Bonjour à tous !

Et bien, voila ma contribution pour le défi de mars dans lequel il fallait écrire une légende à la manière Disney.
Pour, je vous préviens tout de suite que je n'ai aucun mérite tout simplement parce que, premièrement, c'est assez court, puis, surtout, j'ai un peu déformé les règles du sujet. Donc, au lieu d'avoir une légende façon Disney, vous aurez des Disney façon Chat-noir. Et ça n'a rien à voir mais bon, ça m'inspirait !

Bref, bonne lecture de ces Scary tales qui ne demandent qu'à être complétées !
Scary talesLoin, plus loin que vous ne l’imaginez, dans un endroit où voisinent forêts denses et déserts arides, vivent tous ceux qui ont peuplés votre enfance. Mais ne pensez pas que les personnages des contes que vous avez connus suivent l’histoire qu’on vous a racontée. Non, tout a été réécrit par un plume plongée dans le sang. Ici, personne ne vit heureux pour toujours, personne ne peut s’échapper de ce livre aux pages macabres…
La porte du grenier s’ouvrit à la volée. Devant le quatuor, la chambre de Cendrillon se dévoilait dans les rayons de soleil filtrés par les trous dans la toiture. Un simple lit de paille, une vieille commode, une chaise sale… Voilà l’ameublement de cette triste pièce. La belle-mère au regard perçant demanda aux deux jeunes filles se tenant derrière elle :
« - Vous deux, allez chercher la chaise et mettez là au centre ! »
Les deux sœurs au pied gauche nu se précipitèrent sur le meuble et le plaça comme l’avait demandé la marâtre. La jeune fille blonde debout à côté d’elle demanda, le regard rempli d’incompréhension :
« - Mais, que se passe-t-il ? »
La vieille femme aux cheveux volumineux lui sourit :
« - Rien Cendrillon, rien du tout… »
Dans ses mains tremblantes, la belle-mère tenait une magnifique pantoufle de verre, transparente comme la plus lisse des fenêtres et délicate comme la plus belle des roses. Sa poigne se raffermi sur la chaussure. Fixant les sœurs de Cendrillon d’un regard sévère, elle fit un geste sec de la tête vers la pauvre enfant perdue à côté d’elle. Le deux sœurs aux robes semblables se précipitèrent vers la blonde habillée de haillon et l’obligèrent à s’asseoir sur la chaise bancale. Les deux jeunes filles déclarèrent l’une après l’autre, la mine amusée :
« - Toi tu restes assise…
- Et tu ne bouges pas ! »
La belle blonde lança un regard nerveux vers sa belle-mère qui s’approchait :
« - Qu’est-ce que vous allez me faire ? »
La vieille femme se baissa difficilement et prit le pied droit de Cendrillon :
« - Rien, absolument rien Cendrillon… Ne t’inquiète pas ! »
Délicatement, elle glissa le pied de la jeune fille dans la chaussure. Au fur à mesure que le membre entrait dans la pantoufle, le regard des mauvaises femmes changea, passant de la moquerie à la stupeur. C’était elle ! La chaussure aussi étroite soit-elle lui allait parfaitement ! Dans les yeux de la belle-mère, on pouvait lire un sentiment beaucoup plus intense que la surprise. Non, au fond de ses pupilles sombres entourées de nerfs en sang, au fond de ce globe de méchanceté c’était logé la colère. Une rictus effroyable figé sur les lèvres, elle se redressa et demanda calmement à ses deux filles :
« - Anastasie, Javotte, retenait là ici… Je ne serais pas longue… »
Alors, la vieille femme se dirigea vers la porte, faisant claquer ses talons sur le parquet. Quand le battant se referma sur elle, un cliquetis partant de la serrure résonna.
Quelques minutes plus tard, le même son retentit. La porte s’ouvrit doucement sur la silhouette de la belle-mère. Celle-ci tenait quelque chose dans les mains. Cendrillon, restée assise de force sur la chaise, plissa les yeux afin de distinguer ce que c’était. Au fur à mesure que la vieille femme avançait dans la pièce, faisant voler la poussière sur son passage, le cœur de la pauvre enfant bondissait plus fort dans sa poitrine. Sa belle-mère devenait de plus en plus claire au fil de sa marche, plus lumineuse. Elle le regard de Cendrillon passa très vite de la curiosité à l’effroi. Arrivée devant la jeune femme, la marâtre lui montra la scie mécanique qu’elle tenait dans la main, affichant un sourire narquois. Haletante, Cendrillon demanda :
« - Qu’est-ce que vous allez me faire ? »
Tranquillement, les deux sœurs prirent la jambe de la belle blonde et exhiba son pied à leur mère. Celle-ci se pencha et prit le membre en main :
« - On va reprendre ce qui nous appartient… Rien de plus ! »
Alors, elle approcha l’outil de la délicate cheville, des larmes perlant les joues de Cendrillon qui suppliait :
« - Non, je vous en prie, non… »
La lame dentelée se posa sur la peau pâle. La belle-mère afficha un semblant de sourire affectueux :
« - Ne t’inquiètes pas Cendrillon, ça ne fera mal que quelques petites minutes… »
Alors, dans un geste sec, la marâtre poussa la scie et débuta des vas et viens sur les hurlements stridents de la pauvre enfant.
