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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » le cycle implacable

Auteur Sujet: le cycle implacable  (Lu 1423 fois)

Hors ligne strawberry

  • Tabellion
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le cycle implacable
« le: 27 Juillet 2014 à 20:06:20 »
Dans sa chambre, allongée sur son lit, les enceintes crachaient un bruit qui redéfinissait la notion de musique. Magali fixait le plafond, les yeux dans le vague. La question tournait en boucle dans son esprit.

- Pourquoi suis-je aussi grosse et moche ?

Les larmes coulaient abondamment sur ses joues. Quelle vie à la con ! Depuis des semaines, Magali essayait de ne plus se jeter sur la nourriture comme elle y était jusqu'alors habituée, de se bouger un peu plus... et tout ceci en vain. Elle se sentait si seule !
Magali entendit la porte d'entrée qui venait de claquer. Sa conne de mère était rentrée du boulot. Jamais là quand Magali en avait besoin, mais sur son dos dès la porte franchie, elle ne lui laisserait décidément aucun répit. Cette soirée serait interminable. Une de plus...

Le lendemain matin, sur le chemin du lycée, Magali essayait d'ignorer les regards moqueurs. Antoine était dans son champ de vision et son petit coeur se mit à battre plus fort. Magali alla directement lui dire bonjour.

- Salut Antoine !
- Salut, heu, tu m'excuses, 'faut que j'aille parler à un pote...
- Ouais, on se voit plus tard alors ?
- Voilà, t'as tout compris...

Antoine partit sans ressentir le moins du monde se poser sur lui le regard déçu de Magali. Car Antoine était pressé. Il lui fallait arriver à temps pour assister au cours de sport des terminales. Et surtout, apercevoir Stéphanie. Depuis qu'il avait croisé son regard, impossible de l'oublier ! C'était sûr, elle lui avait souri, et elle ne pouvait que partager ces tendres sentiments que l'adolescent ne pouvait nier.
Antoine arriva devant le terrain et se planta devant la grille. Plein de jolies filles sur la pelouse, mais rien qu'une seule pour faire briller ses yeux.

- Steph', y'a encore ton mec !
- Putain, lâche-moi avec ça !

Stéphanie en avait marre de se faire chambrer par ses pseudo-copines. Et surtout, elle en avait plus que marre de ce pauvre type qui bavait sur elle. Pour qui se prenait-il ? Cette espèce de grande tige saupoudrée de pellicules était repoussante. Finirait-il un jour par arrêter de lui mettre la honte en public ?
La moue de Stéphanie disparut lorsqu'elle aperçut au loin Yoann. Elle ne pouvait le quitter des yeux. Dans ses rêves, chaque nuit, le beau jeune homme lui offrait ses bras, sa douceur et faisait d'elle une femme.

Yoann s'installait sur le terrain avec son équipe pour disputer la finale de foot, et il comptait bien l'emporter. Aussi, il avait remarqué depuis quelques temps cette jolie petite blonde dont l'attitude rendait explicite les sentiments qu'elle éprouvait pour sa personne. Etait-elle bonne au lit ? Il le saurait très bientôt, il n'avait aucun doute sur le sujet. Une fille de plus à son tableau de chasse, la pensée le faisait sourire. Il n'avait rien à faire pour qu'elle lui offre son corps. C'était trop facile.

Yoann marqua un but. Son regard partit immédiatement vers les tribunes. Il fixa un siège vide et ses mâchoires se crispèrent aussitôt. Il n'était pas là. Sera-t-il un jour fier de moi ?

Cette journée de boulot était interminable. Pierre était épuisé. Il fouilla dans sa veste pour attraper une carte de visite, ce qui fit tomber le billet pour la finale de son fils. Regardant le billet par terre, Pierre poussa un soupir. Ce petit con qui séchait les cours et ramenait chaque samedi une fille différente dans son lit ne comprenait rien à la vie, et plus il se rapprochait du monde adulte, plus son immaturité mettait Pierre hors de lui.
Ce soir, Pierre penserait encore à Catherine. C'est au moment de leur séparation qu'il comprit à quel point sa deuxième femme était importante pour lui. Etait-il trop tard pour une nouvelle chance ? Pierre voulait tellement croire que non...

