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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT 3 | T#08] Anamorphose

Auteur Sujet: [AT 3 | T#08] Anamorphose  (Lu 5717 fois)

Hors ligne Mogdhorel

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[AT 3 | T#08] Anamorphose
« le: 01 Février 2014 à 00:07:39 »
Archibald Souflecoeur était un homme petit, voire un petit homme. La silhouette décharnée, ses os saillants pointaient sous une maigre peau et ses bras, exagérément longs, pendaient la plupart du temps vers le sol comme deux masses inertes dont il aurait ignoré l’utilité. Une épaisse barbe frisotante remontait de part et d’autre de son visage jusqu’à venir se confondre dans ses cheveux tant et si bien que cela ne formait plus qu’une masse grossière de poils recouvrant la plus grande partie de sa tête. Les enfants l’appelaient « l’ogre des bois » et si par malheur ils venaient à le croiser au détour d’une ruelle, ils couraient se cacher en étouffant leurs cris et leurs rires de leurs petites mains. Leurs parents, eux, le considéraient comme un ermite, un illuminé et même un fou pour les plus acerbes. Mais ce qui le caractérisait le plus, et sur ce tout le monde semblait s’accorder, c’est qu’il paraissait vieux. D’ailleurs, personne n’avait souvenir de l’avoir vu jeune un jour. Il avait toujours été là, et dans l’esprit des gens, était tout autant indissociable du décor que le clocher de leur église.

Quand Archibald n’était pas en train de fumer la pipe devant l’âtre – et à vrai dire, il ne fumait pas souvent – il peignait, ou créait, comme il aimait à le préciser. Il ne dessinait pas de montagnes ; il dressait des roches sans âge déchirant un ciel aux mille nuances de bleu. Il ne peignait pas de cours d’eau ; il domptait un torrent lancé à pleine vitesse dans les méandres d’une pente rocailleuse. Lorsqu’il traçait les contours d’un loup, d’un ours, d’un faucon, il veillait toujours à n’effleurer l’animal que du bout du pinceau et s’appliquait à éviter toute brusquerie. Pour le corps d’une femme, il effectuait de souples et onctueux mouvements du poignet en y incluant toute la sensibilité d’une caresse érotique. Au contraire, si une tempête se déchaînait sur sa toile, il calait fermement son pinceau entre deux doigts et luttait contre les frénétiques mouvements que son instrument subissait. Ses tableaux sentaient bon l’herbe fraîchement coupée, la pluie des chaudes journées d’été, les embruns des ports de pêche ou, plus charnel, le poulet braisé au thym et au romarin.

Un matin, alors que le givre scintillait encore sur les broussailles dansantes alentour, on tambourina à sa porte. D’abord figé, Archibald abandonna le bout de pain qu’il grignotait et se dirigea avec circonspection vers la porte en bois mal dégrossi. Ce n’était pas tous les jours qu’on venait lui rendre visite et, pour être totalement précis, le fait était rarissime. Quand subitement il ouvrit, l’homme qui se présentait sur son palier eut l’air surpris ; c’est sans grand espoir qu’il avait frappé à la porte de cette masure à l’allure abandonnée.

« Oh… hum… Bonjour m’sieur sifloteur. »

Il poussa son béret sur l’arrière de la tête et se gratta énergiquement le haut du front. Son visage était noir de houille et contrastait avec le blanc crémeux de ses yeux bleus.

« Vlà, en fait, moi et les gars – et sur ce mot il désigna le lointain – on s’demandait si, s’vous vouliez bien nous dessiner un bout d’ciel pour qu’on puisse, d’temps à autre, sortir un peu la tête d’notre trou. »

Archibald fixa de son regard perçant le mineur à tel point que ce dernier osa un coup d’oeil en arrière pour s’assurer que personne ne se trouvait sur ses talons. Jamais on n’avait requis ses services et jamais il n’avait songé à ce que cela puisse arriver un jour. Et puis, comment quelqu’un pouvait-il connaître sa passion alors qu’il ne l’évoquait jamais en public ! Pas plus du reste, qu'il ne montrait le fruit de son travail.

Archibald n’avait pas remarqué que le mineur avait bredouillé des mots d’excuse et s’éloignait déjà.

« Aube ou crépuscule, votre ciel ? » lui lança-t-il.

Quelques journées plus tard, tous les mineurs de la ville pouvaient, depuis la plus profonde et la plus noire de leurs galeries, contempler un ciel sauvage où des nuages incandescents, traversés de part en part par les derniers jets d’un soleil écarlate, brûlaient dans l’immensité céleste.

Alors qu’Archibald considérait cet évènement comme isolé et définitivement clos, ce fut l’inverse qui se produisit. Les demandes ne cessèrent de croître et, pour la première fois depuis bien longtemps, des étrangers arrivaient dans la petite ville pour autre chose que trouver du travail. Parmi les demandes notables, il convient de citer cette tisserande, fille d’un humble paysan du pays et qui, sachant son père mourant, voulut lui offrir comme dernier souvenir le bleu de l’océan qu’il n’avait jamais vu de son vivant. Une autre fois, une femme d’âge mûr aux relents bourgeois, emmitouflée dans une généreuse fourrure, l'implora avec un accent non dissimulé de lui restituer sous cadre « le magnifik et puizant tigrrre de Zibérrrie ! » Archibald refusa de prime abord, mais, considérant que cela éviterait peut-être audit animal de terminer en tapis, finit par accepter malgré lui.

Mais la plus singulière de toutes les demandes survint par un froid après-midi de janvier. Archibald écrasait des racines de garance dans un pilon afin d’en extraire les pigments, quand son attention fut attirée par une tache de buée qui allait en s’agrandissant sur un des carreaux d’en face, puis arrivée à sa taille culminante, se dissipait pour mieux s’étaler à nouveau quelques instants plus tard. Archibald se résolut à s’approcher pour éclaircir le phénomène et derrière la buée, surprit un petit nez écrasé contre la vitre glaciale et au bout de ce nez, une petite fille, une main posée sur chaque tempe, essayant sans succès de percevoir l’intérieur de l’habitation.

