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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Scolaire noir

Auteur Sujet: Scolaire noir  (Lu 3770 fois)

Hors ligne holden5

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Scolaire noir
« le: 23 Mars 2014 à 15:02:22 »


Une fois de plus, j’avais pris la fuite pour regagner ma falaise de prédilection, à une vingtaine de kilomètres du collège.
    Moi qui espérais devenir le prof le plus assidu de l’histoire de l’éducation nationale, j’étais de plus en plus sujet à des bouffées de panique qui ne me laissaient guère d’autre choix que de filer en douce au beau milieu de la journée. Une panne d’imprimante au petit matin, la disparition d’une paire d’enceintes, une tentative infructueuse de retenir un perturbateur à la fin de l’heure… il n’en fallait pas beaucoup plus pour qu’un frisson brûlant me parcoure l'échine et pour remettre sur le tapis la question de ma vocation-en-ce-bas-monde. Quand, par une série de maladresses de ma part, la classe se transformait petit à petit en un concours de gueulante et d’insultes, il va sans dire que je ne me sentais pas au mieux de ma forme. Il m’arrivait alors de m’enfermer dans un silence complet jusqu’à la fin du cours, faisant passer mon désarroi pour une juste punition. Quand la sonnerie se mettait à jouer sa petite mélodie détraquée, je hurlais vainement quelques numéros d’exercices pour conserver une apparence de maîtrise puis, remettant mes affaires en désordre dans ma sacoche, je me dirigeais sans rien laisser paraître vers « la sortie des artistes » : le petit couloir traversant les locaux des agents de service et débouchant sur le parking du personnel. Sur le chemin, un cuisinier cordial ou un pion en pause cigarette me saluait chaleureusement sans se douter que, ni plus ni moins, je me faisais la belle. 

*
   
     Le terrain boueux et accidenté faisant office de parking était désert. Après une petite séance de rodéo dans ses flaques profondes, je coupai le moteur et sortis au grand air.
    Je n’étais pas vraiment vêtu pour cette contrée de rafales et de boue, avec ma chemisette d’été et mon pantalon plissé : mon déguisement d’adulte responsable, qui me donnait surtout l’impression d’être un enfant de douze ans flottant dans les mocassins de son père. 
    Je m’approchai de la petite pointe herbeuse qui s’avançait au-dessus de l’abîme à la manière d’une dent. L’océan était sombre et agité, mais son immensité avait quelque chose de rassurant. Le ciel, encombré d’une méditation noire, poussait par moment un grondement contrarié, auquel répondaient les rires d’invisibles mouettes.
    Prudemment, j’osai un coup d’oeil vers l’abîme. Tout en bas, à une distance vertigineuse, une foule de grands rochers protégeaient la falaise des assauts de la mer. A en juger par le panneau « S.O.S. Suicide », qui offrait un numéro d’urgence sans s’embarrasser d’un argument en faveur de la vie, ces rochers avaient sans doute vu nombres de pauvres types finir leur existence sur leurs crêtes acérées. 
    Au bout de quelques instants, un bruit de moteur se précisa derrière moi. A mon grand regret, une petite Ford grise toute cabossée était en train de s’aventurer dans le champ d’obus où j’avais laissé ma voiture. 
   Ma petite escapade était terminée : me connaissant, j’allais bientôt esquisser une sorte de déambulation habile pour regagner ma voiture sans paraître incommodé par les nouveaux arrivants.
       

   
En me remettant à longer le rebord du précipice comme si de rien n’était, je sentis une feuille de papier dans une poche de mon pantalon : la lettre trouvée dans mon casier à la première heure ce jour-là — une charmante petite missive qui m’avait mis les nerfs à vif avant même que les cours ne commencent. La sortant de ma poche, je la relus : c’était une invitation non-déclinable à assister à mon deuxième cours de « confiance en soi et gestion de classe » le lundi suivant aux aurores, dans l’un des centres de formation de la région. La convocation rappelait avec délicatesse que ce cours m’était proposé dans le cadre du « dispositif d’alerte » auquel j’étais soumis.
    J’aurais pu me sentir flatté d’être reconnu comme une telle menace pédagogique que des dispositifs d’alerte se déclenchaient sur mon passage à la manière d’une alarme anti-tsunami, mais cette appellation me donnait surtout l’impression d’être atteint d’une incurable nullité.   

