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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de lecture » Romans, nouvelles » La ronde de nuit (Patrick Modiano)

Auteur Sujet: La ronde de nuit (Patrick Modiano)  (Lu 5518 fois)

Anlor

  • Invité
La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« le: 13 Octobre 2014 à 13:35:32 »
Après maintes promesses et discussions floodesques, j'ouvre le fil.



Publié en 1969 chez Gallimard, c'est le deuxième roman de Modiano.

On m'avait dit "Modiano, c'est chouette", du coup je suis allée voir.
La ronde de nuit c'est l'histoire d'un narrateur qui se retrouve un peu par hasard à travailler pour un groupe de collabos pendant la deuxième guerre mondiale. Son rôle, c'est de faire la taupe, se lier d'amitié avec des résistants puis les dénoncer ; jusqu'au jour où côté résistants, on lui demande de jouer les agents infiltrés chez les collabos. L'histoire est pas beaucoup plus développée que ça. Tout se joue autour du narrateur et de ses "questionnements existentiels", son incapacité à utiliser son libre arbitre, sa recherche (ou plutôt sa non recherche ?) d'identité entre les différents surnoms qu'on lui prête des deux côtés, son rapport à la trahison et la culpabilité.
Il n'y a pas de chapitre, pas vraiment de chronologie non plus. C'est écrit à la première personne et ça tente de figurer tout, euh, l'embrouillamini identitaire du narrateur.
Moi j'ai trouvé ça chouette, vraiment prenant. Je crois que ce qui m'a le plus plu, c'est que c'est un livre qui ne prend pas parti. À aucun moment on ne sent que l'auteur cherche à juger le comportement de son personnage. Juste, une réflexion sur ce que c'est, finalement, le libre arbitre, sur comment et pourquoi on en vient à passer d'un côté ou de l'autre, est-ce qu'on a forcément des valeurs, et qu'est-ce que ça veut dire, justement, avoir des valeurs. Bref, j'ai trouvé ça intéressant, sur les plans littéraire et humain, vraiment bien rendu, et, euh, voilà.
(je ne sais toujours pas parler des livres que j'ai lus, du coup je vais mettre un extrait et arrêter là mon blablatage)

Extrait :
"En attendant, je filais un mauvais coton. Ma passivité, le peu d'enthousiasme que je manifestais au seuil de la vie me rendaient d'autant plus vulnérable à l'influence du Khédive et de Monsieur Philibert. Je me répétais les paroles d'un docteur, mon voisin de palier, place des Acacias. "A partir de vingt ans, disait-il, on commence à pourrir. De moins en moins de cellules nerveuses, mon petit." j'avais noté cette remarque dans un agenda car il faut toujours profiter de l'expérience de ses aînés. Il voyait juste, je m'en rendais compte maintenant. Mes trafics et les personnages troubles que je côtoyais me feraient perdre mon teint de rose. L'avenir ? Une course au terme de laquelle je débouchais sur un terrain vague. Une guillotine vers laquelle on me traînait sans que je puisse reprendre mon souffle. Quelqu'un me murmurait à l'oreille : vous n'aurez retenu de la vie que ce tourbillon où vous vous êtes laissé emporter... musique tzigqne de plus en plus rapide pour étouffer mes cris. Ce soir, décidément, le fond de l'air est doux. Comme jadis, à la même heure, les ânes de l'allée centrale s'en vont vers leurs écuries. Ils ont dû, tout le jour, promener des enfants. Ils disparaissent du côté de l'avenue Gabriel. On ne saura jamais rien de leurs peines. Une telle discrétion m'en imposait. A leur passage, je retrouvais le calme, l'indifférence. Je tâchais de rassembler mes idées. Elles étaient rares et toutes extrêmement banales. Je n'ai pas le goût des idées. Trop émotif pour cela. Paresseux. Après quelques minutes d'effort j'en arrivais toujours à la même conclusion : je mourrai un jour ou l'autre. De moins en moins de cellules nerveuses. Un long processus de pourrissement. Le médecin m'avait prévenu. Je dois ajouter que mon travail me prédisposait à la délectation morose : indic de police et maître chanteur à vingt ans, cela vous bouche pas mal d'horizons. Il flottait, 177, avenue Niel, une drôle d'odeur, à cause des meubles viellots et du papier peint. La lumière n'était jamais franche. Derrière le bureau des casiers en bois où je rangeais les fiches de nos "clients". Je les désignais par des noms de plantes vénéneuses : Coprin Noir d'Encre, Belladone, Bolet Satan, Jusquiame, Entolome livide... A leur contact, je me décalcifiais. Le parfum lourd de l'avenue Niel imprégnait mes vêtements. Je me laissais contaminer. Cette maladie ? Un processus accéléré de vieillissement, une décomposition physique et morale comme le docteur l'avait prévu. Pourtant je n'ai pas le goût des situations morbides."