« Si tu cherches la maison aux canaris, c’est de l’autre côté de la colline, en-dessous du bosquet de bouleaux » lui glissa-t-il à travers la porte entrebâillée. Pour toute réponse, la fillette s’avança avec hâte vers le battant qu’elle tira d’un coup sec pour l’ouvrir en grand. Elle se tint très droite face à Archibald et l’observa de la tête aux pieds, un petit air de triomphe dans le regard. Il pouvait désormais voir ce qu’il n’avait vu auparavant ; toute la face gauche du visage de la petite fille évoquait un masque de cire. Elle n’avait plus de joue, plus de pommette, plus de commissure, son oeil même était recouvert d’une immuable paupière, comme si quelqu’un s’était acharné à gommer toutes les formes, les creux et les imperfections qui rendent un visage humain pour le transformer en une surface lisse, brillante et uniforme, uniquement parsemée çà et là de quelques ridules. Une oeuvre dont seul le feu est capable.

« Tu ne t’enfuis pas comme les autres ? se hasarda à demander Archibald.
– Les autres ? Qui sont les autres ? Beaucoup de monde les nomment, mais je ne les ai jamais vus, interrogea une voix juvénile.
– Les autres sont toutes les personnes dont nous ignorons le nom.
– Je ne souhaite pas rester une autre pour vous, monsieur Souflecoeur. Je m’appelle Lyra.
– Eh bien, dans ce cas jeune Lyra, entre, et explique-moi ce qui t’amène », conclut-il en indiquant du bras l’intérieur de la maisonnette.

Après avoir refermé la porte derrière eux, Archibald s’aperçut que Lyra se tenait au centre de la pièce, la tête en arrière, et tournait sur elle-même au fur et à mesure que son seul oeil valide étudiait les innombrables tableaux recouvrant les murs du sol au plafond. Elle scrutait les moindres détails ; chaque nuance de couleur, chaque nervure sur la toile, chaque veinure sur le bois et évaluait si la réputation d’Archibald, faite de commérages, de fausses vérités et de parfaits mensonges, était conforme à son double réel. Au cours de son observation, elle plaçait de temps à autre, à la vue d’un portrait aux joues rebondies ou d’une ruelle débordante de vie, un petit hochement de tête approbateur.

« Halte-là ! Un peu de prudence », avertit Archibald, sérieux.

Lyra se tourna brusquement vers lui, tout étonnée qu’il fût encore dans la pièce. Comme elle semblait ne pas comprendre, il lui désigna du menton le tableau qui se trouvait dans son dos. Elle pivota sur ses talons et vît avec horreur qu’un ours brun perché sur ses pattes arrières – qu’elle aurait juré avoir vu endormi à l’ombre d’une souche quelques instants auparavant – la fixait avec avidité, toutes canines dehors. La fillette se mit à reculer à petits pas sans jamais détourner le regard de l’animal et ce ne fut que lorsque qu’elle arriva au mur opposé et que ses petits souliers clapotèrent dans un carré de moquette détrempée qu’elle baissa la tête. Quand elle constata que rien ne justifiait la présence d’eau à cet endroit, elle la releva aussitôt vers le plafond et comprit alors que les gouttes de pluie qui lui martelaient le visage et la faisaient grimacer, jaillissaient en fait d’une toile où de valeureux marins luttaient contre le noir d’une tempête.

« Je ne crois pas qu’ils s’en sortiront cette fois-ci. La mer a déjà englouti deux hommes et le mât s’est définitivement rompu. Triste sort. Mais, dis-moi, il ne me semble pas qu’il s’agissait du motif de ta visite ? »

Lyra sortit de sous le mauvais temps et se passa le bras sur le visage.

« Il faut que vous m’aidiez, monsieur Souflecoeur, à retrouver mon sourire, dit-elle d’une voix portée par l’espoir.
–  Ton sourire ? Mais je ne puis retrouver ton sourire, Lyra. Je peux te créer un sourire, mais ça ne sera jamais le tien. Il sera toujours trop large, ou pas assez, un peu trop tiré ou au contraire trop ténu. Et lorsque tu le voudras chaleureux ou accueillant, il se montrera amer ou forcé.
– Mais alors, et les papillons ?
– Les papillons ? répéta Archibald, le sourcil perplexe.
– Ils me fuient ! Maman disait toujours qu’il me suffisait de leur sourire pour qu’ils n’aient pas peur et maintenant que je l’ai perdu, je ne peux plus courir dans les champs de fleurs avec eux. » Elle avait presque crié en prononçant ces derniers mots, les yeux pleins de larmes.
« Allons, viens par ici  », fit-il, s’accroupissant pour offrir une épaule réconfortante.

Quelques minutes s’écoulèrent pendant lesquelles seuls les reniflements de la petite fille venaient troubler le crépitement du feu.

« Cachez-vous parfois un sourire derrière votre barbe ? » demanda Lyra au bout d’un moment, la tête toujours enfouie dans les bras d’Archibald.

Et tandis qu’il s’apprêtait à répondre que bien évidemment, il lui arrivait de sourire, il tenta de s’en remémorer la dernière manifestation mais n’y parvint pas. Sur ce constat, il se mit à déterrer chaque souvenir, et lorsqu’il en trouvait un aux contours suffisamment nets, il l’examinait, le tournant et le retournant, déterminant son pourtour puis palpant sa matière. Mais nulle trace de sourire. Alors, tel un chercheur d’or blasé par un simple caillou, il le jetait au loin et continuait à sonder son esprit. Quand il eut terminé et qu’à sa grande stupeur, aucune image de lui en train de sourire ne lui était revenue – tout au plus un pincement de lèvres ou deux –, il jura par tous les dieux de tous les âges de dépenser l’entier du temps que la vie lui accorderait pour que Lyra ne vive jamais pareille amnésie.