       
Quelqu’un fut pris d’une quinte de toux derrière moi. Relevant les yeux, mon attention se reporta sur le parking.
    Deux hommes d’une vingtaine d’années étaient descendus de la vieille Ford et avançaient nonchalamment dans ma direction. L’un portait un survêtement de sport dépareillé et un bonnet de laine qui lui couvrait le front jusqu’aux sourcils. Il mordait dans une pomme avec une virilité appuyée — en levant le coude et en donnant de brusques coups de dents. Comparé à l’autre, il était plutôt court sur pattes et bien en chair, et comme il marchait un peu à l’arrière de son compagnon et affichait une mine inexpressive, je ne pus m’empêcher de penser qu’il était « le suiveur » et que l’autre était « le chef ».
    Ce dernier me souriait à pleines dents tandis qu’il grimpait la petite pente parsemée de roches. Il n’y avait pas de doute qu’il était sur le point d’engager la conversation : ses yeux d’un noir suspect, fixés sur moi, semblaient déjà m’adresser la parole. Je me figeai dans une position faussement décontractée en attendant qu’il arrive à ma hauteur.
    Même s’il avait des traits plutôt agréables, son visage tenait un peu du rapace : un nez fort, recourbé tel un bec, des yeux légèrement bridés qui ne déviaient jamais de leur cible. Il portait un manteau de cuir usé, un jean délavé parsemé de tâches et une grosse paire de baskets informes dont les semelles se décollaient un peu à l’avant. Ses deux mains étaient profondément enfoncées dans les poches de son blouson. De l’une d’elles dépassait le goulot d’une bouteille. 
    Arrivé à ma hauteur, il me tendit une grosse main rouge et calleuse.
— Alors, c’est beau ?
    Je lui serrai mécaniquement la main, bredouillant un « oui » dont le ridicule me sauta aux oreilles.
    Réjoui par ma réponse, le rapace éclata d’un rire enfantin. L’air excité, il jeta un bref regard sur l’océan avant de poser à nouveau ses yeux tenaces sur moi. Il dégageait une odeur âcre de cigarette et d’alcool qui me força à respirer par la bouche. 
— Putain, ouais, c’est drôlement beau ! s’exclama-t-il. Et ça fait beaucoup d’eau, hein ? Gabin, viens voir ça !   
    « Gabin » arrivait à notre hauteur en traînant la patte, aussi indifférent à ma présence qu’à la sublimité de l’étendue marine. Après m’avoir salué d’un infime hochement de tête, il jeta d’un mouvement sec son trognon de pomme dans le vide.  Fouillant dans les poches de son survêtement, il en sortit un paquet de cigarettes. Vide.
— T’as pas une clope, Fab ?
    Sa voix était terne, à peine audible.
    Sans daigner lui répondre, l’autre dévissa le bouchon de sa bouteille — une Jack Daniel’s bien entamée – avala une petite gorgée, puis me plaça le goulot sous le nez. 
— Une goutte ? Allez, ça réchauffe !
 Je refusai, prétextant devoir filer. Proposé par un ami, un verre de whisky ne m’aurait guère fait envie — cette boisson s’était révélée pour moi, au fil des orgies universitaires, un infect tord-boyaux me privant précocement de toute faculté mentale. Alors, offerte par un étranger à l’hygiène douteuse, la bouteille avait peu de chance de me faire envie.
     Fab insista.
— Allez ! Faut profiter un peu de la vie. Juste une goutte, ça peut pas faire de mal.
    Malgré la mine joviale du vagabond, un éclat mauvais dans son regard me fit comprendre que refuser une deuxième fois pourrait bien s’avérer une grave erreur diplomatique de ma part.
    Je pris la bouteille, feignant de céder à une tentation irrépressible. Avec un dégoût bien dissimulé, je portai le goulot à mes lèvres et ingurgitai une minuscule gorgée. Devinant ma réticence, le blouson de cuir maintint la bouteille contre ma bouche, longtemps, jusqu’à ce que j’eusse avalé l’équivalent d’un bon verre. De sa voix caverneuse, il m’encourageait bruyamment, ravi de sa victoire.   
 — Il est des nôtres ! chanta-t-il en me reprenant la bouteille. Gabin, une petite gorgée ?
     Son ami refusa d’un simple hochement de tête, l’air un peu paumé, comme s’il n’avait aucune idée de ce qu’il faisait ici. Refermant la veste de son survêtement, il coinça son menton derrière le col. Un vent glacial s’était levé, et la pluie commençait à tomber à grosses gouttes. Fab, sirotant sa bouteille, continuait à me dévisager.
— Alors, tu fais quoi ?
Par cette question des plus elliptiques, je supposai qu’il me demandait ce que je faisais dans la vie. 
— Prof d’anglais. Au collège.
— Prof d’anglais ? Ah ouais ? My name is Fabrice.
Pleased to meet you, Fabrice.
     Il eut alors cette moue d’incompréhension penaude annonçant immanquablement la critique d’un ancien professeur. 
— J’aimais pas trop les profs d’anglais. Je leur mettais la misère. Hein, Gabin, tu te souviens d’monsieur Maurice ?
    Gabin sembla se souvenir de monsieur Maurice, à en juger par son imperceptible hochement de tête et l’ombre de sourire qui passa un instant sur son visage.
— On foutait rien avec lui, j’te jure, continuait le rapace. Combien de fois on l’a enfermé dans son placard… J’te jure : enfermé dans son placard, le vieux !   
    Avec tout le respect dû à ce mystérieux monsieur Maurice, je commençais à être rassuré par la teneur  que prenait notre petite conversation. Je n’étais finalement que devant deux anciens cancres au chômage,  contents de discuter le bout de gras avec le premier type lambda rencontré, moi en l’occurrence. 
    Je compris vite mon erreur. 

