliment, et je n’en suis pas peu fier. Sirocco est vraiment une belle jument isabelle, avec de légères marques plus claires près des genoux. Mis à part cela, elle n’a pas vraiment de signe particulier, mais peu importe : pour ce qui m’attend elle sera ma jument. J’écoute sa respiration, l’oreille posée sur la cloison de sa cage thoracique, un contact organique. Le bruit de son cœur me parvient, certains sons que j’ai peine à définir, et ce soufflet régulier qui m’indique que si j’ai réussi à noyer mon angoisse dans les pensées que je viens d’évoquer, elle n’éprouve aucune crainte, et petit à petit, sa propre paix intérieure finit par me gagner.
Je me prends à penser qu’il n’y a pas de plus belle chose sur terre, à part peut être…
« Horace, vous dormez ? »
La voix du père de Tatiana. Alexis, comme un ballon de cour d’école venant de briser une vitre de la salle de musique de mademoiselle Larsette, brisa net le cours de mes pensées.
« Euh… non monsieur Corranovsk, j’ai cru entendre un bruit bizarre, comme si elle s’était enrhumée.
— Je vous ai déjà dis de m’appeler Alexis. Et Sirocco va très bien, le vétérinaire est passé hier. Auriez-vous besoin d’une excuse pour justifier de votre défaite avant la course ?
— Désolé Alexis, vous avez raison, elle semble en pleine forme. Mais j’avoue m’inquiéter un peu du moindre détail, car je n’ai pas monté depuis des années.
— Je m’en rappelle très bien Horace, ce jour où vous êtes tombé parce que vous rêvassiez sur le dos de Rostand. Je vous avais dit de ne pas vous décourager. Aujourd’hui il va falloir redoubler de courage, car vous savez que vous ne devez pas perdre, et que vos chances sont minces. Si je puis me permettre une remarque, me dit-il en pointant le doigt vers Sirocco, si vous n’êtes pas sûr de ce que vous faites, fiez-vous à elle. Elle, contrairement à certains, s’est toujours montrée très fiable. »

À ces mots, Alexis s’éloigna dans l’allée des écuries, me laissant seul dans ce box, avec ma jument d’un jour. Les mots que cet industriel de cinquante ans avait prononcés avaient sans doute l’apparence d’un conseil, toutefois le ton de sa voix, triomphal et railleur, laissait bien entendre qu’il serait le premier heureux si je ne remportais pas cette course.

Seller et brider

   Mettre un tapis de selle, pas trop lourd histoire de ne pas handicaper le cavalier, mais pas trop léger pour ne pas que le cheval soit blessé. Ensuite seller l’animal, l’étape qui m’avait toujours posé problème. Ne pas trop serrer la sangle car le but n’est pas d’étouffer sa monture, mais la serrer suffisamment pour que la selle ne bouge pas durant la course.
C’est ce qui m’avait valu ma dernière chute de cheval, et qui m’avait dissuadé de monter à nouveau.
Cette fois-ci, les enjeux n’étaient pas les mêmes, et je ravalai ma fierté :
« Jeune homme ? Oui, je sais que je vous ai dit que je pouvais panser Sirocco tout seul, mais pour le serrage de la selle, je voudrais être sûr de ne pas la blesser. Vous pourriez m’aider ?
— Pas de problème monsieur Sengalo ! »
Il accourut et me montra comment serrer la sangle, laissant un doigt de jeu entre la panse de la jument et le cuir de la selle.
— Comme ça, m’sieur Sengalo, vous êtes sûr de pas lui faire de mal, et que vous vous retrouverez pas la tête en bas !
Il avait dit ça d’un ton très nerveux, bienveillant, mais sa bouche affichait un léger rictus révélant qu’il était fier de son savoir. C’était un bon garçon, mais qui dissimulait mal une certaine arrogance. Il y avait un peu de son patron en lui, et je n’aimais pas ça, aussi je décidai d’arrêter le combat de coqs avant qu’il ne débute.
— Merci bien, c’est toujours cet aspect du pansage qui me pose problème, à chacun son métier j’imagine ?
— C’est vrai m’sieur Sengalo, mais comme il paraît que vous veniez ici souvent autrefois, je pensais que vous connaissiez votre affaire. Hésitez pas s’il vous faut un coup de main ! J’connais Sirocco depuis qu’on nous l’a amenée. Elle n’est pas difficile, mais elle a son petit caractère : soyez pas trop rapide quand vous lui demandez de changer d’allure. Allez-y doucement et elle vous le rendra bien.
— Merci jeun… au fait comment vous appelez-vous ?
— Didier, Didier Sirjac.
— Hé bien monsieur Sirjac, merci pour vos conseils, on va à présent l’emmener sur le terrain d’obstacles. Il est temps de nous jeter dans la fosse aux lions.
— Faut pas vous en faire, c’est juste une course. Mam'zelle Tatiana va monter Réocre, une jument souris qui ressemble pas mal à Sirocco, ça devrait être assez équilibré. Vous ne prenez pas de bombe et de cravache ? Et vous y allez avec vos chaussures ?
— Oui, ça ira. Je n’aime pas trop le principe de la cravache, la bombe a tendance à vite me gratter le crâne, et quant à mes chaussures, elles sont faites pour la montagne, ça m’évitera de glisser des étriers.
— D’accord, répondit-il en haussant les épaules, comme vous voulez. Je vais vous accompagner jusqu’à la ligne de départ. Je vous aiderai à vous placer et là, vous serez tout seul. On lui met une bride et un mors ! »
Je savais bien que j’avais oublié quelque chose ! Rapidement, Sirocco fut harnachée pour la course, et même si elle devait s’en douter bien avant, c’est quand elle sortit du box que je ressentis son excitation. Elle savait qu’elle allait courir, elle le sentait, et la jument placide laissa place à un animal bien plus digne et dont je ressentis davantage la tension. Sans vouloir faire de l’anthropomorphisme, je supposai qu’elle devait aussi se préparer : j'en avais bien besoin.

