Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 Avril 2026 à 16:11:47
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Rosemonde

Auteur Sujet: Rosemonde  (Lu 10811 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Rosemonde
« le: 21 Mai 2015 à 21:42:08 »
Mamie nous ayant donné la permission de quitter la table, nous nous étions égaillés sur les pelouses en pente, pendant que les adultes se dirigeaient vers l'orangerie pour boire le café.

À chaque fois c'était, dans nos rangs, la même indécision : le parc qui s'étendait devant nous offrait une telle profusion de jeux possibles, que d'abord... nous ne faisions rien.
Traditionnellement nous nous asseyions donc sur le gazon parfait, laissant nos regards errer devant nous sur les bassins et les arbres centenaires, essayant d'attraper les sauterelles sur nos jambes nues et débattant avec véhémence du premier jeu de l'après-midi.

— On va voir les poissons rouges ! proposa immanquablement le petit Valentin aux yeux noisette, qui avait une prédilection pour les carpes koi somptueuses que collectionnait notre grand-oncle René dans les anciens viviers du château.
— Non, on y va tout le temps ! On retourne au labyrinthe ? répondit, en agitant ses tresses dorées, Rosemonde qui, pour sa part, adorait le parfum des buis et les petits bancs de pierre moussue que l'on découvrait toujours par hasard et qui étaient propices aux confidences.
— Impossible, ils ont dit qu'on commencerait à le tailler après le déjeuner ! rétorqua Jean-François, qui s'y était d'ailleurs tordu la cheville le matin même, et n'aspirait qu'à aller lire au calme dans la « lanterne » - une sorte de phare trapu et coloré.
— On pourrait aller à la chapelle ! osai-je avancer, provoquant les moqueries de mes cousins :
— PAUL LE CURÉ, PAUL LE CURÉ  !
Oh, pourtant mes incursions répétées dans le petit édifice étaient loin d'être guidées par une quelconque propension à la religion. Je l'aimais d'abord parce que je la trouvais très jolie : c'était l'exacte reproduction de l'une des chapelles que j'avais pu admirer avec mes parents sur une colline du lac d'Orta en Italie, pendant des congés de Pâques.
Elle en avait les belles couleurs crème et ocre, et son porche avancé était soutenu par deux robustes colonnes qui résumaient tout Rome pour moi à l'époque. Et puis, quelle tranquillité et quelle fraîcheur à l'intérieur... J'aimais beaucoup y attendre la fin des averses qui nous surprenaient parfois pendant nos jeux, et je m'y oubliais alors dans de longues rêveries.
— Et le pigeonnier ? avança Camille le comique du groupe, sourire rayonnant et cheveu ébouriffé, juste pour provoquer nos rires et nos cris :
— IL PUE, LE PIGEONNIER ! fut la réponse collégiale escomptée, et bien sûr, même Camille y donna de sa voix...
— On pourrait jouer à cache-cache... susurra alors la petite Charlotte, qui en rêvait depuis le début des vacances, et dont le vœu n'avait pas encore été exaucé :
— C'est moi qui cherche !
— Allez, c'est une très bonne idée ! répondis-je bon prince, mais on n'a pas le droit d'entrer dans la maison, ni les dépendances de la ferme, d'accord ? Et puis il faut qu'un grand l'aide, et interdiction de changer de cachette pendant la chasse !
—  D'ACCORD ! répondit la troupe docile.
—  Je cherche avec elle, proposa notre gentille Clotilde, dont le pas nonchalant saurait se régler sur celui de la petite fille.
—  JE COMPTE ! s'écria Charlotte qui, se cachant les yeux, enchaîna aussitôt :
— UN ! DEUX ! TROIS !...