Nabokov

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #1 le: 14 Octobre 2014 à 14:19:36 »
Intrigue plaisante. Personnages attachants qui feront de beaux et bons compagnons de plage. Lecture aisément compréhensible. Dialogues abondants mais pas prolixes. Courts et sympathiques. Des paysages mirifiques parsemés de bons sentiments. Tout est apaisant au possible. Et on s'éloigne de toute complexité. En fait, Modiano écrit non pas des romans mais des petits scénarios qui ne demandent qu'à être rechauffées par le grand écran. C'est calme...l'impétueux a laissé sa place au douceureux.

Parlons de la stylistique évocatrice de l'auteur. Celle-ci est médiocre. Voire inexistante. Et ce n'est pas grave. Car finalement, ce n’est pas tant le style insignifiant de Modiano qui est critiquable, ni même l’inanité de ses réflexions ou l’absence de toute prétention à la vérité dans son œuvre. Ni même encore le fait que l’affaissement généralisé du niveau de conscience esthétique et d’exigence littéraire aveugle à ce point les lecteurs et la critique. Ce qui est critiquable et déplorable, c’est qu’il y a encore des personnes qui ont cette considération honteuse de voir en Modiano un grand écrivain, de penser que son œuvre a de la valeur, et que l’attribution du prix Nobel à cet individu finalement sympathique et humble a encore quelque chose à voir avec la littérature. Je vais passer pour un foutriquet de la pire espèce parce que j'affirme haut et fort que Modiano est à ranger dans les tiroirs poussiéreux de la littérature périssable et finira dans les oubliettes de l'histoire (sauf "Rue des boutiques obscures" qui ne manquait pas d'intriguer mais a laissé place dramatiquement à des romans convenus). Il serait salutaire de relire le bref de Julien Gracq "la littérature à l'estomac" (1950), pour le coup.

Anlor

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #2 le: 14 Octobre 2014 à 16:21:49 »
J'ai comme l'impression qu'on n'a pas tout à fait lu le même livre.

Mais pardon, pardon, je dois avoir la conscience esthétique et l'exigence littéraire un peu trop affaissées.   :-*

Nabokov

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #3 le: 14 Octobre 2014 à 16:33:14 »
J'ai comme l'impression qu'on n'a pas tout à fait lu le même livre.

Mais pardon, pardon, je dois avoir la conscience esthétique et l'exigence littéraire un peu trop affaissées.   :-*

Exprimez-moi pourquoi vous êtes en désaccord avec ce je dis. Je comprends néanmoins qu'on puisse me trouver trop exigeante. Je le suis. Parce que j'aime la littérature plus que ma propre vie. Je vis et je mourrai pour elle. J'adopte à peu de chose près la même conception de la littérature que Marc Édouard Nabe. D'où mon côté sectaire et peut-être injuste. Mais je souhaite lire vos arguments et sans ironie s'il vous plaît  ;D