Se remettre en selle

   Même si je connaissais déjà le terrain d'obstacles, il me parut aussi grand qu'au premier jour. Atypique, trois ou quatre empilements de rondins, et une petite rivière pas très large. Le sol était de terre battue et damée par le passage de milliers de sabots, comme si on avait voulu masquer la tombe d’un illustre guerrier Mongol sous une couche épaisse de glaise.
Guidé par Didier qui ouvrait la marche, je fis prendre place à Sirocco sur la ligne de départ, à côté de Tatiana qui nous attendait, déjà montée sur Réocre, une jument à la robe grise qui se diluait dans un pelage plus sombre au niveau des jambes.
Quand la cavalière nous vit approcher, la tête tournée vers le lad, ma monture et moi-même, je vis la sévérité de son visage s’adoucir légèrement, malgré elle.
Sans un mot elle fit s’écarter légèrement son destrier pour nous laisser prendre place, alors que je ne cessais depuis quelques minutes de prier pour ne pas me casser la figure en montant en selle. Bien que je ne fus pas de petite taille, la jument était haute, et monter était toujours un acte nécessitant une certaine énergie.
« Hé bien, qu’attends-tu Horace ? » me défia Tatiana, qui sans nul doute devinait mon appréhension.
J’empoignai la crinière de la jument au niveau de l’encolure et l’arrière de la selle, puis plaçant le pied gauche dans l’étrier du même côté, je donnai une forte impulsion pour venir me coucher à plat ventre sur la selle. Jugeant du ridicule de la position, j’eus tôt fait de finir d’enfourcher la selle et d’y prendre mes marques.
« Dieu que c’est haut », me surpris-je à penser.
« Puisque tu es prêt, je propose que nous partions ? Didier n’aura qu’à donner le départ, ordonna-t-elle d’un geste de la main qui n’appelait nulle réponse. Voici juste les règles : c’est une course de vitesse, on se fiche des points. On suit simplement le parcours, les obstacles, et on doit arriver à la fin en premier. Je ne te rappelle pas l’enjeu.
— Oh non, ça devrait aller.
— Désolée, je ne voulais pas me montrer vexante, mais j’espère que tu prends ça au sérieux autant que moi.
— Je n’ai pas vraiment le choix, mais rassure-toi, si j’ai accepté de remonter en selle, c’est parce que c’est une chose que je prends au sérieux. »
Elle me regarda tristement, tendit la main vers moi, mais croisant le regard de son père qui venait de nous rejoindre, se reprit brusquement et se redressa sur sa selle. Je la vis se mettre en position, et j’en fis rapidement autant.

Alexis Corranovsk prit la parole :
« Bien, alors je rappelle les règ…
— C’est bon papa, nous venons de voir ça ensemble, l’interrompit Tatiana, Didier va donner le départ. C’est quand tu veux Didier. »
Le lad sembla pris entre deux feux, regardant tour à tour la jeune femme et son père, en proie tout à coup à un conflit de loyauté. Son regard s’arrêta un instant sur moi, et je lui indiquai Alexis d’un mouvement du menton, ne souhaitant pas que le jeune homme ait des ennuis. Le père de Tatiana hocha la tête en direction du jeune lad, et Didier se plaça sur la ligne de départ, le bras tendu, parallèle au sol : il n’avait visiblement pas l’habitude de donner le départ de courses hippiques.
« Hé bien, si vous êtes prêts, je compte jusqu’à trois et à trois, vous partirez. Êtes-vous prêts ? Bien alors une… deux… et trois ! »
Tatiana donna un léger coup de talon à sa monture, pendant que je serrais les jambes de part et d’autre de la panse de la mienne. Les deux chevaux démarrèrent au trot, sur la ligne droite qui constituait le début de l’épreuve. Nous avions conscience que monter au galop sur une si petite distance allait épuiser trop tôt nos montures, et nous nous dirigeâmes à allure modérée vers le premier obstacle : deux rondins, un échauffement, mais pour moi une chose que je n’avais pas faite depuis longtemps. Réocre avait deux encolures d’avance sur Sirocco, et enjamba sans peine les morceaux de bois, tandis que je donnai l’impulsion à la jument isabelle et… fermai les yeux en espérant que tout se passe bien.
Alexis avait raison : ma monture connaissait son affaire, je sentis à peine le moment où à son tour elle enjamba l’obstacle, mais réalisai en rouvrant les paupières que je la menais dans une mauvaise direction. Tirant sur les rênes, je corrigeai notre trajectoire, mais j’avais à présent bien plus de retard, et déjà le second obstacle se présentait devant nous.

