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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Jour de pluie dans une cuisine

Auteur Sujet: Jour de pluie dans une cuisine  (Lu 15678 fois)

Hors ligne Milora

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Jour de pluie dans une cuisine
« le: 26 Février 2015 à 11:50:11 »
J'avais mis le texte en "Revers de la plume", mais à la suite des commentaires des premiers lecteurs, je retire la mention, puisque visiblement le texte donne pas du tout l'effet que je croyais qu'il produisait...

(Pour archives, la présentation initiale que j'en avais faite (guère vendeuse, comme d'hab) : )
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Voilà, si quelques bonnes âmes voulaient bien le soumettre à leur regard critique et acéré, mici mici !

La bête :





Jour de pluie dans une cuisine.


   

      Il pleuvait au-dessus de l’Hôtel de la Gare et le ciel dégoulinait sur le monde. L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade. Pierre-Auguste observait la scène avec une curiosité mêlée d’effroi. Il y avait des semaines qu’il se tenait là, face à l’Hôtel, avec son melon sur la tête, à observer. Mais c’était la première fois que l’Hôtel de la Gare fondait.
      Une autre goutte ruissela, dévia sur la courbe d’un nuage et atterrit sur le pavé, noyant ses bords nets. Depuis l’autre côté du trottoir, Pierre-Auguste n’avait dans son champ de vision que la bâtisse, un bout d’immeuble sur sa droite, l’amorce d’une ruelle où un vélo gisait, abandonné, et un morceau de ciel désormais expansionniste. Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie présentait des couleurs chaudes et dorées qui préfiguraient l’odeur des viennoiseries ; mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées. Une autre goutte tomba, emportant une mouette au-dessus de la cheminée. Ses traits fondirent et le ciel à cet endroit devint grisâtre.
      Une inquiétude aigüe gagna Pierre-Auguste. Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare. Ce ne pouvait être que les prémices d’un cataclysme sans précédent. Un chamboulement extraordinaire qui les emporterait tous, les diluerait, les effacerait un à un, depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut jusqu’aux rayons de la bicyclette échouée dans la ruelle. Une nouvelle goutte tomba, s’écrasant cette fois sur son épaule. La tache s’agrandit, s’auréola en noyant les coutures du veston. C’en fut trop pour Pierre-Auguste. Mû par un sentiment d’urgence difficilement explicable, aiguillonné par l’obsession de sa propre survie, dans un effort de volonté surhumain, soudain, Pierre-Auguste bougea.
      Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse dans laquelle on l’aurait englué, du moins le supposa-t-il – car il n’avait, à sa connaissance, jamais été englué dans une masse volumineuse d’aucune sorte. Il amorça un petit mouvement vers la droite, dégagea son épaule blessée de la perspective globale, puis tourna le pied, plia le genou, et fit demi-tour.
      Ce n’était pas si difficile, en fin de compte. Le monde ne se déchira pas. La pluie devait même continuer de tomber, quelque part derrière lui, au niveau de l’Hôtel, du vélo et de la défunte mouette. Mais désormais il leur tournait le dos. Son nouveau champ de vision lui présentait l’autre côté. À savoir l’intérieur d’une cuisine démesurée, un tabouret branlant en formica assez large pour supporter toute la rue, un meuble de rangement accroché au mur et approchant des dimensions d’un hangar à bateau, où se tassaient des pots de verre estampillés « Riz » et « Gros sel » dans lesquels Pierre-Auguste aurait pu entrer tout entier.
      Et au milieu de cette scène, un visage. Immense, de taille quasi-solaire. Un visage de femme qui se tenait au-dessus d’eux, des mèches auburn en désordre, une joue marquée d’un grain de beauté, des lèvres pâles arrondies par la stupéfaction, et deux yeux bleus écarquillés. Qui venaient de pleurer.
      Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.

*

      Élodie en perdit le souffle. Le petit bonhomme se tenait là, à l’orée du tableau, son chapeau melon dans une main et son attaché-case dans l’autre. Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre, diluant l’aquarelle au niveau du passage piéton moche avec lequel elle avait défiguré la scène. Se ressaisissant, elle essuya ses joues avec son poignet et dévisagea la petite figure sérieuse du bonhomme, qui la fixait en retour. Il n’avait pas d’âge. Des traits passe-partout, une cravate bien nouée. Une manche de son habit avait perdu sa texture et semblait lisse et diaphane. Sans savoir très bien ce qu’elle faisait, Élodie tendit la main.
      Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
      Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Élodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.
      Le bonhomme se retourna à son tour vers le cadre et marqua un temps de surprise. Il mit ses mains sur ses hanches en signe de consternation, en fit tomber son attaché-case qu’il s’empressa de ramasser, puis plaça son chapeau melon contre sa poitrine en un geste grave pour marquer cet instant solennel. Puis il soupira et se mit à examiner la cuisine avec curiosité.
      En réalité, c’était juste une cuisine, petite, miteuse, dont la peinture s’écaillait par endroits derrière les meubles, même si ça, il ne pouvait pas le voir. Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche, sans doute, que ça manquait de couleurs et que si Élodie posait là ses peintures, c’était parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans le reste du deux-pièces. Elle avait essayé de dessiner l’endroit, une fois. De le rendre plus beau, de lui ajouter des courbes élégantes, une ambiance surannée, un lierre dissident qui traçait ses arabesques entre la cafetière et le haut du frigo. Mais ça n’avait servi qu’à faire ressortir la laideur du vrai appartement. C’est là qu’elle avait commencé à craquer.
      À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus. Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche. Quand elle était jeune, c’était des dragons et des grands paysages. Puis elle s’était mise aux scènes de la vie quotidienne, mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image. Ce petit bonhomme, là, qu’on voyait de dos face à « l’Hôtel de la gare » d’un village anonyme, elle s’était bien amusée à lui donner son air de gentleman anglais, à lui inventer une histoire. Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet. Il lui avait fallu un petit nom, quelque chose à la hauteur de l’absurdité de son entreprise. Au début, ça avait été « Hector », mais ça faisait un peu trop héros grec, alors au fil des coups de pinceaux, il était devenu « Pierre-Auguste » et Élodie en avait ri, ou juste souri mais c’était déjà pas si mal en ce moment.
      Et puis, petit à petit, elle s’était rendu compte que ça ne servait à rien. La vie grise déteignait sur des toiles grises. Ce n’était que des morceaux sans âme d’un train-train habituel tout aussi fade. C’était moche, moche comme cette cuisine et comme cette vie. Dans ces moments de crise existentielle, Élodie en voulait à tout, au monde entier et à elle-même. Elle se mettait au-dessus d’un de ses tableaux pour essayer d’en aspirer quelques bouffées d’espoir, de rêve, d’ailleurs. Et des fois les larmes coulaient, et ça tombait sur la toile, et elle s’en fichait, parce que de toute façon le trait de crayon n’était pas assez net, les couleurs mal choisies et la scène idiote.

*
   
   On ne saurait dire si l’ensemble de ces réflexions avaient traversé le regard d’Élodie et s’y lisaient à livre ouvert. Si Pierre-Auguste les avait saisies dans un élan soudain d’empathie. Probablement pas. Il se contenta de faire quelques pas jusqu’au bord de la main, de jeter un coup d’œil plein de vertige par-dessus le bord, et de revenir prudemment au centre de la paume en tapotant d’un petit doigt sur son petit attaché-case.
   Il avait quelque chose de comique, avec son veston distingué et son air tout juste étonné par la situation. Élodie réalisa que cinq minutes avaient bien dû s’écouler et que ce n’était pas très poli de le laisser debout dans sa main. Elle tenta un « Bonjour ? » incertain, mais le petit homme ne sembla pas entendre. Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.
      À moitié consciente de ce qu’elle faisait, elle se redressa en douceur, les mains en coupe, et marcha lentement jusqu’à la table émaillée. Elle y déposa le bonhomme avec précaution. Quand elle était gamine et qu’elle lisait des romans pas sérieux, elle s’imaginait souvent dans une situation du genre, où le héros était soudain confronté au surnaturel, à l’inexplicable. Elle avait toujours pensé qu’on se sentait fébrile, émerveillé, plein de questions et investi d’un sentiment grandiose d’aventure et de liberté. En vérité, elle ne ressentait rien de tout ça. Comme si sa vie morne avait assommé sa capacité à sentir, comme si de sa couche cotonneuse d’ennui perçaient juste un peu de curiosité et une bonne dose d’indécision. Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
      Elle se souvint du tour de France du goûteur de croissants, mais elle n’avait pas de viennoiseries dans le panier à pain. Alors elle s’assit sur le tabouret, bras croisés sur la table, et se mit à observer Pierre-Auguste posté devant elle. Il ne semblait pas non plus savoir quoi faire de lui-même. Il posa son attaché-case à ses pieds, épousseta dignement le bout de table, remonta ses jambes de pantalon pour ne pas risquer un faux pli et s’assit en tailleur. Prenant son chapeau melon sur son giron, il se mit à le tapoter nerveusement. Ça ne faisait aucun bruit, pas même le bruissement d’une aile de mouche.
      Au bout d’un moment de gêne partagée, Élodie se leva. C’était ridicule. Un être de papier et de peinture faisait irruption dans son quotidien rationnel, un être imaginaire tiré de son propre tableau entrait dans sa vie, prenait contact, grimpait sur sa main, et tout ce qu’elle trouvait à faire, c’était de le regarder en chien de faïence sur la table de la cuisine ! Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour aller chercher un jeu de dominos.
*