Il ne faut pas prendre trop mal ce que je narre. J'ai dix-sept ans, je suis teigneuse et parfois débile.
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 16:36:06 par Nabokov »

Anlor

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #4 le: 14 Octobre 2014 à 17:07:19 »
Sans ironie, ça risque d'être compliqué, je crois que c'est mon principal mode d'expression  :mrgreen:

Pour le reste, évidemment je ne vais pas te reprocher d'être exigeante et de ne pas suivre les avis de "la masse" mais y a des choses dans ton post que je ne trouve vraiment pas justifiées ; bon, déjà, des gros mots comme "affaissement généralisé du niveau de conscience esthétique et d’exigence littéraire" ça a tendance à me gnnnnn, surtout à 17 ans, t'as tout ton temps pour parler comme un vieux con, je te jure. Tu vois, des choses comme  :
Citer
Intrigue plaisante. Personnages attachants qui feront de beaux et bons compagnons de plage. Lecture aisément compréhensible. Dialogues abondants mais pas prolixes. Courts et sympathiques. Des paysages mirifiques parsemés de bons sentiments. Tout est apaisant au possible.
En parlant de La ronde de nuit, je me demande "mais comment ?" ; on suit un personnage torturé/perdu/au bord du suicide pendant tout un roman, et je serais censée trouver que "ah mais oui, il est bien brave ce Swing troubadour, je m'en ferais bien une petite lecture de plage" ? Qu'on me dise ça d'un roman de Gavalda (je dis ça, j'ai jamais lu de Gavalda, m'enfin bref), oui d'accord, mais là j'ai l'impression qu'il y a erreur sur le bouquin.

Pareil pour le :
Citer
Parlons de la stylistique évocatrice de l'auteur. Celle-ci est médiocre. Voire inexistante. Et ce n'est pas grave. Car finalement, ce n’est pas tant le style insignifiant de Modiano qui est critiquable, ni même l’inanité de ses réflexions]Parlons de la stylistique évocatrice de l'auteur. Celle-ci est médiocre. Voire inexistante. Et ce n'est pas grave. Car finalement, ce n’est pas tant le style insignifiant de Modiano qui est critiquable, ni même l’inanité de ses réflexions
je ne trouve pas ça justifié. La réflexion est là, le style aussi. Peut-être pas appréciables/appréciés mais non, ce n'est pas non plus n'importe quel roman de gare et (parlant de la Ronde de nuit toujours, c'est le seul roman que j'ai lu Modiano pour le moment) je trouve sincèrement que le travail sur le rapport thème/langage suffisamment intéressant pour ne pas être considéré comme juste "médiocre" et finalement non "nécessaire".

En bref, je trouve ça dommage de rejeter en bloc la production d'un auteur parce qu'on rejette le mouvement qu'il y a autour de lui. Pour moi, La ronde de nuit est un bon roman, et même un roman intéressant du point de vue stylistique. Je comprends qu'on n'apprécie pas, mais comparer ce livre à un roman de gare, ça me semble quand même complètement hors de propos.

Voilà voilà, sans ironie, tout ça.

(et juste, ça fait plusieurs fois que je te lis parler de "durabilité" d'une œuvre comme pour garantir son intérêt littéraire, et je ne suis vraiment pas sure que ce soit un critère valable quant à la qualité d'un texte (on lit bien toujours Balzac et les Confession de JJ alors...  :mrgreen: (pardon pardon, je trolle)))

« Modifié: 14 Octobre 2014 à 17:10:33 par Anlor »

Invité

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #5 le: 14 Octobre 2014 à 17:07:31 »
Citer
Exprimez-moi pourquoi vous êtes en désaccord avec ce je dis. Je comprends néanmoins qu'on puisse me trouver trop exigeante. Je le suis. Parce que j'aime la littérature plus que ma propre vie. Je vis et je mourrai pour elle. J'adopte à peu de chose près la même conception de la littérature que Marc Édouard Nabe. D'où mon côté sectaire et peut-être injuste. Mais je souhaite lire vos arguments et sans ironie s'il vous plaît  ;D

Il ne faut pas prendre trop mal ce que je narre. J'ai dix-sept ans, je suis teigneuse et parfois débile.