Trois rondins assez fins mais un peu plus hauts que l’obstacle précédent, j’ignorais s’il s’agissait d’une chose considérée comme difficile, mais cette fois-ci, j’avais noté qu’après se trouvait un virage et je fis confiance à Sirocco pour ce qui était de franchir cet erzats de mur en bois. Une petite impulsion pour l’inviter à grignoter notre retard, me promettant qu’elle aurait droit à quelque chose de plus concret à grignoter à la fin de la course. Les sensations de cette dernière qui avaient mis un moment à m’habiter commençaient à trouver leur place dans mon cerveau… un véritable impetus1 communiqué par le cheval au départ, les petits sauts ressentis lors du passage au trot, les coups dans la colonne vertébrale avant que les muscles ne prennent le relais et que l’on retrouve un certain équilibre en selle, avec un fort appui sur les étriers pour limiter le choc lors de l’atterrissage après l’obstacle.
Un léger bruit de raclement me fit comprendre que Sirocco avait touché l’un des rondins, mais le fait qu’elle ne fasse même pas mine de ralentir me rassura immédiatement : elle n’avait pas été blessée.
Réocre nous distançait dans le virage suivant, et c'est par l'intérieur que j'engouffrai ma jument entre sa rivale à la robe souris et les barrières de bord de piste. Heureusement pour moi, ma monture savait garder ses distances, et en quelques foulées et sans heurts, nous avions rattrapé un peu de notre retard.      
« Allez ! », clamai-je en grattant la croupe de Sirocco.
Le troisième obstacle se présentait devant nous : cinq rondins, et je me rendis compte que je venais de forcer le galop de ma monture pour reprendre de la vitesse. Tatiana avait fait de même car il faudrait une certaine vitesse pour passer une telle hauteur ; je vis Réocre littéralement décoller du sol sous l’effet d’une impulsion qui aurait fait honte au plus agile des félins, l’animal sembla voler l’espace d’un instant, mais je n’eus pas le temps de m’appesantir sur ce moment : Sirocco venait elle aussi de quitter la piste pour le vol de 16h15, et j’étais l’unique passager.
Alors que Réocre reprenait déjà la course, la secousse de l’atterrissage fut des plus violentes : je sentis que l’espace d’un instant, la jument isabelle avait glissé sur le sol avant de reprendre vigoureusement son équilibre, et elle n’attendit pas mon consentement pour se remettre en piste : elle reprit son galop en direction de la rivière.
Tatiana et Réocre avaient déjà moins d’avance : j’aurais presque pu toucher la croupe de la jument souris si j’avais eu une cravache, mais il fallait que je m’écarte de ma prédécesseure2 car le saut de la rivière allait être – comme pour l’obstacle précédent – des plus nerveux.

La charge de la cavalerie légère

« Pourquoi est-ce que tu voudrais que ce soit nerveux ? »
C’était la voix d’un de mes anciens professeurs d’éducation physique qui venait de s’inviter dans le tohu-bohu de mes pensées.
« Au fond, reprit-il, c’est une étape de la course comme une autre Horace. Regarde-les tes collègues qui sautent comme des cabris quand ils font de la course de haie : tu ne vois pas dans quel piège ils tombent ? Puisque tu es si fort en physique, est-ce que tu peux me dire pourquoi les champions d’athlétisme ne font jamais ça ?
— Ben… monsieur Serbiniel, je ne sais pas trop ?
— C’est quoi le but d’une course de haie ?
— J’imagine qu’il faut sauter par-dessus les haies …
— Et le mot course ?
— Ah… hé bien le plus rapidement possible… donc s’ils ne font pas de sauts comme ceux-là, c’est parce que ça les ralentit ?
— Exactement ! Quand tu es en l’air, tu ne prends plus appui sur le sol, tu ne te propulses plus, et donc tu ralentis. Donc si tu veux aller plus vite…
— … je dois juste enjamber l’obstacle et continuer à courir. Ne pas sauter… juste enjamber… avec beaucoup de souplesse. »
J’eus l’impression d’avoir mis le doigt sur une information importante, mais je ne voyais pas très bien comment expliquer ça à ma jument alors que la rivière se rapprochait encore… enjamber la rivière… aucun cheval ne pourrait faire ça. À nouveau une voix étrangère, celle de Tatiana, vint s’immiscer dans mes pensées :
« C’est une course de vitesse, on se fiche des points !
— Certes Tatiana mais en quoi est-ce que ça …»
Je venais de comprendre. Parfois l’esprit humain se sert des souvenirs qu’il a emmagasinés pour vous faire comprendre ce que vous devriez avoir compris depuis longtemps, et alors que nous nous apprêtions à sauter par-dessus la rivière, je sus ce que je devais faire.

La voix du Capitaine Stark des Tuniques Bleues qui avaient bercé mon enfance et que j’avais imaginée gouailleuse et encrassée par le tabac retentit dans mon crâne :
« Chaaaargez ! »
Je montai sur les étriers, penché sur l’encolure de Sirocco, et la lançait en plein galop, en espérant qu'elle comprenne le message. Comme je m’y attendais, Tatiana fit bondir Réocre comme elle en avait l’habitude au niveau de la rivière, mais Sirocco et moi traversâmes cette dernière au grand galop, sans écart pour ce ridicule petit cours d’eau, visant déjà l’obstacle suivant. Ainsi que je l’avais appris, l’allure de ma monture ne fut pas brisée, ni par le filet d’eau qui osait se prétendre rivière, ni par l’hésitation de ma jument d’un jour qui se demanda sûrement pourquoi cette fois-ci il ne fallait pas sauter, et nous dévorâmes le retard que nous avions pris, partant à vive allure vers le dernier obstacle. J’entendis à peine la protestation de Tatiana, ayant commencé à mettre de la distance entre elle et moi. Avec l’allure accumulée, les quatre rondins de la dernière épreuve ne furent aucunement un obstacle, et la confiance que nous avions prise, ma monture et moi-même, se concrétisa sous la forme d’un saut court et énergique, renversant au passage deux des rondins de l’empilement. Mais de toute façon les points ne comptaient pas… l’important était ailleurs.

