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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)

Auteur Sujet: Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)  (Lu 6507 fois)

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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Lointains mirages par-delà les dunes et les vagues, deux âmes nous content l’une et l’autre leurs rêves d’ailleurs.

Sous le soleil de l’été, le bleu de l’océan. Je vogue vers un monde meilleur, plein de douces promesses. Un monde qui ne connaît ni la faim, ni la misère. Un monde riche et prospère dont nous avons tous rêvé. Les vagues bercent notre caravelle improvisée alors que mon regard se porte vers l’horizon. Le bleu profond de la mer et le bleu léger du ciel s’y rejoignent, comme deux vantaux d’une même porte dissimulant les mystères d’un autre monde. Je guette ce moment où, s’écartant l’un de l’autre, ils laisseront entrevoir cette terre si souvent promise.

Sous le soleil de l’été, le sable chaud. Aucun nuage à l’horizon, mais l’orage approche : le grondement du tonnerre à réaction se fait entendre au loin. Ici, les hommes se sont emparés du ciel et la foudre frappe toujours nos maisons. Un déluge de feu sous une pluie de poudre et d’acier. La guerre est revenue, encore. Je cours sur le sable, la tête dans ces nuages qui me font rêver : rendu à la nature, le ciel pourrait-il nous apporter la pluie, l’eau, la vie ? J’imagine un monde merveilleux où je pourrais lever les yeux vers les cieux, sans crainte aucune. Je veux partir, je veux m’échapper.

Sous le ciel voilé de l’été, la mer perd ses couleurs. Le monde devient gris et semble vouloir nous imposer son humeur maussade. Les portes du paradis nous restent désespérément fermées, elles paraissent même s’éloigner. Le vent se lève et masque doucement l’horizon d’un épais rideau de coton. Le rêve laisse progressivement place à l’ennui, puis à l’inquiétude. Ce voyage est long, trop long, beaucoup trop long. L’ultime traversée – des plus aisées nous a-t-on maintes fois assuré et rassurés – s’allonge et nous plonge dans une anxieuse attente. Et me vient alors cette terrible pensée : « Nous aurait-on trompés ? Entre songe et mensonge, ce monde inconnu que l’on nous a si chèrement vendu existe-t-il seulement ? »

Sous les feux de l’été, le sable se soulève, tourmenté par une caravane blindée. Un épais panache de poussière s’élève et, de coup de tonnerre en vent de colère, se propage en une myriade de colonnes de fumée. Ici, les nuages façonnés par les hommes naissent sur le sol et se précipitent vers le ciel. Il n’y a pas d’abris, pas de sanctuaire : il n’y a qu’à prier pour que l’orage passe au loin et que le sort choisisse une autre victime. Je veux m’enfuir, car j’ai ouï dire qu’ailleurs on pouvait trouver la paix. Un monde imaginaire où las de la guerre, frères ennemis et voisins belliqueux ont fini par s’accorder. Une utopie pour nous qui sommes enfermés, prisonniers de cette réalité dominée par la violence et la haine. Les détonations de plus en plus fortes me sortent de mes rêveries : la tempête se rapproche encore. Je m’arrête et je ferme les yeux, car je n’ai nulle part où courir.

Sous la tempête estivale, la mer se déchaîne. Une pluie battante balaye l’océan qui à son tour se soulève, lançant ses vagues à l’assaut des nuages. Le ciel gronde et la mer grogne en retour, les éléments s’affrontent dans une impressionnante démonstration de puissance. Notre frêle esquif est ballotté par la houle, balayé par le vent, noyé sous des trombes d’eau. Notre embarcation se brise et se disloque. Tétanisés par la peur, épuisés par notre vaine résistance, nos bras et nos jambes ne peuvent se décrocher des restes de notre radeau de fortune. Nos espoirs brisés nous tirent vers le fond. Comment, pourquoi tenter de regagner la surface ? Je renonce, j’abandonne et je sombre, toute volonté engloutie pas les flots.

Sous la tempête infernale, le sable s’envole et fouette tout ce qui l’entoure. Je marche dans un nuage de poussière excité par des vents contraires. Je ferme les yeux qui me brûlent et couvre des mains mes oreilles percées par le vacarme des détonations. Le bruit réduit, mais je ressens les vibrations de chaque explosion. La terre tremble à chaque coup et mon corps vibre sous les ondes des chocs qui se succèdent. A droite, puis à gauche, derrière et… Soudain un invisible mur me percute dans une douleur si vive que mes sens peinent à la comprendre. Je décolle et je m’envole. Arrachée à son enveloppe charnelle, mon âme poursuit son irrémédiable ascension alors que ma dépouille chute lourdement sur le sol.