Disons que votre ton péremptoire et hautain a, pour lui, le fait de déstabiliser et de faire s'interroger sur ce qui vous amène à être aussi arrêté, sans la moindre justification réelle.

Une bonne critique n'assène pas, elle développe et s'explique d'elle-même. Ce que nous avons là est un avis - pour le moins déstabilisant.

Néanmoins, votre droit à exprimer un avis qui ne se justifie que peu ici est tout à fait entier, hein, ne vous étonnez simplement pas si votre ton semble faire réagir d'autres personnes, puisqu'il enchaine des "vérités générales" sans trop chercher à les décortiquer.

Du coup, j'ajoute Modiano à ma liste, me faire un avis dessus !
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 17:17:15 par Psykokwak »

Nabokov

  • Invité
Re : Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #6 le: 14 Octobre 2014 à 17:37:33 »
Sans ironie, ça risque d'être compliqué, je crois que c'est mon principal mode d'expression  :mrgreen:

Pour le reste, évidemment je ne vais pas te reprocher d'être exigeante et de ne pas suivre les avis de "la masse" mais y a des choses dans ton post que je ne trouve vraiment pas justifiées ; bon, déjà, des gros mots comme "affaissement généralisé du niveau de conscience esthétique et d’exigence littéraire" ça a tendance à me gnnnnn, surtout à 17 ans, t'as tout ton temps pour parler comme un vieux con, je te jure.


En parlant de La ronde de nuit, je me demande "mais comment ?" ; on suit un personnage torturé/perdu/au bord du suicide pendant tout un roman, et je serais censée trouver que "ah mais oui, il est bien brave ce Swing troubadour, je m'en ferais bien une petite lecture de plage" ? Qu'on me dise ça d'un roman de Gavalda (je dis ça, j'ai jamais lu de Gavalda, m'enfin bref), oui d'accord, mais là j'ai l'impression qu'il y a erreur sur le bouquin.

Pareil pour le :
Citer
Parlons de la stylistique évocatrice de l'auteur. Celle-ci est médiocre. Voire inexistante. Et ce n'est pas grave. Car finalement, ce n’est pas tant le style insignifiant de Modiano qui est critiquable, ni même l’inanité de ses réflexions]Parlons de la stylistique évocatrice de l'auteur. Celle-ci est médiocre. Voire inexistante. Et ce n'est pas grave. Car finalement, ce n’est pas tant le style insignifiant de Modiano qui est critiquable, ni même l’inanité de ses réflexions
je ne trouve pas ça justifié. La réflexion est là, le style aussi. Peut-être pas appréciables/appréciés mais non, ce n'est pas non plus n'importe quel roman de gare et (parlant de la Ronde de nuit toujours, c'est le seul roman que j'ai lu Modiano pour le moment) je trouve sincèrement que le travail sur le rapport thème/langage suffisamment intéressant pour ne pas être considéré comme juste "médiocre" et finalement non "nécessaire".


En bref, je trouve ça dommage de rejeter en bloc la production d'un auteur parce qu'on rejette le mouvement qu'il y a autour de lui. Pour moi, La ronde de nuit est un bon roman, et même un roman intéressant du point de vue stylistique. Je comprends qu'on n'apprécie pas, mais comparer ce livre à un roman de gare, ça me semble quand même complètement hors de propos.

Voilà voilà, sans ironie, tout ça.