La jeune fille marchait doucement dans cette dense forêt. La nuit commençait doucement à tomber et à reprendre tous ses droits. Un panier à la main, ses souliers vernis écrasaient les feuilles mortes à chacun de ses pas. Parfois, elle se retournait et lançait des regards furtifs à travers les arbres, faisant voler son chaperon rouge. Mais même si son cœur battait chaque seconde plus fort, elle restait calme et se contentait de marcher sur ce chemin de terre. Soudainement, un hurlement retentit dans les profondeurs de la forêt. L’enfant se stoppa et, les yeux écarquillés par l’angoisse, écouta. Tout d’abord, elle n’entendit rien, puis, doucement, un bruit arriva à ses oreilles. Un bruit qui s’amplifiait. Un bruit de pattes frappant le sol. Un bruit de bête galopant à travers les bois. Un bruit qui définissait l’horreur et le mort à la fois. Un bruit qui indiquait que quelque chose arrivait, qu’il arrivait…
Alors, la jeune fille se retourna et courut. Son capuchon de soie retomba en arrière, exhibant une chevelure noire volant au fil de la course effrénée. Ne se retournant pas, ne voulant pas voir la chose qui la poursuivait, elle ne s’arrêtait pas, elle ne voulait pas s’arrêtait. Son cœur semblait prêt à bondir hors de sa prison de chaire alors que sa respiration s’accélérait, de la fumée sortant de ses lèvres. Puis, elle arriva dans une vaste clairière. Elle se précipita en son centre, et prit le temps de se reposer quelques minutes. Debout, elle tourna sur elle-même. Elle était entourée d’arbres en cercle, leurs feuilles brillant à la leur de la lune. Celle-ci semblait la regardait, figée dans le ciel noir intense. La bête pouvait être derrière n’importe quels troncs, pouvait l’observer derrière chaque bosquets, attendant le moment parfait pour la dévorait. La jeune fille sursauta quand un hurlement résonna. Celui-ci semblait sorti de toutes les directions à la fois, du ciel et du sol… Désorientée, elle se retourna furtivement, le regard empli d’une peur sans limite. Sa poigne serrant l’anse de son panier en osier se raffermit. Brusquement, un souffle venant de son dos l’ébouriffa. Elle se retourna sèchement et ouvrit la bouche d’horreur. Devant elle, à l’orée de la forêt se dressait celui qu’elle redoutait devant tous, celui qui lui inspirait l’épouvante. Devant elle brillaient les yeux rouges de la bête, les yeux rouges du loup…
Figée, les pieds comme enracinés dans le sol, la jeune fille observa l’animal d’un regard emplie d’une peur infinie. La silhouette immense et menaçante se dessinait parfaitement dans le clair de lune. Les poils ébouriffés et collants de sang séché, le loup semblait sur ses gardes. Sa queue se dressa quand un grognement sourd provint de sa gueule. Celle-ci s’ouvrit pour faire apparaître deux rangées de dents acérées et tachées de rouge. La fillette ne savait que faire. Paralysée, elle regardait la bête dans les yeux, prenant un air déterminé. Mais elle avait peur. Ses mains étaient moites, son front était perlé de gouttes de sueurs et elle se mordillait nerveusement la lèvre inférieure. Puis, brusquement, le loup s’élança vers le petit chaperon rouge. Ses pattes frappant la terre, de la fumée sortant de ses narines, il accourrait droit vers sa proie, une lueur de malice dans son regard. Mais la fillette ne s’enfuit pas. Elle restait debout, son panier dans la main, semblant figée tel un arbre. La bête rugit et de l’air d’une chaleur désagréable ébouriffa l’enfant. Elle ne se tenait plus qu’à quelques mètres d’elle. Puis, la gosse n’ayant pas bougé, l’animal sauta en poussant un grognement, tous crocs dehors. Mais, alors que celui-ci aurait dut dévorer la fillette, son corps retomba sur le sol, inerte. Près de sa gueule, le panier vide de la jeune fille chuta. Celle-ci regardait sa victime, une hache à la main, et sourit. Sa mère insistait toujours pour qu’elle ait de quoi se défendre sur elle. Et cette fois, l’arme lui avait servi. La fente dans le crâne de la bête était parfaite, claire et précise. La fillette en fut elle-même impressionnée. Puis elle ressaisit l’outil à deux mains et s’approcha du cadavre. Ce soir-là, les cris de la vengeance résonnèrent dans la forêt alors que du sang animal avait entaché les arbres.