   
Jetant un coup d’œil à ma montre (il était bientôt dix-sept heures), je prétendis devoir rentrer pour corriger des copies — mensonge éhonté puisque nous avions prévu, avec ma femme Jolene, d’aller au cinéma. A ma grande surprise, Fabrice tourna alors vers son compère un œil interrogateur, tout comme s’il attendait que le « suiveur » lui dicte la conduite à suivre. D’une main potelée, le type au bonnet frotta ses yeux rouges de fatigue. Secouant la tête comme pour évacuer un reste de sommeil, il se racla la gorge.
— Tu sais nager ?
    La question, prononcée d’une voix neutre, déclencha l’hilarité du blouson de cuir.
— Oh non, pas encore !  protesta Fabrice dans un nouvel éclat de rire. 
    Mais comprenant que Gabin n’était pas d’humeur à plaisanter, son visage devint grave à son tour.
    A cet échange, je compris que mes deux vagabonds ne se contenteraient pas d’une simple discussion amicale. Je tournai instinctivement un regard nerveux vers le parking, espérant y voir  apparaître une providentielle voiture ou même un simple promeneur un tant soit peu civilisé. Le seul signe de vie extérieure était la rumeur lointaine de la nationale, et il y avait peu de chance, avec la masse obscure qui encombrait le ciel, que des curieux choisiraient ce moment pour venir admirer la côte. 
    Ma petite voiture bleu nuit, garée à une centaine de mètres à peine, m’apparaissait à présent comme un refuge lointain, inaccessible.
— Alors, tu sais nager ou quoi ?
    Le ton s’était fait plus agressif. Le ventre serré, je tentai de répondre sans rien laisser paraître de mon inquiétude : 
— Oui, un peu. La brasse.
— Alors tu vas nous montrer ça, commenta Gabin.
    Un long silence s’ensuivit. Je tentai de désamorcer la situation en émettant un ricanement pathétique, mais leurs visages fermés me confirmèrent que c’était cause perdue.   
    Il était temps de négocier.
—  Il faut vraiment que je file, mais je dois avoir un peu de liquide dans ma voiture si ça peut vous…
— Tu nous prends pour des clodos ? m’interrompit sèchement Gabin, comme si je lui servais une chanson entendue un milliard de fois. T’en fais pas, on va pas te faire de mal. On va faire un tour à la plage et après, hop, tu rentres chez toi.
     Je me retranchai dans le silence, sentant que le nœud dans ma gorge ferait dérailler la première parole qui en sortirait. J’acquiesçai d’un vague mouvement de tête.
     Gabin se dirigea vers le petit chemin de gravillons qui descendait à la crique. En silence, le rapace me passa un bras de cuir autour du cou pour m’escorter. Sur le chemin, il me glissait de vagues paroles de réconfort.
— T’inquiète pas, chef, murmurait-il, son haleine infecte s’engouffrant dans mes narines. Y a rien à craindre.
    Alors que nous descendions vers la plage, les effets du whisky commençaient à se faire sentir. Le trio habituel : nausée, vertige, bouffées de chaleur. Tandis qu’une bonne bière aurait peut-être réussi à me rendre un peu plus intrépide, ma gorgée de Jack Daniel’s n’avait fait que nourrir en moi une sourde agressivité. Je voulais rentrer chez moi, « retourner dans les rails », retrouver un ordre normal des choses qui paraissait maintenant aussi inaccessible que ce satané parking.   
   

