Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

13 décembre 2019 à 12:01:50

Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateurs: Aube, Miromensil, Chapart, Claudius) » Traque[nouvelle]

Auteur Sujet: Traque[nouvelle]  (Lu 1218 fois)

Hors ligne Dragon-rouge

  • Scribe
  • Messages: 75
    • Ortie's art(
mon boulot artistique)
Traque[nouvelle]
« le: 10 février 2007 à 11:56:55 »
Il hésita quelques instants, puis commença à écrire sur le parchemin.

Je crois que j’avais dix ans, la première fois que je L’ai vu. Si belle et si gracieuse, la matière de Ses ailes semblait être de la soie, Elle avait des cheveux noirs qui tombaient en cascade sur Ses épaules. Nous étions près de la mare, au fond du jardin, Mère avait sa belle robe, la verte, qui lui arrivait jusqu’aux genoux. Ses cheveux roux flamboyants étaient relevés en chignon, elle avait mis ses lunettes noires et carrées, et elle avait un sourire aux lèvres, doux et rêveur. Je jouais avec l’eau quand je L’aperçus, Elle était assise sur un nénuphar, me regardant, Elle aussi. J’étais torse nu, Elle voleta jusqu’à moi, se posa sur ma poitrine y apposant une marque qui ne devait jamais disparaître, une étoile argentée. Le soir, mes parents se disputèrent, mon père désapprouvait le choix de ma mère, il criait qu’elle n’aurait pas du me La montrer, ma mère répondit que j’étais assez grand pour La voir. Lorsque je me couchais, je me sentais malheureux mais en même temps j’étais heureux car j’avais vu ma première Fée.

La deuxième fois, c’était au même endroit, cette fois, Elle s’était lovée dans une fleur, se gorgeant de la chaleur du soleil, Elle n’avait changé. Moi en revanche, j’avais quinze ans, une tignasse rousse avait poussé sur ma tête, j’avais grandi, j’était toujours aussi maigre, avec plein de taches de rousseurs, ma Tâche avait perdu de son éclat argenté. Un craquement me fit me retourner, je vis mon père, il avait un visage dur, il m'envoya dans ma chambre, je ne comprenais rien, mais je ne L'oubliais pas, Elle hantait mes rêves et mes cauchemars.

Mais j’ai oublié quelque chose, je ne me suis pas présenté. Je m’appelle James Barryc, fils d’Emma et de Peter Barryc, je vis en Angleterre, dans le Devon. J’ai vécu toute ma vie cloîtré dans cette maison, écarté des autres, pourquoi? Je ne sais pas trop, Père dit que j’ai une maladie grave qui empêche tout contact avec les autres enfants. C’est qui est mon précepteur, Mère m’enseigne plutôt tout ce qui est manuel. Mon père est différent de ma mère, il a les cheveux bruns, une moustache, un visage assez dur, contrairement à ma mère, où tout est douceur, c’est une sorte de Fée. Fée. Ce mot est devenu tabou chez moi, surtout depuis ma deuxième rencontre. J’ai souvent essayé d’en parler avec mon père, mais à chaque fois, il se ferme, déviant de sujet.

Pour mes seize ans, mes parents m’ont emmené à Londres. C’était la première fois que je sortais, j’étais complètement excité, durant tout le voyage en train, je ne cessais de poser des questions, mais parents souriaient mais semblaient sombres en même temps, enfin le train s’arrêta et un flot de voyageurs descendirent avec nous. King Cross... Je n’oublierais jamais ce nom. Plus j’avançais dans les rues bondées, plus les gens me dévisageaient l’air curieux, comme si j’étais une bête de foire. Je questionnais mes parents du regard mais ils ne répondirent pas, des larmes silencieuses coulaient le long des joues de ma mère. A présent toute joie était retombée, j’observais les rues sans vraiment les voir. Nous arrivâmes devant un bâtiment administratif à l’aspect pitoyable, je lus une plaque dorée sur laquelle était inscrit: Bureau de Détection des Faeries. Je ne connaissais pas ce mot. Un secrétaire à l’air hautain nous fit entrer dans une sorte de salle d’attente, il y avait deux chaises en bois, une petite table avait quelques magazines et un tableau représentant une fleur, la tapisserie s’était à moitié décollée du mur et la pièce était humide. Je restais debout, mes parents s’assirent mal à l’aise.