      La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonnes manières. Il y avait des années qu’il n’avait joué à un jeu de société. Certes, les fiches étaient un peu lourdes pour sa stature, mais avec un peu d’effort et l’aide de la maîtresse des lieux, il parvint à remporter glorieusement deux parties. Malgré l’incapacité de la bonne dame à l’entendre – elle devait être sourde – ils parvenaient assez bien à communiquer par signes. Lorsque, vers six heures – à en croire la pendule à motif de dauphins maintenue par un aimant contre la porte du réfrigérateur – Pierre-Auguste commença à manifester un certain inconfort, l’énorme dame alla lui chercher un morceau d’étoffe de la taille d’une couverture pour deux personnes, qu’il plia sans trop de difficultés pour en faire un siège moelleux. Il était brodé du nom de « Damart » avec un certain goût.
      Le problème suivant surgit néanmoins à 19 heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises. Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée à arrêter la partie de dominos pour procéder à l’élaboration de cette excellente chose qu’on appelle repas. Il était sur le point de se résigner à produire ce signe, guère élégant mais très éloquent, de se frotter l’estomac, lorsque son hôte sembla se rappeler d’une chose et se leva vivement. Elle installa une assiette à table et fit réchauffer une sorte de mixture à l’allure de cassoulet. Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.
      Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe. L’immense visage de la femme semblait accablé. Elle jeta un œil à l’autre tabouret, où se trouvait toujours « L’Hôtel de la Gare ». L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables. Elle ne pouvait pas décemment renvoyer Pierre-Auguste à l’intérieur.
      Alors elle attrapa un bout de papier coincé sous un magnet, un crayon qui gisait au-dessus du réfrigérateur, et ébaucha en quelques traits un croissant. Elle posa le tout sur la table à côté de la coupelle de cassoulet récalcitrant. Plongeant ses mains dans le dessin, Pierre-Auguste avala le mets précieux avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût. Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.

*

   Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent. La scène s’était déroulée un dimanche. Le lundi rappela Élodie à la morne banalité de sa vie, à son obligation d’aller s’enfermer sept heures durant dans un bureau pour classer des formulaires G.225. Elle ne fut pas efficace. Toute la journée, elle s’imaginait Pierre-Auguste installé sur la table basse du salon. Elle avait laissé la télé au cas où il s’ennuierait et lui avait dessiné des corbeilles de fruits et des viennoiseries. (La vérité est qu’elle ne s’était jamais beaucoup entraînée sur les natures mortes, et que ses essais de saumon aux pommes vapeurs avaient ressemblé à des taches de moisi au fond d’une cuve à vin). Elle avait bien tenté de gribouiller un livre et d’inscrire « Les Trois mousquetaires » dessus, mais une fois que Pierre-Auguste l’eut sorti de sa feuille de papier, le contenu s’en avéra complètement vierge.
   Le soir arriva et une idée avec lui. Et si l’essence du petit bonhomme, sa capacité à faire exister ce qu’elle dessinait, était en fait le point de départ d’un pouvoir merveilleux ? Celui de faire apparaître dans la réalité absolument tout ce qui lui passait par la tête ? Une fois rentrée, elle se mit à dessiner un fauteuil, une petite lampe, et un veston de rechange pour remplacer celui que ses larmes avaient déformé. Pierre-Auguste employa toutes ses forces à les extirper de leur toile et se disposa un petit salon à lui sur la table basse, face à la télévision. Envoûtée, galvanisée à l’idée de pouvoir créer la vie, Élodie, dans une sorte d’état de transe, ajouta un beau chat, un persan blanc au regard noble et au port digne. C’était délicat parce qu’il fallait le dessiner tout petit sans omettre de détails. Elle y passa la soirée entière. Hélas, Pierre-Auguste eut beau plonger ses mains dans le dessin, attirer le chat vers lui, ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs mais totalement inanimé, qu’il ramena dans le monde réel. Vaguement dégoûtée, Élodie mit le faux chat à la poubelle.
   La semaine s’écoula et l’attention d’Élodie se centra sur ces moments, le matin et le soir, où elle restait chez elle avec Pierre-Auguste à faire apparaître des objets. Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle, d’oublier ce qui était jadis la réalité de sa vie.
      Elle avait essayé de toucher ses créations, d’un doigt timide. Ils étaient d’une substance aussi friable que de la peinture qui s’écaille. La chaise d’osier se désintégra sous son doigt. Elle fut bonne pour en repeindre une autre et devint obsédée par l’idée de limiter les courants d’air dans l’appartement. À chaque instant, elle accourait sur la table basse pour s’assurer que le vent n’avait pas emporté l’un des petits meubles – ou, pire : Pierre-Auguste lui-même.
   Le temps passa encore. Elle ne peignait plus que pour Pierre-Auguste. Aline, une collègue qui se piquait d’être son amie, l’invita à dîner avec son mari et ses enfants, parce que « tu as l’air bizarre, cette semaine ». Élodie rejeta l’offre. Elle avait en tête les motifs d’un ensemble de bureau. Cela lui prit longtemps. Il fallait faire attention à ce que tous les petits tiroirs aient leur poignée, soient réguliers, s’emboîtent parfaitement dans le meuble. Elle dut s’y reprendre à plusieurs fois car la première, tout était quelques centimètres trop grand, et les pieds de Pierre-Auguste ne touchaient pas le sol quand il s’installait à la table.
      Le facteur sonna à la porte, ce jour-là. Elle entrebâilla le battant. Par peur des courants d’air. Et puis, aussi, un peu par peur qu’un autre humain ne voie Pierre-Auguste. Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
   Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.

*

   Le recommandé venait de son travail. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié. Elle abandonna la lettre sur la table pour aller s’occuper des finitions du bureau. Pierre-Auguste se hissa sur le pli du papier et lut le contenu. Une ombre passa sur son visage. Il apprit le nom de son hôtesse, qu’il trouva joli, et découvrit qu’elle n’était pas peintre à temps plein, loin de là. Apparemment, elle n’était pas grand-chose à temps plein, puisque ses absences au travail ne la plaçaient même pas dans la catégorie d’assistante de direction plénière et, disait la lettre en des termes pompeux, ne la placeraient plus du tout dans la catégorie d’assistante de direction quoi que ce soit, si elle manquait un seul autre jour.
   Au dîner, il tenta d’attirer son attention sur la question, mais leur partie de dominos semblait accaparer l’esprit d’Élodie. Elle avait, il est vrai, l’œil brillant et le sourire prompt, depuis qu’elle s’était attelée à prendre soin de lui. Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire qui lui avait fait face, la première fois.
   Le lendemain, Élodie n’alla pas travailler. Difficile de savoir si c’était délibéré ou par oubli. Elle passa la journée à observer la texture d’un bol de chocolat viennois, pour essayer de la reproduire fidèlement à l’attention de Pierre-Auguste. Lui, profita de sa distraction pour descendre de la table basse à l’aide du fil de la lampe et se faufiler dans la cuisine.