Dans le fracas des sabots

   Je suis redevenu celui que j’ai été. Il y a dix ans, je montais de cette façon, et sans un problème de sanglage, j’aurais sans doute gagné de telles courses à l’époque. On nous dit que la relation avec le cheval est une chose importante… sans doute puisque tout le monde ne peut pas faire passer tous les obstacles à toutes les montures, mais comprendre les règles est une chose que j’ai toujours su faire. Aussi bien celles qui régissent la nature que les règles qui disposent les êtres humains les uns par rapport aux autres. Et comprendre les règles est aussi une part importante de ce type de jeu. Ces jeux dont le prix est parfois très élevé.
Sirocco sait quelle est sa place et ce que l’on attend d’elle, elle galope de son mieux, sans se mettre en danger ni me mettre en danger, et elle doit avoir deux ou trois ans d’ancienneté dans cette activité.
Tatiana monte depuis qu’elle sait marcher. Poneys, double-poneys, chevaux, elle en a vu naître et mourir, et enfants, c’est elle qui m’a appris tout ce que je sais des équidés. Plus tard, je suis souvent venu au haras de son père, c’est là que j’ai vu, certes, sa désapprobation, mais aussi l’amour d’un père pour sa fille qui veut qu’elle soit heureuse et qui l’amène à faire des concessions.
C’est lui qui m’a prêté ma première selle et cette bombe que j’allais rapidement arrêter de porter. C’était aussi lui qui était là, le jour où…

D’abord la douceur…

Un chaud après-midi de septembre où l’été n’était pas encore mort, l’air était chargé de l’odeur poussiéreuse des moissons dans les champs alentour, et il était convenu que je rejoigne Tatiana qui était partie à l’aube faire le tour des clôtures. Nous ne savions pas précisément où elle se trouvait, mais il me suffisait de prendre le trajet inverse du sien pour la retrouver au bout d’un moment, n’ayant pas la même inspection qu’elle à mener.
À l’époque le vieux lad était mon oncle Oscar, et Alexis et lui avaient veillé à me trouver un cheval digne de ce nom, rapide, pas d’une très bonne constitution – il devait mourir deux ans plus tard – mais fiable et peu farouche : Rostand. Après l’avoir pansé et placé le tapis de selle, j’avais déjà demandé de l’aide à mon oncle Oscar pour la selle, mais c’était Alexis qui était venu me voir, avec un grand sourire, et m’avait donné un coup de main.
Nous avions parlé de ce que je faisais en classe, de l’école d’ingénieur où je voulais étudier quelques années plus tard, du fait que j’allais laisser Tatiana toute seule pendant quelque temps. Je lui avais dit que si nous étions vraiment sincères, nous saurions nous attendre tous les deux.
Après cela, j’étais allé chercher mon sac à dos, avant de retrouver Rostand dans son box. Alexis était toujours à côté de lui… mais au fond, ne l’avais-je pas vu l’instant d’avant tourné vers l’animal ?
Mes souvenirs me jouaient sans doute des tours, mais plus je repensais à cette histoire, aux quelques jours que j’avais passés dans le coma, et plus cette pensée insidieuse se mit à m’habiter. Alors que le dernier virage avant la ligne d’arrivée où j’asseyais doucement ma tête de course voyait Sirocco frôler l’intérieur de la boucle, je ressentis un profond sentiment de trahison.
Le sourire d’Alexis, guidant avec moi Rostand à la sortie des écuries, le fait qu’il m’ait aidé à monter en selle, me privant ainsi du vigoureux appui sur l’étrier qui aurait dû m’alerter ; m’alerter sur le fait que ma selle n’était pas assez serrée. Cette technique du doigt sous la selle telle que me l’avait montrée Didier… nul doute que cet homme avait été formé par Alexis, et donc que ce dernier ne pouvait manquer d’avoir, à l’époque, remarqué mon problème. Le fait qu’il sache pertinemment que je ne portais jamais de bombe… soudain, je n’eus plus aucun doute : il y a dix ans, Alexis Corranovsk avait tenté de me tuer. Il avait fini par passer outre son amour paternel pour évincer de sa vie ce garçon à la peau noire qui vivait avec sa fille chérie les premiers frissons de l’amour, sans doute de peur que cela ne devienne plus sérieux.
Évincer ainsi le neveu d’un de ses meilleurs lads, fils d’un petit agent immobilier de Basse-Terre n’aurait au final pas été une chose difficile, un simple accident de cheval, ni l’absence de bombe dont j’étais coutumier, ni la présence de la moissonneuse-batteuse qui avait effrayé le pauvre Rostand n’auraient surpris quiconque.
Mon regard se risqua près de la ligne d’arrivée. Didier n’était pas là, mais Alexis semblait fulminer, et j’en devinais sans peine la raison : cette course, sans doute l’avait-il suggérée à Tatiana.
« Voyons Horace, je ne me vois pas mariée avec quelqu’un qui aurait peur de monter à cheval, je ne veux pas te voir reculer dès que je te proposerai d’aller nous promener tous les deux, m’avait-elle dit quand j’étais revenu, mon diplôme en poche.
— Oh mais je sais monter à cheval tu te rappelles ? lui avais-je répondu. C’est juste que je ne l’ai pas fait depuis longtemps.
— Et je suis sûre que si je te le demandais tu remonterais en selle. Mais prouve-moi que tu aimes toujours ça. Faisons une course, et remporte-la. Sinon… »
Elle avait détourné le regard tristement. J’aurais dû savoir alors qu’elle n’était pas sincère, et je me mis à craindre qu’Alexis n’ait à nouveau maltraité ma selle. Ou peut-être Didier l’avait-il fait… n’était-il pas son employé au fond ?
Ma panique se communiqua à Sirocco qui ralentit légèrement l’allure, un instant je compris que si le père de Tatiana avait été prêt à me tuer il y a dix ans, il ferait bien pire si je remportais cette course.
Il fallait que sa fille gagne, et ensuite, je trouverais sûrement un moyen d’expliquer tout ça à Tatiana. Tirant sur les rênes pour faire ralentir la jument isabelle, les paroles de Didier me revinrent à l’esprit : « Soyez pas trop rapide quand vous lui demandez de changer d’allure », m’avait-il dit, je compris pourquoi.

… puis la chute.