« Où est-ce qu’on est? »
J’avais posé la question d’une voix calme. Mes parents se regardèrent, hésitants, ce fut ma mère qui commença d’une voix mal assurée.
« Eh bien… Nous te devons des explications sur les seize années qui se sont écoulés. Comme tu as pu remarqué tout à l’heure, toi et moi, étions les seuls à avoir des cheveux roux. 
-Oui, j’ai surtout remarqué les regards des gens, fis-je froidement.
-Cela signifie ton appartenance à la race des Faeries, « ceux qui peuvent voir » en langage Féerique.
-Voir quoi?
-Les Fées. Celle que tu as vu, est ton compagnon de vie. Elle meurt quand tu meurt, Elle est triste quand tu es triste, bref Elle partage tout avec toi, et tu peux communiquer avec Elle. Cette Tâche que tu as reçu est un autre signe. Tu es un Faery. Et les humains normaux ne nous acceptent pas, c’est pourquoi le Gouvernement nous demande de rester cloîtré dans nos maisons le plus possible jusqu’à nos seize ans.
-Et après.
-Après nous sommes envoyés dans une… Espèce de réserve.
-Donc nous sommes encore enfermés jusqu’à notre mort.
-Certains non, ils sont choisis pour faire d’autres « spécimens » de la race, répondit mon père.
-Mais toi, tu n’es pas de cette race.
-Non, fit-il simplement.
-Donc je suis censé vivre jusqu’à la fin de mes jours dans une « réserve », repris-je. 
Ma mère hocha la tête les yeux embués de larmes, mon père se composa un visage neutre. 
« Nous sommes beaucoup?
-Assez oui.
-Je peux contacter ma Fée quand je veux?
-Oui. »
Je me laissais glisser le long du mur et prit ma tête dans mes bras.Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit, je levais la tête résigné, c’est ma seule occasion de fuir, je lançais un dernier regard à mes parents, gravant leur image dans ma mémoire, et bondit sur l’officier.
« James! »
La voix de ma mère me traversa comme si j’étais un fantôme, je ne me retournais pas. Et sortis le plus vite dans les rues ensoleillées de Londres, je vis un bus qui s’arrêtait, je montais dedans et lançait une pièce au conducteur, il me donna un ticket, j’allais au deuxième étage, me dissimulant le plus possible, j’étais à côté d’une vieille dame. Le bus démarra, puis s’arrêta quelques secondes plus tard, j’entendis le chauffeur parler.
« Un roux, non monsieur, vous savez, je vois des centaines degens chaque jour, alors…
-Je vais quand même vérifier. »
Je jetais des regards affolé autour de moi, cherchant desespèrement une cachette, quelqu’un me tapota l’épaule, je me retournant, imaginant le pire, c’était la vieille dame.
« Cache-toi dans mon sac. »
Je jetais un coup d’œil au sac posé à ses pieds, il était énorme. J’hochais la tête et m’empressais d’entrer dans le sac, elle me recouvra de quelques habits et de sacs plastiques, j’entendis le pas de l’officier, il s’approcher, je le vis par un trou, il scrutait le bus et regarda le sac.
« C’est quoi?, fit-il à la dame en montrant le sac.
-Mes courses. »
Il fixa le sac quelques instants puis partit du bus, je soupirais, la vieille dame me fit signe de sortir. Je remerciais mille fois la vieille dame, elle sourit simplement.<br
« Mon mari était comme toi.
-Qu’est-il devenu?
-Il a été tué lors d’une fuite. »
Une larme coula le long de sa joue, je la laissais à son chagrin. Nous arrivâmes à la gare, je la remerciais une dernière fois, et descendis du bus. J’achetais quelques affaires et provisions. Je m’approchais de la cabine.
Un vieux moustachu m’accueillit avec un sourire.
« Un billet pour Liverpool, s’il vous plaît.
-En fuite?
-Oui.
-39 £50, s’il te plaît.
-Voilà.
-Merci et au revoir. »

J’attendais quelque minutes puis montais dans le train. Il démarra quelques secondes plus tard, je regardais la ville défiler sous mes yeux puis je plongeais dans un sommeil profond.