Nous dévalâmes les pelouses, et nos pas sonnèrent sur les graviers brûlants ; chacun disparut dans une direction différente, jugeant indispensable de se cacher de tous les autres, car ces parties finissaient souvent par une vraie chasse à l'homme.
J'aperçus les tresses de Rosemonde sautiller pendant qu'elle courait, loin déjà, longeant les parterres à la française, dans la direction du jardin japonais.
— Je suis sûr que Valentin est parti vers les viviers et que Jean-François est déjà au phare... qu'est-ce qu'ils sont prévisibles... philosophais-je en levant les yeux vers les frondaisons des tulipiers, me dirigeant innocemment vers... la chapelle.

La porte massive en était ouverte. Je passai ma main sur le fût de la colonne de marbre toute chaude et me glissai dans l'obscurité. Il faisait sombre après les graviers blancs des allées et la façade frappée de soleil, mais on s'y habituait très vite, et les murs chaulés avaient besoin de peu de lumière, en fait, pour éclairer l'intérieur de l'édifice aux vitraux bleu sombre. Je laissai la porte ouverte pour tromper l'ennemi, supposant finement que l'on ne me soupçonnerait pas de me cacher ici sans m'y enfermer. Il ne faisait pas trop frais pour une fois, la porte ayant laissé entrer la chaleur estivale, un très doux parfum d'herbe sèche et... oui... des effluves provenant de la roseraie toute proche où somnolait peut-être déjà Papi, à l'ombre d'un Pierre de Ronsard rose pâle ou d'un Catherine Deneuve saumon.
J'avais découvert LA cachette lors de ma dernière visite et n'en avais parlé à personne, prévoyant que le secret me serait utile un jour ou l'autre, et, il faut bien l'avouer, c'est en y pensant que j'avais tout de suite accepté la proposition de Charlotte.
Le fond de la chapelle formait une abside arrondie, et un autel un peu imposant avait été bâti tout contre, mais cela ménageait un espace en demi-lune derrière le bloc de pierre. Quand j'avais trouvé la petite loge, je m'étais armé d'une branche de cyprès et, juché sur l'autel, j'avais passé le plumeau derrière, très étonné de ne récolter qu'une seule mince toile d'araignée. La maniaquerie de ma grand-mère poursuivait visiblement sa domesticité jusque dans les moindres recoins de la propriété, impitoyablement. Je lui en fus d'ailleurs reconnaissant, car l'idée de me glisser là-derrière dans le noir me demandait déjà beaucoup de courage. M'imaginer épié par des bestioles velues et sales aurait fini par me faire jaillir dehors en poussant des hurlements. Mais une telle cachette ne pouvait être dédaignée : déplaçant deux des pique-cierges en bronze et un petit bouquet de fleurs blanches dans un vase, je me hissai sur l'autel, rugueux sous mes paumes, et me laissai glisser dans le puits, où je me baissai pour attendre l'incursion éventuelle de quelque intrus. Non sans avoir précisément replacé la décoration.
Une fois accroupi, l'attente me parut vite longue. Je me levais de temps à autre, l'oreille aux aguets, et m'inquiétais parfois de l'éventualité que l'on m'ait oublié, et que tout le monde soit allé goûter sans moi.
Puis j'entendis quelqu'un approcher. Je savais que le visiteur, ébloui, n'avait aucune chance d'apercevoir ma tête en entrant, et me donnai le temps de le reconnaître avant de plonger dans ma cachette.
Mais la silhouette qui se découpa à contre-jour dans l'ouverture ensoleillée était celle de la jolie Rosemonde. Elle entra lentement et alla s'asseoir sur un banc. Je sentis que quelque chose n'allait pas et, hésitant à peine, je sacrifiai mon secret :
— Rosemonde !
— Oui Paul...
— Tu savais que j'étais là ?
— Oui...
Je m'extirpai, perplexe, de ma cachette en m'éraflant le genou au dos de l'autel. Je m'approchai d'elle. Une flaque d'eau commençait à s'étendre sur le sol, gagnant les bancs alentours. Je la contemplai avec stupeur pendant qu'elle se levait : elle était trempée des pieds à la tête et sentait le marécage.
Sa chevelure mouillée avait pris une teinte terne, ses tresses pendaient, égouttant de chaque côté de son visage tout pâle, et la plus grosse bosse que j'aie vue de ma vie déformait le côté gauche de son front. Sa jolie robe fleurie n'était plus qu'un chiffon vaseux à travers lequel je discernais ses aréoles sombres, et sa culotte. J'en ressentis un certain malaise.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? m'écriai-je, consterné.
— Je suis tombée dans le bief. Je voulais me cacher sous le pont japonais, et j'ai glissé sur une pierre. Je me suis cognée, ajouta-t-elle en passant deux doigts sur l'hématome déjà violet. J'ai froid, Paul, je suis gelée.
— Viens au soleil. Il faut que tu retournes au château, de toute manière.
— Mais les autres vont croire que j'ai triché. Tu avais dit qu'on ne devait pas entrer.
— Rosemonde, tu t'es blessée, il faut que je te raccompagne, ça ne compte plus !
— Non Paul, reste ici, tu as trouvé la meilleure cachette, je vais rentrer, mais d'abord, fais-moi un petit bisou.
Elle commençait à grelotter et ce sont des petites lèvres bleutées qu'elle me tendit. Je la pris par les épaules et posai, hésitant, un chaste et maladroit baiser d'enfant sur sa bouche.
Elle était glacée, et ses lèvres me semblèrent celles d'une statue, pourtant j'en éprouvai une curieuse  émotion, pas vraiment sensuelle, mais plutôt obscurément douloureuse.
— Rosemonde, viens, il faut que tu rentres, insistai-je, désorienté. Il faut qu'on te soigne ! Il faut que tu te changes aussi !
Encore ce trouble en constatant la transparence de sa robe.
Elle répondit d'un ton raisonnable et ferme que je ne lui connaissais pas, un pauvre sourire sur son visage blafard :
— Je rentre toute seule, je vais chercher maman, ne t'inquiète pas. Je ne veux pas gâcher le jeu. Reste dans ta super-cachette, ils ne te trouveront jamais, tu gagneras la partie...
Les petits garçons sont parfois bien orgueilleux. Ce dernier argument eut raison de mon hésitation, et je regardai Rosemonde quitter la chapelle, laissant derrière elle une grande flaque où éclataient des petites bulles, et les traces de ses sandales boueuses. Elle s'était retournée dans l'embrasure, et m'avait donné une dernière recommandation :
— Ne dis à personne que je suis d'abord venue ici, s'il te plaît, c'est notre secret. À tout à l'heure !
Elle renifla et je devinai qu'elle pleurait. Une boule s'était formée dans ma gorge, que j'eus du mal à avaler, mais je la laissai sortir toute seule.