Il tint promesse et après un temps incertain, impossible à réduire à de simples mots mais néanmoins très court, si un homme s’était tenu devant sa fenêtre, il aurait pu apercevoir, trônant au centre de la pièce, un tableau plus large que haut sur lequel un vieil homme tirait quelques bouffées de pipe qu’il recrachait en d’éphémères nuages parfumés. Et même s’il était impossible de l’affirmer avec certitude, la malice de ses yeux, les petites rides aux coins de ceux-ci, son front détendu, tout, tout indiquait qu’un sourire avait pris forme sous son épaisse toison grisâtre. Et sous son regard bienveillant se tenait une petite fille, sautant et dansant dans une nuée virevoltante de papillons multicolores, le visage illuminé par le plus radieux des sourires.

Et au fond du tableau, le nom de l’oeuvre, inscrit en nobles mais discrètes lettres manuscrites, comme une dernière réponse à toutes les questions jamais posées : le meilleur des mondes.

Jamais plus personne ne revit Archibald Souflecoeur ni la petite Lyra.
« Modifié: 13 Avril 2014 à 16:56:25 par Mout »
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

Hors ligne Baptiste

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #1 le: 01 Février 2014 à 03:25:34 »
Salut
Citer
, il veillait toujours à n’effleurer l’animal que du bout du pinceau et s’appliquait à éviter toute brusquerie.
J'aime beaucoup ( avant aussi d'ailleurs, mais j'ai trouvé ça particulièrement chouette)
Citer
« Aube ou crépuscule, votre ciel ? » lui lança-t-il.
je kiffe. La phrase, le passage d'avant, l'histoire qui se construit comme ça ....
Citer
plus de commissure,
T'es sur que ça se dit ?
Citer
« Tu ne t’enfuis pas comme les autres ? s’hasarda à demander Archibald.
– Les autres ? Qui sont les autres ? Beaucoup de monde les nomment, mais je ne les ai jamais vus, interrogea une voix juvénile.
– Les autres sont toutes les personnes dont nous ignorons le nom.
– Je ne souhaite pas rester une autre pour vous, monsieur Souflecoeur. Je m’appelle Lyra.
– Eh bien, dans ce cas jeune Lyra, entre, et explique-moi ce qui t’amène », conclut-il en indiquant du bras l’intérieur de la maisonnette.
j'aime bien mais je trouve ça un peu faux. un poil de retravaille sur le dialogue peut être ?
Citer
comme une dernière réponse à toutes les questions jamais posées
:coeur:


bon j'ai beaucoup beaucoup aimé
j'ai trouvé ça très beau. Le seul truc qui me chafouine un peu c'est les dialogues mais à part ça j'ai trouvé ça vraiment très chouette.

merci pour ce texte  :coeur:

Hors ligne Loïc

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  • Prout
Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #2 le: 02 Février 2014 à 12:28:46 »
Citer
Leurs parents eux

Virgule à parents ?

Citer
Mais ce qui le caractérisait le plus, et sur ce tout le monde semblait s’accorder, c’est qu’il paraissait vieux

Elle sonne bizarrement cette phrase.

Citer
Il ne dessinait pas de montagnes ; il dressait des roches sans âge déchirant un ciel aux mille nuances de bleu. Il ne peignait pas de cours d’eau ; il domptait un torrent lancé à pleine vitesse dans les méandres d’une pente rocailleuse.

J'aime bien.

Citer
Ses tableaux sentaient bons

Bon sans s

Citer
l’embruns des ports de pêche

Je ne suis pas certain qu'embruns puisse s'utiliser au singulier :/

Citer
Un matin alors que le givre scintillait encore sur les broussailles dansantes alentour,

Longuet

Citer
pour être tout à fait précis, le fait était rarissime.

Répétition malheureuse de fait

Citer
Archibald écrasait des racines de garance dans un pilon afin d’en extraire les pigments quand son attention fut attirée par une tache de buée qui allait en s’agrandissant sur un des carreaux d’en face

Un peu long pour un seul souffle !

Tout le paragraphe est un peu long, ponctuation à revoir AMHA.

Bon bon bon.
J'ai bien aimé, vraiment. Texte intense, surtout vers la fin, à partir du moment où Lyra arrive. Le début est sympa mais moins... fort je dirais et du coup j'ai un peu moins accroché à cette partie.
Très bonne chute, même si j'étais un peu sceptique au tout début du dernier paragraphe.

Merci !
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne Vivi

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #3 le: 04 Février 2014 à 13:37:51 »
Très bon texte, très bien décrit, un style fluide et un narration maîtrisée... Bref gros kiff :coeur:

Merci pour ce texte poétique et merveilleux.
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

MillaNox

  • Invité
Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #4 le: 04 Février 2014 à 14:22:45 »
Salut !
Tu seras mon premier commentaire sur l'AT :)

Voici la seule phrase qui m'a fait bizarre :
Citer
Et puis, comment quelqu’un pouvait-il connaître sa passion alors qu’il ne l’évoquait jamais en public !
je trouve que cette idée de "vie publique", ça sonne mal avec le perso d'Archibald que je vois plutôt très isolé.

Sinon j'ai trouvé ce texte très beau, très poétique. On s'envole dans ce monde aux peintures vivantes, on découvre les choses petit à petit. Une lecture très agréable.
J'en aurais voulu encore quand j'ai compris que ça allait s'arrêter

Merci beaucoup :)

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #5 le: 05 Février 2014 à 20:12:19 »
saaalut,

Citer
voire même un petit homme
alors gros débat à ce sujet, mais il me semble que c’est redondant « voire même » et que « voire » suffit (ou même)  ^^

Citer
ses os saillants pointaient
pareil, s’ils pointent c’est qu’ils sont saillants, donc redondance pour moi encore… :-¬?