*

   Quand Élodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.
      Elle se leva et se prépara un café amer. Cette cuisine était toujours aussi moche, aussi moche et aussi terne. Elle avait simplement fait semblant de ne plus la voir, ces derniers jours. Ou semaines ? Elle ne comptait plus. Elle n’avait plus ouvert le courrier, parce qu’elle savait que si son patron la contactait, c’était pour lui dire de chercher un autre emploi. Et elle n’avait pas envie de chercher. Secrétariat, autobus, queue au supermarché… Tout ça n’avait pas plus de sens qu’une cuisine moche dans un deux-pièces terne. Le seul petit coin qui ramenait de la lumière dans son cœur et des couleurs devant ses yeux, c’était la table basse et Pierre-Auguste qui vivait dessus.
      Se recoiffant en vitesse, elle passa dans le salon pour aller voir le petit bonhomme. Il avait coutume de dormir roulé en boule dans le morceau de foulard qu’elle lui avait découpé, le premier jour. Il ne quittait jamais son veston, posait juste l’attaché-case et le chapeau melon à son chevet. Quand il dormait, elle avait l’impression de voir passer sur son petit visage ces expressions humaines qui lui manquaient dans sa vie éveillée.
      Mais ce jour-là, Pierre-Auguste ne dormait pas. Il attendait, assis en tailleur, le chapeau bien posé au sommet de son crâne et l’attaché-case à la main. Elle lui adressa un regard surpris. Il se leva, contourna la lampe et se laissa glisser le long du câble électrique. Il avait acquis une certaine pratique en la matière et ne s’affalait plus par terre avec des soubresauts vexés comme au début.
      D’un pas conquérant, il marcha jusqu’à l’entrée de la cuisine, devant laquelle elle était passée sans faire attention. Il y avait des pinceaux par terre. Des pinceaux, des taches de gouache, et un bout de papier qui avait été plié puis déplié avec soin. Élodie s’accroupit.
      C’était la lettre recommandée de l’autre jour. Elle la reconnaissait. De petites mains l’avaient étirée, lissée, pour en faire un support acceptable. Et par-dessus, on avait peint. Avec un souci de précision comme seules peuvent en avoir des mains minuscules. On avait peint un paysage tranquille, une fenêtre ouverte sur une plaine verte et ensoleillée. Des champs s’étendaient jusqu’à une haie d’arbres fruitiers. À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout de chevalet de peintre. Au loin, si on forçait le regard, on distinguait un petit nuage blanc avec une mouette, et encore plus loin, la forme fine, irréelle, d’un dragon.
      « C’est vous qui avez peint ça ? » s’exclama Élodie, oubliant que Pierre-Auguste ne pouvait pas l’entendre. Au lieu de répondre, il lui lançait un sourire. Au milieu du tableau, sur le rebord de la fenêtre, se découpaient deux silhouettes blanches, non peintes. La forme de deux personnes assises les jambes dans le vide et regardant au loin.
      Pierre-Auguste fit un petit pas dans le tableau. Il sembla lutter pour y enfoncer son pied, comme quand on essaie d’avancer dans de la neige tassée. Il finit par y glisser le talon, le mollet, le genou, puis par y pénétrer tout entier. Il était un peu trop petit pour la taille de la silhouette, alors il serra les poings, élargit les épaules, poussa, poussa, et finit par occuper l’exact espace laissé par la forme blanche. Même son chapeau melon s’encastrait pile. Il se retourna et tendit la main vers l’extérieur. Ça faisait comme un petit morceau de peinture sèche surgissant du tableau.
      Élodie se sentit vraiment trop grande pour l’espace laissé, mais elle n’était pas sûre qu’il soit plus difficile de rétrécir que de s’agrandir. Elle attrapa le dessin et le porta sur la table basse. On allait le trouver, un jour. Il ne fallait pas qu’on le jette par inadvertance. Elle griffonna des instructions pour le faire parvenir à sa sœur et le ranger dans la cave.
Puis elle se positionna bien en face. Pierre-Auguste, un peu barbouillé par le déplacement de son tableau, lui tendait de nouveau le bras à travers le papier. Avec d’infinies précautions, elle posa le bout de son doigt contre la petite main, et serra, serra les dents, les épaules, contracta tous ses muscles. C’était un peu comme toucher de la peinture en train de sécher. Elle se fit si petite, si petite, qu’elle parvint à enfoncer le doigt, puis la main, puis le bras dans le tableau. Il fallut baisser la tête pour rentrer complètement, mais une fois qu’elle était bien installée dans la silhouette blanche, elle ne se sentait pas trop à l’étroit. Pierre-Auguste était aussi grand qu’elle, maintenant, mais ses traits avaient l’air tout aussi simplifiés. D’ici, elle percevait le vent printanier sur ses joues et la chaleur tiède du soleil. Elle pensa qu’elle aurait pu s’habiller au lieu de rester en robe de chambre. Elle devait avoir une drôle d’allure, à côté de Pierre-Auguste en veston et chapeau melon. Alors tous les deux s’installèrent à la fenêtre, jambes dans le vent, paisibles. Il y avait juste une petite encoche dans la silhouette dévolue à Élodie. Un petit trou blanc au niveau de l’épaule, juste la place pour que Pierre-Auguste y passe son bras.
 
« Modifié: 28 Février 2015 à 13:39:27 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

maanilee

  • Invité
Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #1 le: 26 Février 2015 à 14:37:22 »
Salut !

Bon ben j'ouvre le bal !

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Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon", sauf que le résultat est juste une nouvelle niaise et sans vraiment d'intérêt.
Alors bon c'est pas un conte super mignon en effet ! C'est même assez sombre , mais qui ne manque pas d'intéret !

Je donne simplement mon point de vue sur le fond, et n'oublions pas qu'il est subjectif  ^^

J'ai saisi de suite l'idée qu'il était dans un tableau, j'aurais bien aimé avoir le doute un peu plus longtemps et une sortie un peu plus grandiose, du style la pluie qui forme un torrent et l'emporte et il se raccroche a un bout de bois et se hisse hors du cadre...

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Une fois rentrée, elle se mit à dessiner un fauteuil, une petite lampe, et un veston de rechange pour remplacer celui que ses larmes avaient déformé.

A partir de la j'ai commencé à vraiment bien accrocher.

J'aurai préféré en savoir plus sur la vie de la peintre, sur l'origine du tableau de l'Hotel de la Gare, que Pierre Auguste ne soit pas si banal puisqu'elle va finir dans un tableau avec lui ! Bref juste un poil de poésie en plus !






Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #2 le: 26 Février 2015 à 15:10:19 »
Merci pour ta lecture, surtout si rapide, maanilee !

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    Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon", sauf que le résultat est juste une nouvelle niaise et sans vraiment d'intérêt.

Alors bon c'est pas un conte super mignon en effet ! C'est même assez sombre , mais qui ne manque pas d'intéret !
J'avoue que je suis assez stupéfaite. Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)

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J'ai saisi de suite l'idée qu'il était dans un tableau, j'aurais bien aimé avoir le doute un peu plus longtemps et une sortie un peu plus grandiose, du style la pluie qui forme un torrent et l'emporte et il se raccroche a un bout de bois et se hisse hors du cadre...
Ah ? Je vais voir les commentaire des autres sur ce point, alors... J'avoue qu'au contraire, je voulais que ce soit tout simple, juste "insolite" pour le personnage (style "ah ben ça alors, j'avais jamais pensé à sortir de mon tableau" :D ). Pour ce texte-là, je ne voulais pas d'effets spéciaux pour le fantastique, je voulais lui donner une tournure simple, quotidienne, sans grands effets... Je vais voir si d'autres l'ont ressenti comme toi, je reprendrai la scène, si c'est le cas ! (ça, ça peut se modifier sans souci)

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J'aurai préféré en savoir plus sur la vie de la peintre, sur l'origine du tableau de l'Hotel de la Gare, que Pierre Auguste ne soit pas si banal puisqu'elle va finir dans un tableau avec lui ! Bref juste un poil de poésie en plus !
:\? Je note, je note. Pas si banal, ça m'embête, parce qu'il est pas censé être banal, il est sensé être tout... simple ? Sans nuances, sans fond le fond compliqué et tourmenté d'un humain normal, il est censé être un peu insolite, aux yeux de la peintre du moins... Je verrai comment recentrer ça...
Pour le manque de poésie, oui, c'est clairement ça qui me fait le classer en Revers de la plume. Le texte n'a pas de charme alors qu'il est censé reposer dessus. J'ai essayé de placer de la "poésie quotidienne" dans la relation qui s'établit entre les deux persos, mais, nan, ça prend pas. Je sais pas faire ça. Du coup j'attends vos commentaires pour apprendre :mrgreen: (Mil fainéante)

Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

maanilee

  • Invité
Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #3 le: 26 Février 2015 à 16:22:45 »
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Merci pour ta lecture, surtout si rapide, maanilee !

Yep je suis une bête  :-¬?

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Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)


Ben de MON point de vue, ton conte c'est comme un suicide mais  poétique, elle quitte ce monde "moche", elle laisse des instructions un peu comme on laisserait un testament . Du coup c'est pour ça que je trouve qu'il manque une petite "étincelle" à Pierre-Auguste, parce que justement elle veut quitter la banalité de son existence et le suivre.


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"ah ben ça alors, j'avais jamais pensé à sortir de mon tableau" :D
j'adore c'est bien une réplique de mon cru ce genre de phrases :)

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Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?
J'ai bien aimé !!! Je commente pas souvent (pour l'instant) mais quand je le fais c'est déjà que je suis allée au bout du texte et que donc que quelque chose m'a captivé ! Et si je franchis le cap du commentaire c'est que je suis restée un peu sur ma fin et que je ne voudrais pas que ce texte sombre dans l'oubli  !

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Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #4 le: 26 Février 2015 à 16:47:32 »
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    Le texte est sombre ?  :???: Je l'avais pas du tout perçu comme ça, ni en l'écrivant, ni en le relisant pour le corriger... Qu'est-ce qui donne cette impression ? (je suis curieuse, du coup)



Ben de MON point de vue, ton conte c'est comme un suicide mais  poétique, elle quitte ce monde "moche", elle laisse des instructions un peu comme on laisserait un testament . Du coup c'est pour ça que je trouve qu'il manque une petite "étincelle" à Pierre-Auguste, parce que justement elle veut quitter la banalité de son existence et le suivre.
:o
Ah ouaiiiiis. Wow, je l'avais paaaas du tout vu comme ça. C'est vrai que c'est une lecture qui peut se tenir...
Pour moi, quand je l'ai écrit, c'est l'exact contraire : elle s'ennuie dans sa vie et rêve d'imaginaire, sauf que l'imaginaire est inaccessible. A la fin, elle trouve le moyen de s'y rendre et d'être pleinement heureuse. (la note, c'était juste mon sens pratique du "mais si on le fiche à la poubelle, ça sera carrément glauque comme destinée :D)
Tiens c'est marrant, ça, cette double lecture... J'ai l'impression que les deux sont possibles dans le texte  :-\

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    Par contre, j'avoue qu'à la lecture de ton commentaire, j'ai un peu de mal à cerner ton avis sur le texte, ton impression globale ?