D'abord indécis, je retournai finalement derrière l'autel, et l'attente recommença, rythmée par mes changements de position, occupée aussi par la brûlure de mon genou qui me lançait de temps en temps. Je me demandais bizarrement si Rosemonde s'était fait gronder. Me sentant un peu coupable, je me rassurais en me disant qu'on rigolerait bien de cette aventure ce soir, à la table des enfants.

Par la porte ouverte me parvenaient parfois des éclats de voix lointaines, des rires peut-être, des bruits d'oiseaux. Le vent tiède dans les cyprès chantait sa propre musique, et m'apportait les sons distants au gré de ses caprices. Des insectes bourdonnaient dans la chaleur.

L'après-midi me semblait s'étirer sans fin, et pourtant je sus plus tard que je n'avais pas passé une heure dans la fraîche pénombre.

De fortes exclamations de petites filles m'étaient parvenues à un certain moment, et je m'étais dit que sûrement Charlotte et Clotilde avaient déniché un embusqué et que ça les mettait en joie, poussant ces cris suraigus dont les fillettes ont le secret.
Mais ce fut un hurlement vraiment terrifiant qui me tira soudain de mes pensées : je sentis les poils se dresser sur ma nuque, et mon cœur se mit à battre follement. Il me sembla d'abord ne jamais devoir finir, si bien que je ne l'identifiai pas tout de suite. Il résonna plusieurs fois dans le parc et à chaque fois qu'il s'interrompait, le silence semblait absolument total. C'était un cri de femme, il n'y avait plus de doute, et je sortis terrorisé du recoin dont j'étais si fier, pour surgir au soleil, n'y voyant rien pendant quelques minutes, les yeux pleurant d'effroi et d'éblouissement. Je me dirigeai vers les jardins d'où me parvenaient des exclamations.