Je touche le fond. Dans l’obscurité des abysses, l’oppressante masse liquide semble s’écarter et se pétrifier. Une roche suintante qui se forme en une longue caverne. Le sol, lui, se liquéfie et se mue en rivière souterraine éclairée d’une lueur diffuse. Je distingue une silhouette qui prend appuie sur une perche et propulse notre barque vers l’autre monde. Je vogue vers un autre monde, meilleur enfin ?

J’atteins le ciel. Je cours avec le vent, les pieds dans les nuages qui paissent en troupeaux dans un champ d’azur. Je sautille d’un cumulus à l’autre et des formes naissent et disparaissent au gré de mes envies. Un instant, je baisse les yeux vers la terre. Vus d’ici, les prédateurs de ce bas monde sont bien peu de choses. Quelle importance ? Je cours dans un monde de rêves. Les rêves sans fin d’un sommeil à jamais sans réveil.
« Modifié: 14 Mars 2015 à 14:22:00 par Honnirique »

jake07

  • Invité
Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #1 le: 20 Novembre 2014 à 00:36:34 »
Salut Honnirique !

J'ai bien aimé ton texte même s'il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dedans. En fait j'aime énormément quand tu parles d'explosions ou de missiles en tournant au tour, en esquissant les effets, comme avec un peu de recul, un peu une peinture. Cet aspect là, je le trouve vraiment très joli ("les hommes se sont emparés du ciel et la foudre frappe toujours nos maisons", "Ici, les nuages façonnés par les hommes naissent sur le sol et se précipitent vers le ciel." : c'est très très joli comme manière de dire les choses, de les mettre à distance comme pour mieux les révéler. Ça m'a touché).

Après je suis moins fan quand tu fais des phrases plus pragmatiques ("Une utopie pour nous qui sommes enfermés, prisonniers de ce monde dominé par la violence et la haine." par exemple), je trouve qu'on perd ce côté un peu onirique, presque fantastique et c'est ce qui m'empêche de vraiment adorer ton texte. Un peu plus de liant aussi, c'est un peu confus pour moi par moments, mais surtout j'aurais aimé que t'ailles encore plus  à fond dans le trip de mise à distance car je trouve que tu le fais vraiment fonctionner !

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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  • Honnirique / Morphée
Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #2 le: 22 Novembre 2014 à 12:59:22 »
Merci pour ton commentaire. A vrai dire la partie la plus "pragmatique" du texte était l'objet premier du texte, les métaphores sont venus ensuite pour habiller le propos lorsque je l'ai écrit. J'aurais effectivement pu essayer d'aller au bout de cette logique. J'y réfléchirai pour une prochaine fois, c'est une idée intéressante.  :)

MillaNox

  • Invité
Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #3 le: 23 Février 2015 à 23:04:57 »
Hey Honnirique !
à mon tour de te donner un avis :)

au fil du texte :
Citer
Sous le soleil de l’été, le bleu de l’océan.
c'est du chipotage, mais comme c'est la phrase d'entame je le dis quand même, je me demande si ce serait pas un chouilla + fluide en mettant "sous le soleil d'été" plutôt que "sous le soleil de l'été", d'autant que tu as un autre "de" juste après ?

Citer
Le bleu profond de la mer et le bleu léger du ciel s’y rejoignent, comme deux vantaux d’une même porte dissimulant les mystères d’un autre monde.
chouette  :coeur:

Citer
Je guette ce moment où, s’écartant l’un de l’autre, ils laisseront entrevoir cette terre tant promise.
ton intro est très poétique, même musicale je trouve, j'aime beaucoup. Et là je sais pas si c'est le "cette" ou le "tant" ou les deux mais la fin de la phrase est en dessous je trouve  :\?

Citer
Sous le soleil de l’été, le sable chaud.
à voir selon ce que tu auras fait de ma première remarque  :D

Citer
Aucun nuage à l’horizon, mais l’orage approche : le grondement du tonnerre à réaction se fait entendre au loin
bizarre le tonnerre à réaction. c'est pour parler d'un avion ?? ça sort un peu de la poésie je trouve...