J'ai bien aimé !!! Je commente pas souvent (pour l'instant) mais quand je le fais c'est déjà que je suis allée au bout du texte et que donc que quelque chose m'a captivé ! Et si je franchis le cap du commentaire c'est que je suis restée un peu sur ma fin et que je ne voudrais pas que ce texte sombre dans l'oubli  !
Merci pour la précision ! :) (et du coup, pour cet avis encourageant)
En fait je demandais parce qu'en lisant ton commentaire précédent, j'avais un peu de mal à cerner ce qui t'avait plu/gêné dans le texte, et dans quelles proportions, pour voir ce qui pouvait faire coincer le texte. ^^
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #5 le: 26 Février 2015 à 22:25:30 »
Coucou!

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Il pleuvait au-dessus de l’Hôtel de la Gare et le ciel dégoulinait sur le monde.

L’art et la manière de planter un décor évocateur, en même temps qu’une image dans la tête du lecteur

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L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
On dirait de la peinture qui coule…

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(…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).

Citer
Un chamboulement extraordinaire qui les emporterait tous, les diluerait, les effacerait un à un, depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut jusqu’aux rayons de la bicyclette échouée dans la ruelle.
J’aime beaucoup le choix des mots (ma prof de français appelait ça champ lexical).

 
Citer
Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
Ooh Elodie est la fille du tableau dans sa cuisine

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Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Elodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.
Donc là il n’est plus dans le tableau mais sur la main d’Elodie, et à la place du bonhomme se dessine sur le tableau une silhouette blanche, c’est ca?

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C’est là qu’elle avait commencé à craquer.

(pour ma gouverne, là tu tell…)
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À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus. Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche. Quand elle était jeune, c’était des dragons et des grands paysages. Puis elle s’était mise aux scènes de la vie quotidienne, mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image.
…Et puis tu show

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Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet. Il lui avait fallu un petit nom, quelque chose à la hauteur de l’absurdité de son entreprise. Au début, ça avait été « Hector », mais ça faisait un peu trop héros grec, alors au fil des coups de pinceaux, il était devenu « Pierre-Auguste » et Elodie en avait ri, ou juste souri mais c’était déjà pas si mal en ce moment.
J’aime beaucoup ce passage

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Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.

j’ai souri ^^

Citer
À moitié consciente de ce quelle faisait,
Mon dieu, une faute… « de ce qu’elle faisait »


Citer
Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
Ca m’a fait tiqué, c’est pas grande chose, mais ce ne serait pas plus joli de mettre « et faisant les cents pas »?

Citer
Elle se souvint du tour de France du goûteur de croissants, mais elle n’avait pas de viennoiserie dans le panier à pain.
S à viennoiseries?

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Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour allez chercher un jeu de dominos.

Re-sourire

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La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonne manière.
Si elle a beaucoup de bonnes manières, ne faudrait-il pas un S?

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Malgré l’incapacité de la bonne dame à l’entendre – elle devait être sourde – ils parvenaient assez bien à communiquer par signes.
Franc sourire chez le lecteur qui s’amuse de la situation, surtout avec le pdv de la dame (quand elle se demandait si elle n’avait pas oublié de lui peindre des oreilles)

Citer
Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.
Mon correcteur orthographique indique « cuillerée »
 
Citer
Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe.
Pourquoi elle ne coupe pas des petits bouts?

Citer
Pierre-Auguste avala le mets précieux avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût.
Je n’aurais pas mis de s à met

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Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent.
Très belle phrase ^^


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Le soir arriva et une idée avec.
Ca casse un peu avec les autres phrases bien cronstruites…Celle-ci me semble un peu langage parlé. Surtout le « avec » final xd Mais c’est peut être moi


 
Citer
Il aurait été un peu moins à elle, il aurait attiré la curiosité d’un autre, l’ébahissement de quelqu’un qui ne l’avait pas créé et qui n’avait pas le droit de ressentir ça.
Oh…

Citer
Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.

Ah! Ca me fait penser à mon cours d’anthropologie philosophique


Citer
Un petit trou plan au niveau de l’épaule, juste la place pour que Pierre-Auguste y passe son bras.
Moooooh c’est trop  beau

***
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Je voulais tenter de faire une sorte de "conte mignon"
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Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? 
:\?
Tu pensais faire un conte "mignon" avec des questions aussi métaphysiques que celles là? (heu, ca sonne comme un reproche, mais s'en est pas un)

Je dirais pas que c'est mignon, parce que il  y a quelque chose de profond dans ton texte. Pour moi il est poétique, mais en même temps source de questionnements. La subversion, par la création, d'un morne quotidien; la frontière entre réalité et fiction...Jusqu'à en devenir fou. Ca me fait vraiment penser à un de mes cours de philosophie, je pourrais analyser ton texte au regard de ce cours d'ailleurs u.u Bref, pour moi c'est pas vraiment un texte mignon, c'est un conte philosophique et poétique. Ca m'a fait l'effet d'un petit conte, ça oui :)
Bon, euh, j'ai beaucoup aimé. C'est fou que tu ne vois pas tout ce que tu écris de bien, comme tu parles de toi en négatif.

J'ai particulièrement aimé :
-La description du début! Le mélange entre le paysage et la peinture, les alliances improbables de mots  :coeur:
-La personnalité de Pierre-Auguste. Je sais pas, je me suis vraiment prise d'affection pour lui, la manière dont tu le dépeins. Arrrg comme je voudrais arriver à faire ce que tu fais! Etre purement dans le show et pas le tell. Pour moi il a une personnalité riche, noble...Pendant toute l'histoire il a l'air très à cheval sur les bonnes manières, il appelle Elodie "la gentille dame", on dirait un petit monsieur poli, respectueux de certains principes, et à la chute on apprend qu'il va passer son bras au-dessus de l'épaule d'Elodie. J'ai trouvé ça très touchant (oui j'aime ce qui est doux dans ce monde de brutes). D'ailleurs, il me fait beaucoup pensé à la BA d'un film que j'ai envie de voir ( https://www.youtube.com/watch?v=b9txumtg6qU&list=PLB28C950A0359593E ). C'est fou comme on dirait lui, manque juste le chapeau melon !
-L'idée de se fondre dans la fiction pour échapper à la réalité
Ce que j'ai un peu moins aimé :
Le dégout d'Elodie de son quotidien est nécessaire à la bonne marche de l'histoire, c'est certain. Si elle aimait sa vie, elle n'aurait sans doute pas envie de disparaitre dans un tableau. Le minuscule truc que j'ai trouvé "dommage",  c'est son manque de discernement de ce qui a de poétique dans sa vie. C'est éminemment subjectif, en fait c'est surtout un point de vue, mais si elle a une fibre artistique, sans doute aurait-elle eu l'imagination de voir ce qui, dans son métro boulot dodo, était poétique. Donc en fait ce que je dis ne sert à rien, car bien sur énormément de gens n'aiment pas ce genre d'existence, qu'on peut qualifiée de "routinière", "banale" et "sans intérêt". Donc c'est juste mon point de vue très subjectif (je me répète), je pense justement que ce type d'existence là est une grande source d'imagination. Enfin je trouve ça très inspirant personnellement. Bon en fait ce que je dis ne sert à rien donc je vais le mettre en petit. Je reproche sans doute, implicitement, à Elodie de n'avoir pas su faire ça. Comme si Elodie était une personne réelle. Aaaah.

Merci, Milora, très belle lecture.
« Modifié: 26 Février 2015 à 22:33:05 par Miromensil »

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Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #6 le: 27 Février 2015 à 10:35:23 »
  :-[ Merci Miro, pour ce si gentil commentaire, et pour tout le temps que tu as dû y passer  :-X

Bon.  :\? Je suis perplexifiée au plus haut degré. Apparemment, le texte ne donne absolument pas la même chose que ce que je pensais en le relisant. Je remercie aussi Tomoyo qui a lu sans commenter et m'a fait part de son avis - elle aussi trouve le texte triste. Du coup, je vais peut-être retirer la mention "Revers de la plume", puisqu'il ne vous apparaît pas comme simplet et niais...

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    L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
    On dirait de la peinture qui coule…


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    (…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).
Aaaaah, bien vu. Mais ça m'embête, parce que j'aimais bien cette mention. Je vais peut-être essayer d'arranger ça en disant qu'ils sont dans le champ de vision de Pierre-Auguste mais qu'on ne les voit pas de l'extérieur du tableau, comme ça ils peuvent bouger légèrement, eux...

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    Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel. Elle sentait la petite touche mouillée de ses pas sur sa peau, qui s’avancèrent au centre de la paume. À sa place sur le tableau, se découpait la silhouette blanche et vide d’un homme de dos observant la scène. Elodie ouvrit la bouche pour exprimer sa stupéfaction, mais pas un son n’en sortit.