Il posa sa plume et contempla le port, il jeta un coup d’œil à sa montre, il lui restait une petite demi-heure avant le départ. Il mit les feuilles dans une enveloppe, écrivit l’adresse et la posta à la poste. Puis il réajusta son sac sur ses épaules, il se passa une main dans sa tignasse rousse, et se mit en direction du quai d’embarquement. Il donna son billet à un contrôle et embarqua. Un quart d’heure le bateau démarra, le vent agita ses cheveux, il regarda l’horizon, il soupira et pensa à sa destination, Eireann, l’Irlande...
« Modifié: 25 avril 2009 à 15:13:54 par Milora »
"L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible".
Eugène FROMENTIN

Hors ligne Marygold

  • Comète Versifiante
  • ***
  • Messages: 4 254
  • marmotte aphilosophique
Re : Traque[nouvelle]
« Réponse #1 le: 12 février 2007 à 17:55:46 »
Bon, j'ai pris un peu de temps pour en

revenir à tes écrits ... :)

C'est un récit intéressant,

bien construit même si assez linéaire (pas trop de rebondissements, à

part la révélation des parents au coeur du récit) Bref, je n'ai

pas de remarques particulières concernant le récit en lui-même. Une

petite incohérence dans le bus : tu ne parles pas des gens autour, dont

l'un ou l'autre aurait la possibilité de 'vendre'

le garçon lorsqu'on le recherche...

Pour ce qui est du

style, j'ai surtout remarqué des maladresses (notamment dans la

confusion continuelle entre passé simple et imparfait à la 1e personne

du singulier) et un manque de coordination entre tes propositions, mais

rien, vraiment rien d'insurmontable ! Au contraire, ce sont des

petites choses faciles à corriger ! Le tout reste fluide, et se lit

bien, sans qu'on reste accroché sur une mauvaise tournure de

phrase ou autre.

Je passe donc à la correction plus

détaillée :
je L’ai vu -> vue


/>
Citer
Mère avait sa belle robe, la verte, qui

lui arrivait jusqu’aux genoux. Ses cheveux roux flamboyants étaient

relevés en chignon, elle avait mis ses lunettes

noires et carrées, et elle avait un sourire aux

lèvres, doux et rêveur.

Répétition maladroite du verbe

avoir. Une description est déjà lourde en elle-même, du fait de

l'absence de mouvement, mais si tu ne changes pas les verbes, ça

devient un peu indigeste. Exemple de ce que tu pourrais dire pour

éviter la dernière répétition : "et un sourire flottait sur ses

lèvres, doux et rêveur"
.

- Lorsque je me

couchais
-> premier exemple de cette confusion entre passé

simple
et imparfait. Petite astuce pour savoir s'il

faut mettre un s ou pas : change ta phrase en mettant un sujet

'il' ou 'elle' -> lorsqu'il se coucha

est mieux que lorsqu'il se couchait. C'est donc

"Lorsque je me couchai" qu'il faudra écrire !


/>- Elle n’avait changé. -> elle n'avait pas changé


/>
Citer
Moi en revanche, j’avais quinze ans, une tignasse rousse avait

poussé sur ma tête, j’avais grandi, j’était toujours aussi maigre, avec

plein de taches de rousseurs, ma Tâche avait perdu de son éclat

argenté.

Je prends ce passage là en exemple, mais on

retrouve ce problème dans presque tout le récit : ce n'est pas

assez coordonné. Tu mets une succession de virgules, mais il n'y a

aucun lien entre les propositions. Rajoute des 'et' ou des

'mais', coupe des phrases en mettant des points parfois...

C'est surtout cela qu'il faut changer je pense. Mais

c'est étrange parce que je ne me souviens pas avoir relevé ce

problème dans ta nouvelle "Duel"...

Citer
J’ai

vécu toute ma vie cloîtré dans cette maison, écarté des autres,

pourquoi? Je ne sais pas trop, Père dit que j’ai une maladie grave qui

empêche tout contact avec les autres enfants.

même

problème de coordination, avec en plus la question que le narrateur

pose au milieu de sa phrase : c'est extrêmement maladroit. Il

vaudrait mieux mettre une phrase comme "Je ne sais pas trop

pourquoi". Exemple : J’ai vécu toute ma vie cloîtré dans cette

maison, écarté des autres, et je ne sais même pas pourquoi. Père dit

que j’ai une maladie grave qui empêche tout contact avec les autres

enfants.