Citer
Ici, les hommes se sont emparés du ciel et la foudre frappe toujours nos maisons. Un déluge de feu sous une pluie de poudre et d’acier. La guerre est revenue, encore. Je cours sur le sable, la tête dans ces nuages qui me font rêver : rendu à la nature, le ciel pourrait-il nous apporter la pluie, l’eau, la vie ? J’imagine un monde merveilleux où je pourrais lever les yeux vers les cieux, sans crainte aucune. Je veux partir, je veux m’échapper.
très chouette encore comme c'est écrit ! vraiment superbe malgré l'horreur du propos. Je confirme que "tonnerre à réaction" ne me parle pas de la même façon ;)

Citer
Le monde devient gris et semble vouloir nous imposer son humeur maussade.
je trouve que "semble vouloir" alourdit alors que "nous impose" directement nous balancerait l'image d'autant plus efficacement

Citer
Entre songe et mensonge,
:coeur: :coeur:

Citer
Sous les feux de l’été, le sable se soulève, tourmenté par une caravane blindée. Un épais panache de poussière s’élève et, de coup de tonnerre en vent de colère, se propage en une myriade de colonnes de fumée.
soulève/s'élève : pas fan de la "répétition"
de coup de tonnerre en vent de colère :  :coeur: :coeur:
le double "en" et les multiples "de" saccadent la fluidité de la phrase ça pète la poésie je trouve... mais c'est un peu du chipotage hein, si tu trouves que je délire, dis toi que tu as raison  ^^

Citer
Un monde imaginaire où las de la guerre, frères ennemis et voisins belliqueux ont fini par s’accorder. Une utopie pour nous qui sommes enfermés, prisonniers de ce monde dominé par la violence et la haine.
dommage la répétition

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Citer
Le sol lui se liquéfie et se mue en rivière souterraine éclairée d’une lueur diffuse.
"lui" entre virgule peut-être ?

Citer
Je vogue vers un autre monde, enfin meilleur ?
je trouve la formulation en dessous de tout le reste de ton écrit, qui est ultra subtil et poétique, tu dois pouvoir nous faire un truc de fou là.

Citer
Les rêves sans fin d’un sommeil à jamais sans réveil.
j'arrive pas  savoir si le "à jamais" est de trop ou pas ? l'idée de la phrase est top et le rendu est presque parfait, j'arrive pas à capter le détail qui me titille  :\? Attends de voir d'autres comm' !

hop là, tout lu !

Bon alors, déjà tu as une plume magnifique  :coeur: :coeur:
Après là où j'ai buggué:
- je suis un boulet car c'était bien marqué "deux" dans le titre, mais j'ai mis les deux tiers du texte à capter que les paragraphes alternaient entre deux perso et que c'était pas le même >< Je trouvait ça bizarre mer/sable mais chai pas, j'ai pas capté sur le coup. à voir si d'autre se perdent (comme on reste au je c'est un chouilla trompeur) et si utiliser deux polices d'écriture ? ou deux couleurs ? ou l'italique pour un des deux ?
après, la question qui me vient c'est est-ce que ces deux inconnus sont liés ? ils sont deux points sur une même courbe (celui encore sur place et celui en train d'essayer de changer de pays déjà embarqué sur un bateau ?) ou bien sont carrément à deux endroit différent de la terre et n'ont rien à voir ? C'est peut-être un peu frustrant de ne pas avoir cette réponse... (mais bon l'auteur est roi)
Donc je répète, une écriture fluide, c'est cool, mais on s'en fout un peu ici car c'est surtout son aspect poétique et beau qui touche le lecteur.  :coeur: superbe ! et pour el fond, le thème est très itnéressant et ton approche est juste : c'est fait avec simplicité et humilité (et poésie, le dirais-je jamais assez??) et ça touche vraiment juste.

Merci pour cette belle et triste lecture (même si t'essaye de te rattraper en sauitillant sur les nuages mais c'est triste quand même  :mrgreen: :mrgreen:)

Milla

Hors ligne nevizhed

  • Calliopéen
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  • C'est tellement mystérieux, le pays des larmes.
Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #4 le: 24 Février 2015 à 18:16:45 »
Moi aussi j'ai pris du temps à comprendre que tu changeais de point de vue à chaque paragraphe :)

C'est beau et magique ! J'adore ton style, simple et poétique. Cette idée vers un monde meilleur... je l'ai vraiment ressentie. Quand il le trouve, c'est magnifique. Même si cela implique la mort, je trouve cela sidérant. J'ai pas les mots, désolé.

