Je suis SDF ;
je suis sincèrement désolé, Franck,
j'ai tout stoppé, tu sais,
j'en avais marre en vrai,
j'aspirais fort à vivre sans fric.
Tu es un SDF ;
tu es un scout de France,
le sourire à l'affiche,
le bon mot dans la fiche,
la beauté de l'errance.
Il est SDF ;
il est sans difficulté financière,
le roi des randonneurs,
plein cap sur le bonheur,
il opte pour la route la plus fière.
Nous sommes tous SDF ;
nous sommes tous spécialement durs, financièrement :
nous bloquons les chemins
des petits lendemains,
ce que nous recherchons, je crois, c'est le vrai ; simplement.
Vous êtes SDF ;
vous êtes sévèrement directs, fatalement,
sans rien laisser passer,
sans jamais plus bosser,
vous êtes la fleur délicate, idéalement.
Ils sont SDF ;
ils sont, sauvagement, des fous
dans leur vie de bohème
bercée par un poème,
d'ailleurs, je les aime, j'avoue.
Je serai le SDF ;
je serai le suiveur de fées,
l'étoile de Vénus,
dans le gris d'Uranus
et dans des pages paraphées.
Tu seras SDF ;
tu seras sans deal féroce :
c'est en faisant le lien
que tu feras le bien,
tu haïras le négoce.
Il sera SDF ;
il sera sans dispute finale,
ayant vu tant de vies
depuis tant de pays,
il ouvrira donc les bacchanales.
Nous serons tous SDF ;
nous serons tous sans détritus, finalement :
nous comprendrons l'amour,
la pureté du jour,
nous saurons faire ainsi, tout intelligemment.
Vous serez SDF ;
vous serez souples, des fanions,
votre lumière douce,
en y trempant son pouce
illuminera les unions.
Ils seront SDF ;
ils seront sans détails futiles,
quand sur la Terre immense
germera la semence
des nouvelles idées fertiles.