Citer
ne formait plus qu’une masse informe
formait/informe 

Citer
couraient se cacher en étouffant leurs cris et leurs rires de leurs petites mains.
Sans le sujet ça sonne bizarrement, il pense qu’il faut le « ils » devant

Citer
et sur ce tout le monde semblait s’accorder,
et ce sur quoi tout le monde semblait s’accorder

Citer
à pleine vitesse dans les méandres
alors normalement, il n’y a de méandres que dans les cours d’eau très lent à faible pente  :huhu:
mais je chipote je vois bien :kei:

Citer
ou, plus charnel, le poulet braisé au thym et au romarin.
xD
Bien aimé tout le paragraphe   :)

Citer
pour être tout à fait précis, le fait était rarissime.
Fait x2

Citer
Pas plus du reste qui ne l’évoquait en privé.
Pas plus, du reste, qu’il ne l’évoquait en privé

Citer
« Aube ou crépuscule, votre ciel ? » lui lança-t-il.
Hyper réducteur ! et le beau ciel de 15h , hm ?

Citer
par un froid après-midi de janvier
c’est pas très jouli à l’oreille le « froid après-midi »… m’enfin ça ne concerne peut-être que mes oreilles  :huhu:

Citer
derrière la buée, surprit un petit nez écrasé contre la vitre glaciale et au bout de ce nez, une petite fille
moh si c’est chou ça ¤.¤

Citer
la fillette s’avança avec hâte vers le battant de la porte qu’elle tira d’un coup sec pour l’ouvrir en grand.
Mdr

Citer
« Tu ne t’enfuis pas comme les autres ? s’hasarda à demander Archibald.
Ben depuis quelques temps personne ne s’enfuit, tout le monde vient chez lui demander des tableaux plutôt  :\?

Citer
Je m’appelle Lyra.
Symphonie en mon cœur \o/

Citer
Elle avait presque crié en prononçant ces derniers mots,
Oh… ben je l’ai entendue au contraire finir dans un murmure… :-\


J’ai bien aimé  :) Très doux, assez poétique, par contre il y a une claire différence de rythme entre la 1ere moitié et la 2eme, quand Lyra arrive tout s'accélère.

Seul bémol pour moi, j’ai pas été fan du paragraphe où il creuse et cherche un souvenir de sourire, c’était bizarrement fait   :-[:

Citer
il lui arrivait de sourire, il tenta de s’en remémorer la dernière manifestation mais n’y parvint pas. Sur ce constat, il se mit à déterrer chaque souvenir, et
il essaie de se souvenir mais n’y parvient pas… alors il cherche mieux dans sa mémoire ? mais enfin il vient de chercher. :-\

Citer
lorsqu’il en trouvait un aux contours suffisamment nets, il l’examinait, le tournant et le retournant, déterminant son pourtour puis palpant sa matière.
C’est lourd pour un souvenir  :-\
Bref tout ce paragraphe sonne faux pour moi  :aah:.
Et je crois que c’est ce qui m’a donné aussi l’impression de la fin précipitée… :\?
Fin, par ailleurs, que j'aime beaucoup  :), mais pareil, j’aurais fait encore interagir la fille et l’homme avant. Du genre il lui aurait répondu un truc, il lui aurait dit « viens, allons nous faire sourire »... histoire que ça n'arrive pas si vite :-X

Sinon, l’écriture est vraiment agréable et j’ai passé un bon moment  :)
Il y a même des phrases très jolies ^^

Merci pour ce texe :D
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Hors ligne Kerena

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #6 le: 08 Février 2014 à 22:09:42 »
Mais, c'est horrible... Il y a trop de bons textes dans cet AT, il ne sera jamais possible de n'en choisir que trois :s

Bon, je pense, cher Mout, que tu l'as compris : j'ai adoré ce texte. Il est tout choupi, j'adore les noms des personnages, le thème est super. Je n'ai pas grand-chose à y redire, en fait.

C'est un beau coup de cœur pour moi ! Merci !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Milora

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #7 le: 09 Février 2014 à 12:27:34 »
Citer
Archibald Souflecoeur était un homme petit, voire même un petit homme. La silhouette décharnée, ses os saillants pointaient sous une maigre peau et ses bras, exagérément longs, pendaient la plupart du temps vers le sol comme deux masses inertes dont il aurait ignoré l’utilité.
Je sais pas pourquoi, j'aime bien cette entrée en matière ! C'est classique, mais en quelques lignes, on est dans le texte. :)

Citer
Une épaisse barbe frisotante remontait de part et d’autre de son visage jusqu’à venir se confondre dans ses cheveux tant et si bien que cela ne formait plus qu’une masse informe de poils recouvrant la plus grande partie de sa tête
Là par contre, il faudrait des virgules, sinon on se noie dans autant de subordonnées, à mon avis

Citer
Les enfants l’appelaient « l’ogre des bois » et si par malheur ils venaient à le croiser au détour d’une ruelle, couraient se cacher en étouffant leurs cris
Je pense qu'il faudrait remettre le "ils" avant "couraient", parce que y a un long bout de phrase entre le sujet "les enfants" et le verbe "couraient", du coup personnellement j'ai eu l'impression d'avoir raté un mot, en lisant

Citer
à éviter toute brusquerie. Pour le corps d’une femme, il effectuait de souples et onctueux mouvements du poignet en y incluant toute la sensibilité
tout/toute (répétition)

Citer
le poulet braisé au thym et au romarin.
miam !

Citer
Ce n’était pas tous les jours qu’on venait lui rendre visite et, pour être tout à fait précis,
tous/tout (là la répétition ne s'entend pas beaucoup en elle-même, mais j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de "tout" depuis le début alors je finis par les voir...)

Citer
Archibald fixa de son regard perçant le mineur à tel point que ce dernier osa un coup d’oeil en arrière pour s’assurer que personne ne se trouvait sur ses talons.
Lol, j'aime bien ce détail, ça donne l'ambiance, le ton du texte ^^

Citer
Et puis, comment quelqu’un pouvait-il connaître sa passion alors qu’il ne l’évoquait jamais en public ! Pas plus du reste qui ne l’évoquait en privé.
qu'il ne l'évoquait
Par contre, au paragraphe d'avant tu nous dis "– il peignait, ou créait, comme il aimait à le préciser" ; ça donne au contraire la nette impression qu'il en parle. (Et en plus dans ce paragraphe, la focalisation avait l'air de porter sur les gens, qui se le représentent vieux, se demandent s'il a jamais été jeune, etc. Du coup on dirait que ses peintures sont de notoriété publique)

Citer
des étrangers arrivaient dans la petite ville autrement que pour trouver du travail.
Je pense que "autrement", ça colle pas comme mot : ça signifie d'une autre manière, alors que là tu voulais plutôt dire "dans un autre but" (ou un truc du genre), non ?