Citer
Le bleu profond de la mer et le bleu léger du ciel s’y rejoignent, comme deux vantaux d’une même porte dissimulant les mystères d’un autre monde.
Pour moi, c'est la plus belle phrase, celle qui dit tout.  :coeur:

Merci pour ce lointain rêve que tu m'as offert. :coeur:

Nvz.

Au bout de ce tunnel noir,
Une lueur illusoire.
C'est peut-être ça ? l'espoir.
Mon espoir.

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #5 le: 25 Février 2015 à 23:37:32 »
Merci pour vos commentaires. Je réfléchirai à tout ça pour voir si j'arrive à utiliser vos remarques pour améliorer ce texte (j'écris peu, je suis très lent et je réfléchie beaucoup avant : donc ça risque de prendre du temps).

Concernant l'identification du nombre de narrateurs, je pense que c'est un vrai problème. C'est un texte que j'avais posté sur un autre forum pour un "concours" amical. A l'époque je l'avais fait relire à ma compagne et elle n'avait pas compris qu'il y avait deux personnages distincts, ce qui m'a poussé à lui donner un titre explicite (que je trouve moche par ailleurs). Je m'étais dit que je devrais distinguer les deux personnages en utilisant des couleurs différentes pour le texte : je ne l'ai pas fait, j'aurais dû ! J'ai modifié le texte en ce sens : juste la première phrase de chaque paragraphe (je trouve le noir plus lisible).

Ce problème est effectivement accentué par l'usage de la première personne. C'est plus ou moins voulu : je voulais rendre les personnages le plus "transparent" possible pour ne conserver que leurs impressions. Mon objectif premier était de faire en sorte qu'il soit même impossible de discerner leur genre : j'ai donc utilisé la première personne, évité les accords sur les narrateurs, ou noyés ces accords dans un pluriel indéfini. Il me semblais cependant que j'avais échoué sur mot ou deux, mais je ne suis pas sûr.

Je reprend quelques commentaires car je n'arriverai jamais à répondre à tout ce soir :

Citer
Citer
Je guette ce moment où, s’écartant l’un de l’autre, ils laisseront entrevoir cette terre tant promise.
ton intro est très poétique, même musicale je trouve, j'aime beaucoup. Et là je sais pas si c'est le "cette" ou le "tant" ou les deux mais la fin de la phrase est en dessous je trouve

Initialement, j'ai dû penser "la terre promise". Sur le fond, j'ai ensuite voulu ajouter deux notions : "cette" à la place de "la" pour indiquer que c'est une terre parmi d'autres et le "tant" pour insister sur la répétition des promesses successives. Détourner cette expression de la sorte pour sans doute s'avérer gênant / déroutant pour le lecteur ?

Citer
Citer
Aucun nuage à l’horizon, mais l’orage approche : le grondement du tonnerre à réaction se fait entendre au loin
bizarre le tonnerre à réaction. c'est pour parler d'un avion ?? ça sort un peu de la poésie je trouve...

C'est vrai que ça peut rompre la magie. L'idée est d'introduire la nature humaine de cet orage (de guerre) sans pour autant l'expliciter. "Tonnerre mécanique" aurait été assez moche et la référence à une série connue assez mal venue. Peut-être un truc du genre : "un grondement de tonnerre trop artificiel se fait entendre au loin". Ou caler une deuxième phrase pour amener l'idée plus subtilement. Il faut que j'y réfléchisse.

Citation de: MillaNox
après, la question qui me vient c'est est-ce que ces deux inconnus sont liés ? ils sont deux points sur une même courbe (celui encore sur place et celui en train d'essayer de changer de pays déjà embarqué sur un bateau ?) ou bien sont carrément à deux endroit différent de la terre et n'ont rien à voir ? C'est peut-être un peu frustrant de ne pas avoir cette réponse... (mais bon l'auteur est roi)

L'auteur est roi, mais le lecteur aussi ! L'auteur règne sur le texte tel qu'il l'a écrit, le lecteur sur le récit tel qu'il l'a compris. Dans mon esprit ces personnages n'étaient pas liés. Cependant, je n'ai rien écrit qui puisse affirmer qu'ils ne le sont pas. Ils peuvent donc l'être, ou pas. Au lecteur d'imaginer l'histoire dans l'histoire. C'est une remarque très intéressante en tout cas.