Donc là il n’est plus dans le tableau mais sur la main d’Elodie, et à la place du bonhomme se dessine sur le tableau une silhouette blanche, c’est ca?
Oui, c'est ça !

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    À moitié consciente de ce quelle faisait,

Mon dieu, une faute… « de ce qu’elle faisait »
:putainlafaute:

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    Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?

Ca m’a fait tiqué, c’est pas grande chose, mais ce ne serait pas plus joli de mettre « et faisant les cents pas »?
Cette phrase me gêne un peu, moi aussi, tu as raison. J'y réfléchis ! :)

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    Plaçant une coupelle devant Pierre-Auguste, elle y déposa une cuillérée de nourriture.

Mon correcteur orthographique indique « cuillerée »
Entre mon correcteur de Word, mon correcteur de Mozilla et mon correcteur de LibreOffice, ils disent pas la même chose. Je subodore le passage d'une réforme orthographique à un moment donné. Je vais creuser la question :ninja:

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    Hélas, il se montra incapable de l’ingérer. La sauce, le morceau de haricot blanc géant, rien ne parvenait à passer ses lèvres. Affamé, l’estomac gargouillant, Pierre-Auguste se laissa tomber de dépit sur son étoffe.

Pourquoi elle ne coupe pas des petits bouts?
C'est pas vraiment question de la taille de l'aliment, c'est surtout qu'il peut pas manger de choses "réelles"...

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Je dirais pas que c'est mignon, parce que il  y a quelque chose de profond dans ton texte. Pour moi il est poétique, mais en même temps source de questionnements. La subversion, par la création, d'un morne quotidien; la frontière entre réalité et fiction...Jusqu'à en devenir fou. Ca me fait vraiment penser à un de mes cours de philosophie, je pourrais analyser ton texte au regard de ce cours d'ailleurs u.u Bref, pour moi c'est pas vraiment un texte mignon, c'est un conte philosophique et poétique. Ca m'a fait l'effet d'un petit conte, ça oui :)
Bon, euh, j'ai beaucoup aimé. C'est fou que tu ne vois pas tout ce que tu écris de bien, comme tu parles de toi en négatif.
:-[ :-[ :-[ C'est très gentil, tout ça...

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D'ailleurs, il me fait beaucoup pensé à la BA d'un film que j'ai envie de voir ( https://www.youtube.com/watch?v=b9txumtg6qU&list=PLB28C950A0359593E ). C'est fou comme on dirait lui, manque juste le chapeau melon !
Mais trop ! Je l'imagine exactement comme ça moi aussi, même son visage colle bien !
(Et la BA m'a donné envie de voir le film, à moi aussi ^^ )

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Ce que j'ai un peu moins aimé :
Le dégout d'Elodie de son quotidien est nécessaire à la bonne marche de l'histoire, c'est certain. Si elle aimait sa vie, elle n'aurait sans doute pas envie de disparaitre dans un tableau. Le minuscule truc que j'ai trouvé "dommage",  c'est son manque de discernement de ce qui a de poétique dans sa vie. C'est éminemment subjectif, en fait c'est surtout un point de vue, mais si elle a une fibre artistique, sans doute aurait-elle eu l'imagination de voir ce qui, dans son métro boulot dodo, était poétique. Donc en fait ce que je dis ne sert à rien, car bien sur énormément de gens n'aiment pas ce genre d'existence, qu'on peut qualifiée de "routinière", "banale" et "sans intérêt". Donc c'est juste mon point de vue très subjectif (je me répète), je pense justement que ce type d'existence là est une grande source d'imagination. Enfin je trouve ça très inspirant personnellement. Bon en fait ce que je dis ne sert à rien donc je vais le mettre en petit. Je reproche sans doute, implicitement, à Elodie de n'avoir pas su faire ça. Comme si Elodie était une personne réelle. Aaaah.
C'est vrai. Appliqué à la vraie vie, je pense comme toi. Après, dans le texte, fallait qu'elle reste dans sa légère déprime, sinon ça avait pas trop de sens, je crois...  :-X

Merci beaucoup pour ce gentil commentaire, Miro !  :coeur:
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ninève

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Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #7 le: 27 Février 2015 à 12:48:36 »
Comme les autres, je trouve ce texte très mélancolique et poétique.
J'y ai vu aussi la métaphore d'un "suicide" créatif, d'une fuite vers un autre monde, d'un rejet de sa vie monotone.

Dès ta première partie, dans le tableau, le champ lexical est orienté "déprime" :
Citer
Il pleuvait
le ciel dégoulinait sur le monde.
tuiles grises
diluée, floue, étalée
bleu baveux
mêlée d’effroi.     
un vélo gisait, abandonné,
mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Ses traits fondirent et le ciel à cet endroit devint grisâtre.
Une inquiétude aigüe
prémices d’un cataclysme sans précédent.
Un chamboulement
les diluerait, les effacerait
bicyclette échouée
La tache s’agrandit, s’auréola en noyant
C’en fut trop
sentiment d’urgence
l’obsession de sa propre survie,
effort de volonté surhumain
englué,
épaule blessée       
la défunte mouette.
tournait le dos.
tabouret branlant
Qui venaient de pleurer.

Tu comprends bien que le lecteur ne se représente pas un "conte mignon, niais et stupide"  ;D

Je dois avouer que j'étais trouvé ça un poil long sur la partie centrale, mais c'est peut-être parce que j'ai super faim et que je veux vite aller manger  :-[  :-¬?

Si tu souhaite des remarques plus détaillées, un genre de relevé de ce qui va ou pas, je peux te faire ça plus tard. Là je voulais juste te donner mon sentiment global. Pour moi c'est un très joli texte, un conte oui, mais sombre, et sujet à interprétation. Je le trouve très intéressant, plein de bonnes idées, mais avec sans doute quelques passages à clarifier ou à raccourcir (ou pas !).

Juste un dernier détail et je file contenter mon estomac plaintif.

Cuillérée et Cuillerée sont acceptables. Sans l'accent est apparemment l'ancienne forme, conforme à l'origine et l'étymologie du mot. Et à sa prononciation ancienne ou le premier E est muet (se prononçais presque cui-ré). Mais depuis sa dernière édition, L'académie Française propose la forme avec accent, sans doute pour s'adapter à la prononciation actuelle qui dit le premier "é". Voili voilou  :P
« Modifié: 27 Février 2015 à 15:33:41 par Ninève »
Ninève

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Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #8 le: 27 Février 2015 à 14:01:56 »
Tout d'abord : bon appétit ! :D

Ensuite : merci pour ta lecture et pour ton commentaire ! :) Et pour l'explication sur cuillerée ^^ (j'ai appris un truc, là)

Citer
Si tu souhaite des remarques plus détaillées, un genre de relevé de ce qui va ou pas, je peux te faire ça plus tard.
Si ça t'embête pas, j'avoue que je veux bien :/

Citer
Pour moi c'est un très joli texte, un conte oui, mais sombre, et sujet à interprétation. Je le trouve très intéressant, plein de bonnes idées, mais avec sans doute quelques passages à clarifier ou à raccourcir (ou pas !).
Merci pour ce retour ! Je ne demande que ça, clarifier, corriger, etc etc ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ninève

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Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #9 le: 27 Février 2015 à 17:26:22 »
Bon, maintenant que mon estomac me fout la paix, allons-y pour le relevé tout à fait subjectif  ;)

Citer
Il y avait des semaines qu’il se tenait là
Bon, j'ai un problème avec la temporalité de ton texte. Ici, tu dis que Pierre-Auguste se tient là depuis des semaines. Sans bouger donc. Alors comment se fait-il que, plus tard, il parle de l'heure habituelle de son dîner le soir ?

Citer
mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.
Ils sont figés dans leurs transactions ou ils lèvent les yeux ?

Citer
Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare.
Selon son point de vue à lui ? Donc par rapport à quoi, à sa vie dans ce monde-là ? Donc le temps s'écoule ? Donc ni lui ni les clients ne sont figés.

Citer
lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.
"tenir"

Citer
Immense, de taille quasi-solaire.

J'aime la référence lumineuse et très positive que Pierre-Auguste associe à Elodie, tout en contraste avec son état d'esprit à elle.

Citer
pleine de bonne manière
Au pluriel non ?

Citer
Il y avait des années qu’il n’avait joué à un jeu de société.
Toujours la question de la temporalité pour Pierre-Auguste.

Citer
Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.
Bon. OK.  :P Mais ça intervient assez tard et le lecteur a le temps de s'interroger sur l'incohérence avant ça. 


Citer
Quand Elodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.
c'est principalement ce passage, associé à ceux où tu décris le mal-être profond d'Elodie, qui évoque l'idée d'une métaphore de suicide. On se dit "Et si, après tout oui, elle était folle, s'imaginait tout ça, et que son départ final dans le tableau n'est qu'en fait une manière pour elle de minimiser son geste et de rendre le tout joli et acceptable ?".