Citer
Archibald refusa de prime abord, mais, considérant que cela éviterait peut-être audit animal de terminer en tapis, finit par accepter malgré lui.
Hihi

Citer
la porte entrebâillée. Pour toute réponse, la fillette s’avança avec hâte vers le battant de la porte qu’elle tira
deux fois "porte"

Citer
s’hasarda à demander Archibald.
se hasarda, non ?

Citer
à petits pas sans jamais détourner le regard de l’animal et ce n’est que lorsque qu’elle arriva au mur opposé et que ses petits souliers
petits x2

J'ai du mal avec le prénom de "Lyra", que je peux absolument pas dissocier du livre de Pullman  :D

Mais à part ça... J'ai vraiment beaucoup aimé !  :coeur: J'ai pas eu de mal avec le paragraphe qui chafouine Tomoyo, au contraire, je l'ai trouvé bien réussi. (Celui qui m'a un minuscule tantinet gêné c'est celui où Lyra découvre les tableaux à l'intérieur de la maison, parce qu'on était dans le point de vue d'Archibald, puis on passe à celui de Lyra pour quelques phrases, et après on revient dans celui d'Archibald, ça m'a un peu déconcertée comme si je perdais l'ambiance pendant quelques lignes ; mais c'est peut-être personnel).
C'est bien écrit, c'est juste la bonne longueur, c'est tout joli, tendre sans être niais, et au début, quand tu dis :
Citer
Ses tableaux sentaient bons l’herbe fraîchement coupée, la pluie des chaudes journées d’été, l’embruns des ports de pêche ou, plus charnel, le poulet braisé au thym et au romarin.
Eh ben ton texte aussi, il sent tout ça !

Merci pour cette très chouette lecture ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kanimp

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #8 le: 09 Février 2014 à 16:56:30 »
Texte fluide et je l'ai apprécié.

Merci pour ce texte.

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Hors ligne Aquarelle

  • Aède
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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #9 le: 09 Février 2014 à 22:03:45 »
Bonsoir !

Bon, désolée de reprendre en partie des choses déjà dites...

Citer
Archibald Souflecoeur était un homme petit, voire même un petit homme.
voire même, on m'a toujours dit que c'était à éviter.

Citer
La silhouette décharnée, ses os saillants pointaient sous une maigre peau et ses bras, exagérément longs, pendaient la plupart du temps vers le sol comme deux masses inertes dont il aurait ignoré l’utilité.
Il y a un truc qui me dérange dans cette phrase. Je ne vois pas trop ce que vient faire "La silhouette décharnée " au début.

Citer
Ses tableaux sentaient bons l’herbe fraîchement coupée,la pluie des chaudes journées d’été, l’embruns des ports de pêche ou, plus charnel, le poulet braisé au thym et au romarin.
bon
l'embrun (ou les embruns)

Citer
« Oh… hum… Bonjour m’sieur sifloteur. »
siffloteur, non ?

Citer
Pas plus du reste qui ne l’évoquait en privé.
qu'il ne l'évoquait.
Mais je trouve ça un peu bizarre, ou du moins inutile, comme précision. En plus il y a plusieurs moments où le narrateur rectifie ses propos, du coup ça fait un peu répétitif comme procédé.

Citer
ce fut l’inverse qui se produisît.
produisit

Citer
Parmi les demandes notables, il convient de citer cette tisserande, fille d’un humble paysan du pays et qui, connaissant son père mourant, voulut lui offrir comme dernier souvenir le bleu de l’océan qu’il n’avait jamais vu de son vivant.
Je n'aime pas trop cette phrase et je trouve que le ton change... Pourquoi ce très formel "il convient de citer" ? "Paysan du pays", je ne suis pas fan, et le "connaissant son père mourant" me semble maladroit. On sait son père mourant, mais on ne connaît pas son père mourant - enfin, pas dans ce sens - je pense.

Citer
Une autre fois, une femme d’âge mûr aux relents bourgeois, emmitouflée dans une généreuse fourrure,
une femme aux relents bourgeois ? Je ne suis pas convaincue. Je vois ce que ça veut dire, mais pour moi c'est difficile d'imaginer une femme avec des relents. Si c'était une caractéristique de cette femme qui avait des relents bourgeois, ça me ferait moins drôle... Mais c'est peut-être moi qui m'arrête sur un point auquel personne ne prête attention.

Citer
Mais la plus singulière de toutes les demandes intervint par un froid après-midi de janvier.
une demande qui intervient ?
J'ai un doute. Pour moi, intervenir, c'est trop actif pour que le sujet soit une demande.

Citer
Elle pivota sur ses talons et contempla avec horreur qu’un ours brun perché sur ses pattes arrières – qu’elle aurait juré avoir vu endormi à l’ombre d’une souche quelques instants auparavant – la fixait avec avidité, toutes canines dehors.
Je n'aime pas trop "contempla que + subordonnée".

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Quand constatant que rien ne justifiait la présence d’eau à cet endroit, elle la releva aussitôt vers le plafond et comprit alors que les gouttes de pluie qui lui martelaient le visage et la faisaient grimacer, jaillissaient en fait d’une toile où de valeureux marins luttaient contre le noir d’une tempête.
Cette phrase me semble un peu maladroite.
"Quand constatant", je ne trouve pas ça joli.