*
   
— A poil.
    Arrivé sur la petite plage de gravier, le bonnet de laine m’avait intimé l’ordre d’aller « piquer une tête ». Sans avoir à hausser le ton, il semblait bien déterminé à me voir faire quelques mouvements de brasse dans les eaux glaciales de l’Atlantique. L’autre, le rapace aux yeux bridés que j’avais pris à tort pour le chef, sirotait sa bouteille de whisky en simple spectateur, le visage déformé par un petit rictus équivoque. Il commençait à tanguer sur ses jarrets trop maigres.
    Je tentai un moment de me mettre les deux compères dans la poche en les faisant parler d’eux. D’où ils venaient, quel âge ils avaient, ce genre de trucs. Je ne parvins qu’à réveiller une certaine gaieté impitoyable chez Gabin.
— A la flotte, p’tite fiotte. 
    Une vague de colère se mit à gonfler dans ma poitrine.
—Tu ne me parles pas comme ça, s’il te plaît. Je ne t’ai pas…
—Ta gueule, fit-il séchement, déclenchant des ricanements embarrassés du blouson de cuir.
     A cours d’arguments, je me vis porter une main au col de ma chemise, pour en défaire un à un les boutons.
     Quelques instants plus tard, je me retrouvai ainsi torse nu devant les deux étrangers.   
—Quel corps d’athlète ! ironisa Gabin.
  La remarque était prévisible. Je n’avais jamais pu retirer un t-shirt dans un vestiaire sans qu’un gringalet ne vienne me taquiner sur la taille de mes biscotos. C’était le jeu,  et je me fichais de ne pas offrir le spectacle d’une musculature parfaite. L’humiliation venait d’ailleurs. 
    Une bourrasque glaciale fouetta mon dos nu.
— Pantalon, reprit Gabin. 
    Je soutins son regard pendant un temps qui me parut très long, espérant qu’il finirait d’un coup par sortir de son rôle de sale type pour me dire « Allez, je plaisante, rhabille toi ! ». Autant ses yeux m’avaient semblé éteints et stupides lorsqu’il s’était approché du bord de la falaise, autant ils étincelaient maintenant de cruauté et de détermination. S’il jouait le harceleur, il jouait sacrément bien la comédie.
    Je finis par céder. Sans m’agenouiller, je retirai lentement mes deux chaussures. Une fois pieds nus, je défis la boucle de ma ceinture puis enlevai mon pantalon et le laissai tomber sur le gravier à côté de ma chemise.
— Caleçon ! 
    Je voulus protester mais Gabin ne m’en laissa pas même le temps.
— Tu veux que je t’explose la tête ? menaça-t-il, le regard impassible.
    A ces mots, je fus me frappé d’une sorte de vertige. Cette étrange menace, ce n’était pas la première fois que je l’entendais ce jour-là : Malik Tachfint, mon caïd de troisième, me l’avait assénée mot pour mot en début d’après-midi. La provocation avait déclenché un duel absurde à base d’insultes et de menaces, dont j’étais sorti perdant. 
    Voyant que je n’avais pas l’intention de retirer le seul vêtement qui me restait, Gabin sortit de la poche de sa veste un objet oblong que je ne mis pas longtemps à reconnaître.
    Alors qu’il s’amusait à jeter son cran d’arrêt d’une main dans l’autre pour m’intimider, une brève altercation éclata entre lui et Fabrice. Gagné par l’ivresse, le rapace se mit à protester en ma faveur : il fallait me laisser tranquille, j’avais l’air d’être un bon gars, et puis j’avais été « correct » avec eux.
— Vas-y, Gabin, laisse tomber, merde !
    Son compagnon lui lança un regard de biais qui suffit à le faire taire. Bredouillant qu’il ne voulait pas être mêlé à ça, le grand assoiffé alla s’effondrer contre la roche bordant la minuscule grève. 
    Je m’engouffrai dans la brèche : sans réfléchir, je me précipitai en direction du chemin qui remontait vers le sommet de la falaise, mais avant d’avoir pu gagner l’entrée de la piste, un bolide  s’enfonça dans mon flanc et me projeta au sol.
—Allez, à poil ! rugissait Gabin tel une bête féroce, essayant d’agripper l’élastique de mon caleçon, tandis que je lui envoyais de grands coups de pieds frénétiques dans la poitrine. 
      Dans cette lutte, ma main agrippa soudain une lourde pierre.

    Ce qui se passa ensuite, il y a peu de chance que je parvienne à en oublier le moindre détail un jour. Pas une heure ne passe sans que le souvenir ne trouve le moyen de se glisser dans le cours de mes pensées. Pas une heure sans que je n’en vienne à poser les mêmes questions. Aurais-je pu faire autrement ? Y avait-il une part de choix dans tout ça ? Etais-je parfaitement déterminé par les circonstances à faire ce que j’ai fait ? J’essaie bien de me rassurer par toutes sortes de métaphysiques hostiles au libre-arbitre, mais les plus belles preuves de la philosophie ne m’ont toujours pas aidé à retrouver le précieux « sommeil du juste ».
 
    Combien de fois ai-je frappé ? Dix fois ? Vingt fois peut-être ?  Un seul coup, porté au milieu du front, suffit à assommer mon agresseur qui, l’air stupéfait, étrangement enfantin, s’était effondré sur le dos. Pourquoi n’ai-je pas détalé à ce moment-là ? Aurait-il été possible de ne pas céder à cette pulsion sauvage que le premier coup avait allumée dans ma poitrine ? de ne pas éprouver cette décharge de plaisir, ce vif sentiment de justice, chaque fois que la pierre s’écrasait contre son visage? Tandis que ma colère se déchaînait, j’étais saisi d’une étrange sensation de dédoublement — l’impression d’assister à toute cette horreur en simple spectateur. Mais n’y avait-il vraiment aucun moyen de reprendre le contrôle ?
     Ma main cessa enfin de marteler ce qui restait du visage du garçon et, pendant de longues minutes, je restai agenouillé devant le corps, mon cœur palpitant de la plus intense sensation de triomphe qu’il ait connu depuis bien longtemps.     
    Relevant la tête, mon regard rencontra celui de l’ivrogne, ébahi, dégrisé par l’horreur.
—J’crois bien que tu viens d’tuer mon pote, chef.
 