Citer
C’était la lettre recommandée de l’autre jour.
Et là tu en rajoute une couche dans l'aspect symbolique  ;D Son évasion prend forme sur ce qui lui est arrivé de pire récemment.
Ninève

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Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #10 le: 27 Février 2015 à 18:20:17 »
Concernant les questions de "double" temporalité :
Citer
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    Il y avait des semaines qu’il se tenait là

Bon, j'ai un problème avec la temporalité de ton texte. Ici, tu dis que Pierre-Auguste se tient là depuis des semaines. Sans bouger donc. Alors comment se fait-il que, plus tard, il parle de l'heure habituelle de son dîner le soir ?

Citer

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    Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare.

Selon son point de vue à lui ? Donc par rapport à quoi, à sa vie dans ce monde-là ? Donc le temps s'écoule ? Donc ni lui ni les clients ne sont figés.

Citer
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    Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes. Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises. Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.

Bon. OK.  :P Mais ça intervient assez tard et le lecteur a le temps de s'interroger sur l'incohérence avant ça. 
Moui... Ça j'avoue que je pense le laisser. Non, je ne donne pas l'information tout de suite, mais il me semble que le texte contient la réponse à cette question et que c'est pas un fil narratif abandonné tout seul dans la nature, du coup je pense que je vais laisser tel quel...  :-[

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    mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Ils sont figés dans leurs transactions ou ils lèvent les yeux ?
Techniquement, ils peuvent tout à fait faire les deux, mais ça rejoint en effet le commentaire de Miro : s'ils lèvent les yeux vers le ciel, c'est qu'ils ont bougé, ce qui ne colle pas avec le fait qu'ils soient dans un tableau où seul Pierre-Auguste est parvenu à bouger.
Je vais corriger, merci ! :)

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    lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.

"tenir"
Ah, ça peut pas s'employer dans ce cas, contenir ? (je doute, soudain...)


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    Quand Elodie se réveilla ce matin-là, elle prit peur. Sans savoir pourquoi. Son monde entier lui sembla vain, tout à coup, sans raison. Elle s’enfermait chez elle pour peindre la vie d’une créature dont elle n’était même pas sûre qu’elle existe hors de son imagination. Et si elle avait perdu pied ? Si elle s’était recluse dans un monde imaginaire, comme l’en avait avertie Aline lors d’une de ses précédentes crises de création ? C’est cette fois-là qu’elle avait peint L’Hôtel de la Gare. Une envie de voyage, incontrôlable et irréalisable.

c'est principalement ce passage, associé à ceux où tu décris le mal-être profond d'Elodie, qui évoque l'idée d'une métaphore de suicide. On se dit "Et si, après tout oui, elle était folle, s'imaginait tout ça, et que son départ final dans le tableau n'est qu'en fait une manière pour elle de minimiser son geste et de rendre le tout joli et acceptable ?".
Ah ! Alors du coup, tu y lis un suicide au sens propre, raconté de façon métaphorique...? :/

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    C’était la lettre recommandée de l’autre jour.

Et là tu en rajoute une couche dans l'aspect symbolique  ;D Son évasion prend forme sur ce qui lui est arrivé de pire récemment.
Oui, j'avais fait exprès pour l'aspect symbolique, mais du coup pour moi c'était au sens de : elle réutilise la lettre qui incarne son malêtre pour le changer en support à son bonheur...

Merci pour ce retour détaillé, et pour le temps passé sur mon texte ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Miromensil

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Re : Re : [Revers de la plume] Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #11 le: 27 Février 2015 à 19:36:28 »

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    L’arête du toit en tuiles grises était déjà diluée, floue, étalée entre le bleu baveux et le blanc crépit de la façade.
    On dirait de la peinture qui coule…


Citer

    (…) mais en cet instant, clients et commerçant, figés dans leurs transactions quotidiennes, levaient en l’air des mines stupéfaites et légèrement horrifiées.

Là, je t’avoue que ça me semble paradoxal…S’ils sont figés dans leurs transactions quotidiennes, je vois la boulangère qui prend un pain de l’étage, le client qui tend sa monnaie, toussa. Mais là tu dis dans le même moment qu’ils lèvent des mines stupéfaites. Peut être dire qqchose comme « clients et commerçants jusque là figés dans leurs transaction, levaient désormais la tête vers… » (phrase mal construite mais tu vois l’idée).
Aaaaah, bien vu. Mais ça m'embête, parce que j'aimais bien cette mention. Je vais peut-être essayer d'arranger ça en disant qu'ils sont dans le champ de vision de Pierre-Auguste mais qu'on ne les voit pas de l'extérieur du tableau, comme ça ils peuvent bouger légèrement, eux...

Oui moi aussi j'aime bien cette mention! Juste, je pense qu'il faudrait peut être dire que 1. Ils sont dans leur quotidien et 2. ils regardent vers le ciel, et cela les extirpe de ce quotidien. Enfin tu fais comme tu veux :p


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Non, je ne donne pas l'information tout de suite, mais il me semble que le texte contient la réponse à cette question et que c'est pas un fil narratif abandonné tout seul dans la nature, du coup je pense que je vais laisser tel quel...

(Chez moi ça a fait cet effet là. J'aimais bien tout le mystère du début du texte, et de la manière dont on va de surprise en surprise en comprenant).

Hors ligne Ninève

  • Aède
  • Messages: 150
Re : Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #12 le: 27 Février 2015 à 21:14:02 »
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    lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.

"tenir"
Ah, ça peut pas s'employer dans ce cas, contenir ? (je doute, soudain...)

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Ah ! Alors du coup, tu y lis un suicide au sens propre, raconté de façon métaphorique...? :/

Alors : "contenir" c'est pour un contenant, Pierre-Auguste n'est pas un contenant, il serait alors le contenu dans ce cas. Donc soit "tenir tout entier" soit "être contenu tout entier" :)

Et disons que j'ai la sensation qu'on peut y lire un suicide métaphorique, et sans avoir tes commentaires, je crois que oui, c'est l'impression que j'en aurai.

Pour le reste, tu as raison :)
Ninève

MillaNox

  • Invité
Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #13 le: 27 Février 2015 à 22:11:24 »
Yo Milo !

 un ptit tour sous la pluie avec toi...
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À savoir l’intérieur d’une cuisine démesurée, un tabouret branlant en formica assez large pour supporter toute la rue, un meuble de rangement accroché au mur et approchant des dimensions d’un hangar à bateau, où se tassaient des pots de verre estampillés « Riz » et « Gros sel » dans lesquels Pierre-Auguste aurait pu contenir tout entier.
bizarre, ça se dit ça ? c un effet spécial ? pourquoi pas "tenir" ?

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Un visage de femme qui se tenait au-dessus d’eux, des mèches auburn en désordre, une joue marquée de grains de beauté, des lèvres pâles arrondies par la stupéfaction, et deux yeux bleus écarquillés.
ah non tenir tu l'as juste là donc ça ferait une répétition, mais ça la fait de toute façon même avec contenir, je pense qu'il faut en changer un des deux ;)

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Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.
excellent ! Bon sur tout ce début, j'adore l'écriture, l'idée d'animer ce tableau, c'est d'une poésie exquise et très intriguant....  :coeur: :coeur: :coeur: J’avais lu des comm avant de me décider à lire le texte (faut dire que ton annonce de départ était aps franchement vendeuse) donc je savais qu'il y avait une histoire de tableau. je sais pas ce que ça donne quand on n'en sait rien et à quel moment on capte, mais franchement c'est excellent !

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Elodie en perdit le souffle.
vu que tu mets le saccent sur les A, il faudrait en mettre sur les é de élodie ;)

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Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre, diluant l’aquarelle au niveau du passage piéton moche avec lequel elle avait défiguré la scène.
je comprends qu'elle a peint le passage piéton en dernier. mais s'il est bien fait de grands rectangles blancs comme c'est le cas communément, ça pose question car je crois qu'il n'y a pas trop de blanc en aquarelle, c'est pas couvrant et on utilise plutôt celui de la feuille. à confirmer par des peintre qui s'y connaissent mieux que moi hein, ou apr toi c'est c'est ton dada, mais ça m'a titillé à la lecture...

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Son poids sur le bout de ses doigts était plus imaginaire que réel.
:)

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Il mit ses mains sur ses hanches en signe de consternation, en fit tomber son attaché-case qu’il s’empressa de ramasser, puis plaça son chapeau melon contre sa poitrine en un geste grave pour marquer cet instant solennel. Puis il soupira et se mit à examiner la cuisine avec curiosité.
enchainement de deux "puis" pas glop

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En vrai, c’était juste une cuisine, petite, miteuse, dont la peinture s’écaillait par endroits derrière les meubles, même si ça, il ne pouvait pas le voir. Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche, sans doute, que ça manquait de couleurs et que si Elodie posait là ses peintures, c’était parce qu’il n’y avait pas assez de lumière dans le reste du deux-pièces. Elle avait essayé de dessiner l’endroit, une fois. De le rendre plus beau, de lui ajouter des courbes élégantes, une ambiance surannée, un lierre dissident qui traçait ses arabesques entre la cafetière et le haut du frigo. Mais ça n’avait servi qu’à faire ressortir la laideur du vrai appartement. C’est là qu’elle avait commencé à craquer.
      À l’origine, elle peignait pour réinventer le monde, parce que le vrai ne lui plaisait plus.
peut-être un vrai de trop à mon goût

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Absurde. Cela ne se faisait pas.
      Elle se dirigea d’un pas décidé vers sa chambre pour allez chercher un jeu de dominos.
:viviane: ben oui, zut ! les dominos c'est la moindre des choses !