J'ai trouvé qu'il y avait quelques petites maladresses, mais sinon l'histoire est toute mignonne, le personnage est plutôt original et l'histoire bien racontée. :)
J'ai donc bien aimé.
La scène de rencontre, je l'ai trouvée un peu bizarre...
Citer
« Tu ne t’enfuis pas comme les autres ? s’hasarda à demander Archibald.
– Les autres ? Qui sont les autres ? Beaucoup de monde les nomment, mais je ne les ai jamais vus, interrogea une voix juvénile.
– Les autres sont toutes les personnes dont nous ignorons le nom.
– Je ne souhaite pas rester une autre pour vous, monsieur Souflecoeur. Je m’appelle Lyra.
– Eh bien, dans ce cas jeune Lyra, entre, et explique-moi ce qui t’amène », conclut-il en indiquant du bras l’intérieur de la maisonnette.
Cette réflexion sur les autres sonnent un peu drôle à mon oreille - enfin à mes yeux qui lisent mais sonnent un peu drôle à mes yeux, ça ne marche pas. De la part d'une fillette, à mon avis, le "je ne souhaite pas rester une autre pour vous" est très guindé, quand même.

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #10 le: 10 Février 2014 à 09:01:19 »
C'est mon coup de coeur, pour le moment.

Mais je vais commencer par les points qui m'ont chafouiné aussi.

Déjà le titre. Je n'ai pas été cherché la définition, alors peut-être me trompe-je. Mais en le lisant, je m'attendais à une histoire de transformation. Pas très heureux peut-être.

Ensuite Archibald. J'ai ressenti un certain décalage entre la présentation qui est faite de lui au premier paragraphe et ce qu'on en découvre lorsque le mineur vient frapper à sa porte. Ogre des bois désigne plutôt quelqu'un qui effraie, ermite, que personne n'approche vraiment. Or, dans sa façon de parler, il donne plutôt une impression de culture, de bourgeoisie. Et puis j'ai regretté qu'on ne comprenne pas comment son talent est venu jusqu'aux oreilles des habitants de la région.

Certaines phrases sont extrêmement longues. Surtout sur la fin du texte. il m'est arrivé à plusieurs reprises de les reprendre.

Mis à part ça, ce texte est d'une poésie rare. Une véritable peinture à elle toute seule. Je voyais bien Archibald, entouré de ses toiles vivantes et Lyra. Et tu es le premier qui, je trouve, a réussi à s'approprier le thème et à en habiller son texte.

La dernière phrase finit magnifiquement le texte.

Un grand bravo  :)
La curiosité est le remède à l'ennui.
Il n'y a pas de remède à la curiosité.

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Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #11 le: 10 Février 2014 à 22:35:44 »
Hello à tous,

Merci beaucoup à tous pour vos précieux commentaires !
Ça me fait très plaisir que vous ayez aimé, vraiment.  :-[

Suite à vos remarques, j'ai fait quelques corrections sur le texte, notamment ajouter les 2-3 virgules manquantes, changé quelques mots ci et là pour enlever les quelques répétitions et mots incohérents dans le contexte (par exemple ceux relevés par Aquarelle).

Je réserve les éventuelles plus grosses modifications pour le mois de mars si mon texte est sélectionné. :)

Baptiste :

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j'aime bien mais je trouve ça un peu faux. un poil de retravaille sur le dialogue peut être ?
Je t'avoue que les dialogues ne sont pas mon point fort et que j'ai eu du mal à les écrire. Après, j'hésite à les modifier car, effectivement, s'ils ne font pas très réalistes, ils sont en accord avec le ton général du texte qui se veut plutôt poétique.

Du coup, je sais pas...Peut-être y'a-t-il d'autres avis sur les dialogues ?


Loïc :

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Je ne suis pas certain qu'embruns puisse s'utiliser au singulier
J'ai corrigé en "les embruns"


MillaNox :

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je trouve que cette idée de "vie publique", ça sonne mal avec le perso d'Archibald que je vois plutôt très isolé.
Je comprends ton avis. Mais en parlant de sa "vie publique", j'imaginais plutôt Archibald se rendant quelques fois en ville pour acheter ce qu'il ne pouvait produire lui-même ou demander certains services à des artisans.


Tomoyo :

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alors gros débat à ce sujet, mais il me semble que c’est redondant « voire même » et que « voire » suffit (ou même)
Tu as raison, c'est un pléonasme et je l'ai supprimé.

Citer
et ce sur quoi tout le monde semblait s’accorder
Hmmm...  :\?
Je sais pas, ça change le sens de la phrase amha. Tu penses pas que ça peut passé avec juste le "sur ce" ?
Ou alors le changer en "sur ça", mais là du coup ça fait bizarre non ?

Citer
Ben depuis quelques temps personne ne s’enfuit, tout le monde vient chez lui demander des tableaux plutôt
Dans le passage en question, je parlais des enfants en fait.

Citer
il essaie de se souvenir mais n’y parvient pas… alors il cherche mieux dans sa mémoire ? mais enfin il vient de chercher
C'est un peu comme si t'essayais de te souvenir de ce que tu as mangé à midi il y a 2 jours, et que de prime abord, ça te semble facile. Mais qu'au final ça se trouve être plus difficile que tu ne pensais alors tu essaies de te souvenir plus en profondeur...

Citer
C’est lourd pour un souvenir 
Bref tout ce paragraphe sonne faux pour moi .
Ben en fait, j'ai bien aimé écrire ce paragraphe et j'aime bien le résultat.  ><

Citer
Et je crois que c’est ce qui m’a donné aussi l’impression de la fin précipitée…
Fin, par ailleurs, que j'aime beaucoup  , mais pareil, j’aurais fait encore interagir la fille et l’homme avant. Du genre il lui aurait répondu un truc, il lui aurait dit « viens, allons nous faire sourire »... histoire que ça n'arrive pas si vite
Tu as tout à fait raison, d'ailleurs, c'était ce qui était prévu à la base, mais la contrainte des 2000 mots m'a obligé d'abrégé un peu la fin. J'ai essayé de la racourcir le plus intelligemment possible et je crois que je n'ai pas  trop mal réussi. Mais oui, la fin est un peu précipitée.


Milora :

Citer
Par contre, au paragraphe d'avant tu nous dis "– il peignait, ou créait, comme il aimait à le préciser" ; ça donne au contraire la nette impression qu'il en parle. (Et en plus dans ce paragraphe, la focalisation avait l'air de porter sur les gens, qui se le représentent vieux, se demandent s'il a jamais été jeune, etc. Du coup on dirait que ses peintures sont de notoriété publique)
Hmmm...Oui je vois de quoi tu parles. Faudrait peut-être que je revois un peu ce passage.  :\?