« La dernière fois que je l'ai vue, elle courait vers le jardin japonais, elle longeait les platebandes blanches et bleues...  »



Charlotte et Clotilde avaient commencé leurs recherches du côté de la « lanterne ». Tout aussi fines que je croyais l'être moi-même, elles savaient qu'elles y trouveraient Jean-François. Il ne s'était pas caché, d'ailleurs, se contentant de les attendre, allongé sur l'une des banquettes de bois vermillon. Il jouait à déplacer son visage dans les rayons de soleil jaunes, bleus, rouges ; regardait les couleurs changer sur le dos de sa main qu'il faisait voler devant ses yeux. Souffrant un peu de sa cheville, mais goûtant surtout ce moment paisible, il laissa les deux fillettes continuer leur quête sans lui.

Elles contournèrent alors le château pour se diriger vers les viviers. Les trois bassins longeaient la grande allée des platanes, sur les graviers de laquelle de rares taches de lumière apparaissaient par intermittence. Elles progressèrent tronc par tronc, ayant repéré au niveau du deuxième réservoir le torse clair de Valentin. Elles n'avaient pas besoin de prendre de grandes précautions : il semblait en transe, assis sur la margelle verdâtre, les pieds nus plongés dans l'eau. Il regardait les poissons multicolores et leurs mouvements souples autour de ses pieds tout blancs. Il ne se retourna même pas à leur arrivée, leur lançant simplement un « Venez voir ! Il y en a un nouveau, un jaune ! »

Abandonnant le petit garçon fasciné, elle continuèrent leurs recherches en retournant du côté de la façade. Elles se dirigèrent vers le jardin japonais, comme Rosemonde tout à l'heure. Pour y accéder il fallait emprunter un petit pont arqué dont le bois était peint en vert.
On s'arrête toujours quand on passe un pont : arrivé au milieu on regarde le mouvement de l'eau qui passe dessous, on apprécie la danse des herbes longues prises dans le courant. On guette les libellules, on jette des cailloux. Puis, souvent, on se retourne et on fait la même chose de l'autre côté. Les deux enfants s'appuyèrent à la balustrade, se penchèrent, puis se mirent à hurler.



« Un drame est survenu hier après-midi au Château de la Fresnoy. Une petite fille qui y passait les vacances s'est noyée dans un ruisseau où elle était tombée. Les secours arrivés rapidement sur les lieux n'ont pu que constater le décès. Ce sont ses cousines qui ont découvert le corps sans vie de l'enfant qui se serait vraisemblablement assommée en tombant à l'eau. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l'accident. »



Ne me demandez rien. Je ne sais pas. Toutes vos questions, je me les suis déjà posées.

Et combien les réponses m'auront fait pleurer de remords et de peine, sur les vieux bancs de la chapelle.



« Modifié: 26 Octobre 2019 à 08:16:20 par gage »
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Say

  • Aède
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Re : Rosemonde
« Réponse #1 le: 22 Mai 2015 à 22:47:37 »
Salut Gage !
Je me suis totalement laissé emporter par ton histoire.

  J'aime la façon dont elle dérive d'un jeu d'enfant agréable et amusant à suivre à une fable plutôt glauque. L'univers est là, je trouve les sensations et les descriptions très authentiques. On s'y croirait. Ça à un bon gout de souvenir d'enfance, ce qui accentue la force de la chute. C'est assez court, mais ça suffit je trouve pour s'impliquer totalement dans l'histoire.
  J'adore tout le passage dans la chapelle avec cette étrange cachette, son amie qui revient le voir...le mystère qui reste entier. Mais  ce n'est pas étrange que les deux filles parties à leurs recherches de leurs amis mettent 90 minutes à trouver le corps de Rosemonde ?
  Aussi, je trouve que le moment où l'on quitte le narrateur pour suivre Charlotte et Clothilde (vers le fin) fait beaucoup retomber la pression avant la chute, et c'est à mon avis bien dommage, même si plus ou moins inévitable, pour faire survenir celle ci.