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   La journée fut plaisante et Pierre-Auguste se félicita d’avoir posé ses valises – enfin sa petite mallette – chez une hôtesse pleine de bonne manière.
j'aurai vu "bonne manière" au pluriel

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Pierre-Auguste savait que son autre lui-même, celui qu’il n’était qu’en mémoire mais qui avait tout autant droit de cité que son moi de 15h03 devant la boulangerie de l’Hôtel de la gare, cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises.
pas convaincue. il était figé, je trouve ça étrange qu'en fait il ait eu une "vie" faite de besoins fondamentaux, ça impliquerait que le tableau s'animait dans le dos d'Elodie à d'autres moment pour qu'il aille manger, pisser, etc. je prefère l'idée qu'il découvre le mouvement au début comme tu le dit à ce moment là d'ailleurs. à la limite, tu nous dirait ici qu'il ressent la faim pour la première fois de sa vie et que ça s'explique par sa mise en mouvement qui a défigé ses besoins naturels ça passerait mieux, mais l'habitude antérieure non...

Citer
Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.
par contre l'idée qu'il lui faut de la nourriture dessinée est excellente  ^^

Citer
Hélas, Pierre-Auguste eut beau plonger ses mains dans le dessin, attirer le chat avec lui, ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs mais totalement inanimé, qu’il ramena dans le monde réel. Vaguement dégoûtée, Elodie mit le faux chat à la poubelle.
:( :(

Citer
Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle et d’oublier ce qui avait était la réalité de sa vie.
été

Citer
Le facteur sonna à la porte, ce jour-là. Elle entrebâilla la porte.
répétition moche. il peut tout à fait sonner tout court on comprendra  ;)

Citer
Ou, peut-être, en vrai, plutôt par peur que le facteur ne le voie pas. Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.
:coeur: :coeur: j'adore

Citer
   Le recommandé venait de son bureau. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié. Elle abandonna la lettre sur la table pour aller s’occuper des finitions du bureau.
répétition. "travail" pour le premier ?

Citer
Il avait acquis une certaine pratique en la matière et ne s’affalait plus par terre avec des soubresauts vexés comme au début.
:D

Citer
À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout d’établi de peintre.
établi ?  :\? j'aurais jamais utilisé ce mot. atelier ? chevalet ?

hop là, tout lu !
bah c'est pas niais enfin !!! par contre je crois avoir vu parler de suicide dans certains comm et je l'interprète pas forcément comme ça. je comprend qu'on puisse le faire, elle s'isole, est en pleine dépression, "sort du monde" littéralement en intégrant le tableau. mais chai pas ça me fait pas cet effet. déjà, elle ne le fait pas par desespoir. l'idée ne vient pas d'elle si on part du principe que Pierre Auguste sortant du tableau est un fait réel (ben quoi, on a plus le droit de rêver ?  :D) Donc pour moi elle part juste dans un monde qui lui est plus adapté...
sinon, je l'ai déjà un peu dit mais c'est super bien écrit, très beau et très poétique.
j'ai beaucoup beaucoup aimé  :coeur: :coeur:

Merci pour ce beau moment :)

Milla

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
Re : Jour de pluie dans une cuisine
« Réponse #14 le: 27 Février 2015 à 22:11:55 »
j'arrive j'arrive !
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Je remercie aussi Tomoyo qui a lu sans commenter
ça fait "merci pour son sacrifice, nous ne l'oublierons pas"  |-|

et action

Citer
Pierre-Auguste observait
Je trouve ça fort que le personnage d’une peinture s’appelle comme Renoir  ::)

Citer
Il y avait des semaines qu’il se tenait là, face à l’Hôtel, avec son melon sur la tête, à observer.
Sauf que plus loin on apprend qu’il a une vie, qu’il rentre manger tous les soirs à 19 h etc. Donc soit il a une vie à lui depuis 30ans et la peinture fige un instant, soit il reste planté dans sa peinture à observer l’hôtel depuis des semaines (admettons que ce soit il y a quelques semaines que le tableau est commencé).
Je préfère qu’il ait une vie, du coup je préfère qui n’observe pas l’hôtel depuis des semaines mais qu’il passe devant tous les jours… ou pas, tu fais bien comme tu veux  :-¬?

Citer
Une autre goutte ruissela, dévia sur la courbe d’un nuage et atterrit sur le pavé, noyant ses bords nets
Là j’ai eu un problème de perspective à la première lecture : j’étais à la place du bonhomme, en ayant compris que j’étais dans un tableau, du coup que la goutte longe un nuage, j’arrivais pas à me le représenter depuis le point de vue Pierre Auguste. C’est pas une goutte pour lui, c’est un château d’eau qui explose quoi. Si c’était une goutte, il la verrait pas sur le nuage… du coup après je me suis dit que je devais être en point de vue Elodie, mais ça me semble peu logique… bref ça m’a perturbée  :-\.

Citer
Au rez-de-chaussée de l’édifice, la vitrine de la boulangerie
Question qui doit pas être très pertinente mais c’est pour mon instruction propre : il peut y avoir une boulangerie au rez-de-chaussée d’un hôtel ?

Citer
Jamais, de mémoire d’homme, il n’avait plu sur l’Hôtel de la Gare
J’aime beaucoup ce côté éternel de la peinture  :)

Citer
depuis cette petite gouttière au-dessus des fenêtres du haut
je sais pas si « du haut » c’est nécessaire, ça rallonge pour pas grand-chose, si la gouttière est au-dessus des fenêtres, perso j’imagine que c’est en haut du bâtiment.

Citer
Mû par un sentiment d’urgence difficilement explicable
J’aime   ::)

Citer
Ce fut comme s’extirper d’une masse volumineuse à laquelle on l’aurait englué
Là encore, c’est surement mon instruction qui est à peaufiner, mais j’ai du mal avec « engluer à une masse »… on englue à la colle, à la chaux (truc qui enduit quoi), etc. mais à une masse… je comprends pas. C’est pas plutôt englué dans une masse ? ou alors c’est pas engluer… je sais pas… :\?

Citer
jamais été englué à une masse volumineuse d’aucune sorte
bis repetita de mon problème de masse et de glue

Citer
une joue marquée de grains de beauté
belle asymétrie  :mrgreen:

Citer
Pierre-Auguste salua la jeune dame en soulevant poliment son chapeau.
Genre « je sors d’un tableau mais je perds pas mes bonnes manières et surtout je ne m’affole de rien, sauf peut-être que l’heure du thé est passée »  :D

Ce premier paragraphe est celui que j’aime le moins (tout est relatif, il est bien écrit, mais je ne le trouve pas aussi clair et précis que le reste du texte).
J’imagine qu’il faut que j’explique mieux ? je pense que c’était l’effet que tu cherchais, mais j’ai des juxtapositions d’images qui m’ont fait changé de point de vue sans arrêt pour comprendre où j’étais, même si le champ lexical de la peinture est clair, il y a beaucoup d’informations sur ce tableau, l’hôtel, immeuble, boulangerie, ruelle, vélo, passant, mouette, nuage. Certes à présent j’ai une image plutôt nette de à quoi ressemble le tableau mais d’entrée de jeu j’ai été emmêlée et pas stable dans ma lecture.
Mais bon, si c’est ce que tu souhaites, mon intervention est à oublier  :huhu:


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Une larme oubliée finit son trajet à la pointe de son menton et vint s’écraser au bord du cadre,
Ah oui, détail, mais je me dis que quand même, elle pleure de grosses larmes et beaucoup, pour avoir gâcher un si grand tableau sur autant de surface  :-\. En plus elle bouge au-dessus du tableau pour bien en mettre dans tous les coins, autant sur les nuages que sur le passage piéton, qui sont à deux endroits opposés du cadre.
Ah oui parce que pour moi le tableau fait bien 80x100, vu que PA fait 8cm  :huhu:


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Le personnage hocha la tête avec reconnaissance, ajusta son couvre chef et, solennellement, fit un pas hors du tableau.
Il fait soooo british  :D

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blanche et vide d’un homme de dos observant la scène
si c’est blanc et vide, on ne peut pas savoir que c’est de dos. On comprend juste que c’est la silhouette d’un homme

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Qu’est-ce qu’on pouvait voir, avec des yeux d’un millimètre ? Juste que c’était moche,
xD

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Trente-deux ans, boulot ordinaire, vie ordinaire, ville ennuyeuse, le petit hobby du dimanche.
Cette phrase, elle est mais terrible, c’est très simple mais c’est d’un dramatique à me faire attraper une plaquette de chocolat  :s

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mais embellies, emballées dans de jolis arrêts sur image
embellies, emballées c’est marrant  ^^

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Il faisait un tour de France pour goûter tous les croissants de toutes les étapes du trajet
Ah mais j’avais zappé cette phrase à la 1ere lecture ! c’est pour ça qu’elle lui refile des croissants après !