Hansel ferma avec difficulté le four, les hurlements de la sorcière résonnant dans ses entrailles. La porte en ferrailles était maintenant close et le petit garçon essuya la sueur qui lui perla le front, regardant sa sœur qui se tenait contre la table en chocolat du salon. La fillette était si pâle que sa peau se confondait avec ses cheveux blonds platine. Sa robe était froissée, déchiquetée, déchirée, éventrée, ses couettes complétement défaites et son visage marqué par de profondes griffures. Elle s’assit un instant sur une chaise de nougat bancale et regarda le sol, les yeux ronds :
« - On a tué une personne… »
Bientôt, ses yeux furent remplis de larmes :
« - On est des assassins, on a tué une personne ! »
Son frère, petit blond potelé, fronça les sourcils :
« - Elle s’agrippait à toi et voulait nous dévorer, Gretel, que voulais-tu qu’on fasse ? »
Cependant, les mêmes sanglots résonnaient dans la pièce faite de gourmandises et sucreries :
« - On est des assassins… »
La chaleur inondait le salon de sa puissance et les enfants commencer à sentir le sol de nougatine se ramollir sous leurs chaussures. Hansel était sûr que les meubles de brownies et les miroirs de caramel ne tarderaient pas à fondre. Il lança un regard inquiet à sa sœur, toujours abattue sur la chaise :
« - Gretel, il faut y aller… »
Puis, alors qu’il s’apprêtait à avancer, il resta pétrifié. Derrière lui, dans le four, des râles résonnaient. Des injures, des insultes gueulées parmi les flammes et la douleur. Gretel leva ses yeux inondées :
« - Hansel ! »
Le garçon commença à pivoter doucement sur lui-même, comme s’il avait peur de regarder derrière lui. La voix jura de plus en plus, comme si elle s’approchait des enfants. Gretel tendit un doigt faible :
« - Tu as oublié de… »
Hansel fixait maintenant la vitre orangée du grand fourneau. Il sentait la chaleur écrasante lui lécher le visage. Les hurlements de colère étaient maintenant tout près, comme si la sorcière attendait derrière la porte pour choisir le bon moment pour surgir. Enfin, Gretel lâcha, la peur la rendant pantelante :
« - Fermer le verrou… »
Avant même qu’elle ait prononcé ces derniers mots, la porte du four s’ouvrit à la volée dans une rafale de flamme et le buste de la sorcière apparut, émergeant de la bouche des enfers. Sa main à la peau cramée s’agrippa au bras d’Hansel, ses ongles s’enfonçant dans sa chaire. Elle hurla :
« - Vous ne m’aurez pas ! Petit morveux ! »
L’enfant plongea son regard épouvanté dans celui emplit de haine de la vieille femme. Son visage avait été à moitié rongé par le feu, son œil gauche tenant à peine dans son orbite. Ses cheveux autrefois sales et emmêlés étaient maintenant quasiment inexistants et sa poitrine était assaillie par une horde brûlante de soldats de braises. Hansel aurait voulu partir, courir, se sauver loin de cette maison pourtant si attirante, loin de cette folle, loin de ces flammes menaçantes… Doucement, le feu commençait à envahir le salon, puis la maison, les meubles prenant feu et les cadres de guimauves chutant un par un. Gretel courut dans un coin, se protégeant la tête comme elle le pouvait. Alors que le toit de pain d’épice commencer à s’effondrer, la sorcière tira brusquement vers elle, faisant perdre à Hansel son équilibre. Celui-ci, dans une peine infinie et une peur perpétuelle, chuta en arrière, sur la vieille femme qui poussa un rire de satisfaction. Bientôt, tous deux furent attaqués par les flammes de la vengeance. C’est donc sous des hurlements de douleurs que la maison s’écroula, écrasant Gretel sous un sucre d’orge, sa main ensanglantée dépassant du bâton rouge et blanc.