En tout cas, j'ai passé un très bon moment, et c'est bien dommage que tu n'as pas encore de commentaires !


Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : Rosemonde
« Réponse #2 le: 23 Mai 2015 à 12:15:51 »
Salut Say !
merci beaucoup pour ta visite sensible !
Tu as tout à fait raison, il était impossible qu'il se soit passée une heure trente de recherche pour les deux fillettes, alors j'ai réduis le temps. je pense cohérent que le narrateur trouve le temps long, alors qu'il n'en est rien.
Merci en tout cas pour ta remarque. Quant à la rupture de rythme, je suis là-aussi d'accord avec toi, mais elle est inévitable. Le fil de la narration m'obligeait à ça, je pense.
Merci encore et à bientôt quelque part par ici !  ;)
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : Rosemonde
« Réponse #3 le: 24 Mai 2015 à 23:41:18 »
Mon commentaire ne va sûrement pas être très constructif, mais je voulais dire que j'ai beaucoup aimé moi aussi !  ^^

J'ai trouvé ton texte très poétique et intrigant, je suis retombée un instant en enfance avec tes personnage très crédibles, et surtout, tu m'as surprise avec cette chute frissonnante à laquelle je ne m'attendais pas du tout. D'habitude, je n'aime pas quand on ne sait pas ce qui se passe, mais là, c'est ce qui fait la force de l'histoire, et ça fonctionne très bien !

Pouces en l'air !  :mrgreen:
Damn

Hors ligne Olibrius

  • Aède
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  • De retouuur !
    • La souris rose
Re : Rosemonde
« Réponse #4 le: 25 Mai 2015 à 00:43:38 »
Bonjour gage !

Mon commentaire risque de ne pas non plus être super constructif (mais qu'y a-t-il de constructif à dire face à un si beau texte ?  ::))
Pour la forme, j'adore ton écriture, je suis entrée directement dans l'histoire, c'est magnifiquement fluide ! Juste une mini mini remarque, il manque le majuscules au début de répliques de enfants au début.  ^^
Et puis pour le fond... Wow ! Dès le moment où le narrateur trouve sa cachette on commence à sentir qu'il y a un truc qui cloche, et puis cette tension qui monte... J'ai lu ça toute seule, dans mon lit, dans la pénombre, eh ben j'ai quand même eu peur mine de rien  ! (moi, chochotte ? Naaaan  :mrgreen:)
Enfin bref, je te tire mon chapeau, et encore merci pour ce texte magistral... J'en suis encore toute tourneboulée tiens !

Au plaisir  :D

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Rosemonde
« Réponse #5 le: 25 Mai 2015 à 01:29:17 »
Quand il s' est caché,  seul, au milieu du silence, j'ai ressenti comme un malaise. Quand elle est arrivée puis repartie, trempée et toute triste, j'ai commencé à flipper à cause de son air sérieux. Les hurlements m'ont déchiré le coeur. Puis ça a été l'angoisse de l'attente, terrible.  Enfin, la révélation, absolument bouleversante, absolument terrifiante. D'autant plus effroyable qu'on a vu la vérité mais qu'on ne s'en est douté qu'après coup. Ça, ça fait vraiment peur. De plus, nous avons tout découvert exactement comme aurait pu le faire une personne réelle. Et c'est cette sensation de réel qui est si frappante. Tu nous a fait voyager à travers les impressions de l'enfant tout au long du texte, et tu as amené la chute de la meilleure manière possible. Et c'est pour ça que ça semble si réel. Mon Dieu, je me sens encore mal, quand  j'imagine la fille pousser un soupir triste et se retourner pour s' en aller lentement, toute petite, la tête baissée et les cheveux mouillés, après lui avoir dit adieu...
Ahhh... En gros, du très très bon boulot, quoi  :mrgreen:

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : Rosemonde
« Réponse #6 le: 25 Mai 2015 à 11:52:05 »
Bonjour ! et merci à tous !
@Yöda : c'est toujours constructif de faire des compliments à celui qui écrit un texte. Ça le rassure, et l'encourage. Quand à la poésie du texte, je suis ravi que tu y ais été sensible.
@Olibrius : j'ai corrigé , pour les majuscules. Il faut dire que je ne suis pas un expert en dialogues, et je ne savais pas trop comment les rédiger, merci pour ta remarque. Merci beaucoup encore pour tous ces compliments. Je ne voulais tout de même pas en faire un texte horrifique. Juste quelque chose d'un peu douloureux et triste.
@Extasy : que te répondre ? :-[ Merci infiniment d'avoir lu et ressenti mon texte exactement comme j’espérais qu'il le soit. Tant qu'il n'est pas commenté précisément comme tu as eu la gentillesse de le faire, on n'est jamais sûr que "ça fonctionne". Comme je l'évoquais plus haut, c'est bien de la tristesse que je voulais qu'il reste après tout ça...
Merci beaucoup pour ton passage et ton commentaire sensible !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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Hors ligne Calegal

  • Troubadour
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Re : Rosemonde
« Réponse #7 le: 25 Mai 2015 à 12:12:31 »
Salut gage, mon commentaire non plus ne va pas être très constructif j'en ai peur.
J'ai adoré ce texte. Je l'ai dévoré d'une traite sans reprendre mon souffle. On se laisse porter de ligne en ligne. Je n'ai rien relevé de gênant.
Même si l'on comprend vite que la petite fille est morte on ne peut que avoir envie de lire a suite pour en savoir plus.
Tu nous plonge vite dans l'ambiance tout d'abord joyeuse et enfantine et ensuite vite mystérieuse puis oppressante.
Bon voilà je n'ai rien d'autre à dire à part bravo  ;D
Merci pour ce texte  ;)
"Le livre n'appartient plus à celui qui l'a écrit, mais à ceux qui le lisent." Modiano
"L'abus des livres tue la science. Croyant savoir ce qu'on a lu, on se croit dispensé de l'apprendre. Trop de lecture ne sert qu'à faire des présomptueux ignorants." J.J Rousseau

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : Rosemonde
« Réponse #8 le: 25 Mai 2015 à 12:21:31 »
Salut Calegal !
merci d'être passé par ici. Ma réponse à ton commentaire ne sera pas très constructive  :D. Merci pour tes éloges en tout cas, c'est toujours rassurant de savoir qu'une émotion passe. Merci encore !
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Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : Rosemonde
« Réponse #9 le: 25 Mai 2015 à 12:54:16 »
Citer
@Yöda : c'est toujours constructif de faire des compliments à celui qui écrit un texte. Ça le rassure, et l'encourage.

C'est pour ça que je me suis poussée à écrire quelque chose, même si j'ai toujours du mal à mettre des mots sur le ressenti que j'ai en lisant des textes.
Et comme Say, je trouvais ça dommage que tu n'aies pas plus de commentaires, c'est un coup à plomber le moral.  ^^
Damn

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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  • Homme incertain.
Re : Rosemonde
« Réponse #10 le: 25 Mai 2015 à 18:40:16 »
C'est très gentil de ta part, Yöda.
L'expérience m'a montré qu'il ne faut pas trop se biler quand un texte met un peu de temps à trouver ses lecteurs...
Il y a toujours une bonne âme pour aller fouiller les greniers poussiéreux du Mde où somnolent les textes oubliés.
Toujours une bonne âme pour s'asseoir dans un fauteuil en rotin un peu bancal, à côté des cartons ouverts.
Toujours une bonne âme pour souffler sur la couverture afin de déchiffrer un titre, et se dire : " Tiens, c'est quoi ce truc ?"
Cela dit, voir un texte qu'on a fiévreusement rédigé descendre petit à petit les degrés de la page "Textes courts", et disparaître totalement sans aucune visite est toujours désolant.
Donc merci, merci beaucoup et à bientôt !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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cessdu

  • Invité
Re : Rosemonde
« Réponse #11 le: 31 Mai 2015 à 19:32:34 »
dans le détail pour commencer :

Citer
A chaque fois
accent sur la majuscule !