*

 
En milieu de semaine, le journal régional publia un bref article mentionnant le suicide d’un marginal. L’homme, d’une vingtaine d’années, « connu des services de police pour vols à l’étalage et quelques faits de violence », avait été retrouvé mort au pied d’une falaise dans la matinée du samedi. La bouteille de whisky retrouvée dans son véhicule — une Ford volée dans la nuit du jeudi au vendredi — et les tâches d’alcool sur ses vêtements — avaient permis de conclure qu’il avait décidé  de mettre fin à ses jours après une journée de beuverie. Le maire de la commune s’engageait à renforcer la sécurité du site.
    J’ai gardé l’article. Quand les questions reviennent me hanter, j’attends d’être seul pour le lire et le relire jusqu’à ce que je commence à croire à cette petite histoire et que je retrouve un semblant de paix. Prodige de l’esprit humain, je me surprends même parfois à m’exclamer : « Le pauvre garçon! ». 

*

     J’étais retourné au collège dès le lundi matin.
    A huit heures, je suis allé chercher mes troisièmes dans la cour.
    En chemin, j’ai discuté avec un électron libre de quatrième qui me disait que j’étais un prof « trop gentil » et que les élèves « me mettaient la misère ». Il le savait parce que sa sœur, Samira, m’avait eu l’année d’avant.
    J’ai donné cours toute la journée sans essayer de contenir l’inévitable montée du désordre, de crier par-dessus les cris, de gagner le respect des Tachfint et autres meneurs.
    A un moment donné, une prof d’art plastique est entrée dans ma salle pour demander « ce que c’était que ce bordel ». J’ai haussé les épaules, et le chaos a repris une fois la porte refermée derrière elle. 
    A seize heures, je suis redescendu dans la salle des profs pour prendre l’enveloppe que j’avais déposé le matin dans mon casier. Luc Mangin, outré comme à son habitude, m’a répété de sa voix chevrotante que ce collège était « horrible » et qu’il était bien content d’avoir enfin eu sa mutation. Un de ses troisièmes s’étaient encore permis de l’insulter et le principal n’avait pas l’intention d’exclure l’agresseur. J’ai soupiré avec lui, et hoché gravement la tête quand il a dit que ce n’était pas la même chose « avant » et que c’était de pire en pire.
    Mon enveloppe à la main, je suis allé frapper à la porte du principal. Comme il était absent, j’ai glissé mon courrier sous la porte, puis gagné la sortie du collège comme si de rien n’était.
    C’était la dernière fuite. 
« Modifié: 29 Mars 2015 à 19:02:27 par holden5 »

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #1 le: 23 Mars 2014 à 15:31:05 »
Ouais ! Un holden !


Mais... je l'ai déjà lu, ce texte  ! ça devait être une autre version... Du coup tu excuseras, je vais vite dans mon commentaire.

Citer
Je n’étais pas vraiment vêtu pour cette contrée de rafales et de boue, avec ma chemisette d’été et mon pantalon plissé : mon déguisement d’adulte responsable, qui me donnait surtout l’impression d’être un enfant de douze ans flottant dans les mocassins de son père. 
J'aime bien : ça sonne vrai, on s'y reconnait

Citer
Le ciel, encombré d’une méditation noire,
:coeur:

Citer
avaient sans doute vu nombres de pauvres types finirent leur existence sur leurs crêtes acérées. 
Oh !!!
- 2 points.  |-|

Citer
la lettre trouvé dans mon casier à la première heure
trouvée

Citer
J’aurais pu me sentir flatté d’être reconnu comme une telle menace pédagogique que des dispositifs d’alerte se déclenchaient sur mon passage à la manière d’une alarme anti-tsunami,
:D

Citer
Je me figeais dans une position faussement décontractée
figeai

Citer
A ma grande surprise, Fabrice tourna alors vers son compère un œil interrogateur, tout comme s’il attendait que le « suiveur » lui dicte la conduite à suivre. D’une main potelée, le type au bonnet frotta ses yeux rouges de fatigue. Secouant la tête comme pour évacuer un reste de sommeil, il se racla la gorge.
— Tu sais nager ?
    La question, prononcée d’une voix neutre, déclencha l’hilarité du blouson de cuir.
— Oh non, pas encore !  protesta Fabrice dans un nouvel éclat de rire. 
j'ai bugué sur ce passage que j'ai dû relire deux fois : dit comme ça, on dirait vraiment que c'est Fabrice qui demande "tu sais nager ?" (d'autant que c'est toujours lui qui prend les devants", du coup je comprenais pas

Citer
et il y avait peu de chance, avec la masse obscure qui encombrait le ciel, que des curieux choisiraient
choisissent, non ?