Je vous remercie pour vos commentaires. Je note que sur un texte comme celui-ci, qui repose sur la poésie et l'onirisme, la moindre formulation maladroite peut en dissiper la magie. C'est intéressant de voir que ce sont pas les mêmes éléments qui gênent les uns et les autres.  :)

Hors ligne El_ChiCo

  • Responsable technique
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Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #6 le: 04 Mars 2015 à 11:17:53 »
Bonjour Honnirique,


Je rejoins les autres lecteurs à propos des formulations parfois un peu maladroites. Tu as des très belles images dans ton texte, qui a effectivement un côté poétique très marqué, et certains passages détonent un peu par rapport à d'autres. Du coup c'est un peu dommage. À l'occasion, il faudrait peut-être reprendre ces phrases pour les amener au même niveau de… je sais pas trop comment dite… lyrisme… que les autres.

Sinon, l'idée de construire le texte en opposition est intéressante, avec un narrateur qui trouve son salut vers le fond de l'océan et l'autre qui veut découvrir les hauteur du ciel.

Après, dans l'ensemble, j'ai eu un peu de mal à accrocher avec le texte et vraiment rentrer dedans, peut-être à cause de ces formulations qui font défaut. Je ne saurais pas trop dire pourquoi précisément…
Je vais essayer d'étudier la question pour te faire un commentaire un peu plus constructif…


Edit : je ne trouve pas le titre super poétique non plus. Peut-être qu'il y a un moyen de trouver un autre titre qui sonne mieux…


Merci pour la lecture en tout cas ;)
« Modifié: 04 Mars 2015 à 11:19:25 par El_ChiCo »

Donaldo75

  • Invité
Re : Deux inconnus vers l’inconnu
« Réponse #7 le: 05 Mars 2015 à 08:58:10 »
Bonjour Honnirique,

Ce texte m'a beaucoup plu.

Au-delà du choix de la narration, c'est avant tout le style qui m'a séduit, dans ce rythme paisible au milieu des furies. Le lire m'a reposé. Pourtant, ce texte est triste, pas vraiment optimiste mais jamais morbide.
Il est très poétique.

On sent le travail d'orfèvre derrière ce récit.
Bravo !

Merci de ce moment de finesse.

Donald

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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  • Honnirique / Morphée
Merci pour vos commentaires, et merci Donaldo pour ce très beau compliment.

J'ai fait quelques modifications marginales, car pour l'instant je ne trouve rien de plus satisfaisant. Le principal changement concerne le titre : j'ai essayé de l'accorder avec l'esprit du texte et l'utilisation de la première personne du pluriel sous-entend qu'il y a bien deux personnes du singulier dans le texte. Mais est-ce assez explicite ?

MillaNox

  • Invité
Yo Honnirique !

Relecture suite à tes changements :)

Citer
Je guette ce moment où, s’écartant l’un de l’autre, ils laisseront entrevoir cette terre tant promise.
le "tant" est assez sec, à cause du son "t" peut-être ? je crois que je préfèrerais la phrase sans

Citer
L’ultime traversée – des plus aisées nous a-t-on maintes fois assuré et rassurés – s’allonge et nous plonge dans une anxieuse attente.
chipotage mais je me demande si attente anxieuse ne sonnerait pas mieux que anxieuse attente ?

Citer
ous les feux de l’été, le sable se soulève, tourmenté par une caravane blindée. Un épais panache de poussière s’élève et, de coup de tonnerre en vent de colère, se propage en une myriade de colonnes de fumée.
je trouve soulève et s’élève trop proches pour être enchainés...

Citer
Je ferme les yeux qui me brûlent et couvre des mains mes oreilles percées par le vacarme les détonations.
des ?

Hop!
Je n'ai pas relevé mes coups de cœur cette fois, puisque c'est une relecture, mais je trouve toujours ce texte magnifique, très poétique et extrêmement touchant.  :coeur:

Le nouveau titre est plus sympa que le précédent :) il lui manque peut-être encore quelque chose, chai pas quoi, mais il est pas mal en l'état ;)

par contre, je suis pas sûre que tu aies réglé le problème de la confusion dans le nombre de perso :\?
Une idée comme ça : "titrer chaque paragraphe de "L'un." et de "L'autre." ou de n'importe quelle double expression qui nous dise bien qu'ils sont deux ?
ça donnerait un truc de ce genre, mais ça alourdit peut-être trop... :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Mais en fait le problème c'est qu'on le capte à la fin et qu'au début on est paumé. y a pas besoin de répéter l'info tout du long, juste de la donner clairement au début. là c'est dans le titre mais souvent on prend pas le titre comme une info en tant que telle, et du coup je suis pas sûre qu'il suffise quand on commence la lecture.
Tu peux peut-être simplement ajouter cette histoire de l'un/l'autre dans les deux premiers paragraphe ? pas sûre du rendu non plus mais genre:
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


ou sinon avoir une phrase en"je" dans le deuxième paragraphe qui évoque quelque chose de commun avec le premier et où tu dise "moi aussi je", auquel cas je pense qu'on capterai tout de suite, surtout si tu laisses les deux couleurs. ce serait peut-être le plus simple en fait  :\?

