Voici une histoire que j'avais commencé il y a quelques mois et que j'ai retrouvé par hasard dans mes documents aujourd'hui. J'attends vos avis!

- Nina ! Il faut que tu t’en ailles! dit la femme, les yeux pleins de larmes.
Elle lui un remit un sac qui contenait quelques habits, puis elle mit une enveloppe dans ses mains et dit :
- C’est tout ce que nous avons. Prends cet argent, et fais-en bon usage.
- Non maman ! répondit Nina, la voix tremblante. Je t’en prie, je ne veux pas partir. Je ne sais même pas où aller !
- Ce n’est pas le moment de discuter ! Nous n’avons plus assez de temps, ils seront bientôt là !
- Ils ? La Grande Assemblée ? dit la jeune fille, le regard terrifiée. Mais qu’avons-nous fait ? Pourquoi nous ?
Les questions de Nina demeurèrent sans réponse, car au même instant ils entendirent le vrombissement d’un moteur de voiture à l’extérieur de la maison, puis quelques secondes après, le claquement des portières. La mère de Nina, qui se trouvait dans la cuisine avec sa fille, se retourna et vit son mari dans le salon, regardant par la fenêtre pour voir qui c'était. Leurs regards se croisèrent et il lui fit non de la tête. Pendant ce temps, Nina attendait, le cœur battant à une vitesse phénoménale. Elle regarda successivement son père et sa mère, sans comprendre ce qui se passait. La femme reporta son attention vers sa fille.
- Cache-toi !lui murmura-t-elle. Vite !
Nina, qui avait déjà un pied dehors, sortit complètement de la maison et se mit dos au mur. Par l’entrebâillement de la porte, elle vit sa mère se rendre précipitamment auprès de son mari; elle pouvait également voir son père car il n’y avait pas de porte séparant la cuisine et le salon. Leur maison n’était pas grande, mais elle s’y sentait bien. Elle avait une chambre à elle toute seule ~ ce qui constituait un luxe à Dankar ~ et une cour à l’arrière où elle passait le plus clair de son temps. C’était dans cette cour qu’elle se trouvait à ce moment-là. Elle détourna son regard de l’intérieur de la maison pour le porter vers le ciel. Aucune étoile à l’horizon. C’était une nuit noire et pour Nina, c’était comme si le ciel lui aussi, attendait avec appréhension la suite des événements. Son attention fut détournée à nouveau par des voix provenant de l’intérieur de la maison.
- Oh, ce n’est que vous, dit son père, avec soulagement. Mais qu’est-ce que vous venez faire ici ? Avez-vous besoin d’aide ?
Nina jeta un coup d’œil par l’ouverture de la porte et c’est à ce moment que l’impensable se produit. Tout ce qu’elle entendit fut deux petits bruits sourds qui se succédèrent à quelques secondes près. Son père tomba le premier, puis sa mère. De là où elle se trouvait, elle ne pouvait apercevoir que les pieds de son père, mais le visage de sa mère était tourné vers elle, comme si elle s’était arrangée pour que l’image de sa fille soit la dernière chose qu’elle puisse voir avant de mourir. Elle crut rêver quand elle vit du sang provenir du corps sans vie de sa mère. Elle sut qu’il n’y avait plus d’espoir, que c’était la fin. Elle n’eut pas le temps de beaucoup penser car à cet instant, deux hommes entrèrent dans leur maison. Elle savait qu’elle devait partir, mais elle n'arrivait pas a bouger. Elle était comme paralysée. De plus, elle voulait savoir qui étaient les responsables. Elle voulait savoir qui étaient les personnes qu’elle devait blâmer pour le reste de ses jours pour avoir mis fin à la vie de ses parents ainsi qu' à la sienne. Les deux hommes portaient des cagoules noires, des tricots de couleurs verts foncés et des baggy comme ceux que portent les soldats. Des bottes noires leur couvraient les pieds. L’attention de Nina se porta ensuite sur le bras de l’un d’entre eux, sur lequel se trouvait un bandeau de couleur noir où on pouvait lire SDR…
- Nina !
Nina !
Elle se réveilla en sursaut. Un homme l’observait d’un air moqueur.
- Qu’est-ce que tu veux Tom ?
- Qu’est-ce que je veux ? répondit Tom, l’air surpris. Sais-tu quelle heure il est ?
- Comment pourrais-je le savoir vu que, à peine réveillée, je t’ai déjà sur le dos ? répondit-elle.
Tom éclata de rire.
- Toujours aussi accueillante à ce que je vois ! dit-il. Bref, c’est bientôt l’heure d’y aller. Tout le monde est prêt, sauf toi.
- Donne-moi une minute, dit Nina.
- OK. Mais grouille-toi !
Elle attendit que Tom soit partie pour rassembler ses idées. Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait ce rêve, mais jamais auparavant il n’avait été aussi vivide.
Ce n’est pas le moment d’y penser Nina. Elle se mit debout. Aujourd’hui était un grand jour. Ils allaient braqué un fourgon. Le sourire aux lèvres, elle décida qu’il était temps de rejoindre ses amis.