Citer
Je le soutins du regard
je pense qu'il y a confusion sur l'expression : on soutient le regard de quelqu'un (sinon on dirait qu'il l'encourage par son regard)

Citer
Alors qu’il s’amusait à jeter son cran d’arrêt d’une main dans l’autre pour m’intimider, une brève altercation éclata entre lui et Fabrice.
c'est peut-être personnel, mais j'aime pas ce petit résumé en accéléré : c'est pas rien, c'est un retournement de situation (potentiel), et puis en plus, tu instaures un climat de tension où chaque seconde compte. Alors faire un résumé d'une partie de la scène, ça casse son effet, à mon avis ! D'ailleurs, la fin du paragraphe perd de son impact, on ne sent pas le basculement de la situation, je trouve.

Citer
tandis que je me lui envoyais
bug sur le "me"

La fin est nouvelle, non ? J'aime bien : ça donne un sens à l'anecdote et ça boucle le texte sur lui-même.
Par contre, il me semblait que dans l'autre version, on sentait un peu plus le désespoir global de ce prof et on voyait plus comment tout ça s'amalgamait jusqu'à le faire craquer.
Mais à part ça, toujours remarquablement bien écrit, on lit sans voir passer le temps. Le texte est bien réussi ! Le seul truc un peu à revoir, à mon sens, c'est les quelques lignes où les choses dérapent (je l'ai noté plus haut), que tu pourrais rendre bien plus percutantes, avec la belle plume que tu as. :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne holden5

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Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #2 le: 23 Mars 2014 à 15:39:18 »
Merci Milora !
Oui, j'ai corrigé quelques horreurs  pendant que tu commentais. Mais il y en avait d'autres, honte à moi :-)
Je suis content que la fin t'aie satisfaite. Merci de ton retour encourageant ! Allez hop, je corrige tout ça.  :D

Hors ligne Baptiste

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Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #3 le: 17 Mai 2014 à 15:00:20 »
Lu à l'occasion du tournoi
Et j'ai vachement vachement accroché.
Je trouve que stylistiquement, ça marche super bien, l'ambiance est super prennante, très en tension, la chute très bonne aussi.
Bref, pas grand chose de constructif à dire si ce n'est que j'ai vraiment beaucoup aimé.

Merci pour ce texte

Hors ligne holden5

  • Prophète
  • Messages: 753
Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #4 le: 17 Mai 2014 à 18:41:58 »
Merci Baptiste pour ton commentaire. Si, si, c'est très constructif puisque ça encourage à écrire d'autres trucs  :D En relisant ce texte à l'instant, je m'autocritiquerais bien en disant que l'arrivée des deux intrus me semble un peu rapide dans cette version (qui est le résultat d'un élagage massif de la précédente...) Baah, je serai jamais content on dirait ^^.
Merci encore pour ta lecture!

MillaNox

  • Invité
Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #5 le: 16 Juin 2014 à 21:17:55 »
Salut Holden !
et joyeux anniversaire en retard !

quelques remarques au fil du texte:

Citer
Il portait un manteau de cuir usé, un jean délavé parsemé de tâches et une grosse paire de baskets informes dont les semelles se décollaient un peu à l’avant.
taches

Citer
Proposé par un ami, un verre de whisky ne m’aurait guère fait envie — cette boisson s’était révélée pour moi, au fil des orgies universitaires, un infect tord-boyaux me privant précocement de toute faculté mentale. Alors, offerte par un étranger à l’hygiène douteuse, la bouteille avait peu de chance de me faire envie.
la répétition de "fait envie" est bof

Citer
Le seul signe de vie extérieure était la rumeur lointaine de la nationale, et il y avait peu de chance, avec la masse obscure qui encombrait le ciel, que des curieux choisiraient ce moment pour venir admirer la côte. 
choisissent ?

Citer
Arrivé sur la petite plage de gravier, le bonnet de laine m’avait intimé l’ordre d’aller « piquer une tête ».
le "aller" alourdit inutilement / + fais gaffe tu as ordre à al phrase d'avant ça fait un peu répétition malgré le changement de paragraphe.

Citer
A ces mots, je fus me frappé d’une sorte de vertige.
"me" en trop

Sur la globalité maintenant :
comme d'habitude, ta fluidité d'écriture m'impressionne et les petites anecdotes incisives que tu places adroitement marchent du tonnerre. Ton perso est ultra crédible, je suis vraiment rentrée dans ton texte :)
Par contre je comprends pas l'article du journal, comment peuvent-ils parler de suicide alors que le gars est retrouvé avec la tête défoncée à coup de pierre ? il me semble impossible que la police n'ouvre pas d'enquête pour homicide vu l'état du corps ???
Et puis deux options pour la fin, la dernière fuite sous entend qu'il va aller se jeter de la falaise, ne supportant pas son acte, ou bien juste il démissionne et part loin de cette ville ? ceci dit ce n'est aps gênant de ne pas le préciser, ça laisse le choix au lecteur :)

Merci pour ce texte !