Sirocco sentait que je contraignais son élan et s’arrêta brusquement. Empoignant la selle d’une main, je crus tenir bon, mais la jument se cabra et je fus immédiatement désarçonné. Ma chute me précipitait vers le sol de terre battue quand je manquai de peu d’être heurté par Réocre que Tatiana essayait de maîtriser.
Le choc fut brutal, sourd, et assorti d’un léger craquement dans mes vertèbres. Me rappelant de la chute que j’avais vécue jadis, je retrouvais cette impression terrorisante de souffle coupé, rendant la respiration impossible, et souvent – cette fois ne faisant pas exception – assortie d’un manège de petites lucioles blanches dansant devant les yeux. Mon dos et mes jambes me faisaient mal, ce qui était paradoxalement bon signe, et Tatiana se pencha sur moi, posant sa bombe au sol.
« Ça va ? me demanda-t-elle avec un air suppliant, dis-moi que tout va bien.
— Souffle… coupé… réussis-je à caqueter, et t… toi ?
— Évidemment que ça va, espèce d’imbécile, tu crois que je ne t'ai pas vu tenter de retenir ton cheval pour me laisser passer ? Qu’est-ce que ça veut dire ?  Tu pensais que perdre cette course te débarasserait de moi ? »
Je vis qu’Alexis s’était rapproché, le visage légèrement intrigué. Plus loin, je vis Didier qui maîtrisait et ramenait vers nous Sirocco. Difficilement, j’essayai d’articuler :
« Reprendre… mon… souffle. Te dis… tout.
— Oh mais il y a intérêt, m’admonesta-t-elle, furieuse.
— Hé mam’zelle, l’interrompit Didier, j’ai ramené Sirocco. Elle va bien.
— Tant mieux, répondit Alexis, je peux t’assurer qu’Horace n’est pas près de remonter sur un cheval de mon haras s’il les traite comme ça. »
Tatiana hocha la tête.
« Déjà voyons s’il ne s’est rien cassé, conclut-elle, je m’en occupe. Non papa, pas la peine de protester, je m’en charge, c’est ma course, c’est à moi de gérer ça.
— Comme tu veux, moya doch'3, ce sera bientôt à toi de gérer tout ça de toute façon. »

Alexis était parti. Didier avait emmené avec lui Réocre et Sirocco. Le sol froid et humide collait à mon t-shirt, et mon cerveau me faisait sentir des odeurs étranges que je ne reconnaissais pas. Au milieu du ballet de lucioles qui s’estompait, je voyais le visage de Tatiana qui oscillait entre peur et colère… elle me fixait, semblant visiblement attendre que je m’explique. Et j’avais intérêt à le faire rapidement, alors que je ne savais même pas encore si je pouvais lui dire sans aucune preuve que c’était son père le responsable de l’incident qui était survenu il y a dix ans.
Il me fallait être le plus sincère possible, ou bien elle saurait me prendre en défaut. Lui dire que je me sentais coupable de ne pas avoir sauté la rivière ? Un peu, mais pas assez. Lui dire que son père devait me détester ? Je pense qu’elle s’en doutait, mais qu’elle ne soupçonnait pas depuis quand. Finalement, je lui confiai la seule chose dont j’étais sûr et qu’elle pouvait entendre :
« Je suis désolé pour Sirocco, c’est une bonne jument et elle a donné le meilleur d’elle-même. Je regrette de l’avoir surprise près de la ligne d’arrivée. C’était idiot de ma part …
— Évidemment, me coupa-t-elle, je ne l’aurais pas choisie si ce n’était pas une bonne jument. Surtout compte tenu de ta peur des ch…
— Je n’ai pas peur des chevaux, j’ai… non j’avais peur de tomber de cheval.
— C’est pour ça que tu es tombé encore une fois… Sirocco a dû sentir que tu n’avais pas confiance.
— Non ce n’est pas ça, ce n’est pas ce qui m’a fait tomber. C’est de ton père dont j’ai eu peur…
Elle afficha un regard plein de méfiance.
— Mon père ? De quoi est-ce que tu parles, là ?
Je sentais que la colère était loin de s’éteindre dans ses paroles et sans doute plus dans son cœur.
— Tatiana, que crois-tu que ton père aurait dit si j’avais remporté la course, surtout de cette façon, en utilisant les règles au pied de la lettre ?
— Hé bien je… euh… je ne sais pas, me répondit-elle, un peu décontenancée, j’en sais rien, où tu veux en venir, encore ?!
— Ton père ne m’aime pas. Il ne m’a jamais apprécié et je ne crois pas qu’il voit d’un bon œil ce qui nous unit. En voyant la ligne d’arrivée si proche, et son visage déjà écarlate alors que je ne l’avais pas encore passée… c’est ce qu’il aurait pu faire qui m’a fait peur.
— Arrête ! C’est mon père, il aurait fini par comprendre…
— La course c’était son idée non ? »
Elle ouvrit la bouche en secouant la tête mais referma les lèvres aussitôt. Tatiana me regarda un instant en se pinçant les lèvres, les yeux brillants. Elle tourna la tête en direction des écuries où était parti son père, et je vis en faisant de même qu’il conversait avec Didier, tout en surveillant nos échanges. La jeune femme tourna de nouveau le visage vers moi de sorte que son père ne put voir l’expression qu’elle affichait. C’est alors que je vis de larmes perler à ses yeux. Elle sembla prise d’un léger hoquet et se rapprocha de moi, sur les genoux.
J’étais toujours allongé sur le sol, et elle m’aida à me redresser. Je la vis tenter de retenir ses larmes, à mesure qu’elle me serrait contre elle. Elle embrassa mon front, et je vis son regard se tordre pour surveiller la réaction de son père. Sans difficulté, je compris qu’elle avait lu sur la figure paternelle d’Alexis ce que moi-même je pouvais deviner.
« Horace, murmura-t-elle, je suis désolée de t’avoir fait ça. Je pensais qu’il cherchait juste à… eh bien… mettre un peu à l’épreuve tes sentiments. C’est pour ça que je n’étais pas inquiète et que j’ai pris ça comme un simple défi.
— Je crois… je crois aussi que c’est lui qui …
Mais les mots me restèrent au fond de la gorge. Pas question d’infliger en plus à Tatiana le fardeau d’une fille d’assassin. Un très mauvais assassin par ailleurs, et j’étais la preuve vivante.
— Oui ?
— Qui a élevé la plus charmante des blondinettes qui aient monté des chevaux dans ce haras.
— Sale menteur ! renifla-t-elle, en laissant aller les larmes qu’elle n’avait finalement plus réussi à retenir, tu voulais dire autre chose !
— Oublie ça pour l’instant. On trouvera un moyen de convaincre ton père que je ne suis pas… ben je ne sais pas… quelqu’un qu’il ne faut pas pour sa fille.
— Je vais lui parler, laisse-moi faire.
— Mieux : allons lui parler ensemble, alors.
— D’abord, tu m’embrasses… on aurait dû commencer par là… »
« Modifié: 13 Août 2015 à 01:19:42 par Olaf »