T'as vu un peu comme je me creuse la tête  :D :D :D

mais bon, déjà tel quel, c'est vraiment très beau  :coeur:

@+ !

Milla

Donaldo75

  • Invité
Re : Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)
« Réponse #10 le: 14 Mars 2015 à 12:20:39 »
Hello Honnirique,

Le nouveau titre est meilleur, même s'il me fait franchement penser à une chanson d'un grand groupe français des années quatre-vingt, alors que ton texte est nettement moins tarte que le leur.

Bye

Donald

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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  • Honnirique / Morphée
Re : Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)
« Réponse #11 le: 14 Mars 2015 à 14:33:09 »
Merci pour vos retour !

Effectivement Donald, je vois bien ce que tu veux dire !

Milla, est-ce que "cette terre si souvent promise" te paraît un peu moins sec ? J'ai pensé à "maintes fois promises" mais j'ai déjà un "maintes" un peu plus bas.

J'ai rajouté une phrase "d'introduction' : "Lointains mirages par-delà les dunes et les vagues, deux âmes nous content l’une et l’autre leurs rêves d’ailleurs." J'espère que le changement de point de vue ne dénote pas trop avec le reste du texte.

Encore merci,

Honnirique

MillaNox

  • Invité
Re : Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)
« Réponse #12 le: 14 Mars 2015 à 14:46:22 »
Citer
Lointains mirages par-delà les dunes et les vagues, deux âmes nous content l’une et l’autre leurs rêves d’ailleurs.
absolutely perfect !  :coeur: :coeur: :coeur:

pour le "si souvent" ça me fait un peu bizarre sur le fond. ça signifie qu'on lui a promise plein de fois, c'est un peu comme si tu parlais d'autre chose d'un coup parce que ça ne nous place plus dans ses ressentis de l'instant présent comme j'en avais l’impression sur tout ce paragraphe. et tu dis dans la première phrase "monde (....) plein de douces promesses" donc tu as déjà fait passer cette idée. du coup chai pas  :\? mais clairement pour la fluidité c'est mieux avec "si souvent"  :)

Hors ligne Honnirique

  • Aède
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  • Honnirique / Morphée
Re : Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)
« Réponse #13 le: 14 Mars 2015 à 15:30:51 »
Je suis content que l'intro de plaise ! :)

Citation de: MillaNox
pour le "si souvent" ça me fait un peu bizarre sur le fond. ça signifie qu'on lui a promise plein de fois, c'est un peu comme si tu parlais d'autre chose d'un coup parce que ça ne nous place plus dans ses ressentis de l'instant présent comme j'en avais l’impression sur tout ce paragraphe. et tu dis dans la première phrase "monde (....) plein de douces promesses" donc tu as déjà fait passer cette idée. du coup chai pas  :\? mais clairement pour la fluidité c'est mieux avec "si souvent"  :)

De façon plus terre à terre, pour parler du fond, il s'agit bien de ce que je sous-entendais dans cette phrase. Le narrateur traverse l'océan pour rejoindre un monde idéalisé par les habitants du sien. Sa famille, ses proches, les médias, puis les passeurs, lui ont promis cette terre, cet Eldorado. Je voulais bien insister sur la récurrence de ces promesses.

MillaNox

  • Invité
Re : Nous rêvions d'un autre monde... (ex Deux inconnus vers l’inconnu)
« Réponse #14 le: 14 Mars 2015 à 15:50:11 »
ok, c'est vrai que dans ma tête, c'était un rêve avant la rencontre des passeurs et ça devenait une promesse quand les passeurs l'embarquaient. du coup je voyais moyen les multiples fois où cela a été promis, mais effectivement avec l'idée que la promesse est aussi transmise par "Sa famille, ses proches, les médias," ça devient tou à fait juste !
nickel donc :)

merci encore une fois pour ce très beau texte !

 


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