Rentrant du travail, Catherine ouvrit sa boîte à lettres avant de franchir la porte de son domicile. Quelques factures, deux publicités et une lettre. Reconnaissant l'écriture, elle la déchira sans se donner la peine de l'ouvrir. Son ex-mari. Un homme qui avait fait fortune en écrasant les autres. Tout pour le fric ! On lui avait rapporté qu'il avait changé, Catherine le verrait toujours tel qu'il avait été. Rien ne pourrait plus jamais faire disparaître ce mépris qu'elle éprouvait pour lui.
La maison était calme comme à son habitude. Trop calme. Elle s'approcha de la chambre pour entendre la musique troublant ce silence que Catherine ne supportait plus. Elle frappa doucement à la porte.

- Viens manger !

Pas de réponse. Quelques minutes plus tard, elle retenta sa chance. La porte s'ouvrit brusquement, la jeune fille qui se trouvait derrière était furieuse.

- J'ai pas faim ! Fous-moi la paix !

La porte claqua et Catherine n'insista pas davantage. Elle s'assit seule devant une assiette, un verre, une douleur muette et insupportable dans son coeur. Enfermée dans sa chambre, Magali ne voulait plus être dérangée.
« Modifié: 27 Juillet 2014 à 20:27:58 par strawberry »

Hors ligne Rémi

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Re : le cycle implacable
« Réponse #1 le: 27 Juillet 2014 à 21:09:39 »
Salut Strawberry,
c'est bien que tu aies ramené ta fraise sur ce forum ! (Bon ok, facile celle-là   :)).
Ton texte est pas mal écrit, ça se lit sans problème.
Par contre, sur le fond :
1/ Uu mélanges des histoires, c'est bien mais ça ne s'emboîte pas forcément super bien. Le lecteur n'a pas trop de boulot à faire.
2/ Tu expliques tout, tu décris tous les gestes, les sentiments, les pensées... Le lecteur n'a pas trop de boulot à faire.
3/ L'histoire est assez banale, il n'y a rien de surprenant.
4/ Je suis pas forcément le bon lecteur pour cette histoire

Donc, l'écriture est correcte mais le fond comme la forme manquent de subtilité à mon avis.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Rémi

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Re : le cycle implacable
« Réponse #2 le: 27 Juillet 2014 à 23:09:23 »
Resalut Straw,
je crois que tu veux un peu plus de détails (MP), alors voilà :

Citer
Dans sa chambre, allongée sur son lit, les enceintes crachaient un bruit qui redéfinissait la notion de musique. Magali fixait le plafond, les yeux dans le vague. La question tournait en boucle dans son esprit.

- Pourquoi suis-je aussi grosse et moche ?
J'aime bien. Pour un seul dialogue, tu peux mettre à la suite entre "", ce sera plus fluide.

Citer
Le lendemain matin, sur le chemin du lycée, Magali essayait d'ignorer les regards moqueurs. Antoine était dans son champ de vision et son petit coeur se mit à battre plus fort. Magali alla directement lui dire bonjour.

- Salut Antoine !
- Salut, heu, tu m'excuses, 'faut que j'aille parler à un pote...
- Ouais, on se voit plus tard alors ?
- Voilà, t'as tout compris...
Donc pour la subtilité, elle le croise au lycée... bof
les regards moqueurs... bof,
Antoine était dans son champ de vision... bof
Son petit coeur se mit à battre plus fort... c'est léger (ironie ?)
Si l'idée est de se foutre d'elle parce qu'elle prend un rateau, vas-y franco :
A l'approche du lycée, l'adolescente sentait les regards poisseux sur ses molets gras. Elle cherchait Antoine sans trop se faire d'illusion sur le dialogue de leur salutation matinale. En l'apercevant elle fut traversée d'un frisson qui lui réchauffa le ventre. Elle leva sa main boudinette et le héla :
_ Salut Antoine !
_ Quoi ?
_ Rien, je te dis juste bonjour.
_ Ah ouais, OK.
Il tourna les talons pour rejoindre ses potes morts de rire.