(et juste, ça fait plusieurs fois que je te lis parler de "durabilité" d'une œuvre comme pour garantir son intérêt littéraire, et je ne suis vraiment pas sure que ce soit un critère valable quant à la qualité d'un texte (on lit bien toujours Balzac et les Confession de JJ alors...  :mrgreen: (pardon pardon, je trolle)))


Mon papa a l'habitude de me dire : "Tu parles comme une réactionnaire". Je suis plutôt antimoderne. Ce sentiment s'est renforcé depuis la rencontre d'un Homme avec une grande H, avec qui je partage tellement de choses. Enfin, je vais pas tout vous dévoiler  :-[

Le Médiocre me fascine. Le terme n'est pas totalement péjoratif chez moi. Mais là, on risque de se perdre dans des contrées abstruses. Donc revenons au style, à la verve résolument moderne de Modiano, je lui reproche un style qui ne tolère plus/pas les longueurs, qui les méprise en usant d'un vocabulaire cinématographique (d'où le côté petit scénario). Un style qui façonne avec lourdeur et sans une once de subtilité des images pauvres qui parlent à n'importe quels quidams (d'où le terme évocateur). Une écriture et littérature démocratique en somme. Un roman pour consommateur de livres qui ne cherche pas des phrases où on doit se triturer l'esprit pour en saisir le sens, qui n'aspire pas à côtoyer les cimes de la poésie, qui ne souhaite pas être bouleverser. C'est simple. Trop simple. La frivolité est agréable mais pas ici.

Pour moi, ça reste un roman convenu, gentillet et sans profondeur. J'en garde le souvenir d'un livre sympathique mais c'est tout.

Nabokov

  • Invité
Re : Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #7 le: 14 Octobre 2014 à 17:49:20 »
Citer
Exprimez-moi pourquoi vous êtes en désaccord avec ce je dis. Je comprends néanmoins qu'on puisse me trouver trop exigeante. Je le suis. Parce que j'aime la littérature plus que ma propre vie. Je vis et je mourrai pour elle. J'adopte à peu de chose près la même conception de la littérature que Marc Édouard Nabe. D'où mon côté sectaire et peut-être injuste. Mais je souhaite lire vos arguments et sans ironie s'il vous plaît  ;D

Il ne faut pas prendre trop mal ce que je narre. J'ai dix-sept ans, je suis teigneuse et parfois débile.


Disons que votre ton péremptoire et hautain a, pour lui, le fait de déstabiliser et de faire s'interroger sur ce qui vous amène à être aussi arrêté, sans la moindre justification réelle.

Une bonne critique n'assène pas, elle développe et s'explique d'elle-même. Ce que nous avons là est un avis - pour le moins déstabilisant.

Néanmoins, votre droit à exprimer un avis qui ne se justifie que peu ici est tout à fait entier, hein, ne vous étonnez simplement pas si votre ton semble faire réagir d'autres personnes, puisqu'il enchaine des "vérités générales" sans trop chercher à les décortiquer.

Du coup, j'ajoute Modiano à ma liste, me faire un avis dessus !

J'en ai conscience. Je tente d'honorer la littérature certes avec maladresse. Je me force à ne pas dire simplement : "j'aime pas". Je cherche, je pinaille et je tue s'il le faut. Je provoque parfois un débat stérile parfois une discussion enrichissante. J'exècre le diktat du : "les goûts et les couleurs ça ne discute pas". C'est une facilité intellectuelle que je ne souhaite pas emprunter. Alors oui, je parais hautaine, arrogante, mais le point départ de ma démarche est quand même celui de magnifier la vraie littérature - celle d'Henri Vincenot, de Marcel Proust, de Louis-Ferdinand Céline, d'Hyusmans, de Léon bloy et blabla.

Ah et tout ce que je déblatére est subjectif.

Invité

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #8 le: 14 Octobre 2014 à 17:50:35 »
Ou nous pouvons encore y voir une forme de conservatisme vieillot qui empêche, dénigre et condamne toute forme d'évolution et d'innovation. Chose plutôt fréquente tout au long de l'histoire de l'art - et souvent dans le faux.