Hors ligne Loïc

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #1 le: 12 Août 2015 à 13:19:29 »
Plop !

Citer
à apporter à cette question, mais passons …

Espace intempestive

Citer
Mis à part cela, elle n’a pas vraiment de signe particulier, mais peu importe, pour ce qui m’attend, elle sera ma jument.

Le rythme ici me parait un peu haché. Je pense que c'est dû à la surabondance de virgules qui met tout sur le même plan alors qu'on a clairement de phases dans la phrase : jusqu'à signe particulier et à partir de mais.

Citer
Je me laisse conquérir par ce contact organique,

Tu as déjà contact organique deux lignes plus haut.

Citer
Je me laisse conquérir par ce contact organique, et je me prends à penser qu’il n’y a pas de plus belle chose sur terre… à part peut être…

Les premiers points de suspension ne me semblent pas nécessaires.

Citer
Elle, en revanche, s’est toujours montrée très fiable. »

Pas fan du en revanche

Citer
préparer… et j’allais en avoir besoin.

Idem que plus haut pour les points de suspension.

Citer
me parût toujours aussi grand que la première fois.

Accent circonflexe en trop.
Parut toujours aussi grand que la dernière fois, c'est lourd non ?

Citer
Bien en retard, je pus prendre le virage où Réocre avait mis de la distance entre nous par l’intérieur, effectuant un dangereux frôlement des barrières en bord de piste ; mais ma jument savait garder ses distances, et nous pûmes rattraper une petite partie de notre retard sans heurts.

Ca fait beaucoup de retard.

Citer
Tatiana avait fait de même, car il faudrait une certaine vitesse pour passer la hauteur de bois

virgule inutile.

Citer
ma prédécesseur2

Manque un e du coup non ?

Citer
elle a vu venir au monde et vu partir de ces augustes destriers,

Un peu lourd

Citer
C’était aussi lui qui était là, le jour où …

D’abord la douceur …

Des espaces en trop

Citer
aux quelques jours que j’avais passé dans

passés ?

Citer
es paroles de Didier me revinrent à l’esprit …

Espace en trop.
Toujours des points de suspension pas forcément utiles.

L'écriture est sympa. Peut-être un peu lourde et trop fournie par endroits, mais globalement ça se lit bien. Pas mal de tension dans le texte, bien gérée en plus. La fin laisse un peu sur sa faim mais j'imagine que c'est logique. Elle m'a un peu embrouillé aussi au niveau de l'enchainement des actions.

Au plaisir :)
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #2 le: 12 Août 2015 à 17:06:30 »
Salut Olaf !
Belle écriture, ça se lit très bien, même si c'est parfois un peu trop riche à mon goût.
Par exemple, les nombreux synonymes de "cheval" que tu utilises.
J'ai trouvé la montée de la tension un poil lente, mais là encore, c'est une histoire de goût. Le lecteur se demande "mais pourquoi remonte-t-il à cheval ?" pendant un peu trop longtemps je trouve. Idem, le coup de monter sans bombe, ça ne me semble pas très plausible (surtour de monter à nouveau sans bombe suite à un accident avec coma !).
Sinon, l'histoire est intéressante, la course bien décrite et les passages où Horace revit son passé sont bien insérés.
Rien à redire au niveau de la forme, pas de coquilles à relever et ça c'est très agréable.

Citer
On lui met un harnais et un mors ! »
un harnais ? un filet non ?
(en plus, tu as "harnachée" juste en dessous)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


À bientôt pour la suite donc !

Rémi
« Modifié: 13 Août 2015 à 00:19:02 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Ambriel

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #3 le: 12 Août 2015 à 23:22:16 »
Hey !

Citer
- Faut pas vous en faire, c’est juste une course. Mam'zelle Tatiana va monter Réocre, une jument souris qui ressemble pas mal à Sirocco, ça devrait être assez équilibré. Vous ne prenez pas de bombe et de cravache ? Et vous y allez avec vos chaussures ?
— Oui, ça ira. Je n’aime pas trop le principe de la cravache, la bombe a tendance à vite me gratter le crâne, et quant à mes chaussures, elles sont faites pour la montagne, ça m’évitera de glisser des étriers.
Euh... ouais... fin bon c'est pas un peu dangereux ça ?


Citer
Même si je le connaissais déjà, le terrain d’obstacles me parût toujours aussi grand que la première fois.
Pas besoin du toujours je pense ?