Citer
Antoine partit sans ressentir le moins du monde se poser sur lui le regard déçu de Magali. Car Antoine était pressé. Il lui fallait arriver à temps pour assister au cours de sport des terminales. Et surtout, apercevoir Stéphanie. Depuis qu'il avait croisé son regard, impossible de l'oublier ! C'était sûr, elle lui avait souri, et elle ne pouvait que partager ces tendres sentiments que l'adolescent ne pouvait nier.
Antoine arriva devant le terrain et se planta devant la grille. Plein de jolies filles sur la pelouse, mais rien qu'une seule pour faire briller ses yeux.
OK, il se barre, lui claque un rateau et cherche la petite blonde. Pour moi, tu peux continuer de façon un peu radicale (ton style est très épuré...)
Citer
Il tourna les talons pour rejoindre ses potes morts de rire. Trop la honte de se faire coller par Maria ! Ils le frappèrent sur l'épaule tant pour le chambrer que pour le motiver pour la finale qui allait démarrer dans moins d'une heure. Parmi toutes les qualités des footballeurs, il est bien connu qu'ils sont des coureurs de première. Antoine était persuadé de réussir à se taper la petite blonde. Celle avec les nichons en poire, fraiche comme la rose et sûrement goûteuse comme la mangue.


Bon, je commente un dernier passage :
Citer
Cette journée de boulot était interminable. Pierre était épuisé. Il fouilla dans sa veste pour attraper une carte de visite, ce qui fit tomber le billet pour la finale de son fils. Regardant le billet par terre, Pierre poussa un soupir. Ce petit con qui séchait les cours et ramenait chaque samedi une fille différente dans son lit ne comprenait rien à la vie, et plus il se rapprochait du monde adulte, plus son immaturité mettait Pierre hors de lui.
Ce soir, Pierre penserait encore à Catherine. C'est au moment de leur séparation qu'il comprit à quel point sa deuxième femme était importante pour lui. Etait-il trop tard pour une nouvelle chance ? Pierre voulait tellement croire que non...
5 fois Pierre ici  (deux fois "il" pour Pierre).
Ce soir, Pierre penserait encore à Catherine. C'est au moment de leur séparation qu'il comprit
=> qu'il avait compris

Je réitère, ça se lit bien, peu de fautes mais c'est pas tripant comme histoire. Je ne me sens pas ému, bouleverdsé, amusé, choqué, intrigué ou autre. De même, le style est propre mais trop sobre, pas d'engagement de ta part pour nous emmener dans un univers (tu décris sobrement Cf mes deux propositions). C'est ce que je voulais dire par "subtilité" dans mon post précédent.

Voilà, si tu réécris une partie ou autre chose, je suis curieux de voir.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

MillaNox

  • Invité
Re : le cycle implacable
« Réponse #3 le: 29 Juillet 2014 à 00:03:35 »
Salut :)

au fil du texte :
Citer
C'était sûr, elle lui avait souri, et elle ne pouvait que partager ces tendres sentiments que l'adolescent ne pouvait nier.
"ses" me paraitrait + approprié

sur la globalité, j'ai trouvé l'idée sympa, passer de personnes en personnes avec toujours le regard tourné ver l'objet de leur amour mais sans retour, avec à chaque fois une nouvelle direction pour le regard suivant, et puis el fait que ça fasse une boucle, même si c'est très attendu, je trouve ça pas mal.
ceci dit, je penses que tu as encore un peu de boulot sur le style d'écriture. c'est un peu brouillon, ça suscite pas l'intrigue, ni l'émotion. ça reste très extérieur, très descriptif, avec un vocabulaire et des tournures basiques...
donc je pense que tu peux réutiliser le scénario mais approfondir le style, entrer dans tes perso, emporter le lecteur avec toi, gagner en subtilité, etc. j'ai pas de recette pour ça mais cette histoire me parait être un bon tremplin :)

@ +

Milla


Hors ligne strawberry

  • Tabellion
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Re : le cycle implacable
« Réponse #4 le: 29 Juillet 2014 à 11:30:15 »
Merci à vous deux ! J'ai découvert avec vos commentaires des éléments que je n'avais pas considéré lors de l'écriture et ça me donne l'idée de le réécrire en plus long, en changeant le ton trop monocorde. Changer le style, ça me plairait bien... je ne sais pas si j'en suis capable, mais je vais toujours essayer !

 


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