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Et puis, petit à petit, elle s’était rendu compte que ça ne servait à rien. La vie grise déteignait sur des toiles grises. Ce n’était que des morceaux sans âme d’un train-train habituel tout aussi fade. C’était moche, moche comme cette cuisine et comme cette vie. Dans ces moments de crise existentielle, Elodie en voulait à tout, au monde entier et à elle-même. Elle se mettait au-dessus d’un de ses tableaux pour essayer d’en aspirer quelques bouffées d’espoir, de rêve, d’ailleurs. Et des fois les larmes coulaient, et ça tombait sur la toile, et elle s’en fichait, parce que de toute façon le trait de crayon n’était pas assez net, les couleurs mal choisies et la scène idiote.
Douce mélodie du bonheur, pourquoi je ne t’entends plus  #:s ? c’est très bien rendu, mais alors ça te fiche un coup de mou quand même  :(

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On ne saurait dire si l’ensemble de ces réflexions avaient traversé le regard d’Elodie et s’y lisaient à livre ouvert. Si Pierre-Auguste les avait saisies dans un élan soudain d’empathie. Probablement pas.
J’aime po la ponctuation de ce passage, tu me force à baisser le ton là où je veux pas  :huhu:

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et de revenir prudemment au centre de la paume en tapotant d’un petit doigt sur son encore plus petit attaché-case.
Du petit doigt ?
Comment l’attaché-case peut être encore plus petit que son petit doigt…. Il y a clairement une scène qui se joue là et que je visualise pas correctement  :\?


Citer
Elle se demanda si elle avait pensé à lui peindre des oreilles.
xD

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À moitié consciente de ce quelle faisait
C’est déjà relevé mais comme c’est rare et que ça te motivera peut-être à corriger plus vite : bouh vilaine faute  :P

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Que faisait-on d’un gentleman en chapeau melon mesurant huit centimètres, qui faisait les cent pas sur la table de la cuisine (moche) ?
Qui ne s’est pas déjà posé cette question, hm ?

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chez une hôtesse pleine de bonne manière
idem que ma petite camarade, je mettrais un pluriel

Citer
à en croire la pendule à motif de dauphins maintenue par un aimant contre la porte du réfrigérateur
elle fait tout pour mochiser aussi  :relou:

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Le problème suivant surgit néanmoins à dix-neuf heures tapantes.
Owi je suis pénible, mais 2 phrases au-dessus tu dis « six heures » et pas dix-huit. Du coup il faudrait, en suivant la belle logique, que tu mettes sept heures là  :mrgreen:

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Bien qu’ayant passé toute sa vie réelle planté devant l’Hôtel de la Gare, cette scène avait lieu à 15h03 précises.
Cette phrase me dérange dans sa formulation, j’ai dû la lire trois fois avant de saisir le sens, j’avais l’impression qu’il manquait un bout.
Je la lisais « bien qu’ayant passé sa vie devant l’hôtel (cette scène avait lieu à 15h03), il….. » donc il me manquait la partie avec le « il… », et ça n’avait pas vraiment de sens… mais j’attendais que la phrase qui suit le « bien que » concerne le bonhomme puisque tu dis « bien qu’ayant passé sa vie »
Je chipote pas tant que ça, j’ai vraiment eu du mal avec cette phrase, par contre c’est bien possible que je sois la seule concernée par le souci de lecture  :huhu:

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cet autre lui-même était habitué à dîner à 19 heures précises. Or, 19 heures étaient passées
t’as mis en lettres avant, faudrait surement continuer en lettres…

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Or, 19 heures étaient passées depuis quarante bonnes minutes que la dame ne semblait pas décidée
C’est accepté ça ? ça fait oral je trouve.. m’enfin je me trompe surement, j’aurais mis « et la dame »  :???:

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Elle installa une assiette à table et fit réchauffer une sorte de mixture à l’allure de cassoulet
Cordon bleu  :mrgreen:

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L’aquarelle avait été si détrempée que plusieurs pans du tableau étaient à présent méconnaissables
Mais enfin c’est pas humain d’autant pleurer  |-|

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avec une délectation quelque peu entachée par la fadeur du goût. Pour la deuxième ration, la jeune femme se permit d’ajouter au feutre quelques couleurs. Ça avait déjà meilleure consistance.
J’aime bien que la couleur donne le gout  :)

Citer
Aussi étrange que cela puisse paraître, les jours passèrent.
En même temps, ça, ça me parait le moins étrange de l’histoire, que le temps continue de s’écouler  ::)

Citer
(La vérité est qu’elle ne s’était jamais beaucoup entraînée sur les natures mortes, et que ses essais de saumon aux pommes vapeurs avaient ressemblé à des taches de moisi au fond d’une cuve à vin).
Mais mdr xD

Citer
attirer le chat avec lui,
c’est pas attirer à ?
ou alors prendre avec lui ? je sais pas c’est bizarre

Citer
ce ne fut qu’une sorte d’ersatz mou et flasque, couvert de poils blancs
:s

Citer
Vaguement dégoûtée, Elodie mit le faux chat à la poubelle.
Je vois tellement un chat empaillé raté…. C’est horrible  ><

Citer
Le reste n’était qu’une brume à peine réelle, une longue stase abrutie qu’il fallait traverser comme un épisode de fièvre, avant de revivre lorsqu’elle quittait le bureau et rentrait chez elle et d’oublier ce qui avait était la réalité de sa vie.
Mais ouin  :s

Citer
Il fallait faire attention à ce que tous les petits tiroirs aient leur poignée, soient régulier,
Réguliers

Citer
Le facteur sonna à la porte, ce jour-là.
Je sais pas quel jour, elle racontait des évènements passé. Ou alors il faut aller à la ligne ?

Citer
Si elle avait perdu l’esprit, elle ne voulait pas qu’on le lui dise, elle ne voulait pas que cette sale vie lui rappelle que toute échappatoire était une maladie. Parce qu’elle se sentait mieux, quand même, maintenant qu’elle était folle.
Passage brillant  :aah:

Citer
Le recommandé venait de son bureau. Elle avait oublié d’y aller, la veille. Tout simplement oublié.
Le « elle avait oublié d’y aller, la veille » induit en erreur, on a l’impression qu’elle a loupé que la veille. Or non c’est des dizaines de jours…..

Citer
l’œil brillant et le sourire prompt,
et poil soyeux…  :relou:

Citer
Il n’avait plus jamais revu cet air de tristesse profonde sur le grand visage solaire
donc il qualifie de visage solaire un visage qu’il trouve par ailleurs fort triste….  :\?

Citer
lors d’une de ses précédentes crises de création ?
en plus c’est une rechute  :-X

Citer
Secrétariat, autobus, queue au supermarché… Tout ça n’avait pas plus de sens qu’une cuisine moche dans un deux-pièces terne
Mais ouin  :s

Citer
le chapeau bien posé au centre de son crâne
sommet ? ou alors c’est le crane qui est enfiché dans le centre du chapeau ? non mais oublie, cette intervention n'existe pas

Citer
Et par-dessus, on avait peint. Avec un souci de précision comme seules peuvent en avoir des mains minuscules.
Comment il a fait avec un pinceau deux fois grand comme lui  :???:

Citer
Des champs s’étendaient jusqu’à une haie d’arbre fruitiers.
Arbres

Citer
À gauche de la fenêtre, côté intérieur, il y avait une bibliothèque, et de l’autre côté, dépassait un bout d’établi de peintre. Au loin, si on forçait le regard, on distinguait un petit nuage blanc avec une mouette, et encore plus loin, la forme fine, irréelle, d’un dragon.
C’est un A4, c’est difficile de mettre tout ça sur un A4 ou du moins de le distinguer   :-\

Citer
Au milieu du tableau, sur le rebord de la fenêtre, se découpaient deux silhouettes blanches, non peintes. La forme de deux personnes assises les jambes dans le vide et regardant au loin.
Il sont assis sur le rebord de la fenêtre, les jambes dans le vides ? mais c’est dangereux !  :neutre:

Citer
Elle griffonna des instructions pour le faire parvenir à sa sœur et le ranger dans la cave.
Mais non ! l’encadrer et mettre sous verre, sinon il va gondoler et moisir   :aah:(quoique, il doit déjà être tout gondolé vu que c’était pas du papier pour peindre, et en plus il y a une lettre ultimatum écrite derrière  :\?…) mais il faut le protéger et pas ranger ça à la cave dans la moisissure !


Bon ben ayé !
Déjà dit mais je répète, c’est pas un revers de plume, c’est pas un conte niais, je ressens une immense tristesse (même si cette deuxième lecture était plus douce pour le coup) et je suis triste qu’Elodie n’ait pas trouvé comment être heureuse dans la vraie vie  #:s.
Sinon, c’est un peu fou et tellement crédible à la fois. Elle est peut-être vraiment folle et s’est laissée mourir sur cette table basse, ou alors elle vit vraiment dans un dessin sur une lettre recommandée de son bureau  :\?… C’est bien écrit et c’est un texte qui fait ressentir des choses (même si ce ne sont pas les choses que je préfère ressentir  :relou:).
Beau récit  :)

Merci pour ce texte ! :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

 


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