Personnellement, dès qu'une personne se met à parler de "vraie littérature", ça me rappelle le jazz qu'on condamnait de fausse musique, le blues qu'on diabolisait. Je me demande, simplement, en quoi des images sobres et incisives, courtes et précises (et pourtant j'adore Hugo, hein) sont des gages de pauvreté littéraire. Il me semble hasardeux de confondre le choix de forme et les intentions de l'auteur. j'y citerai Steinbeck, ici, qui a, me semble t-il, avec une plume verbale, active et sobre, composé un véritable chef d'oeuvre qui ne se veut pas trop masturbatoire - ce qu'on pourrait parfois reprocher aux auteurs que vous érigez en véritables maîtres.

Edit : cela étant dit, je comprends bien mieux votre raisonnement et il est explicité, donc merci pour ça. Je vais arrêter là, je n'ai pas lu le livre dont on parle : il est même possible que je tombe d'accord avec vous. Il est simplement déstabilisant de lire un tel clivage entre forme longue, images en vrac et ";" en masses, et sobriété, brandi comme un manichéisme exacerbé.
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 18:02:33 par Psykokwak »

Nabokov

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #9 le: 14 Octobre 2014 à 18:00:22 »
Sauf que je ne vois pas ça comme une évolution mais comme une régression. Je ne vilipende pas ce qui est innovent, créatif, original mais force est de constater que la littérature actuelle est en déperdition. Par littérature actuelle, j'entends celle qui est publiée, vendue. Je nuance mes propos car sur ce site nous avons deux, trois personnes qui sont exceptionnelles.  :coeur:

Pas de conservatisme vieillot, seulement un désir, celui qui souhaite qu'on ne traîne pas dans la fange la littérature. Qu'on la respecte et qu'on cesse de vendre Monsieur Écrivaillon comme un génie, un révolutionnaire ou je ne sais quoi. Le problème de Modiano et d'autres c'est que leurs récits sont somnolants, il n'y a aucune forme de suggestion, mais bien au contraire des descriptions simples et sincères, faciles et accessibles comme des plans de cinéma. C'est lénifiant et j'en suis ressorti lymphatique dans le mauvaise sens du terme.

Merci pour tout cher Pokémon  ;D
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 18:05:02 par Nabokov »

Invité

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #10 le: 14 Octobre 2014 à 18:03:15 »
Une régression est une évolution. Elle n'a pas nécessairement le caractère mélioratif que vous semblez lui prêter.
Pour le reste, je ne vous suis absolument pas, et il me semble, puisque étant de basiques perceptions, qu'il est inutile d'en débattre davantage. J'ai bien compris votre point de vue, qui tient debout et qui est respectable.

Et oui, puisque je suis un Pokemon, les évolutions, ça me connait pas mal ^^
Merci à vous ;)
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 18:08:04 par Psykokwak »

Nabokov

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #11 le: 14 Octobre 2014 à 18:06:56 »
Une régression est une évolution.
Pour le reste, je ne vous suis absolument pas, et il me semble, puisque étant de basiques perceptions, qu'il est inutile d'en débattre davantage.

Puis-je savoir en quoi une régression est une évolution ? Ça m'intéresse.

Invité

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #12 le: 14 Octobre 2014 à 18:08:43 »
Une évolution est une modification de l'état, graduelle et accumulée. Ainsi, une évolution peut être une progression ou une simple régression.
C'est une erreur populaire que d'estimer qu'évolution : progression. L'air du temps.
Ravi d'avoir suscité votre intérêt !
« Modifié: 14 Octobre 2014 à 18:12:25 par Psykokwak »

Nabokov

  • Invité
Re : La ronde de nuit (Patrick Modiano)
« Réponse #13 le: 14 Octobre 2014 à 18:21:38 »
Le progressisme sans doute, qui souhaite que tout progrès soit évolution ? Merci de cette précision très cher. Je la note.  :)

 


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