Citer
Là par contre, il faudrait des virgules, sinon on se noie dans autant de subordonnées, à mon avis
J'ai lu et relu le passage en question, mais au final je trouve que l'absence de virgule à cet endroit ne gêne pas à la lecture. C'est peut-être moi qui délire, mais tu penses vraiment que y'a pas moyen de lire ça d'une traite ?

Citer
(Celui qui m'a un minuscule tantinet gêné c'est celui où Lyra découvre les tableaux à l'intérieur de la maison, parce qu'on était dans le point de vue d'Archibald, puis on passe à celui de Lyra pour quelques phrases, et après on revient dans celui d'Archibald, ça m'a un peu déconcertée comme si je perdais l'ambiance pendant quelques lignes ; mais c'est peut-être personnel).
Je suis désolé que tu aies eu cette impression. Mais très honnêtement, je ne trouve pas que ce changement de point de vue pose problème.

Citer
se hasarda, non ?
D'après mes recherches, "s'hasarda" se dit aussi.

Citer
Eh ben ton texte aussi, il sent tout ça !
Ça me fait tout chaud au coeur ! Merci !  :coeur: :coeur: :coeur:


Aquarelle :

Citer
une demande qui intervient ?
J'ai un doute. Pour moi, intervenir, c'est trop actif pour que le sujet soit une demande
Tu as raison, je voulais dire "survint".

Citer
Je n'aime pas trop cette phrase et je trouve que le ton change... Pourquoi ce très formel "il convient de citer" ? "Paysan du pays", je ne suis pas fan, et le "connaissant son père mourant" me semble maladroit. On sait son père mourant, mais on ne connaît pas son père mourant - enfin, pas dans ce sens - je pense.
Honnêtement, j'aime beaucoup cette phrase.  :-[
Par contre, tu as raison sur le "connaissant" que j'ai changé en "sachant".

Citer
une femme aux relents bourgeois ? Je ne suis pas convaincue. Je vois ce que ça veut dire, mais pour moi c'est difficile d'imaginer une femme avec des relents. Si c'était une caractéristique de cette femme qui avait des relents bourgeois, ça me ferait moins drôle... Mais c'est peut-être moi qui m'arrête sur un point auquel personne ne prête attention.
Je comprends ta remarque. Mais contrairement à toi, je trouve que ça souligne sans trop de lourdeur les origines de la femme.

Citer
siffloteur, non ?
Je n'ai mis intentionnellement qu'un seul "n" pour rappeler le nom de "Souflecoeur". Et comme même le mot "siffloteur" n'existe pas, je me permets ce mono-f.  ;D

Citer
produisit
Non, "produisît"  :P
Mea Culpa, tu avais raison  :-X

Citer
Cette réflexion sur les autres sonnent un peu drôle à mon oreille - enfin à mes yeux qui lisent mais sonnent un peu drôle à mes yeux, ça ne marche pas. De la part d'une fillette, à mon avis, le "je ne souhaite pas rester une autre pour vous" est très guindé, quand même.
C'est un peu la même remarque que Baptiste. Je pense qu'il va falloir que je réfléchisse à mes dialogues.


Aphone :

Citer
Déjà le titre. Je n'ai pas été cherché la définition, alors peut-être me trompe-je. Mais en le lisant, je m'attendais à une histoire de transformation. Pas très heureux peut-être.
J'ai longtemps hésité à l'appeler tout simplement "Archibald Souflecoeur".
Peut-être le modifierai-je si mon texte est sélectionné.

Citer
Ensuite Archibald. J'ai ressenti un certain décalage entre la présentation qui est faite de lui au premier paragraphe et ce qu'on en découvre lorsque le mineur vient frapper à sa porte. Ogre des bois désigne plutôt quelqu'un qui effraie, ermite, que personne n'approche vraiment. Or, dans sa façon de parler, il donne plutôt une impression de culture, de bourgeoisie. Et puis j'ai regretté qu'on ne comprenne pas comment son talent est venu jusqu'aux oreilles des habitants de la région.
Disons que l'ogre des bois c'est plutôt comme les habitants le voient, pas comme il est réellement.
Effectivement, j'aurais pu faire des précisions sur comment ses habitants ont eu vent de son talent, mais j'aurais vraiment dépassé les 2000 mots dans ce cas-là.  :)

Citer
Certaines phrases sont extrêmement longues. Surtout sur la fin du texte. il m'est arrivé à plusieurs reprises de les reprendre.
J'ai ajouté quelques virgules pour alléger certaines phrases qui étaient effectivement trop longues.

Citer
Mis à part ça, ce texte est d'une poésie rare. Une véritable peinture à elle toute seule. Je voyais bien Archibald, entouré de ses toiles vivantes et Lyra. Et tu es le premier qui, je trouve, a réussi à s'approprier le thème et à en habiller son texte.

La dernière phrase finit magnifiquement le texte.

Un grand bravo
 
Merci !  :coeur:
« Modifié: 22 Février 2014 à 20:11:54 par Mout »
Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

Hors ligne Zacharielle

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    • au bord du littéral
Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #12 le: 11 Février 2014 à 20:53:02 »
Citer
Son visage était noir de houille et contrastait avec le blanc crémeux de ses yeux bleus.
ça fait beaucoup de couleurs. Si ce n'est pas important pour la suite, je pense que tu peux supprimer le fait que ses yeux soient bleus.

Citer
Pas plus du reste qu'il ne l’évoquait en privé.
je comprends pas trop la formulation

Citer
Alors qu’Archibald considérait cet évènement comme isolé et définitivement clos, ce fut l’inverse qui se produisît.
produisit
je crois que ça cloche au niveau syntaxe, tu peux pas enchainer directement sur "les demandes ne cessèrent" après "définitivement clos" ?

Citer
Les demandes ne cessèrent de croître et, pour la première fois depuis bien longtemps, des étrangers arrivaient dans la petite ville autrement que pour trouver du travail.
autrement ? "pour trouver autre chose que tu travail" ?