Milla

Hors ligne Madeleine Adèle

  • Scribe
  • Messages: 77
Re : Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #6 le: 17 Juin 2014 à 09:17:58 »
Lu à l'occasion du tournoi
Et j'ai vachement vachement accroché.
Je trouve que stylistiquement, ça marche super bien, l'ambiance est super prennante, très en tension, la chute très bonne aussi.
Bref, pas grand chose de constructif à dire si ce n'est que j'ai vraiment beaucoup aimé.

Merci pour ce texte

Je rejoins complètement. J'ai été suspendue à mon téléphone tout le long de la lecture. Sans m'arrêter. J'ai réellement accroché dans le sens où tu nous tiens en haleine. On se prend d'affection pour ce prof perdu et triste (en tout cas c'est ainsi que je le percois) et on se demande bien comment il va s'en sortir. L'arrivée des deux autres personnages redonnent du dynamisme et la cruauté de l'acte est juste à mon gout parfaitement amenée ... Tout juste si nous comprendrions ;)
La dernière fuite est probablement la seule issue ...

Merci pour ce partage !

Hors ligne holden5

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Re : Jour de colère (V3)
« Réponse #7 le: 22 Juin 2014 à 23:32:49 »
@Milla

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Sur la globalité maintenant :
comme d'habitude, ta fluidité d'écriture m'impressionne et les petites anecdotes incisives que tu places adroitement marchent du tonnerre. Ton perso est ultra crédible, je suis vraiment rentrée dans ton texte

Merci, ça fait drôlement plaisir ! Encore, encore ! :-D

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Par contre je comprends pas l'article du journal, comment peuvent-ils parler de suicide alors que le gars est retrouvé avec la tête défoncée à coup de pierre ? il me semble impossible que la police n'ouvre pas d'enquête pour homicide vu l'état du corps ???
C'est très juste, j'y ai pensé sans parvenir à résoudre cette difficulté. Je me suis rassuré intérieurement en me disant que dans une enquête un peu bâclée, on aurait pû confondre des blessures d'agression et le choc d'une chute... ^^

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Et puis deux options pour la fin, la dernière fuite sous entend qu'il va aller se jeter de la falaise, ne supportant pas son acte, ou bien juste il démissionne et part loin de cette ville ? ceci dit ce n'est aps gênant de ne pas le préciser, ça laisse le choix au lecteur
Je n'avais envisagé qu'une seule option : il quitte ce job après avoir pris conscience de la violence qu'il contenait en lui...mais les autres possibilités sont chouettes aussi. :-)

Merci pour ton commentaire, très apprécié!

@Madeleine

Ton enthousiasme pour ce vieux texte me fait très plaisir!

Hors ligne Rémi

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Re : Jour de colère
« Réponse #8 le: 24 Mars 2015 à 20:40:59 »
Salut Holden,

Super bien écrit cette affaire ! Belle maîtrise, je suis arrivé à la fin sans décrocher une seconde.

Deux détails :
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Malgré la mine joviale du vagabond,
bizarre "vagabond" dans ce contexte (tu l'utilises deux fois)
Je sais pas pourquoi, mais un vagabond qui se balade en voiture je trouve ça étrange même s'il n'y a pas de contradiction en soit.

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A ces mots, je fus me frappé d’une sorte de vertige.
"me" en trop

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La bouteille de whisky retrouvée dans son véhicule — une Ford volée dans la nuit du jeudi au vendredi — et les tâches d’alcool sur ses vêtements — avaient permis de conclure qu’il avait décidé  de mettre fin à ses jours après une journée de beuverie.
le troisème tiret ne serait-il pas en trop ?

Au global :
Tiens, quelqu'un qui se fait buter sur une plage, ça rappelerait pas des trucs ?  :mrgreen:
(Meursault sort de ce corps !)
L'ambiance est vraiment très bien rendue, entre le prof au bout du rouleau au début et la tension depuis le haut de la falaise jusque sur la plage et le pétage de câble.
Le dernier paragraphe me semble moins bien, pourquoi reste-t-il une journée entière au collège avant sa dernière fuite ?

Merci pour ce très bon texte.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne holden5

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Re : Jour de colère
« Réponse #9 le: 26 Mars 2015 à 16:19:20 »
Merci Rémi pour l'exhumation de ce vieux texte et ce commentaire encourageant !

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bizarre "vagabond" dans ce contexte (tu l'utilises deux fois)
Je sais pas pourquoi, mais un vagabond qui se balade en voiture je trouve ça étrange même s'il n'y a pas de contradiction en soit.
Pour tout t'avouer, je ne suis pas complètement satisfait par mes deux énergumènes...J'ai voulu éviter quelques clichés, mais du coup on a un peu de mal à voir de quelle "catégorie" sociale ils relèvent. Cas sociaux ? SDF ? Jeunes désoeuvrés ? ex-tolard? Le texte est un peu flou sur ces points là. Le fait qu'ils se baladent en voiture est effectivement un détail qui trouble un peu cette caractérisation, donc je comprends que tu aies pu être gêné par ce point-là.