Citer
que d'abord...
espace après les ...

Citer
répondit, en agitant ses tresses dorées, Rosemonde qui, pour sa part, adorait le parfum des buis et les petits bancs de pierre moussue que l'on découvrait toujours par hasard et qui étaient propices aux confidences.
cette incise est trop longue. une incise est censée comporter un verbe un sujet, éventuellement un adverbe ou un petit complément. il faut aller à la ligne pour en dire plus, en commençant une nouvelle phrase. et surtout dans l'incise pas de complément entre le verbe et le sujet comme ici
ça donnerait donc :
répondit Rosemonde en agitant ses tresses dorées.
Rosemonde adorait le parfum des buis et les petits bancs de pierre moussue que l'on découvrait toujours par hasard et qui étaient propices aux confidences.

Citer
rétorqua Jean-François, qui s'y était d'ailleurs tordu la cheville le matin-même, et n'aspirait qu'à aller lire au calme dans la « lanterne », (une sorte de phare trapu et coloré ).
pareil !
et pas de parenthèse -> un tiret
rétorqua Jean-François.
Il s'y était d'ailleurs tordu la cheville le matin-même, et n'aspirait qu'à aller lire au calme dans la « lanterne » – une sorte de phare trapu et coloré.

Citer
à l'intérieur...
espace après

Citer
Camille y donna de sa voix...
pourquoi trois petits points ? ils passent mal ici

Citer
à cache-cache...
espace après

Citer
— c'est moi qui cherche !
le mettre à la ligne avec une majuscule

Citer
prince, — mais
enlever le tiret

Citer
ferme d'accord
virgule après ferme

Citer
— UN ! DEUX ! TROIS !...
le mettre à la ligne
enlever les ... !!!!!!

Citer
au phare...qu'est-ce qu'ils sont prévisibles...
il manque les espaces après les ...
mais surtout ils ne rendent pas compte de l'intonation ! je mettrais des points d'exclamation !

Citer
philosophais-je en
philosophai
sans s

Citer
innocemment vers... la chapelle.
bof les ... ça fait rarement pro... ;)

Citer
, en fait,
pareil, ça fait très oral, explicatif, pas littéraire

Citer
et...oui...
alors ils me vont ;)
mais espaces après

Citer
grimpé sur l'autel,
ouch !
après avoir grimpé sur l'autel

Citer
Je lui en fut
fus

Citer
Mais une telle cachette ne se pouvait dédaigner
pas français  :o
ne pouvait être dédaignée

Citer
( Non sans avoir précisément replacé la décoration.).
enlever les ()

Citer
Accroupi, l'attente me parut vite longue.
pas français (c'est la demi-agrégée de grammaire qui te parle  ;)) : un adjectif ou participe passé employé comme adjectif, en apposition comme ça, se rattache au sujet de la phrase. ce qui n'est pas le cas ici
-> Comme j'étais accroupi

Citer
Je savais qu'ébloui, le visiteur
Je savais que le visiteur, ébloui,

Citer
au dos de l'autel
sur le dos

Citer
— J'ai froid, Paul, je suis gelée.
tu peux pas ajouter une phrase après une incise un peu longue. du coup soit t'enlèves l'incise
soit tu fais une phrase à part à la ligne  : Elle passa deux doigts sur l'hématome déjà violet.
et tu rajoutes — J'ai froid, Paul, je suis gelée. à la ligne

Citer
( Encore ce trouble en constatant la transparence de sa robe ).
enlever les ()

Citer
— Ne dis à personne que je suis d'abord venue ici, s'il te plaît, c'est notre secret. À tout à l'heure !
aller à la ligne avant et après