Citer
Guidé par Didier qui ouvrait la marche, je fis prendre place à Sirocco sur la ligne de départ, à côté de Tatiana qui nous attendait, déjà montée sur Réocre, une jument à la robe grise qui se diluait dans un pelage plus sombre au niveau des pattes.
Des jambes, du coup, pour un cheval. ^^


Citer
J’empoignai la crinière de la jument au niveau de l’encolure et l’arrière de la selle, puis plaçant le pied gauche dans l’étrier du même côté, je donnai une forte impulsion pour venir me coucher à plat ventre sur la selle. Jugeant du ridicule de la position, j’eus tôt fait de finir d’enfourcher la selle et d’y prendre mes marques.
Raah... ça me rend nostalgique...


Citer
« Puisque tu es prêt, je propose que nous partions ? Didier n’aura qu’à donner le départ, ordonna-t-elle d’un geste de la main qui n’appelait nulle réponse. Voici juste les règles : c’est une course de vitesse, on se fiche des points. On suit simplement le parcours, les obstacles, et on doit arriver à la fin en premier. Je ne te rappelle pas l’enjeu.
En fait c'est un fou ton gars ! Il remonte pour la première fois depuis longtemps, et il fait quoi ? Une course sur un parcours de saut d'obstacle, sans bombe surtout, et avec des chaussures pas adaptées. Oo
Citer
Une petite impulsion pour l’inviter à grignoter notre retard, me promettant qu’elle aurait droit à quelque chose de plus concret à grignoter à la fin de la course.
Sympa ^^

Citer
Ainsi que je l’avais appris, l’allure de ma monture ne fut pas brisée, ni par le filet d’eau qui osait se prétendre rivière, ni par l’hésitation de ma jument d’un jour qui se demanda sûrement pourquoi cette fois-ci il ne fallait pas sauter, et nous dévorâmes le retard que nous avions pris, partant à vive allure vers le dernier obstacle.
Comment il a fait comprendre à la jument qu'il fallait pas sauter ? Oo

Citer
Il avait fini par passer outre son amour paternel pour évincer de sa vie ce garçon à la peau noire qui vivait avec sa fille chérie les premiers frissons de l’amour, sans doute de peur que cela ne devienne plus sérieux
Ah, j'avais pas pensé qu'il était black. Comme quoi le formatage... XDD

Citer
Sirocco sentait que je contraignais son élan et s’arrêta brusquement. Empoignant la selle d’une main, je tins bon, mais elle se cabra ensuite immédiatement : déstabilisé par l’arrêt brutal de l’animal, je fus immédiatement désarçonné.
Ya deux fois immédiatement. Et elle est violente quand même la jument, il a juste « tiré légèrement sur les rênes », je vois pas ce qu'il pouvait faire de mieux XD



En fait, au début, le titre et l'intro ne m'avaient pas tellement emballée. Oui, ça fait négatif, mais je m'explique :

Déjà, je suis pas très motivée pour lire des textes sur le fofo en ce moment (mais je me soigne). En plus, je suis tombée ici par hasard. Mais hé, je suis restée !

En fait c'est juste que j'étais pas du tout dans l'humeur nécessaire pour apprécier l'intro sur la relation homme/chevaux :)


MAIS par contre, ayant été cavalière dans un club pendant 7ans, et étant ex cavalière depuis bien 4 ans maintenant, ( :( ) ben ça m'a trop parlé par moments, et ça m'a rendue trop nostalgique etc... Tu décris vraiment les sensations, le pansage, la montée en selle etc... J'espère que tu les as vécues au moins une fois, sinon t'es juste trop fort XD

L'histoire est plutôt intéressante, ça se lit bien... Vouala ^^


A pluche !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Olaf

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #4 le: 13 Août 2015 à 00:52:41 »
Bonsoir à vous trois,

Suite à vos remarques, le texte a été un peu remanié, j'ai corrigé des trucs que je n'avais pas vus (vous non plus ah ah !) et qui trainaient à gauche et à droite.
La version précédente est disponible en balise spoiler si vous avez quand même envie de refaire une passe sans tout relire, et juste faire un comparatif. En fait non, à cause de la limite de caractères.  :D

Quelques réponses d'ordre général :
Je suis heureux déjà d'avoir réussir à pondre un texte digeste, et que vous ayez pris le temps de le lire.
Je vous confesse que le sujet ne me passionnait pas non plus, mais je sors d'une (très) longue période sans produire de texte, j'ai attrapé les premières idées que j'ai eues. C'est de l'eau de rose pour l'instant, mais je vous promets que ça ne restera pas comme ça jusqu'à la fin.

Concernant les incohérences, il y a eu des petites retouches au texte, mais il n'y aura pas de refonte du scénario ... tout simplement parce qu'il n'y a pas d'enjeu dramatique énorme, et que je n'ai pas beaucoup étudié le monde du cheval.
Le fait notamment qu'Horace ait autrefois eu un accident de cheval, et qu'il remonte à cheval sans bombe et sans bottes adaptées m'a tourné un moment dans la tête, et je me suis demandé si je ferai pareil. A vrai dire je n'ai pas la réponse, mais je crois qu'Horace est un martyr. C'est lui qui m'a obligé à le laisser monter comme ça !

Enfin, l'introduction avec l'histoire du cheval à travers les âges ... j'avoue que j'hésitais entre une introduction in media res et un truc complètement à des kilomètres de l'histoire et qui t'y amène de fil en aiguille. J'ai choisi de ne faire ni l'un ni l'autre et de vous offrir à la place une petite tranche de vie dans un haras, après quelques considérations sur les chevaux en eux-même.
Effectivement, toute la partie initiale avec le documentaire et la préparation de la course n'est pas importante pour le récit, on aurait largement pu s'en passer. Mais au final, je trouve ce début reposant, et il me permet d'introduire un certain nombre d'éléments de l'histoire.