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Tiens, quelqu'un qui se fait buter sur une plage, ça rappelerait pas des trucs ? 
(Meursault sort de ce corps !)
Ahah, le parallèle avec l'Etranger n'était pas du tout volontaire...mais c'est peut-être une lecture qui a laissé des traces en moi  :D
Comme je l'expliquai à Milora il y a fort longtemps, j'avais un peu en tête le film Deliverance (avec Jon Voight) en écrivant cette histoire.

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Le dernier paragraphe me semble moins bien, pourquoi reste-t-il une journée entière au collège avant sa dernière fuite ?

C'est un ajout qui tentait de répondre à une critique que j'avais trouvé assez juste (de Kerena je crois). Il manquait quelque chose sur l'influence que pourrait avoir eu l'événement sur son propre malaise à l'école. Ce n'est peut-être pas très réussi,  mais je préférais éviter une résolution trop nette du problème (genre : "je me suis bien défoulé, maintenant les élèves j'ai pas de problèmes à les mater")

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Merci pour ce très bon texte.
Merci beaucoup à toi pour ton retour :-)

H.



Hors ligne Galomesh

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Re : Jour de colère
« Réponse #10 le: 27 Mars 2015 à 09:18:57 »
C'est vraiment chouette, j'ai tout lu d'une traite et maintenant je vais être en retard au taf.

J'ai rien de vraiment pertinent à redire là-dessus, j'ai juste aimé.

Merci. :)

Hors ligne holden5

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Re : Jour de colère
« Réponse #11 le: 27 Mars 2015 à 19:35:13 »
Chouette, je suis content (et je m'excuse) que ce texte ait pu te mettre en retard !


Je suis tenté par un changement de titre, celui-ci ne me paraissant pas assez évocateur. Je le rebaptiserais bien "Scolaire noire"...Qu'en pensez-vous? Merci d'avance pour votre opinion :-)

Hors ligne Loïc

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Re : Jour de colère
« Réponse #12 le: 28 Mars 2015 à 21:28:27 »
Bonsoir !

Citer
’histoire de l’éducation nationale,

Éducation Nationale

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    Je n’étais pas vraiment vêtu pour cette contrée de rafales et de boue, avec ma chemisette d’été et mon pantalon plissé : mon déguisement d’adulte responsable, qui me donnait surtout l’impression d’être un enfant de douze ans flottant dans les mocassins de son père. 

 :coeur:
Je suis sceptique sur les deux points par contre.

Citer
une foule de grands rochers protégeaient

Foule est sujet, pas rochers

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    J’aurais pu me sentir flatté d’être reconnu comme une telle menace pédagogique que des dispositifs d’alerte se déclenchaient sur mon passage à la manière d’une alarme anti-tsunami, mais cette appellation me donnait surtout l’impression d’être atteint d’une incurable nullité.   

 :coeur:

Citer
Je refusai, prétextant devoir filer. Proposé par un ami, un verre de whisky ne m’aurait guère fait envie — cette boisson s’était révélée pour moi, au fil des orgies universitaires, un infect tord-boyaux me privant précocement de toute faculté mentale. Alors, offerte par un étranger à l’hygiène douteuse, la bouteille avait peu de chance de me faire envie.

Ca sent le vécu de x000 étudiants.
Répétition malheureuse (faire envie)

C'est plutôt bien fait. L'écriture est simple et efficace, comme les autres textes que j'ai lus de toi. J'ai tout de suite voulu suivre ce qu'il s'est passé, connaître la fin, ce que tu allais livrer, et c'est un bon point.
La fin est bien faite aussi.
Je pense en revanche qu'il y a un coup de mou vers le milieu, ça s'allonge un peu. C'est un peu le point négatif.

Au plaisir !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Vivi

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Re : Jour de colère
« Réponse #13 le: 29 Mars 2015 à 12:32:17 »
Citer
un concours de gueulante et d’insultes
accord :huhu:


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nombres de pauvres types
T'es sûr pour le pluriel de "nombre(s)" ? :/



Sympa, mais j'ai pas accroché. En fait, c'est la rencontre elle-même qui me semble vraiment "deus-ex" et le comportement des types "gratuit". En dehors de ces considérations existentielles (pour ma part lol), c'est bien mené (je ne m'attendais pas à cette "escalade", ça c'est plutôt un bon point ^^ )
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne holden5

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Re : Jour de colère
« Réponse #14 le: 29 Mars 2015 à 19:01:28 »

Merci de ton passage Loïc. Je n'ai pas relu ce texte depuis très longtemps, un peu de recul me permettra peut-être de voir où le rythme commence à s'essouffler.

Merci pour tes corrections Viviane, (je les valide) Je comprends tes réserves. Malheureusement, je crois à l'existence d'une violence parfaitement gratuite donc ce n'est pas ce qui me gênerait le plus dans ce texte. Encore merci d'avoir lu jusqu'au bout :)
« Modifié: 29 Mars 2015 à 19:05:00 par holden5 »

 


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