Citer
«—  Venez voir ! Il y en a un nouveau, un jaune ! »
enlever le tiret

Citer
à nouveau glissé...
espace après

Citer
assoupi derrière l'autel...
espace après

pour ma part, j'ai moyennement accroché... jusqu'à la fin ! ce qui m'a donné envie de relire le texte (ce que je n'ai pas encore fait), c donc bon signe !
j'étais peut-être trop accaparée à relever les erreurs... je sais pas
le style est fluide, les détails rendent la scène authentique, on s'y croirait.
mais je n'ai pas accroché émotionnellement au début, je ne me suis pas sentie intéressée par le narrateur...
c peut-être juste le fait que c une histoire d'enfants qui fait que ça ne m'intéressait pas plus que ça, c donc très perso comme avis (tu me diras les avis sont toujours perso, mais bon des fois on trouve de quoi améliorer un texte, et des fois on se dit c juste pas mon genre)
en tout cas belle chute ! j'aurais aimé venir voir le truc d'un peu plus loin, sentir un malaise monter...

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 257
  • Homme incertain.
Re : Rosemonde
« Réponse #12 le: 01 Juin 2015 à 15:30:34 »
@Cessdu ( j'ai toujours envie de dire "duchesse" )  :D
Merci beaucoup pour ton passage !
Quel travail d'experte, que cette chasse aux fautes de français, et autres coquilles.
J'ai tenu compte de la plupart de tes remarques... en espérant que le mot "plupart" ne te blesse pas. J'ai laissé l'imparfait de "philosophais" parce qu'il était voulu, par exemple. Et comme il philosophe mollement, je ne mets pas de point d'exclamation.
Mais avec toi j'ai du mal à faire la part, dans certains cas, de ce qui est grammaticalement incorrect, et de ce que tu trouves juste personnellement bof bof.
Exemple concret : tu parles en détail de mes deux phrases à incise longue : Rosemonde et le labyrinthe et Jean-François avec la "lanterne". Mes deux phrases sont-elles carrément non tolérables, ou bien la licence laissée à l'écrivain peut-elle les laisser passer. ( Il me semble que les phrases un peu longues de certains écrivains utilisent forcément le même procédé qui te gêne... alors quid ? )
Autre exemple : quand la petite fille compte 1 ! 2! 3!... comment faut-il écrire pour faire comprendre que son décompte continue, si tu ne mets pas de ... ?

Bref, ce sont des détails. Le plus grave, c'est si dans ta chasse aux fautes ( qui est salutaire ), tu
Citer
étais peut-être trop accaparée à relever les erreurs
et que c'est pour ça que tu n'as pas accroché...

Je t'invite donc à repasser le lire un de ces jours, pour voir comment tu le ressens la deuxième fois. :)
Merci encore en tout cas pour ces commentaires enrichissants, et à bientôt !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Oussri

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Re : Rosemonde
« Réponse #13 le: 01 Juin 2015 à 15:35:15 »
Salut Gage !

Quand je pense que je n'avais pas aimé le premier texte que j'avais lu de toi...

J'ai beaucoup aimé. Tu sais instaurer une ambiance, on ressent les émotions de tes personnages, le malaise du narrateur, sa souffrance à la fin du récit... Rien n'est résolu et pourtant, on ne reste pas sur sa faim. On ne veut pas vraiment savoir ce qu'il s'est passé dans cette chapelle. Juste que c'était beau et triste à pleurer.

Bravo :)
"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

Hors ligne gage

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Re : Rosemonde
« Réponse #14 le: 01 Juin 2015 à 15:47:42 »
Oh demoiselle Oussri, je te remercie... :-[
ton passage par ici me fait plaisir. Tu n'avais pas aimé le premier texte que tu avais lu de moi...mais qu'était-ce ? que je le détruise  :D...

Oui, c'est bien une tristesse désolée que je voudrais qu'on éprouve à la fin de la lecture de mon texte. Merci de l'avoir éprouvée.

A bientôt !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

 


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