Plus spécifiquement :
Loic, j'ai purgé les espaces avant les points de suspension, et j'en ai supprimé plusieurs. A vrai dire j'ai tendance à relire à voix haute mon texte et rajouter de la ponctuation là où je respire ou pour mettre en avant certains groupes de mots. On va essayer de perdre cette habitude.
J'ai pris en compte la plupart de tes autres commentaires, et je me suis un peu arraché les cheveux sur le passage où Horace coupe l'intérieur d'un virage pour gagner du temps. N'hésite pas à me dire si c'est lourdingue ou si tu penses que ça peut encore être revu. Si tu as d'autres formulations, je suis preneur.
Citer
La fin laisse un peu sur sa faim mais j'imagine que c'est logique.
La suite arrive alors.
Citer
Elle m'a un peu embrouillé aussi au niveau de l'enchainement des actions.
La fin ? Est-ce que tu peux préciser un peu s'il te plaît ?

Rémi, merci pour tes retours sur l'histoire et le dosage du texte, ça tombe bien, j'ai justement pas mal de progrès à faire dans ce domaine.
Citer
J'ai trouvé la montée de la tension un poil lente, mais là encore, c'est une histoire de goût.
Tu as raison, ça vient sans doute du fait que je bavarde beaucoup. Encore une fois, l'intro n'est pas forcément appropriée. Je ne pense pas que je recommencerai ce genre de manipulation du débit du texte.
Citer
Sinon, l'histoire est intéressante, la course bien décrite et les passages où Horace revit son passé sont bien insérés.
Ah ça c'est intéressant, parce que c'était le but de cet exercice : raconter plusieurs niveaux d'histoires et époques en même temps. Après Loïc dit que la fin l'a un peu embrouillé au niveau de l'enchaînement des actions, donc il y aura sans doute des choses à retravailler. J'ai appris quelques trucs, mais j'en cherche d'autres pour un projet plus lointain.
Citer
un harnais ? un filet non ?
J'ai droit de faire cette erreur, mais un lad ne la ferait jamais. J'ai corrigé mon texte avec une petite allusion
Citer
pas de coquilles à relever et ça c'est très agréable.
Kath est relectrice/correctrice, elle frappe très fort en cas d'écarts (mais il ne faut pas lui répéter que j'ai dis ça)

Bref, merci Rémi de tes remarques !

Hey Ambriel ! (Elle est terrible)

Merci pour tes remarques, voyons les points spécifiques :
Je ne reviens pas sur la question de la bombe et des croquenots à cheval, c'est comme la bière et le téléphone au volant, c'est un choix de martyre ! Plus sérieusement, tu (et Rémi aussi) as raison.  Je pourrais mettre ta remarque dans la bouche de Didier à la rigueur, ... mais vous trouvez vraiment ça si improbable ? Après tout, certes il s'agit d'un vieux traumatisme, mais le terrain d'obstacle est familier à Horace, et il court pour un enjeu qui lui tient à cœur, non ?
Globalement, j'ai pris en compte tes remarques, reformulé certaines phrases, notamment la découverte du terrain d'obstacle. D'ailleurs :
Citer
Comment il a fait comprendre à la jument qu'il fallait pas sauter ? Oo
Il a eu beaucoup de chance, lisons très vite ce passage, très très vite (même si j'ai un peu modifié la partie avant pour adoucir l'addition).  :-¬?
Citer
Ya deux fois immédiatement. Et elle est violente quand même la jument, il a juste « tiré légèrement sur les rênes », je vois pas ce qu'il pouvait faire de mieux XD
Il n'avait qu'à faire réviser les plaquettes de frein. Le paragraphe où Horace est désarçonné a été réécrit du coup, et j'ai fais sauter le "légèrement". Si tu penses que la jument peut se cabrer de façon plus plausible, je peux essayer de modifier cette partie du texte. Ne connaissant pas très bien les chevaux je ne sais pas trop là ...
Citer
Ah, j'avais pas pensé qu'il était black. Comme quoi le formatage... XDD
Non non, je suis loin d'avoir insisté — volontairement — sur ce point !

Sinon pour ce qui est de monter à cheval, pour moi ça remonte vingt neuf ans en arrière, du poney en club et je n'en ai pas gardé un très bon souvenir. En revanche, ce sont les ânes, plus tard, qui m'ont apporté bon nombre des sensations décrites dans ce texte, notamment le fameux "contact organique" que relève Loïc. On ne les montait pas en revanche, mais on les faisait travailler dans une ferme. D'où ma méconnaissance profonde de la course de cheval, de la façon de monter, et les dangers de l'absence de bombe.  :D

Merci encore pour vos commentaires, j'envoie la suite dans quelques minutes.

Edit : pour ci-dessous :  :mrgreen:
« Modifié: 13 Août 2015 à 02:01:38 par Olaf »

Hors ligne Kath

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #5 le: 13 Août 2015 à 01:12:27 »
Kath est relectrice/correctrice, elle frappe très fort en cas d'écarts (mais il ne faut pas lui répéter que j'ai dis ça)
:vaurien:
« Modifié: 13 Août 2015 à 01:16:56 par Kath »
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #6 le: 13 Août 2015 à 13:51:29 »
Je n'ai pas de commentaires à faire.

J'ai juste lu et apprécié.

Citer
On pourrait objecter que ces bêtes sont capricieuses et entêtées, mais il semblerait que ce soit déjà le cas dans la Nature. Cela doit être la raison pour laquelle les princesses s’entendent si bien avec les canassons, ces derniers savent reconnaître ceux qui sont des leurs.
:viviane:

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Hors ligne Olaf

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Re : Un triptyque du haras - Partie I - Lui
« Réponse #7 le: 15 Août 2015 à 02:38:00 »
Merci Kanimp, c'est bon pour le moral !

 


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