- C’est qui est mon précepteur ->

il manque un mot là...

Citer
Mon père est différent de ma

mère, il a les cheveux bruns, une moustache, un visage assez dur,

contrairement à ma mère, où tout est douceur, c’est une sorte de

Fée.

Ici, le « c’est une sorte de fée » ne va pas trop

puisque le sujet de ta phrase, au départ est le père, et on s’attend à

le trouver en sujet de « c’est ». Or, c'est la mère ! Exemple :

Mon père est différent de ma mère : les cheveux bruns, une

moustache, un visage assez dur ; chez ma mère, au contraire, tout est

douceur. C’est une sorte de Fée.


- mais à chaque fois,

il se ferme -> il se fermait
- un flot de voyageurs

descendirent avec nous. King Cross
...
     ->

un flot de voyageurs descendit (le sujet c'est "flot"

donc un mot au songulier)
     -> King's

Cross
- Je n’oublierais jamais ce nom -> futur = je

n'oublierai

Citer
Un secrétaire à l’air hautain nous

fit entrer dans une sorte de salle d’attente, il y avait deux chaises

en bois, une petite table avait quelques magazines et un tableau

représentant une fleur, la tapisserie s’était à moitié décollée du mur

et la pièce était humide.

revois un peu cette

description avec les choses que je t'ai dites plus haut. Par

exemple, on a l'impression que le tableau est sur la table, avec

la façon dont tu décris la pièce !

- les seize années qui se

sont écoulés. -> écoulées
- Comme tu as pu remarqué  ->

le remarquer
- Celle que tu as vu, est ton compagnon de

vie -> Celle que tu as vue / Et je pense qu'on dirait

plutôt ta compagne de vie
- Elle meurt quand tu meurt

-> tu meurs
- Cette Tâche que tu as reçu -> Cette Tache

(sans accent !) que tu as reçue
- nous demande de

rester cloîtré -> cloîtrés
- Et après. -> point

d’interrogation
- je levais la tête -> levai
- c’est ma

seule occasion de fuir -> c'était ma seule occasion de fuir

/>- je lançais [...]et bondit sur l’officier. -> lançai et bondis

/>- je ne me retournais pas -> retournai
- Et sortis le plus

vite dans les rues ensoleillées -> le plus vite possible
- et

lançait une pièce -> lançai
- des centaines degens -> de

gens
- je me retournant -> retournai
- Je jetais un coup

d’œil -> jetai
- J’hochais la tête et m’empressais -> je

hochai
la tête et m'empressai
- elle me recouvra

de quelques habits -> recouvrit !!!
- il s’approcher

-> s'approchait
- Je remerciais mille fois ->

remerciai
- je la laissais à son chagrin -> laissai
- je

la remerciais une dernière fois - remerciai
- J’achetais 

-> achetai
- Je m’approchais de la cabine -> approchai

/>- -En fuite ? -> bizarre comme demande… tu pourrais rajouter qu’il

le fait avec un sourire de connivence ou un clin d’œil, quelque chose

qui peut faire que James lui répond la vérité… Sinon on se demande

pourquoi il lui dit la vérité !
- J’attendais quelque minutes puis

montais dans le train. -> attendis, montai
- je regardais la

ville -> regardai
je plongeais -> plongeai
- la posta à

la poste. -> maladroit !
- il se passa une main dans sa

tignasse rousse -> on dit plutôt 'il se passa la main dans sa

tignasse rousse'
- se mit en direction -> se mit en

quête
ou partit en direction
- Un quart d’heure le

bateau démarra -> un quart d'heure plus tard


/>Voilà... j'espère que ça pourra te servir !

Bien

évidemment, toutes les propositions que je fais ne sont pas des

obligations. Je suis sûre que tu peux trouver mieux donc ça ne me

dérangera pas si tu écris autre chose !! ^^
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Dragon-rouge

  • Scribe
  • Messages: 75
    • Ortie's art(
mon boulot artistique)
Re : Traque[nouvelle]
« Réponse #2 le: 13 février 2007 à 16:55:36 »
Merci beaucoup pour cette corection, elle me

sera très utile!
"L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible".
Eugène FROMENTIN

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.15 | SMF © 2017, Simple Machines
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.026 secondes avec 22 requêtes.