Citer
lui implora avec un accent non dissimulé de lui restituer sous cadre « le magnifik et puizant tigrrre de Zibérrrie ! » Archibald refusa de prime abord, mais, considérant que cela éviterait peut-être audit animal de terminer en tapis, finit par accepter malgré lui.
haha je kiffe

Citer
une main posée sur chaque tempe, essayant sans succès de percevoir l’intérieur de l’habitation.
percevoir n'est pas le bon verbe je pense, regarder, tout simplement ?

Citer
– Les autres ? Qui sont les autres ? Beaucoup de monde les nomment, mais je ne les ai jamais vus, interrogea une voix juvénile.
– Les autres sont toutes les personnes dont nous ignorons le nom.
il n'est pas surpris par la façon dont elle parle ?
je trouve le "interrogea une voix juvénile" particulièrement lourd et maladroit. Pourquoi ne pas rester simple avec un "demanda-t-elle" ?

Citer
Quand constatant que rien ne justifiait la présence d’eau à cet endroit, elle la releva aussitôt vers le plafond et comprit alors que les gouttes de pluie qui lui martelaient le visage et la faisaient grimacer, jaillissaient en fait d’une toile où de valeureux marins luttaient contre le noir d’une tempête.
génial !!

Citer
– Mais alors, et les papillons ?
– Les papillons ? répéta Archibald, le sourcil perplexe.
j'aime beaucoup

Citer
Il tint promesse et après un temps incertain, impossible à réduire à de simples mots mais néanmoins très court,
je pense que ça aurait plus d'impact si tu mettais un point après promesse
à mon avis tu peux te passer de "impossible à réduire"... ça alourdit inutilement la phrase

Citer
il aurait pu apercevoir, trônant au centre de la pièce, un tableau plus large que haut sur lequel un vieil homme tirait quelques bouffées de pipe qu’il recrachait en d’éphémères nuages parfumés. Et même s’il était impossible de l’affirmer avec certitude, la malice de ses yeux, les petites rides aux coins de ceux-ci, son front détendu, tout, tout indiquait qu’un sourire avait pris forme sous son épaisse toison grisâtre. Et sous son regard bienveillant se tenait une petite fille, sautant et dansant dans une nuée virevoltante de papillons multicolores, le visage illuminé par le plus radieux des sourires.
je trouve ça vachement rapide quand même. Il n'a pas eu de difficultés particulières à le faire ce tableau ?

Citer
Et au fond du tableau, le nom de l’oeuvre, inscrit en nobles mais discrètes lettres manuscrites, comme une dernière réponse à toutes les questions jamais posées : le meilleur des mondes.
sans plus... on ne sait pas que les autres tableaux ont des titres, ça fait bizarre et puis dans l’absolu c'est pas la peine de rattacher à l'AT en écrivant son sujet


C'est très bien écrit et on est facilement emporté, on s'attache très vite à Archibald (j'aime particulièrement la scène avec le mineur), par contre je trouve la fin beaucoup trop précipitée : tu avais instauré un rythme assez lent au début et je trouve que la petite le convainc beaucoup trop vite par rapport au caractère présupposé du bonhomme. Je ne sais pas trop comment te proposer d'arranger ça mais j'aimerais bien que tu prennes un peu plus de temps sur cette partie, si jamais tu remanies un peu le texte plus tard. Merci en tout cas, c'était une lecture très chouette !

Hors ligne Kailiana

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  • Lial' | Calamar placide
Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #13 le: 18 Février 2014 à 21:26:15 »
Citer
Un matin alors que le givre scintillait encore sur les broussailles dansantes alentour,
virgule après matin
Citer
contempla avec horreur qu’un ours brun perché sur ses pattes arrières – qu’elle aurait juré avoir vu endormi à l’ombre d’une souche quelques instants auparavant – la fixait
horreur un ours [...] qui la fixait
Citer
Quand constatant que rien ne justifiait la présence d’eau à cet endroit, elle la releva aussitôt vers le plafond et comprit alors que les gouttes de pluie qui lui martelaient le visage et la faisaient grimacer, jaillissaient en fait d’une toile où de valeureux marins luttaient contre le noir d’une tempête.
pas très français


Idée très sympa, le texte se lit facilement, j'ai passé un bon moment.

Par contre au niveau du style, j'ai eu l'impression que tu en faisais un peu trop parfois, qu'il y avait quelques lourdeurs, des commentaires de l'auteur dont on aurait pu se passer. Je suis un peu trop crevée pour faire un commentaire tout bien détaillé ce soir, et j'ai peur de dire des bêtises avec ma fatigue, mais j'ai eu la sensation que certaines phrases auraient pu être un chouïa plus simples et que ça leur aurait permis d'être plus percutantes.
Mais c'est peut-être ma fatigue qui parle plus qu'autre chose.
Quoi qu'il en soit j'ai apprécié la lecture.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne LeBossu

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 311
Re : [AT 3 | T#08] Anamorphose
« Réponse #14 le: 18 Février 2014 à 22:34:55 »
Hello !
Un joli conte, vraiment bien écrit (on sent l'application dans certains choix de mots, très clean). Juste un truc ou deux : j'aurais préféré que Lyra soit déjà une jeune fille plutôt qu'une fillette (là, c'est le côté chaton, gentillet, innocent que j'ai l'impression de voir partout en ce moment que je déplore, alors que je trouve qu'un peu de maturité aurait mieux collé à la blessure par brûlure, par ailleurs bien rendue ; ça aurait peut-être apporté un peu plus de profondeur, je ne sais pas). Et puis je trouve qu'ils deviennent familiers un peu trop rapidement à mon goût.
Voilà, rien de bien méchant, à la fin, ça reste une jolie histoire qui m'a offert un moment de lecture très agréable.
++  ;)

NB : par contre je n'aime pas du tout le titre.
PS : Ah, et ça me fait beaucoup penser à certains personnages de J.R.R. Tolkien.
« Modifié: 18 Février 2014 à 22:38:37 par LeBossu »
Et alors ?

 


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